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Retour sous tension : des Libanais rapatriés d’urgence de Sharm el-Sheikh en pleine crise régionale

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Une opération de rapatriement inédite

Lundi matin, un avion en provenance de Roumanie a atterri à l’aéroport international Rafic Hariri de Beyrouth. À son bord, des ressortissants libanais bloqués à Sharm el-Sheikh, station balnéaire égyptienne prisée, ont pu regagner le pays après plusieurs jours d’incertitude liée à la fermeture de l’espace aérien dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Cette initiative s’inscrit dans une série de mesures d’urgence mises en place par les autorités libanaises face aux perturbations régionales engendrées par le conflit Israël-Iran.

Le ministère des Travaux publics et des Transports, sous la supervision du ministre Fayez Rasamny, a coordonné l’opération avec l’Agence de l’aviation civile. Le retour des passagers a été rendu possible grâce à la mobilisation d’une compagnie roumaine, dans un contexte de fermeture partielle des routes aériennes dans plusieurs pays de la région.

Une crise du transport aérien provoquée par le conflit

Depuis le début des hostilités militaires entre Israël et l’Iran, les infrastructures de transport dans tout le Moyen-Orient sont perturbées. L’usage de missiles balistiques, de drones armés et d’avions de chasse dans une zone géographique dense a contraint plusieurs États voisins à fermer leur espace aérien à plusieurs reprises. Des compagnies aériennes internationales, y compris celles opérant à destination ou en provenance de Beyrouth, ont dû annuler des vols ou modifier leurs trajectoires.

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Sharm el-Sheikh, bien qu’éloignée des zones de conflit direct, s’est retrouvée isolée en raison de l’arrêt temporaire des liaisons commerciales. Plusieurs citoyens libanais, qui s’y trouvaient pour des séjours touristiques, n’ont pas pu quitter la ville comme prévu. La situation a nécessité l’intervention rapide des autorités libanaises, en coordination avec les partenaires régionaux et les agences de voyages concernées.

Le rôle de la direction de l’aviation civile

Selon un communiqué de la direction générale de l’aviation civile libanaise, le ministère a suivi la situation « en temps réel » dès la réception des premiers signalements de passagers bloqués. Des contacts ont été établis avec l’agence de voyage organisatrice du séjour, afin d’assurer un canal de communication direct avec les familles concernées et de faciliter les démarches de retour.

La solution retenue a été le recours à un itinéraire indirect via la Roumanie, un pays dont l’espace aérien reste accessible et qui offre une porte de sortie logistique stable. L’atterrissage à Beyrouth, dans des conditions de sécurité maîtrisées, marque un soulagement pour les passagers et leurs proches.

Une logistique sous haute contrainte

Le déroulement de cette opération a été marqué par de nombreuses contraintes techniques. Les créneaux disponibles pour les vols humanitaires sont rares en période de tensions régionales. Il a fallu adapter les horaires, obtenir des autorisations de survol en dernière minute, et garantir la sécurité des passagers tout au long du trajet. Le personnel navigant, comme les équipes d’assistance au sol, ont travaillé dans un climat d’urgence opérationnelle.

Des procédures de contrôle renforcées ont été mises en place à l’arrivée à Beyrouth, en raison du contexte de guerre régionale. Si aucun incident n’a été signalé, les autorités ont précisé que de nouveaux vols seraient programmés tout au long de la journée pour rapatrier les autres groupes encore sur place en Égypte.

Témoignages de passagers à l’arrivée

Plusieurs passagers ont exprimé leur soulagement à la sortie de l’aéroport. Certains, partis pour une semaine de vacances, ont vécu une situation de stress intense lorsqu’ils ont appris l’annulation de leur vol retour. « On a d’abord pensé à un problème technique, puis on a compris que c’était beaucoup plus grave », raconte un jeune homme revenu avec sa famille. Une autre passagère évoque des heures passées à tenter de joindre l’ambassade et l’agence de voyage, sans obtenir de réponses claires.

Les familles à Beyrouth, elles, se sont rendues à l’aéroport dès l’aube, espérant retrouver leurs proches. Des scènes d’émotion ont marqué l’arrivée des passagers, dans un climat mêlé d’inquiétude et de soulagement.

Impacts sur le secteur du tourisme

Le chaos provoqué par la fermeture des espaces aériens menace directement le secteur du tourisme au Liban, déjà malmené par la crise économique. Les agences de voyage signalent une recrudescence des annulations, notamment pour les destinations régionales. Les clients redoutent de se retrouver bloqués en cas d’escalade militaire. Cette situation complique la reprise d’un secteur qui misait sur la saison estivale pour relancer partiellement son activité.

Les hôtels et les compagnies de transport terrestre enregistrent également une baisse de fréquentation. Les frontières étant devenues plus difficiles à franchir, les circuits régionaux perdent en attractivité. La dépendance du Liban aux flux touristiques régionaux se révèle une faiblesse dans un contexte d’instabilité prolongée.

Prolongement possible de la crise aérienne

Les experts du transport aérien estiment que la situation pourrait durer plusieurs semaines. La sécurité aérienne impose des règles strictes dès lors que des missiles ou des drones sont utilisés dans une zone donnée. Même des pays non impliqués directement dans le conflit, comme la Jordanie ou l’Arabie saoudite, ont dû ajuster leurs plans de vol pour éviter les couloirs potentiellement dangereux.

Cette instabilité empêche les compagnies d’établir des programmes de vol fixes. Chaque jour, les prévisions doivent être revues en fonction des alertes de sécurité, ce qui perturbe l’ensemble des chaînes logistiques, y compris les vols de fret et les liaisons diplomatiques.

Une mobilisation interinstitutionnelle nécessaire

Le ministère des Travaux publics n’a pas été seul à intervenir. Le ministère des Affaires étrangères a, de son côté, apporté un soutien diplomatique en coordination avec les ambassades libanaises à l’étranger. Le ministère de la Santé a été alerté pour anticiper les besoins d’assistance sanitaire à l’arrivée, notamment pour les passagers ayant subi un stress prolongé ou nécessitant un suivi médical.

Cette coordination interinstitutionnelle montre la capacité du pays à réagir rapidement, malgré les failles structurelles de ses administrations. Toutefois, plusieurs responsables signalent qu’un plan de gestion de crise plus structuré, incluant la mise en place d’une cellule de veille permanente, serait désormais indispensable.

La gestion de la crise vue comme test politique

Le traitement de cet épisode est aussi observé comme un indicateur de la réactivité des institutions dans un climat de tensions généralisées. Le ministre Fayez Rasamny, peu exposé jusqu’ici sur la scène publique, a bénéficié d’une visibilité accrue. Son rôle dans la coordination des opérations est souligné dans plusieurs cercles politiques, certains y voyant une opportunité de repositionnement au sein de l’exécutif.

Dans un contexte de défiance généralisée vis-à-vis des institutions, chaque réussite opérationnelle devient un levier de communication politique. Mais elle soulève aussi la question des capacités de résilience du pays à plus grande échelle, si la crise devait s’étendre.

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Newsdesk Libnanews
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