samedi, janvier 31, 2026

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Pourquoi Donald Trump n’est pas de droite

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Au tournant du millénaire, lors d’un déjeuner professionnel dans un cadre élégant de la capitale française, je me suis retrouvé assis à la droite d’une dame d’un certain âge, issue d’une des plus anciennes lignées nobiliaires d’Europe. Son maintien impeccable, ses bijoux discrets et son accent raffiné trahissaient une éducation d’un autre temps, celui où les convenances dictaient chaque geste. Elle avait passé son adolescence en Italie, sous le régime de Benito Mussolini, et au fil de la conversation, elle s’est lancée dans une évocation nostalgique de cette époque. Les trains arrivaient à l’heure, les grands travaux publics transformaient le paysage, et une discipline implacable régnait sur la société. “Ah, la démocratie, quelle invention chaotique”, murmurait-elle avec un sourire distant, comme si elle revivait les fastes d’une Rome ordonnée et ambitieuse. Pour elle, l’autorité forte n’était pas une menace, mais une garantie d’ordre et de progrès. Moi, petit-fils d’un homme fait prisonnier par les nazis, déporté loin de sa famille qui a dû traverser l’Allemagne en guerre durant la Seconde Guerre mondiale, et qui a vu de ses yeux tous les crimes perpétrés par le régime hitlérien, je me taisais, mais je n’en pensais pas moins. Cette rencontre, anecdotique en apparence, illustre une confusion persistante : celle qui mélange les idéaux de droite traditionnelle avec les dérives autoritaires, un amalgame qui resurgit aujourd’hui dans les débats politiques aux États-Unis, en France et même au Liban.

Cette dame n’était pas une exception. Dans de nombreux pays, y compris aux États-Unis, une partie de l’opinion publique associe encore la droite à l’autoritarisme, oubliant que les principes fondateurs de la droite conservatrice reposent sur la liberté individuelle, le respect des institutions et une méfiance envers les pouvoirs excessifs. Aux États-Unis, cette confusion s’est cristallisée autour de la figure de Donald Trump, dont l’ascension a été perçue par certains comme un retour aux valeurs républicaines traditionnelles. Pourtant, les faits montrent une approche qui s’éloigne des normes diplomatiques établies. Par exemple, l’ancienne représentante républicaine Liz Cheney a déclaré en septembre 2024 que “Donald Trump n’est pas un conservateur”, soulignant que ses politiques, comme les tarifs douaniers globaux, ne correspondent pas aux principes conservateurs et pourraient mener à une dépression économique.

De même, en France, des figures politiques invoquent souvent une droite “forte” pour justifier des positions extrêmes. Ces exemples montrent comment l’autoritarisme, souvent masqué sous des discours sur l’ordre, dénature les idéaux de droite, qui historiquement privilégient la stabilité par le consensus plutôt que par la force.

Un héritage républicain ancré dans la liberté

Le Parti républicain, fondé en 1854 à Ripon, dans le Wisconsin, n’a pas émergé comme un bastion de l’autoritarisme, mais comme une force progressiste opposée à l’extension de l’esclavage. Ses premiers membres, des abolitionnistes comme Alvan E. Bovay et Horace Greeley, s’inspiraient des idéaux de liberté et d’égalité énoncés dans la Déclaration d’indépendance. Abraham Lincoln, élu en 1860 sous cette bannière, a incarné ces valeurs en menant la guerre de Sécession pour préserver l’Union et abolir l’esclavage via le 13e amendement en 1865. Le parti prônait alors une économie libérale, avec des tarifs protecteurs pour favoriser l’industrie naissante, mais sans interventionnisme excessif de l’État. Ces fondations reposaient sur une vision où l’État fédéral soutenait l’initiative privée tout en protégeant les droits fondamentaux, comme en témoigne la Homestead Act de 1862, qui a distribué des terres publiques à des colons pour stimuler l’expansion ouest-américaine, favorisant ainsi une classe moyenne indépendante.

Au fil des décennies, le GOP a évolué vers un conservatisme fiscal, défendant la libre entreprise et une intervention limitée du gouvernement fédéral. Des figures comme Ronald Reagan, dans les années 1980, ont renforcé cet héritage en promouvant des baisses d’impôts massives – de 70 % à 28 % pour les tranches supérieures – et une dérégulation qui a stimulé la croissance économique à un rythme annuel moyen de 3,5 %. Reagan insistait sur la “paix par la force”, mais évitait les aventures unilatérales, préférant des alliances comme l’OTAN pour contrer l’Union soviétique. Ces principes – liberté économique, respect des institutions et alliances internationales – formaient le socle d’une droite américaine ancrée dans le libéralisme constitutionnel. Eisenhower, plus tôt, avait investi dans des infrastructures comme le système interétatique d’autoroutes en 1956, financé par des taxes ciblées sans alourdir la dette publique, illustrant une approche pragmatique où l’État agissait en facilitateur plutôt qu’en dirigeant.

La prise de contrôle du GOP par Trump

L’arrivée de Donald Trump en 2015 a marqué une prise de contrôle hostile sur le GOP, transformant un parti historiquement attaché à la libre entreprise en une plateforme populiste. Trump, ancien démocrate enregistré jusqu’en 2009, a imposé une vision centrée sur le protectionnisme et l’isolationnisme, loin des valeurs fondatrices. Son élection en 2016, avec 46 % des voix populaires contre 48 % pour Hillary Clinton, a été facilitée par un électorat frustré par la mondialisation, mais elle a aussi révélé une fracture interne. Des républicains traditionnels comme Mitt Romney ont critiqué cette dérive, Romney déclarant en 2024 que “le parti a perdu son âme”. Cette transformation s’est accélérée avec la réélection de Trump en 2024, où il a remporté 312 grands électeurs contre 226 pour son adversaire démocrate, en s’appuyant sur une base mobilisée par des promesses de relocalisation industrielle et de murs frontaliers renforcés.

En janvier 2026, cette prise de contrôle se manifeste par des politiques qui contredisent l’héritage républicain. Par exemple, l’imposition de tarifs douaniers sur les importations chinoises en 2018, étendue à d’autres partenaires en 2025, justifiée comme une mesure de “sécurité nationale”, rompt avec la tradition conservatrice de libre-échange, promue par Reagan via des accords comme l’ALENA en 1994. De plus, les menaces contre des alliés historiques illustrent un unilateralisme qui écarte les alliances traditionnelles. Des commentateurs comme Max Boot ont noté que Trump n’a pas de philosophie cohérente, affirmant que “l’homme n’a pas de philosophie” et que tenter de relier ses décisions échoue. Cette absence de cadre idéologique fixe a permis une dérive vers des positions plus extrêmes, comme la suspension temporaire de fonds fédéraux à cinq États démocrates en janvier 2026, pour un montant total de 2,3 milliards de dollars, visant à sanctionner des politiques jugées laxistes en matière d’immigration.

Libéralisme économique face au protectionnisme

La droite traditionnelle défend un libéralisme économique où le marché libre favorise l’innovation et la croissance. Le GOP sous Lincoln et plus tard sous Eisenhower a soutenu des infrastructures fédérales, comme le réseau autoroutier inter-États en 1956, financé par des impôts sur l’essence sans alourdir la dette. Trump, en revanche, a multiplié les interventions étatiques : ses tarifs sur l’acier et l’aluminium en 2018 ont coûté 900 000 emplois aux Américains, selon une étude du Federal Reserve Board, tout en augmentant les prix pour les consommateurs de 1,4 milliard de dollars par mois. Ces mesures ont été prolongées en 2025 avec des tariffs sur les semi-conducteurs importés de Taïwan, entraînant une hausse de 15 % des coûts pour les fabricants américains comme Intel et Apple, selon des rapports du département du Commerce.

Cette approche se poursuit avec des ajustements tarifaires sur les minéraux critiques en janvier 2026, visant à relocaliser la production et imposant des quotas sur les importations de lithium et de cobalt. Cela contredit le principe conservateur de non-ingérence, où le gouvernement ne choisit pas les vainqueurs industriels. Reagan, face à la concurrence japonaise, a préféré des accords bilatéraux plutôt que des barrières protectionnistes, maintenant une croissance de 4 % en 1984. Sous Trump, ces politiques ont conduit à une inflation cumulée de 2,1 points supplémentaires en 2025, selon le Bureau of Labor Statistics, affectant particulièrement les ménages à faible revenu qui dépensent une part plus importante de leur budget en biens de consommation.

La libre circulation dénaturée

La droite conservatrice a historiquement soutenu la libre circulation des biens et, dans une mesure contrôlée, des personnes, voyant dans l’immigration une source de vitalité économique. Lincoln encourageait l’immigration européenne pour peupler l’Ouest, et Reagan a régularisé 3 millions d’immigrants en 1986, déclarant que “l’Amérique est une nation d’immigrants”. Trump dénature cela avec une rhétorique anti-immigration : son décret sur les déportations massives, signé le 20 janvier 2025, vise 11 millions de sans-papiers, mobilisant 15 000 agents de l’ICE et coûtant 4,5 milliards de dollars au budget fédéral pour l’année fiscale 2026. Ces opérations ont provoqué des tensions locales, comme au Minnesota où une fusillade lors d’une descente le 10 janvier 2026 a causé la mort de Renee Good, une activiste de 37 ans impliquée dans des programmes d’aide aux migrants.

Cela s’oppose à la vision conservatrice d’une immigration ordonnée, où des figures comme George H.W. Bush ont promu des visas pour travailleurs qualifiés en 1990, boostant l’économie sans chaos. Sous Trump, les déportations ont atteint 1,2 million en 2025, un record depuis 2013, selon les données du département de la Sécurité intérieure, entraînant des perturbations dans des secteurs comme l’agriculture où 45 % de la main-d’œuvre est immigrée.

Institutions démocratiques et autoritarisme

Les conservateurs traditionnels défendent les institutions démocratiques comme rempart contre l’arbitraire. Reagan, dans son discours de 1987 à Berlin, appelait à “abattre ce mur”, symbolisant la lutte pour la liberté contre l’autoritarisme soviétique. Trump, influencé par des idéologies comme la doctrine de la lumière noire – un courant néoréactionnaire promu par des penseurs comme Nick Land, rejetant la démocratie au profit d’une hiérarchie autoritaire – dénature ces valeurs. Cette doctrine, émergée dans les années 2010, prône un retour à des structures anti-égalitaires, écho à l’apologie mussolinienne de ma voisine de table. Steve Bannon, ancien stratège de Trump, a publiquement salué ces idées dans des interviews en 2017, les intégrant à une vision où l’État fort prime sur les checks and balances.

Cela se voit dans des pauses de fonds fédéraux pour des États démocrates, justifiées comme sanctions contre des “politiques laxistes”. Cela viole le principe conservateur de neutralité fédérale, rappelant les excès que Lincoln combattait. En janvier 2026, cette mesure a affecté des programmes d’aide sociale dans le New York et la Californie, privant 1,5 million de bénéficiaires de subventions pour un total de 800 millions de dollars.

La doctrine de la lumière noire en pratique

La doctrine de la lumière noire, ou Dark Enlightenment, théorisée par Nick Land en 2012, critique les idéaux des Lumières comme l’égalité et la démocratie, prônant un autoritarisme technologique et hiérarchique. Influençant des figures comme Peter Thiel, proche de Trump et donateur majeur de sa campagne 2024 avec 15 millions de dollars, elle résonne avec l’autoritarisme que ma dame admirait chez Mussolini. Trump l’incarne par des menaces contre des alliés : les tarifs imposés au Danemark le 14 janvier 2026, en réponse au refus de céder le Groenland, ont provoqué des manifestations à Copenhague le 17 janvier, avec 5 000 participants selon la police locale, et des déclarations du Premier ministre Mette Frederiksen affirmant que “le Groenland n’est pas à vendre”.

Des valeurs transversales en politique

Il convient de noter que toute critique de la gauche n’équivaut pas à une adhésion au wokisme, terme souvent utilisé pour décrire des positions progressistes extrêmes en matière de justice sociale. En réalité, les idéologies politiques ne se réduisent pas à des oppositions binaires ; il existe des valeurs à adopter tant à droite qu’à gauche, selon les contextes et les priorités nationales. Par exemple, en France, le général Charles de Gaulle, figure emblématique de la droite gaulliste, a joué un rôle central dans la fondation de la Sécurité sociale en 1945, sous le gouvernement provisoire de la République française qu’il dirigeait. Les ordonnances du 4 et 19 octobre 1945 ont instauré un système de protection sociale unifié, couvrant les risques maladie, vieillesse, invalidité et famille, financé par des cotisations salariales et patronales. Cette mesure, inspirée des principes de solidarité, visait à reconstruire la nation après la Seconde Guerre mondiale, en garantissant une couverture minimale à tous les travailleurs, avec un budget initial de 200 milliards de francs anciens.

De même, De Gaulle a procédé à des nationalisations stratégiques pour préserver l’intérêt national, priorisant la souveraineté économique sur les dogmes idéologiques. En 1945-1946, son gouvernement a nationalisé des secteurs clés comme l’énergie (création d’Électricité de France et de Gaz de France, regroupant 1 450 entreprises privées), les banques (dont la Banque de France et quatre grands établissements comme le Crédit Lyonnais), les assurances (nationalisation de 34 compagnies) et les mines de charbon (affectant 500 000 employés). Ces décisions, prises dans un contexte de reconstruction post-guerre, répondaient à la nécessité de contrôler les ressources essentielles pour éviter les monopoles privés et assurer une distribution équitable, avec une production charbonnière passant de 47 millions de tonnes en 1945 à 58 millions en 1950. De Gaulle justifiait ces interventions par l’intérêt supérieur de la nation, affirmant dans ses mémoires que “l’État doit être le garant de l’indépendance économique”. Ces exemples illustrent comment un leader conservateur a intégré des politiques traditionnellement associées à la gauche lorsque l’intérêt national l’exigeait, démontrant que la primauté de la cohésion nationale transcende les étiquettes partisanes, comme vu dans la création du Conseil national de la Résistance qui influença ces réformes.

Fractures au sein du GOP

Au sein du Parti républicain, les débats sur l’immigration et le commerce ont dégénéré en fractures visibles après des incidents politiques récents, comme la fusillade mortelle impliquant un agent de l’ICE au Minnesota le 10 janvier 2026, où Renee Good, une activiste de 37 ans, a été tuée lors d’une opération de déportation. Des gouverneurs républicains, y compris dans des États traditionnellement conservateurs comme le Texas, ont condamné ces actions fédérales, appelant à des approches plus modérées pour éviter les blessures inutiles, tandis que Trump a maintenu une ligne dure via des déclarations officielles, menaçant d’invoquer l’Insurrection Act pour réprimer les protestations. Un sondage Reuters/Ipsos du 15 janvier 2026 révèle une division au sein des républicains : 59 % soutiennent une priorité aux arrestations même si des personnes sont blessées, contre 39 % qui privilégient la réduction des risques, marquant un déclin de l’approbation de Trump sur l’immigration à 40 %, son plus bas depuis son retour au pouvoir.

Ces frictions mettent en lumière les tensions entre autorité fédérale et droits des États, avec des implications pour la stabilité régionale immédiate, comme les manifestations à Minneapolis qui ont entraîné le déploiement de 2 000 agents fédéraux le 5 janvier 2026, suite à un scandale de fraude aux aides sociales impliquant 150 cas vérifiés. Des analyses indiquent que le GOP est devenu une combinaison de nationalisme et de libertarianisme, s’éloignant de la démocratie libérale classique, avec des primaires démocrates ravivant les débats sur la défunding de l’ICE. Ces tensions persistent, avec des républicains comme Liz Cheney affirmant que Trump ne représente pas les valeurs de Reagan.

Trump et les alliances américaines en péril

Cette dérive autoritaire sous Trump pose un danger non seulement pour les alliances internationales des États-Unis, comme l’OTAN et les partenariats commerciaux avec l’Europe, mais aussi pour la stabilité intérieure du pays. Les menaces de tarifs sur le Danemark le 14 janvier 2026, en réponse au refus de céder le Groenland, ont provoqué des manifestations à Copenhague le 17 janvier, avec des milliers de Danois scandant leur refus d’être “américanisés”, renforçant la perception d’un unilateralisme qui isole Washington et affaiblit sa position face à des rivaux comme la Russie et la Chine. Le système démocratique américain, en empêchant toute nouvelle élection présidentielle pendant la durée du mandat jusqu’en janvier 2029, amplifie ces risques, laissant peu de recours institutionnels immédiats pour corriger la trajectoire, avec seulement des élections midterm en novembre 2026 pouvant potentiellement modifier la composition du Congrès.

Le vice-président JD Vance, souvent vu comme l’héritier du mouvement MAGA, est considéré par des analystes comme potentiellement plus dangereux que Trump en raison de sa cohérence idéologique. Vance, qui comparait autrefois Trump à Hitler en 2016, s’est aligné sur des positions isolationnistes et populistes, défendant des politiques anti-immigration extrêmes et critiquant les “élites culturelles” dans des discours comme celui de Concord en septembre 2025. Soutenu par des milliardaires de la tech comme Peter Thiel, Vance prépare déjà une candidature pour 2028, en consolidant des alliances au sein du GOP tout en ignorant les incohérences passées, ce qui pourrait perpétuer une gouvernance plus structurée mais tout aussi anti-démocratique.

MAGA et l’extrême droite

Le mouvement MAGA, loin d’être une droite conservatrice traditionnelle, incarne une extrême droite qui s’affranchit des garde-fous républicains classiques. Cette évolution inclut une dérive raciale évidente, comme illustré par les déclarations de Trump dans une interview le 11 janvier 2026, où il a affirmé que les protections des droits civiques des années 1960, issues du Civil Rights Act de 1964, ont mené à une “discrimination inversée” contre les Blancs, les qualifiant de “très mal traités” et arguant que ces lois ont empêché des Blancs méritants d’accéder à des universités ou emplois. Ces propos, condamnés par des leaders des droits civiques comme Derrick Johnson de la NAACP, déforment l’histoire en ignorant les discriminations historiques contre les Noirs, et alimentent une rhétorique qui priorise les intérêts perçus des Blancs, écho à des priorités comme l’accueil préférentiel de réfugiés afrikaners blancs en 2025, avec 2 500 visas accordés contre 1 200 pour d’autres groupes africains.

Au Minnesota, les opérations d’immigration ont escaladé avec 1 500 troupes en attente de déploiement le 19 janvier 2026, illustrant comment ces politiques racialisées et autoritaires menacent la cohésion nationale, avec des sondages comme celui d’Economist/YouGov montrant 46 % des Américains favorables à l’abolition de l’ICE suite à la mort de Good. Ces événements récents, incluant l’envoi de subpoenas par le département de la Justice pour enquêter sur une possible conspiration contre des agents fédéraux au Minnesota, soulignent les implications immédiates pour la gouvernance fédérale, avec 12 arrestations liées aux protestations et une augmentation de 20 % des appels à la hotline de l’ICE pour des signalements.

Les écarts de Donald Trump avec la droite traditionnelle s’accumulent dans plusieurs domaines, à commencer par son protectionnisme exacerbé qui rompt avec le libéralisme économique défendu par des figures comme Reagan, imposant des tarifs douaniers qui ont coûté des centaines de milliers d’emplois et gonflé l’inflation sans relocaliser durablement les industries. Son approche anti-immigration va au-delà d’un contrôle ordonné, transformant des régularisations historiques en déportations massives qui déstabilisent des secteurs entiers de l’économie. L’influence de doctrines comme la lumière noire introduit un rejet explicite de la démocratie égalitaire, favorisant une hiérarchie autoritaire incompatible avec le respect des institutions républicaines. Les menaces d’invocation de l’Insurrection Act contre des protestations internes rappellent des méthodes de dictateurs qui déploient les forces armées contre leur propre population, comme observé lors des tensions au Minnesota en janvier 2026.

Les visées territoriales, telles que les pressions sur le Danemark pour le Groenland, évoquent des expansions impérialistes qui contrastent avec la prudence conservatrice en politique étrangère. Ces politiques ont déjà érodé l’influence américaine, avec des alliés comme le Japon renforçant ses liens avec l’Australie via des accords de défense bilatéraux en décembre 2025, l’Union européenne accélérant ses négociations commerciales autonomes avec l’Asie en janvier 2026, et le Canada investissant 5 milliards de dollars supplémentaires dans sa défense arctique pour contrer des menaces perçues de Washington. Trump incarne ainsi un autoritarisme qui met en péril les États-Unis eux-mêmes, risquant d’entraîner le monde dans de nouveaux conflits par son isolationnisme imprévisible, rendant paradoxalement des régimes comme ceux de la Chine ou de la Russie plus transparents dans leur nature non démocratique.

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François El Bacha
François El Bachahttp://el-bacha.com
Expert économique, François el Bacha est l'un des membres fondateurs de Libnanews.com. Il a notamment travaillé pour des projets multiples, allant du secteur bancaire aux problèmes socio-économiques et plus spécifiquement en terme de diversité au sein des entreprises.

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