Trois semaines avant: un marché figé sous 50% dans plusieurs zones
Trois semaines avant la fin décembre, les réservations hôtelières restaient plafonnées. Dans plusieurs régions, elles ne dépassaient pas 50%. Dans d’autres zones, elles étaient même en dessous de ce niveau. Ce chiffre est important, car il décrit un marché qui ne se planifie plus. Les établissements ne voient pas venir la demande. Ils ne peuvent donc pas sécuriser leurs coûts.
Cette fragilité est renforcée par la structure des charges. Une chambre non vendue ne “coûte pas zéro”. Le personnel de base, l’énergie, l’entretien et la sécurité restent. Ainsi, un plafond à 50% sur plusieurs semaines signifie des pertes quasi mécaniques pour une partie des hôtels, surtout ceux qui ne compensent pas par des événements.
Dans ce contexte, les acteurs du tourisme associent explicitement l’évolution des réservations à l’information sécuritaire. La demande n’est pas seulement sensible au prix. Elle est d’abord sensible à la perception du risque.
De 30% à plus de 80% à Beyrouth: la bascule de dernière minute
Après la circulation d’informations liées à un report du risque de guerre, la courbe a changé rapidement. Le même tableau cite une remontée depuis 30% jusqu’à plus de 80% à Beyrouth. Cette bascule a une signification économique nette. Le client a attendu. Puis il a réservé tard. La haute saison devient un marché de dernière minute.
Le passage de 30% à plus de 80% ne décrit pas seulement une hausse. Il décrit une volatilité. Cela signifie que la décision d’achat s’est concentrée sur quelques jours. Pour les hôtels, cette volatilité rend la gestion plus coûteuse. Ils doivent rappeler des équipes. Ils doivent ajuster les achats. Ils doivent aussi gérer une clientèle plus exigeante, car le prix du dernier moment est souvent plus élevé.
La même séquence cite un fait encore plus marquant. Certains hôtels ont atteint 100% d’occupation. Ce chiffre n’indique pas une situation générale. Il indique des pics. Il confirme que la demande est concentrée dans certains établissements, à certaines dates, et dans certaines zones.
60% ailleurs: une saison inégale, même quand l’ambiance semble “bonne”
En dehors de Beyrouth, le texte cite des zones où le taux d’occupation a dépassé 60%. Ce chiffre est utile, car il rappelle que la relance ne touche pas toutes les régions de la même manière. Il y a des gagnants et des perdants, même au cœur des fêtes.
Une partie du secteur peut finir les fêtes avec une impression positive, parce que 80% à Beyrouth et 100% dans certains hôtels créent un bruit médiatique. Pourtant, 60% dans d’autres zones, après des semaines sous 50%, signifie une reprise partielle. Elle permet de respirer. Elle ne garantit pas une saison longue.
C’est exactement ce qui rend l’espoir “fragile”. Les chiffres élevés existent. Ils ne sont ni homogènes ni durables.
20 000 arrivées en quatre jours à Noël: un flux concentré, pas une vague continue
Sur la période de Noël, le nombre d’arrivées a dépassé 20 000 personnes en quatre jours. Le chiffre est massif à l’échelle d’un laps de temps aussi court. Il confirme la logique des pics. Le pays attire, mais sur des fenêtres très serrées.
Le même témoignage associe ce flux à une projection plus large. Il est évoqué qu’on pourrait dépasser 400 000 arrivées d’ici la fin de l’année. L’intérêt n’est pas seulement l’ordre de grandeur. C’est la relation entre les deux. Une partie importante de la demande arrive sur quelques journées, puis se dilue.
Cette structure a un effet direct sur l’économie de services. Les restaurants, les transports et les lieux de divertissement profitent vite. En revanche, les entreprises qui ont besoin de régularité, comme l’hôtellerie sur plusieurs semaines, restent exposées.
Qui consomme: Européens connectés, expatriés, visiteurs du Golfe, séjours plus longs
Le texte décrit un profil de clientèle. Il mentionne une présence européenne, liée à des relations familiales ou sociales avec des Libanais. Il mentionne aussi des visiteurs venant d’Irak, d’Égypte, de Jordanie, du Qatar, du Koweït et des Émirats arabes unis. Il est également exprimé l’espoir de voir revenir des visiteurs saoudiens.
Ce détail change la lecture économique. Les visiteurs du Golfe sont décrits comme ayant des séjours plus longs. Ce point est déterminant, car la durée de séjour augmente la dépense totale. Elle soutient l’hôtellerie. Elle soutient aussi les dépenses “secondaires” comme la location de voitures, le commerce, et certaines activités de loisirs.
À l’inverse, un retour de courte durée, typique de la diaspora sur les fêtes, concentre la consommation sur quelques secteurs. Cela favorise les restaurants et les soirées. Cela pèse moins sur les dépenses plus longues.
Restauration à Badaro: 85% d’occupation sur le cœur des soirées
Le dossier cite un indicateur très concret pour la restauration. À Badaro, le taux d’occupation des restaurants a atteint 85% durant les soirées les plus demandées, notamment jeudi, vendredi, samedi et la nuit de fête. Ce chiffre montre une réalité opérationnelle. La restauration est l’un des premiers capteurs des pics d’arrivées.
Il souligne aussi une logique de calendrier. L’activité ne se répartit pas sur tout le mois. Elle s’empile sur quelques soirées. Un restaurant peut paraître “plein” sur les réseaux, puis être “normal” le reste du temps. Cela change la rentabilité réelle.
Le même récit insiste sur un facteur de comparaison. Cette période est décrite comme meilleure que l’an dernier, sur ces dates précises. Cela confirme que la performance est attachée au cœur des fêtes, plus qu’à une saison complète.
27 restaurants fermés pendant la guerre, plus de 20 rouverts: une reprise localisée, mais mesurable
Le texte apporte un chiffre rarement donné dans ce type de récit. Pendant la période de guerre, 27 restaurants avaient fermé à Badaro. Ce chiffre sert de base. Il permet de mesurer la profondeur du choc.
Il est ensuite indiqué qu’au moment de la fin d’année, plus de 20 restaurants ont rouvert. Cette réouverture n’est pas un détail. Elle signifie une reprise d’emplois, une reprise de commandes auprès des fournisseurs, et une reprise d’activité fiscale potentielle.
Le contraste entre 27 fermetures et plus de 20 réouvertures donne une lecture nette. La zone n’a pas encore effacé la totalité du choc. Mais elle a engagé un rattrapage rapide, porté par la demande de fêtes et par une dynamique commerciale.
Festival de Noël à Badaro: offres, baisse de prix et décorations sur tout l’axe
Le texte décrit aussi un mécanisme d’activation de la demande. Il évoque un festival de Noël à Badaro, avec des offres jugées importantes, des baisses de prix, et une décoration étendue à l’ensemble de la rue. Ce type de dispositif agit comme un multiplicateur local. Il attire. Il donne une raison de venir. Il fluidifie la décision d’achat.
Économiquement, cela fonctionne comme une subvention indirecte. La baisse de prix et les promotions remplacent un sentiment de risque par un sentiment d’opportunité. Dans un contexte de réservations tardives, ce levier compte. Il accélère la conversion, surtout sur des dépenses “plaisir” comme la restauration.
Segmentation par âge: une offre dédiée aux 17–25 ans, souvent complète
Un détail illustre la sophistication croissante du secteur, malgré la crise. Il est indiqué qu’il existe des restaurants dédiés à une tranche d’âge, entre 17 et 25 ans, et que ces lieux sont décrits comme souvent complets. Cette donnée n’est pas anecdotique. Elle montre que, même dans un marché instable, certains segments restent solvables et très actifs sur les fêtes.
Elle montre aussi que la demande n’est pas uniforme. Une partie consomme sur un mode événementiel, intensif, concentré, et socialement visible. Une autre partie reste prudente, notamment quand la situation sécuritaire est floue. Le marché se polarise.
Investissements et projets annoncés pour début 2026: l’espoir existe, mais il reste conditionnel
Le récit mentionne aussi des investissements. Il est question d’établissements anciens rénovés et d’investissements nouveaux. Il est aussi indiqué que certains projets seraient en cours d’exécution au début de 2026. Cette projection est importante, car elle signale une prise de risque. Rénover ou ouvrir implique de croire à une continuité minimale.
Mais le même tableau des réservations explique pourquoi cet espoir reste fragile. Quand un marché passe de 30% à plus de 80% en quelques jours, l’investisseur comprend qu’il peut gagner très vite, puis perdre très vite. Les décisions d’investissement deviennent donc dépendantes de la stabilité, et pas seulement de la demande.
Ce que ces chiffres racontent, sans illusion: une économie de services pilotée par la confiance
Les données se répondent. Moins de 50% dans plusieurs zones trois semaines avant les fêtes. Une remontée depuis 30% jusqu’à plus de 80% à Beyrouth après un signal sécuritaire, avec des pics à 100% dans certains hôtels. Un niveau au-delà de 60% dans d’autres régions. Plus de 20 000 arrivées en quatre jours à Noël. Une projection au-delà de 400 000 arrivées sur l’ensemble de la fin d’année. 85% d’occupation dans des restaurants à Badaro sur les soirées clés. 27 fermetures pendant la guerre et plus de 20 réouvertures. Une offre segmentée 17–25 ans souvent complète. Des projets annoncés pour le début 2026.
L’ensemble ne décrit pas une reprise stable. Il décrit une reprise par impulsions. Il décrit une économie de services qui respire quand la confiance remonte, puis retient son souffle quand l’incertitude revient. C’est cette structure, plus que l’ambiance des fêtes, qui explique pourquoi la saison peut sembler forte à l’œil nu, tout en restant courte dans les comptes.



