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Pourquoi les banques refusent l’unification des taux de change ?

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Dans le tourbillon de la crise économique libanaise, qui s’est intensifiée depuis 2019, l’unification des taux de change émerge comme une mesure pivotale, mais profondément redoutée par le secteur bancaire. Cette unification, qui consisterait à aligner le taux officiel de la livre libanaise (LBP) sur le taux du marché parallèle, est exigée par le Fonds monétaire international (FMI) comme préalable à tout programme d’assistance financière substantielle.

Pourtant, les banques commerciales libanaises, regroupées au sein de l’Association des banques du Liban (ABL), manifestent une opposition résolue, arguant que cette réforme précipiterait une restructuration destructrice pour leurs bilans. Selon les estimations les plus récentes du FMI en mars 2025, les pertes cumulées du système financier libanais avoisinent les 85 milliards de dollars, un montant équivalent à près de quatre fois le PIB du pays en 2024, évalué à environ 22 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Cette résistance n’est pas seulement technique ; elle reflète les interconnexions profondes entre le secteur bancaire, l’État et la Banque du Liban (BDL), dans un contexte où les déficits chroniques et les schémas d’ingénierie financière ont creusé un abîme financier insurmontable.Pour appréhender cette opposition, il convient d’abord de retracer les fondements historiques de la crise.

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Le modèle économique libanais post-guerre civile, initié en 1990, reposait sur une parité fixe de la livre au dollar américain, établie à 1 507 LBP pour 1 USD en 1997. Ce peg monétaire, conçu pour stabiliser l’économie après quinze années de conflit, a favorisé une croissance soutenue par les investissements étrangers, les transferts des expatriés – estimés à 7,5 milliards de dollars annuels en moyenne entre 2010 et 2018 selon la Banque mondiale – et un secteur bancaire hypertrophié.

À son apogée en 2019, les dépôts bancaires totalisaient 170 milliards de dollars, soit plus de trois fois le PIB de 53 milliards de dollars cette année-là. Les banques, attirant des capitaux à des taux d’intérêt élevés, ont financé les déficits publics massifs : le déficit budgétaire moyen s’élevait à 9 % du PIB entre 2010 et 2018, tandis que le déficit de la balance courante cumulée atteignait 50 milliards de dollars sur la même période.Cependant, cette prospérité apparente masquait des vulnérabilités structurelles.

Dès 2015, les réserves nettes de la BDL étaient négatives, avec un trou de 4,7 milliards de dollars signalé dans un mémo confidentiel du FMI en 2016. Pour pallier cette érosion, la BDL, sous la direction de Riad Salamé jusqu’en 2023, a lancé une série d’opérations d’ingénierie financière à partir de 2016. Ces mécanismes, qualifiés par certains analystes de schémas Ponzi-like, consistaient à offrir des rendements exorbitants – jusqu’à 15 % sur les dépôts en dollars et 20 % sur ceux en livres – pour attirer de nouveaux capitaux frais.

Entre 2016 et 2019, ces opérations ont injecté environ 15 milliards de dollars, mais au prix d’une dette accrue et d’une dépendance accrue aux influx externes. Par exemple, une opération typique impliquait que les banques commerciales échangeaient des bons du Trésor en livres contre des Eurobonds en dollars émis par l’État, que la BDL rachetait ensuite à des taux préférentiels, gonflant artificiellement les réserves.

Ces ingénieries ont permis de maintenir le peg monétaire, mais elles ont exacerbé les déséquilibres. Le déficit fiscal, financé par des emprunts auprès des banques locales, a gonflé la dette publique à 144 % du PIB en 2016, selon les rapports de la BDL. Les importations, représentant 80 % des biens consommés, excédaient largement les exportations, créant un besoin annuel de 15 à 20 milliards de dollars en devises étrangères.

Lorsque les transferts des expatriés ont ralenti en 2018, en raison de la crise dans les pays du Golfe, la pression s’est accrue. Un audit commandé par le gouvernement en 2021, réalisé par Alvarez & Marsal, a révélé des irrégularités massives, incluant des transferts suspects de 300 millions de dollars impliquant Riad Salamé et son entourage.L’éclatement de la bulle en 2019 a marqué un tournant.

Les manifestations massives d’octobre 2019, déclenchées par une taxe sur les appels WhatsApp mais alimentées par la corruption systémique, ont accéléré la fuite des capitaux : environ 10 milliards de dollars ont quitté le pays entre septembre et décembre 2019. Les banques ont imposé des contrôles de capitaux informels, limitant les retraits en dollars à 300-400 dollars par mois par compte. Le taux de change parallèle a dérapé : de 1 507 LBP/USD officiellement, il est passé à 8 000 LBP/USD fin 2019, puis à 35 000 LBP/USD en 2021, et a culminé à plus de 100 000 LBP/USD en 2023 avant de se stabiliser autour de 92 000 LBP/USD en mars 2025, selon les données de la BDL.

L’inflation a explosé, atteignant 154 % en 2020, 221 % en 2023, avant de décélérer à 180 % en février 2025 et une projection de 15,2 % pour l’ensemble de l’année, grâce à une dollarisation informelle de l’économie estimée à 80 % des transactions.En mars 2020, le gouvernement a déclaré un défaut sur sa dette souveraine, le premier de l’histoire libanaise, avec des Eurobonds impayés pour 1,2 milliard de dollars.

Les pertes totales du système financier ont été évaluées à 83 milliards de dollars dans un plan de sauvetage gouvernemental initial, dont 50 milliards pour la BDL seule. Des estimations ultérieures, comme celles du FMI en mars 2025, ont porté ce chiffre à 85 milliards de dollars. Les banques, ayant investi massivement dans des obligations d’État et des dépôts à la BDL, se sont retrouvées avec des actifs dévalués.

Les dépôts gelés des clients, évalués entre 86 et 93 milliards de dollars en début 2025, représentent un fardeau insurmontable, réparti sur environ 2 millions de comptes, dont 80 % inférieurs à 100 000 dollars.L’unification des taux de change, qui alignerait le taux officiel – ajusté à 15 000 LBP/USD en 2023 mais toujours multiple dans la pratique – sur le taux parallèle de 92 000 LBP/USD, forcerait les banques à reconnaître ces pertes de manière irrémédiable.

Actuellement, plusieurs taux coexistent : le taux officiel pour certaines transactions publiques, le taux Sayrafa (plateforme de la BDL) autour de 92 000 LBP/USD, et le taux bancaire pour les dépôts anciens à 3 900 LBP/USD. Cette multiplicité permet aux banques de masquer la dévaluation réelle des actifs en livres. Selon un rapport de la Banque mondiale en avril 2025, l’unification entraînerait une réévaluation des bilans bancaires, révélant des capitaux propres négatifs pour la plupart des institutions, avec des pertes estimées à 60-70 milliards de dollars pour le secteur privé.

Les banques refusent cette unification car elle mettrait en lumière l’ampleur de leurs pertes accumulées.

Dès 2016, les ingénieries financières de la BDL ont impliqué les banques dans un cycle vicieux : elles prêtaient à l’État via des bons du Trésor, qui étaient refinancés par la BDL contre des dépôts en devises. Mais la BDL, avec un déficit de près de 80 milliards de dollars en août 2025, est incapable de rembourser ces placements.

L’unification obligerait à comptabiliser ces actifs à leur valeur de marché, entraînant des provisions massives. Par exemple, les Eurobonds détenus par les banques, d’une valeur nominale de 30 milliards de dollars, ne valent plus que 10-15 % de leur face en 2025, selon les cotations sur les marchés secondaires.

De plus, cette mesure menacerait directement la solvabilité des banques. Le ratio de fonds propres du secteur, qui était de 10-12 % avant la crise, est désormais négatif pour de nombreuses institutions. Une restructuration, comme celle envisagée dans la loi approuvée par le Parlement en avril 2025, impliquerait des fusions forcées, des liquidations et des haircuts sur les dépôts.

Cette loi crée une Autorité de restructuration bancaire remplaçant la Commission de contrôle des banques, avec des pouvoirs pour imposer des pertes aux actionnaires et aux grands déposants. Les banques, dont les actionnaires incluent des familles influentes et des personnalités politiques, craignent une dilution de leur capital.

Selon un plan gouvernemental de mai 2022, mis à jour en 2025, les pertes bancaires s’élèvent à 63 milliards de dollars, à absorber prioritairement par les actionnaires, puis par les déposants au-dessus de 100 000 dollars.Un autre motif de refus réside dans la responsabilité partagée des pertes. Les banques plaident pour une crise « systémique », où l’État et la BDL devraient assumer la majeure partie du fardeau.

Dans un communiqué de l’ABL en août 2025, elles estiment que 70 % des pertes proviennent des prêts à l’État, totalisant 40 milliards de dollars en Eurobonds et certificats de dépôt. L’unification, en unifiant les bilans, forcerait une allocation claire : selon le FMI, les banques et leurs actionnaires doivent absorber les premières pertes, suivis des déposants via un bail-in. Cela contraste avec la position des banques, qui proposent un partage où l’État rembourse via des actifs publics, comme les concessions portuaires ou les télécoms, évalués selon eux à 20-30 milliards de dollars mais beaucoup moins, à seulement 4 milliards selon des experts locaux et internationaux. Les banques, en manque de solution, semblent donc surestimer les actifs publics pour gagner du temps.

La perte de confiance des déposants constitue un risque majeur. Avec 93 milliards de dollars gelés en 2025, l’unification exposerait les clients à des décotes substantielles. Par exemple, un dépôt de 100 000 dollars converti au taux bancaire de 3 900 LBP/USD vaudrait environ 1,08 million de dollars au taux parallèle de 92 000 LBP/USD, mais l’unification pourrait imposer une conversion à ce taux, entraînant une perte de 95 % en valeur réelle. Cela aggraverait la méfiance, déjà profonde depuis les restrictions de 2019, et pourrait déclencher une panique bancaire. Mais surtout, cela enclencherait une série de batailles judiciaires en raison de l’indisponibilité de la conversion de ces sommes via un contrôle informel des capitaux, donc illégal, instauré dès novembre 2019.

Les retraits cumulés depuis 2019 s’élèvent à 20 milliards de dollars en espèces, mais les banques manquent de liquidités, avec seulement 9 milliards de dollars en réserves liquides à la BDL en 2025.

Les pressions du FMI amplifient cette crainte. Depuis l’accord au niveau des services (SLA) signé en avril 2022 pour un prêt de 3 milliards de dollars sur quatre ans, le FMI conditionne son déblocage à cinq piliers : restructuration de la dette publique (150 % du PIB en 2024), unification des taux, réforme bancaire, audit de la BDL et loi sur les contrôles de capitaux. En mars 2025, une mission du FMI a réitéré que l’unification est essentielle pour restaurer la transparence monétaire et cibler l’inflation, qui a reculé depuis la mi-2023 grâce à l’élimination du déficit budgétaire.

Pourtant, les avancées sont lentes : la plateforme Sayrafa a été progressivement éliminée en 2024, mais les taux multiples persistent pour les douanes et taxes. Les banques, influentes politiquement – détenant 20 % des sièges au Parlement via des affiliations – freinent ces réformes pour protéger leurs intérêts.

La dollarisation des dépôts et les mécanismes de conversion via les certificats de dépôt de la BDL

Un aspect central de la résistance des banques à l’unification réside dans la dollarisation historique des dépôts et les pratiques de conversion qui ont alimenté les ingénieries financières. Avant la crise, environ 70 % des dépôts bancaires étaient libellés en dollars américains, totalisant 119 milliards de dollars sur les 170 milliards en 2019, reflétant la confiance dans le peg monétaire et les remittances de la diaspora.

Cette dollarisation, estimée à 80 % des transactions informelles en 2025, a permis aux banques d’attirer des capitaux étrangers, mais elle a aussi servi de levier pour des opérations risquées orchestrées par la BDL.Dès 2016, les banques ont utilisé les dépôts en dollars des clients pour les convertir ou les échanger contre des instruments en livres libanaises offrant des rendements plus élevés, via les certificats de dépôt (CDs) émis par la BDL.

Ce mécanisme fonctionnait comme suit : les banques offraient des taux d’intérêt attractifs sur les dépôts en USD (jusqu’à 15 %) pour encourager les clients à placer leurs fonds, puis convertissaient une partie de ces dollars en LBP équivalent à la BDL en échange de CDs libellés en livres, avec des rendements pouvant atteindre 20 %.

Entre 2016 et 2019, ces opérations ont impliqué environ 30 milliards de dollars placés en CDs et swaps, générant des profits estimés à 5 milliards de dollars pour les banques, mais au coût de 13 milliards de dollars en devises pour l’économie globale.

Par exemple, en 2017-2018, les banques réalisaient des retours de 40 % sur certaines transactions, en échangeant des bons du Trésor en LBP contre des Eurobonds en USD, refinancés par la BDL.

Ces conversions masquaient la vulnérabilité du système : les dollars des clients finançaient indirectement les déficits de l’État sans que les déposants en soient pleinement conscients, déplaçant une partie du fardeau des pertes vers les banques et les épargnants plutôt que sur l’endettement public direct. Cela induit une responsabilité perçue moindre pour l’État, car les ingénieries ont permis de financer les déficits (9 % du PIB en moyenne) sans émettre plus de dette souveraine visible.

Au lieu de cela, la BDL absorbait les dollars via CDs, augmentant ses déficits à 80 milliards de dollars en 2025, diluant ainsi la charge directe sur l’État (dette publique à 150 % du PIB en 2024, dont 46 % liés à des entreprises publiques comme Électricité du Liban). Sans ces mécanismes, l’endettement public aurait été plus apparent dès 2016, forçant des réformes plus tôt, selon des analyses du FMI.

Post-crise, cela a transformé les dépôts en dollars en « lollars » virtuels, gelés et dévalués, exacerbant les pertes des déposants lors d’une éventuelle unification.

En 2025, des développements récents illustrent cette tension. En avril, le Parlement a adopté une loi levant le secret bancaire pour les comptes suspects, une mesure historique exigée par le FMI pour lutter contre la corruption, estimée à 10 milliards de dollars annuels en pertes publiques. Cela expose les banques à des enquêtes sur des transferts illicites, comme les 6 milliards de dollars évadés entre 2019 et 2021.

De plus, la loi de restructuration bancaire approuvée en avril 2025 crée une nouvelle autorité pour superviser les fusions et liquidations, potentiellement réduisant le nombre de banques de 50 à 20-25 viables. Les banques s’opposent, arguant que cela marginaliserait leur rôle économique, qui représentait 10 % du PIB avant la crise.

L’impact macroéconomique de l’unification est également dissuasif. Une étude de la Banque mondiale en avril 2025 projette une croissance de près de 5 % pour l’année si les réformes avancent, mais une contraction de 2 % en cas de statu quo. L’unification pourrait stabiliser l’inflation et attirer des investissements, mais à court terme, elle augmenterait le coût des importations – 18 milliards de dollars en 2024 – et creuserait le déficit budgétaire, projeté à 5 % du PIB sans ajustements.

Les banques craignent une dollarisation totale, rendant obsolètes leurs opérations en livres, et une fuite des capitaux restants, évalués à 10 milliards de dollars en liquidités informelles.

Au-delà des chiffres, la résistance des banques s’ancre dans leur domination historique sur l’économie.

Avant 2019, elles contrôlaient 80 % des actifs financiers, finançant 70 % de la dette publique. Une unification les forcerait à une transparence incompatible avec leurs pratiques opaques, comme les commissions sur les ingénieries financières, estimées à 2-3 milliards de dollars pour la BDL seule entre 2016 et 2019.

Des cas concrets, comme la Banque du Liban et du Golfe, qui a vu ses actifs dévalués de 50 % en 2023, illustrent le risque de faillite.Les réformes en cours, bien que progressives, soulignent l’urgence. Le plan de récupération financière du gouvernement, mis à jour en 2025, vise à restructurer la dette publique à 60 % du PIB d’ici 2030, via une renégociation des Eurobonds (31 milliards de dollars en arriérés).

Mais sans unification, ces efforts restent fragmentés. Le FMI, dans sa mission de mars 2025, a insisté sur une stratégie globale incluant une flotte monétaire unifiée pour cibler une inflation à un chiffre. Les banques, via l’ABL, proposent des alternatives comme un fonds de garantie des dépôts financé par l’État, mais cela reporterait les pertes sur les contribuables, déjà appauvris par une contraction du PIB de 60 % depuis 2018.Enfin, le contexte géopolitique complique la situation.

Le conflit avec Israël, intensifié entre 2023 et 2024, a causé des dommages estimés à 11 milliards de dollars en infrastructures, selon la Banque mondiale en mars 2025, aggravant les pressions sur les banques pour financer la reconstruction. Les remittances, tombées à 6 milliards de dollars en 2024, peinent à compenser. Dans ce cadre, l’unification apparaît comme un remède amer, mais les banques préfèrent le statu quo, préservant leurs intérêts au détriment d’une reprise durable.

La reconnaissance des pertes colossales des banques libanaises, estimées à 85 milliards de dollars en 2025, entraînerait en effet des conséquences dévastatrices pour les actionnaires et les établissements, précisément ce que ces derniers s’acharnent à éviter par leur opposition farouche à l’unification des taux de change : les actionnaires, souvent issus de familles influentes et liées au pouvoir politique, subiraient une dilution massive de leur capital, des pertes financières personnelles pouvant atteindre des milliards et une responsabilisation judiciaire accrue, comme le suggèrent les procès imminents aux États-Unis pour fraudes au change qui exposent les dirigeants à des sanctions pénales ; quant aux établissements, ils feraient face à des liquidations forcées, des fusions imposées réduisant leur nombre de 50 à une vingtaine de survivants viables et encore, et une perte irrémédiable de leur domination économique, transformant un secteur autrefois hypertrophié en une ombre de lui-même sous la supervision d’une nouvelle autorité de restructuration.

Cette attitude, qualifiée par certains observateurs de « parti des banques » au sein d’un capitalisme politique corrompu, mérite une critique sévère : en privilégiant leurs intérêts étroits et en perpétuant un statu quo destructeur, les banques prolongent une crise systémique qui appauvrit les déposants – déjà victimes d’une « arnaque au change » avec des pertes massives sur leurs économies – et paralyse l’économie nationale, démontrant un égoïsme flagrant qui sacrifie le bien commun au profit d’une élite, au risque d’une implosion sociale et financière irrémédiable.

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François El Bacha
François El Bachahttp://el-bacha.com
Expert économique, François el Bacha est l'un des membres fondateurs de Libnanews.com. Il a notamment travaillé pour des projets multiples, allant du secteur bancaire aux problèmes socio-économiques et plus spécifiquement en terme de diversité au sein des entreprises.

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