
Les bombes thermobariques, ou explosifs à air combustible, sont des armes redoutables utilisées pour causer des destructions massives en produisant des ondes de choc prolongées et des explosions secondaires. Ces armes sont couramment utilisées pour détruire des structures fortifiées, des tunnels ou des bunkers. Cependant, leur utilisation dans des zones civiles, notamment par Israël, a conduit à de nombreuses accusations de crimes de guerre en raison des pertes humaines massives qu’elles provoquent, souvent parmi les civils.
Principe de fonctionnement des bombes thermobariques
Les bombes thermobariques fonctionnent en deux étapes. Dans un premier temps, une charge disperse un nuage de combustible qui se mélange à l’oxygène de l’air. Ensuite, ce nuage est enflammé, provoquant une explosion massive qui génère une onde de choc prolongée. Ces armes sont particulièrement destructrices dans les environnements clos, comme les bâtiments, les tunnels et les bunkers. En raison de leur capacité à provoquer des explosions secondairesdues à la réinflammation de substances inflammables, les bombes thermobariques continuent à infliger des dégâts bien après l’explosion initiale.
Phénomènes d’explosions secondaires et réinflammations
Un des dangers spécifiques des bombes thermobariques est leur capacité à causer des explosions secondaires, provoquées par la réinflammation des matériaux inflammables présents dans l’environnement. Ce phénomène a été observé lors de plusieurs événements, où des substances inflammables se sont réenflammées, entraînant des explosions supplémentaires.
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Ce phénomène amplifie les destructions initiales et complique les efforts de secours, en augmentant le nombre de victimes et en rendant certaines zones inaccessibles. Dans les environnements urbains, où des matériaux volatiles peuvent être présents, ces réinflammations peuvent causer des incendies dévastateurs et des effondrements de structures, aggravant les pertes humaines et matérielles.
Modèles de bombes thermobariques dans l’arsenal israélien
Israël possède plusieurs types de bombes thermobariques, développées localement ou acquises auprès de partenaires étrangers tels que les États-Unis. Voici quelques modèles utilisés par Israël :
- Système MPR-500
- Origine : Rafael Advanced Defense Systems (Israël)
- Description : Bombe pénétrante thermobarique conçue pour détruire des cibles fortifiées telles que des bunkers et des infrastructures souterraines, avec la capacité de générer des explosions secondaires.
- Matador-WB (Wall Breaching)
- Origine : Co-développement Israël-Singapour
- Description : Arme portative thermobarique utilisée pour percer des murs et des structures fortifiées dans des environnements urbains.
- GBU-39/B SDB (Small Diameter Bomb)
- Origine : Boeing (États-Unis), modifiée par Israël
- Description : Bombe guidée de petit diamètre, utilisée pour des frappes aériennes précises, avec des charges thermobariques adaptées aux environnements urbains.
- BLU-118/B
- Origine : États-Unis
- Description : Bombe thermobarique conçue pour pénétrer des cibles enterrées, utilisée principalement contre des bunkers.
- AGM-114N Hellfire
- Origine : États-Unis
- Description : Missile thermobarique utilisé par les hélicoptères de combat pour frapper des cibles fortifiées ou souterraines.
Approvisionnements récents en bombes thermobariques depuis les États-Unis (octobre 2023)
Depuis le début des hostilités en octobre 2023, Israël a reçu de nouveaux approvisionnements d’armements des États-Unis, comprenant des bombes thermobariques. Ces approvisionnements comprennent les missiles AGM-114N Hellfireet les bombes BLU-118/B, qui ont été largement utilisés dans les opérations récentes, notamment à Gaza et en Syrie, augmentant la capacité d’Israël à détruire des cibles fortifiées tout en accroissant les risques pour les civils dans les zones touchées par les réinflammations et les explosions secondaires.
Usage des bombes thermobariques par Israël et accusations de crimes de guerre
L’utilisation de bombes thermobariques par Israël a suscité de nombreuses accusations de crimes de guerre, en raison de leur impact disproportionné sur les civils et les infrastructures civiles. Les bilans humains sont souvent élevés dans les zones où ces armes sont employées, notamment lors des conflits à Gaza.
Conflits à Gaza
Israël a utilisé des bombes thermobariques lors de plusieurs offensives à Gaza, notamment lors de l’Opération Plomb Durci (2008-2009), l’Opération Bordure Protectrice (2014), ainsi que pendant les conflits récents en 2021 et 2023. Ces campagnes ont souvent entraîné des frappes dans des zones densément peuplées, où les civils sont inévitablement affectés.
- Opération Plomb Durci (2008-2009) : Des rapports ont suggéré l’utilisation de bombes thermobariques dans des zones résidentielles à Gaza, causant la mort de plusieurs centaines de civils. Selon des rapports de Human Rights Watch, plus de 1 400 Palestiniens ont été tués, dont un grand nombre par des frappes aériennes utilisant ces armes. Les explosions secondaires auraient amplifié les dégâts et aggravé le bilan humain.
- Opération Bordure Protectrice (2014) : L’utilisation de bombes thermobariques a été rapportée dans plusieurs frappes sur des tunnels et des bunkers utilisés par le Hamas, mais situés à proximité de zones civiles. Le nombre total de morts lors de cette opération s’élève à plus de 2 200 Palestiniens, dont environ 500 enfants. Plusieurs explosions secondaires ont contribué à ces pertes massives, provoquant des incendies et l’effondrement de bâtiments résidentiels.
- Conflit de 2021 : Lors de cette campagne militaire, des bombes thermobariques ont été utilisées pour détruire des infrastructures militaires situées sous terre, causant des dégâts importants aux structures civiles environnantes. Les estimations suggèrent que près de 260 Palestiniens, dont 66 enfants, ont été tués, principalement par des frappes aériennes, et de nombreux décès sont attribués aux effets prolongés des explosions thermobariques.
- Des bombes de ce type ont depuis été utilisées à Gaza puis à Beyrouth aujourd’hui.
Les rapports d’ONG, comme Amnesty International, indiquent que l’usage de ces armes dans des zones où vivent des civils constitue une violation du droit international humanitaire. Ces attaques peuvent être qualifiées de crimes de guerre en vertu des Conventions de Genève, qui interdisent les attaques indiscriminées et exigent la protection des civils en temps de guerre.
Syrie et Liban
Israël a également utilisé des bombes thermobariques dans ses frappes en Syrie contre des cibles militaires liées à l’Iran ou au Hezbollah. Ces cibles incluent des installations souterraines, mais leur proximité avec des zones civiles a souvent conduit à des pertes humaines importantes. Par exemple, lors d’une frappe en 2018 contre une base iranienne en Syrie, des bombes thermobariques auraient provoqué des explosions secondaires, tuant à la fois des combattants et des civils vivant à proximité.
Au Liban, lors des affrontements avec le Hezbollah, Israël a été accusé d’avoir utilisé des bombes thermobariques dans des frappes aériennes contre des infrastructures militaires dans le sud du pays, causant des destructions importantes dans les villages voisins. Bien que les pertes humaines exactes ne soient pas toujours claires, des témoignages indiquent que des civils ont été tués par des explosions secondaires dans ces zones.
Législation internationale et crimes de guerre
Le droit international humanitaire, en particulier les Conventions de Genève, stipule clairement que les attaques doivent éviter de causer des souffrances inutiles aux civils. Bien que les bombes thermobariques ne soient pas spécifiquement interdites par un traité international, leur utilisation dans des zones civiles densément peuplées pourrait constituer une violation des lois de la guerre.
Les bombardements thermobariques d’Israël dans des zones peuplées ont été jugés disproportionnés par des organisations de défense des droits de l’homme. Les explosions secondaires, qui augmentent le nombre de victimes et les destructions, sont particulièrement préoccupantes dans ces contextes.
Les bombes thermobariques sont des armes puissantes mais controversées, souvent utilisées par Israël dans des contextes où les civils subissent des dommages collatéraux importants. Les bilans humains lors des opérations israéliennes, notamment à Gaza, sont souvent très élevés, avec des centaines, voire des milliers de civils tués par ces armes. Les explosions secondaires, causées par la réinflammation des matériaux inflammables dans les zones urbaines, aggravent encore les pertes humaines et compliquent les efforts de secours.
L’utilisation de bombes thermobariques dans des zones civiles densément peuplées soulève des préoccupations éthiques et humanitaires importantes, et pourrait constituer des crimes de guerre. Les récents approvisionnements d’armes thermobariques en provenance des États-Unis renforcent encore la capacité d’Israël à mener des frappes destructrices, mais la communauté internationale doit surveiller de près leur utilisation pour s’assurer que les règles du droit international humanitaire soient respectées.




