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Revue de presse: le Liban pris entre l’escalade régionale, l’initiative de Joseph Aoun et la rupture avec l’ambassadeur iranien

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Une guerre régionale qui enferme le Liban dans une séquence de très haute tension

Le sujet dominant des journaux du 25 mars 2026 est la superposition de trois crises qui se renforcent mutuellement. D’abord, l’affrontement entre les États-Unis, Israël et l’Iran continue de structurer toute la lecture régionale. Ensuite, le front libanais reste ouvert, avec une guerre qui ne se limite plus à des échanges localisés mais qui redessine le terrain au sud et frappe aussi les équilibres internes. Enfin, la décision libanaise de retirer son agrément à l’ambassadeur iranien désigné, Mohammad Reza Sheibani, a déplacé la crise du champ militaire au champ diplomatique. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 présente clairement cette imbrication en une, en expliquant que les mouvements diplomatiques pour contenir la guerre avancent alors même que l’escalade iranienne se poursuit, ce qui laisse ouverts en parallèle le chemin de l’apaisement et celui d’une aggravation. Le même jour, Al 3arabi Al Jadid souligne que les déclarations de Donald Trump sur l’ouverture de négociations avec l’Iran inquiètent Israël, qui pourrait chercher à accélérer ses opérations en Iran et au Liban avant tout arrêt des hostilités. La une n’est donc pas seulement celle d’une guerre en cours. C’est celle d’un moment de bascule, où plusieurs acteurs essaient de fixer la forme de la sortie du conflit tout en continuant à se battre pour améliorer leur position avant une éventuelle désescalade.

Cette lecture de bascule apparaît aussi dans le ton des journaux libanais. Nahar du 25 mars 2026 place en première page deux lignes de force qui résument l’instant politique. D’un côté, le journal insiste sur la dimension stratégique de la confrontation, en évoquant une « bataille de missiles » au-dessus du Kesrouan et l’expulsion de l’ambassadeur iranien. De l’autre, il met en avant le message direct de Joseph Aoun, qui affirme qu’il n’y aura pas de guerre civile et qu’il poursuit son initiative de négociation. Cette juxtaposition est décisive. Elle montre que la grande peur n’est plus seulement celle des bombardements, mais aussi celle d’un glissement intérieur provoqué par la guerre extérieure. Al Joumhouriyat du 25 mars 2026 adopte une logique proche. Le journal insiste sur l’idée que rien, à l’intérieur, ne permet encore d’inventer une formule capable de sortir le Liban de l’impasse, tout en rappelant que Joseph Aoun répète que le pays ne peut pas mener les guerres des autres sur son territoire. La une devient ainsi le lieu d’une double tension. Il y a la pression militaire venue du sud et du front régional. Il y a aussi la pression politique intérieure, avec la question de savoir si l’État libanais peut encore reprendre la main sur les décisions de guerre, de paix et de représentation diplomatique.

Joseph Aoun tente d’imposer une ligne d’État face au risque d’embrasement

Dans ce paysage, Joseph Aoun cherche à imposer une ligne claire, que plusieurs journaux reprennent presque dans les mêmes termes. Nahar du 25 mars 2026 rapporte qu’il a adressé aux Libanais, par l’intermédiaire du journal, un message de réassurance. Il affirme qu’il n’y aura pas de guerre civile et que les circonstances actuelles ne sont pas celles des années soixante-dix. Dans le même temps, il rappelle que le Liban ne peut pas combattre les guerres des autres sur son propre sol. Le point important est que cette position n’est pas présentée comme une simple déclaration de principe. Elle est ancrée dans une décision du Conseil des ministres prise quelques semaines plus tôt. Nahar ajoute que Joseph Aoun insiste aussi sur le fait que les décisions du gouvernement relatives à l’exclusivité des armes et au monopole de la décision de guerre et de paix ne seront pas remises en cause, parce qu’elles découlent de la Constitution, de l’accord de Taëf, du discours d’investiture et de la déclaration ministérielle. Al Sharq du 25 mars 2026 reprend la même idée, tout en précisant que le président estime que son initiative de négociation a reçu un soutien régional et international notable, mais qu’elle dépend désormais d’une réponse israélienne sur un cessez-le-feu. Ce point est central pour une lecture de une. Le chef de l’État tente de redéfinir le cadre du conflit, non pas en promettant une victoire militaire, mais en réaffirmant la souveraineté de la décision officielle libanaise et en essayant de replacer la crise dans un processus politique.

Cette ligne d’État est toutefois confrontée à une réalité militaire qui la fragilise chaque jour un peu plus. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 explique que les développements du front sud laissent penser que la guerre pourrait durer encore plusieurs semaines. Le journal relie explicitement l’allongement possible du conflit aux mesures israéliennes sur le terrain, notamment la destruction des ponts et l’intensification des frappes, y compris dans la banlieue sud de Beyrouth. Le même journal note que ces évolutions constituent aussi une réponse implicite à l’appel de Joseph Aoun en faveur d’une négociation pour mettre fin à la guerre. Al Sharq insiste de son côté sur le fait que le président considère le bombardement des ponts comme un moyen d’isoler les localités au sud du Litani du reste du pays, avec des conséquences lourdes pour l’unité territoriale et pour la vie quotidienne. Dans cette séquence, Joseph Aoun ne parle pas seulement en chef d’État soucieux de calmer les esprits. Il décrit aussi un processus de découpage de fait du territoire libanais. C’est ce qui donne à son discours une portée politique plus vaste. Il ne s’agit plus seulement d’empêcher une extension sociale de la crise. Il s’agit de défendre l’idée même d’un État capable de garder un territoire relié, une décision centralisée et une cohésion nationale minimale.

L’expulsion de l’ambassadeur iranien transforme la crise militaire en crise diplomatique intérieure

L’autre fait majeur de la une est la décision libanaise visant l’ambassadeur iranien désigné. Al Joumhouriyat du 25 mars 2026 rapporte que le ministère libanais des Affaires étrangères a convoqué le chargé d’affaires iranien à Beyrouth, Tofiq Samadi Khoshkhou, pour lui notifier le retrait de l’agrément de Mohammad Reza Sheibani, déclaré persona non grata et prié de quitter le territoire au plus tard le 29 mars 2026. Le journal précise aussi que l’ambassadeur du Liban en Iran, Ahmad Sweidan, a été rappelé pour consultation. Al 3arabi Al Jadid du 25 mars 2026, tout comme Nahar et Al Quds le même jour, souligne que le ministère a ensuite précisé publiquement que cette décision ne signifiait pas une rupture des relations diplomatiques avec l’Iran. Le fondement juridique invoqué est l’article 9 de la convention de Vienne. Les journaux ajoutent que Beyrouth reproche à Sheibani d’avoir enfreint les règles du comportement diplomatique, en intervenant dans la politique intérieure libanaise, en commentant des décisions du gouvernement et en rencontrant des parties libanaises non officielles sans passer par le ministère. Cette mise au point est importante. Elle montre que le pouvoir libanais a voulu donner à sa décision la forme d’un acte d’État légal et limité, non celle d’une rupture générale avec Téhéran. Mais le fait même d’avoir dû publier cette précision confirme que le geste a été perçu comme un changement majeur.

La portée politique de cette décision est visible dans la polarisation immédiate qu’elle provoque. Al Quds du 25 mars 2026 met en avant les réactions favorables de Samir Geagea, de Bilal Houshaymi et du parti Kataëb, qui voient dans cette mesure un acte de souveraineté, certes tardif, mais nécessaire pour restaurer la décision nationale et la dignité des relations arabes du Liban. À l’inverse, Nahar du 25 mars 2026 souligne que des signaux de refus ont émergé dans les milieux du tandem chiite, avec des appels à ce que l’ambassadeur ne se conforme pas à la demande de départ. Al Bina’ du 25 mars 2026 formule la critique la plus dure. Le journal décrit la décision comme précipitée, dangereuse, contraire selon ses auteurs à l’équilibre institutionnel et favorable aux pressions extérieures. Al Joumhouriyat constate lui aussi une colère chiite et des demandes de revenir sur la mesure. La une ne se limite donc pas à relater une crise diplomatique avec l’Iran. Elle raconte aussi un test intérieur de souveraineté. La question implicite est simple et redoutable : l’État libanais peut-il faire appliquer une décision diplomatique quand celle-ci touche directement un acteur extérieur lié à un rapport de force interne majeur ? C’est cette interrogation qui donne à l’affaire une profondeur politique bien supérieure au seul protocole.  

Le sud du Litani devient le cœur du récit de guerre

Sur le terrain, un autre thème domine les unes et structure toute la lecture de la journée : le Litani. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 écrit que la guerre a pris un tour plus net avec la volonté israélienne d’établir ce qu’elle appelle une zone de sécurité jusqu’au fleuve. Le journal ajoute que cette orientation laisse prévoir une guerre longue, tout en signalant que des tensions se multiplient entre déplacés et populations d’accueil à mesure que les frappes touchent des zones supposées sûres. Al Quds du 25 mars 2026 relaie les déclarations d’Israel Katz, qui affirme que la ligne de défense avancée s’étendra jusqu’au Litani, que les ponts utilisés par le Hezbollah ont été détruits et que les habitants déplacés ne pourront pas revenir au sud du fleuve tant que la sécurité du nord d’Israël ne sera pas garantie. Al 3arabi Al Jadid du 25 mars 2026 explique de son côté que le Litani redevient, comme dans chaque guerre majeure, la ligne géographique centrale de l’offensive israélienne, avec un scénario qui rappelle pour certains observateurs le modèle de destruction appliqué à Gaza. Ainsi, la une du 25 mars ne parle plus seulement de bombardements. Elle parle d’un projet spatial et politique : isoler, vider, contrôler et redéfinir le sud libanais.  

Cette centralité du Litani rejoint la logique plus large d’une guerre menée avant tout pour peser sur les conditions de sa fin. Al 3arabi Al Jadid du 25 mars 2026 estime qu’Israël pourrait intensifier ses opérations dans les jours immédiats afin d’obtenir un maximum de résultats avant un éventuel arrêt des combats. Al Sharq Al Awsat du même jour rapporte que Donald Trump affirme que des discussions sont en cours avec « les bonnes personnes » en Iran pour conclure un accord mettant fin aux hostilités, tout en évoquant une « grande concession » liée à l’énergie. Mais le journal rappelle aussi que Téhéran nie toute négociation directe et que les signaux restent contradictoires. Toute la scène régionale est donc suspendue à une contradiction. Plus les acteurs parlent de négociation, plus ils semblent chercher à renforcer leurs positions militaires et politiques avant qu’elle ne commence réellement. C’est cette contradiction qui écrase la scène libanaise. Le Liban n’apparaît pas comme un dossier séparé. Il est à la fois un théâtre secondaire de la confrontation régionale, un espace de pression sur l’Iran, un terrain de calcul pour Israël, et un test de cohésion pour l’État libanais. La matière de une, ce 25 mars 2026, est là : un pays sommé de survivre à une guerre qui le dépasse, tandis que sa direction politique tente encore d’imposer les mots d’État, de souveraineté et de négociation dans un contexte dominé par les missiles, les lignes rouges et les rapports de force.

Politique locale: l’épreuve de souveraineté entre présidence, gouvernement et tandem chiite

Joseph Aoun et Nawaf Salam tentent d’installer une ligne d’État au cœur de la crise

La séquence politique libanaise du 25 mars 2026 est dominée par une lutte de définition. Il ne s’agit pas seulement de gérer une guerre à la frontière ou une crise diplomatique avec Téhéran. Il s’agit, plus profondément, de savoir qui parle au nom du Liban, qui fixe la ligne officielle, et jusqu’où l’État peut faire appliquer ses choix quand ceux-ci touchent au rapport entre institutions, Hezbollah et Iran. Dans Annahar du 25 mars 2026, Joseph Aoun place cette bataille sur un terrain très clair. Il affirme que le Liban ne peut pas mener les guerres des autres sur son sol et il présente sa démarche comme la continuité d’une ligne déjà actée par le Conseil des ministres, fondée sur l’exclusivité des armes, le monopole de la décision de guerre et de paix, la Constitution et l’accord de Taëf. Le quotidien ne traite donc pas ses propos comme une simple déclaration morale. Il les relie à une tentative de réinstallation de la hiérarchie institutionnelle, avec un président qui veut réintroduire l’État comme centre de gravité du système.  

Al Sharq du 25 mars 2026 confirme ce même axe politique en rapportant la rencontre de Joseph Aoun avec le bloc des députés arméniens à Baabda. Le président y répète que le Liban ne peut pas combattre les guerres d’autrui sur son territoire. Cette formule revient dans plusieurs journaux, ce qui montre qu’elle est devenue le marqueur central de la présidence. Elle permet à Joseph Aoun de tenir ensemble plusieurs objectifs. D’abord, il cherche à rassurer un pays qui craint l’extension de la guerre. Ensuite, il parle à la communauté internationale et aux pays arabes en montrant qu’il existe encore une parole libanaise distincte de celle du Hezbollah. Enfin, il adresse un message intérieur : la légitimité de la décision sécuritaire doit revenir aux institutions. Ce déplacement du vocabulaire est essentiel. Le débat n’est plus présenté seulement comme un affrontement entre camps politiques. Il est reformulé comme un conflit entre logique d’État et logique de débordement permanent.  

Dans Al 3arabi Al Jadid du 25 mars 2026, la même dynamique apparaît sous un angle plus critique. Le journal souligne que le gouvernement du juge Nawaf Salam mène une intense activité diplomatique pour obtenir une vision de sortie de guerre et une forme de règlement politique global. Mais il note aussi que cette démarche s’inscrit dans un contexte très dur, où les pertes sont lourdes et où l’environnement international laisse craindre une nouvelle forme de tutelle américaine et israélienne sur le Liban. Cette lecture montre bien le dilemme du pouvoir. Joseph Aoun et Nawaf Salam essaient de redonner à l’État une initiative politique. Pourtant, ils le font dans un moment où la marge de manœuvre réelle de cet État reste étroite, parce que la guerre, les pressions extérieures et le poids du Hezbollah réduisent sa capacité à agir librement. La politique locale devient alors un exercice d’équilibre. Il faut affirmer la souveraineté sans provoquer une rupture interne irréparable. Il faut parler comme un État sans disposer encore de tous les attributs de l’État.  

L’affaire de l’ambassadeur iranien ouvre une crise de pouvoir au sommet de l’État

La décision de retirer l’agrément à l’ambassadeur iranien désigné agit comme un révélateur brutal des rapports de force internes. Al Joumhouria du 25 mars 2026 détaille la procédure. Le ministère des Affaires étrangères convoque le chargé d’affaires iranien, lui notifie le retrait de l’agrément de Mohammad Reza Sheibani, le déclare persona non grata et lui fixe un délai de départ. Le même article précise aussi que l’ambassadeur du Liban en Iran est rappelé pour consultation. Puis le ministère ajoute que cette mesure, prise au titre de l’article 9 de la convention de Vienne, ne signifie pas une rupture des relations diplomatiques. Le journal insiste sur les motifs invoqués par l’État libanais : interventions dans la politique intérieure, commentaires sur les décisions du gouvernement, rencontres avec des parties libanaises non officielles sans passer par le ministère. La portée de cette séquence est considérable. Pour la première fois depuis longtemps, l’appareil officiel libanais tente d’imposer un coût diplomatique à l’ingérence iranienne, en le faisant dans un cadre légal et institutionnel.  

Asharq Al-Awsat du 25 mars 2026 lit cette mesure comme un avertissement sévère adressé à Téhéran et à ses interventions dans les affaires libanaises. Le journal souligne que les autorités libanaises montrent une forte exaspération à l’égard des pratiques iraniennes et des déclarations de ses responsables. La formulation est importante, car elle dépasse le cas personnel de l’ambassadeur. Le geste vise en réalité un mode de relation installé depuis des années entre l’Iran et la scène libanaise, relation dans laquelle l’État est souvent contourné au profit de circuits parallèles. Dans cette perspective, l’affaire n’est pas seulement diplomatique. Elle devient une bataille sur la nature même du système politique libanais. Est-ce un État qui régule les acteurs extérieurs, ou un espace où les puissances régionales opèrent directement à travers leurs relais ? Le fait que la décision émane des canaux officiels et qu’elle soit justifiée par le droit diplomatique donne à cette crise une portée bien plus large qu’une querelle protocolaire.  

Annahar du 25 mars 2026 pousse plus loin cette lecture en estimant que la décision du ministère des Affaires étrangères touche au cœur du conflit sur l’identité de l’État et sur sa fonction. Le journal explique que le Liban rappelle ainsi qu’il possède encore des outils souverains, même tardifs, mais il pose aussitôt une question plus profonde : ces outils peuvent-ils produire un véritable rééquilibrage dans un pays où l’influence extérieure est imbriquée dans les rapports de force internes ? Cette interrogation résume l’enjeu de politique locale. La souveraineté n’est plus un slogan abstrait. Elle devient une capacité concrète à faire exécuter une décision, à assumer ses conséquences et à empêcher sa neutralisation immédiate par des acteurs plus puissants sur le terrain. En ce sens, l’affaire de l’ambassadeur iranien fonctionne comme un test grandeur nature du pouvoir réel des institutions.  

Le tandem chiite transforme la crise diplomatique en bras de fer institutionnel

La réponse du tandem chiite donne à cette affaire une dimension encore plus intérieure. Al Quds du 25 mars 2026 rapporte que le Hezbollah et Amal refusent le départ de l’ambassadeur iranien, et que Nabih Berri aurait dit au diplomate qu’il lui est interdit de quitter le pays. Le même article souligne que des responsables comme Bilal Houshaymi et le parti Kataëb saluent au contraire une décision de souveraineté et de restauration du choix national. L’opposition est nette. D’un côté, une partie de la classe politique voit dans cette décision un début de reprise en main par l’État. De l’autre, le tandem chiite signifie qu’il ne reconnaît pas à cette mesure une pleine légitimité politique. Le point décisif n’est pas seulement le désaccord. C’est la hiérarchie implicite qu’il révèle. Si une décision diplomatique officielle peut être publiquement contestée au point d’être présentée comme inapplicable, alors la crise ne porte plus sur l’ambassadeur. Elle porte sur la source réelle de l’autorité au Liban.  

Al Bina’ du 25 mars 2026 va encore plus loin dans cette logique. Le journal affirme que cette décision a déclenché une division interne aiguë et a placé le gouvernement dans une zone de danger direct. Des sources citées par le quotidien évoquent même l’hypothèse d’un retrait des ministres chiites du gouvernement si aucun recul rapide n’intervient. Le même titre présente donc la crise non comme une défense de l’ingérence étrangère, mais comme un conflit sur l’équilibre du pouvoir, sur la méthode de décision et sur la nature consensuelle du système libanais. Cette argumentation est renforcée dans un autre passage d’Al Bina’, où le Hezbollah appelle Joseph Aoun à intervenir rapidement pour annuler la décision et mettre fin au relâchement qu’il reproche à la gestion de la politique étrangère. Le vocabulaire utilisé est révélateur. Le parti évoque la préservation de la position du Liban, de sa dignité et de ses relations, et présente le geste du ministère comme un acte mettant le pays en danger. Le débat local se déplace alors vers une confrontation classique du système libanais : l’État légal contre la logique du veto communautaire et politique.  

Ad Diyar du 25 mars 2026 reprend la critique du Hezbollah dans des termes proches. Le journal cite le parti, qui qualifie la décision de faute nationale et stratégique majeure, dangereuse pour l’unité nationale et ouvrant la voie à la division intérieure. Il demande au président de la République et au Premier ministre d’obliger le ministre des Affaires étrangères à revenir sur sa décision. Là aussi, le contenu politique est clair. Le Hezbollah n’attaque pas seulement le fond. Il conteste la légitimité nationale de ceux qui ont pris la décision. Cette manière de politiser le différend révèle une chose essentielle : dans le système libanais actuel, toute tentative de réaffirmer la souveraineté étatique face à l’Iran se heurte immédiatement à une requalification intérieure du débat en crise de coexistence, en menace sur l’équilibre ou en atteinte au pacte national. C’est un mécanisme de protection politique bien connu. Il permet de faire passer une dispute sur l’autorité de l’État pour une crise de stabilité générale.  

Les partis et les institutions se repositionnent autour de la souveraineté

Ce bras de fer révèle aussi une redistribution des positionnements politiques internes. Al Quds du 25 mars 2026 cite des soutiens nets à la décision du gouvernement, notamment chez Bilal Houshaymi et le parti Kataëb. Tous deux présentent l’expulsion de l’ambassadeur comme une mesure tardive mais juste, qui doit ouvrir la voie à un rétablissement complet de l’autorité de l’État sur tout le territoire. Cette ligne réunit des forces qui veulent transformer l’événement en précédent politique. Leur raisonnement est simple. Si l’ingérence diplomatique iranienne est sanctionnée, alors le débat peut s’élargir à la présence militaire, au financement, aux circuits de décision et au rôle du Hezbollah. En soutenant la décision, ces acteurs cherchent donc moins à défendre un simple acte du ministère qu’à pousser une logique de recentrage étatique sur l’ensemble du champ politique et sécuritaire.  

Annahar du 25 mars 2026 ajoute un autre élément important. Le journal rapporte qu’au même moment, la justice militaire a émis des mandats d’arrêt contre deux combattants du Hezbollah après la découverte d’armes lourdes, notamment des roquettes Grad, des mitrailleuses et des munitions. Ce passage mérite attention, car il montre que l’épreuve de souveraineté ne se limite pas à la diplomatie. Elle touche aussi le judiciaire et la sécurité intérieure. La simultanéité entre l’affaire de l’ambassadeur iranien et ces développements judiciaires donne l’image d’un État qui essaie de réactiver plusieurs leviers à la fois. Mais elle met aussi en lumière le risque d’un choc plus large avec le Hezbollah et ses alliés. Dans un système où beaucoup de dossiers ont longtemps été gelés ou contournés, chaque geste institutionnel prend soudain une signification politique disproportionnée. C’est pourquoi la politique locale apparaît si tendue dans les journaux du 25 mars 2026. Chaque décision est lue non pour elle-même, mais comme un signal d’orientation globale du régime.  

Asharq Al-Awsat du 25 mars 2026 renforce cette impression en rappelant que Nawaf Salam avait déclaré quelques jours plus tôt que des membres des Gardiens de la révolution se trouvent au Liban, qu’ils dirigent des opérations militaires et qu’ils sont présents de manière illégale avec de faux passeports. Le journal ajoute que le gouvernement avait décidé au début du mois d’interdire toute activité sécuritaire ou militaire de ces éléments à partir du territoire libanais et de les arrêter en vue de leur expulsion. Même si ces propos relèvent aussi de la scène diplomatique et sécuritaire, ils ont une forte portée de politique locale. Ils signifient que le chef du gouvernement a choisi de nommer directement une réalité longtemps évoquée sans être officiellement assumée. Là encore, la nouveauté n’est pas seulement dans le contenu, mais dans le fait qu’il soit désormais porté par la tête du pouvoir exécutif. Le système libanais entre ainsi dans une phase où l’ambiguïté officielle recule, au moins dans les mots. Et ce recul de l’ambiguïté suffit déjà à produire une crise politique majeure.  

Le cœur du conflit intérieur porte désormais sur la capacité de l’État à tenir sa décision

Al Liwa’ du 25 mars 2026, malgré un texte partiellement difficile à lire, fait apparaître un autre aspect du moment politique. Le journal insiste sur la nécessité d’un effort libanais exceptionnel pour préserver les conditions intérieures et souligne le rôle national attendu de Nabih Berri pour consolider le front interne. Cette lecture est révélatrice de l’état du système. Même dans un moment où le président de la République et le Premier ministre tentent de reprendre l’initiative, beaucoup d’acteurs continuent de penser que la stabilité dépend encore de la capacité de Berri à amortir les chocs, à contenir les réactions du tandem chiite et à éviter l’effondrement gouvernemental. Autrement dit, la politique locale reste structurée par une dualité. Il y a le retour affiché des institutions. Mais il y a aussi la persistance d’une régulation parallèle, fondée sur des médiations, des équilibres communautaires et des rapports de force extra-institutionnels.  

Al Sharq du 25 mars 2026 apporte enfin une dimension sociale à cette crise politique. Le journal relaie l’avertissement de l’Union générale des travailleurs, qui dénonce l’absence de réponse sérieuse des autorités, demande des mécanismes transparents pour la distribution de l’aide, un contrôle des marchés, des mesures urgentes sur les carburants et les biens de base, ainsi qu’un plan social d’urgence. L’organisation prévient qu’elle pourrait se mobiliser devant le Conseil des ministres après la fête. Cette séquence rappelle que la politique locale ne se réduit pas au conflit entre l’État et le tandem chiite. Elle est aussi travaillée par le risque social. Plus la guerre dure, plus la souveraineté sera jugée à l’aune de la capacité du pouvoir à protéger les habitants, à distribuer l’aide sans clientélisme et à empêcher l’explosion des prix. Le pouvoir ne sera pas seulement évalué sur sa fermeté diplomatique. Il le sera aussi sur son efficacité quotidienne.  

Dans les journaux du 25 mars 2026, la politique locale apparaît ainsi comme un moment de clarification brutale. Joseph Aoun et Nawaf Salam essaient d’installer une ligne d’État plus nette. Le tandem chiite répond en rappelant qu’aucune décision sensible ne peut s’imposer contre lui sans risque de crise. Les autres partis tentent de convertir l’affaire de l’ambassadeur iranien en précédent souverainiste. Les syndicats rappellent que la légitimité se joue aussi sur le terrain social. La véritable question n’est donc plus de savoir si le Liban traverse une crise. Elle est de savoir si cette crise peut enfin produire une hiérarchie politique claire, ou si elle débouchera, une fois encore, sur un compromis imposé par le rapport de force plutôt que par l’autorité de l’État.

Citation et discours des personnalités politiques: des mots de souveraineté, de dissuasion et de guerre civile évitée

Joseph Aoun impose un vocabulaire de retenue et de souveraineté

Dans les journaux du 25 mars 2026, Joseph Aoun domine nettement la scène des citations politiques. Son expression la plus reprise est celle que rapporte Al Sharq du 25 mars 2026, selon laquelle « le Liban ne peut pas mener les guerres des autres sur son territoire ». Cette formule condense sa ligne entière. Elle vise à la fois l’Iran, le Hezbollah, Israël et l’ensemble des acteurs qui traitent le Liban comme un espace de confrontation indirecte. Elle marque aussi une rupture dans le ton. Le président ne se contente pas de déplorer la guerre. Il redéfinit publiquement la place que l’État entend donner au pays dans la séquence régionale. Le choix de cette phrase n’est pas anodin. Il ne dit pas seulement que le Liban souffre. Il dit que le Liban ne doit pas être utilisé. Dans un système politique longtemps habitué aux formulations floues, cette phrase frappe par sa simplicité et par sa portée directe.  

Cette ligne est prolongée dans le même titre par un autre registre, plus intérieur. Al Sharq du 25 mars 2026 précise que Joseph Aoun explique à ses interlocuteurs que les rencontres avec les responsables et les partis ont pour but de renforcer la stabilité sécuritaire interne, de consolider l’unité nationale et de préserver la cohésion de la société libanaise. Il ajoute qu’il se dit convaincu que les Libanais forment un seul bloc face aux défis du moment. Le discours présidentiel fonctionne donc sur deux plans. D’un côté, il cherche à fixer une doctrine extérieure minimale fondée sur le refus des guerres par procuration. De l’autre, il tente d’empêcher la traduction intérieure de cette guerre en conflit communautaire. Le ton n’est pas martial. Il est préventif. Joseph Aoun parle comme un chef d’État qui voit le danger principal dans la perte du contrôle intérieur. Ses mots cherchent moins à exalter qu’à contenir.  

Annahar du 25 mars 2026 pousse encore plus loin ce registre de retenue. Le journal met en avant cette phrase de Joseph Aoun : « il n’y aura pas de guerre civile ». Dans le contexte du jour, cette citation est capitale. Elle montre que la principale peur des responsables n’est pas seulement l’extension militaire du conflit. C’est aussi la possibilité d’un dérapage interne, nourri par les déplacements de population, les tensions confessionnelles, la crise diplomatique avec l’Iran et la polarisation autour du Hezbollah. En disant qu’il n’y aura pas de guerre civile, Joseph Aoun ne décrit pas un fait. Il cherche à produire un effet politique. Il tente de fermer d’avance l’horizon du pire. Cette parole est d’autant plus importante qu’elle s’accompagne, dans le même quotidien, de l’idée qu’il poursuit encore son initiative de négociation. Son discours assemble donc deux messages complémentaires : empêcher l’effondrement intérieur et ouvrir une issue politique extérieure.  

Nawaf Salam parle moins en tribun qu’en chef de gestion de crise

À côté de Joseph Aoun, Nawaf Salam apparaît dans les journaux avec un style de parole très différent. Al Liwa’ du 25 mars 2026 rapporte la réunion ministérielle quotidienne au Grand Sérail et précise, selon le ministre de l’Information Paul Morcos, que le Premier ministre insiste sur l’importance de ces réunions en parallèle du Conseil des ministres. Le journal ajoute qu’il a présenté aux ministres le cadre de travail prioritaire autour de l’hébergement et du secours aux déplacés et qu’il a révélé un renforcement de la sécurité à Beyrouth et dans les régions pour prévenir tout incident. Le langage de Nawaf Salam est donc moins fait de formules symboliques que de séquences d’administration de crise. Il parle en organisateur. Il tente de montrer que l’État agit encore sur le terrain, qu’il coordonne, qu’il anticipe, qu’il empêche le chaos de s’installer. Dans une période où la parole publique est saturée de menaces et de postures, cette tonalité technicienne a aussi une signification politique. Elle veut prouver que l’autorité se mesure par la continuité de l’action, pas seulement par la force des déclarations.  

Mais le nom de Nawaf Salam apparaît aussi dans un cadre plus sensible, rapporté par Asharq Al-Awsat du 25 mars 2026. Le quotidien rappelle que le Premier ministre avait affirmé quelques jours plus tôt que des membres des Gardiens de la révolution iraniens se trouvent au Liban, qu’ils dirigent des opérations militaires et qu’ils y sont présents illégalement sous de faux passeports. Même si cette citation est évoquée indirectement dans la presse du 25 mars, sa résonance reste forte. Elle introduit une parole officielle très rare dans le système libanais, une parole qui nomme directement une présence iranienne active et illégale. Nawaf Salam ne parle donc pas seulement comme un gestionnaire. Il participe aussi à un mouvement de clarification du langage d’État. En désignant des acteurs précis, il réduit l’ambiguïté qui a longtemps entouré la relation entre le Liban officiel, l’Iran et le Hezbollah. C’est une parole moins visible que celle de Joseph Aoun, mais elle est potentiellement plus explosive.  

Le Hezbollah et ses alliés choisissent un vocabulaire d’alarme et de mise en garde

Le camp opposé répond avec une intensité verbale très nette. Al Bina’ du 25 mars 2026 rapporte que le Hezbollah demande à Joseph Aoun une « intervention immédiate et décisive » pour corriger ce qu’il qualifie de dysfonctionnement dans la gestion de la politique étrangère et pour annuler la décision visant l’ambassadeur iranien avant que les choses ne deviennent incontrôlables. Le parti ajoute que préserver la place du Liban, son prestige et ses relations n’est pas un détail, et que quiconque joue avec cet équilibre place le pays devant des risques graves. Tout le vocabulaire ici repose sur l’urgence, le désordre et le danger. Le Hezbollah n’argumente pas seulement contre une décision diplomatique. Il dramatise ses conséquences et transforme l’acte du ministère en menace générale contre la stabilité du pays. C’est un discours de veto. Il ne cherche pas à convaincre par le droit. Il cherche à imposer l’idée qu’aucune décision touchant à l’Iran ne peut être prise sans risque systémique.  

Dans le même journal du 25 mars 2026, le Rassemblement des partis et forces nationales et nationalistes de la Békaa emploie un registre encore plus accusateur. Il parle d’une « anarchie institutionnelle caractérisée », d’un « jeu prolongé avec la paix civile » et de pratiques improvisées qui ne respectent ni les règles constitutionnelles ni l’équilibre national. Il accuse le ministre des Affaires étrangères d’avoir franchi les institutions et d’avoir agi de façon unilatérale sous volonté américaine. Cette langue est importante politiquement. Elle convertit un litige diplomatique en crise de pacte national. Elle déplace le débat du terrain de la souveraineté vers celui de la coexistence. C’est une méthode classique dans la vie politique libanaise. Quand un camp ne veut pas discuter un acte sur son fond, il le requalifie en atteinte à l’équilibre général. Le discours n’est alors plus celui du désaccord. Il devient celui de l’alerte existentielle.  

Ad Diyar du 25 mars 2026 complète cette tonalité en mettant en avant le souci de Walid Joumblatt pour la paix civile. Le journal explique qu’il considère que les États-Unis et Israël ont frappé l’Iran alors même que des négociations avançaient, et qu’il veut éviter que l’extension du conflit ne déstabilise l’intérieur libanais. Il insiste sur le fait que Joumblatt se concentre sur la paix civile, sur l’accueil des déplacés et sur l’éloignement du jeu de l’incitation confessionnelle et sectaire, y compris sur les réseaux sociaux. Cette parole est différente de celle du Hezbollah, mais elle partage avec elle une même obsession du moment : éviter que la guerre régionale ne débouche sur une guerre intérieure. La différence est que Joumblatt ne défend pas ici l’axe iranien. Il parle en régulateur de crise libanaise. Son discours s’inscrit dans la tradition de prudence druze en période de fracture aiguë.  

Les voix extérieures appuient la souveraineté libanaise ou verrouillent la prudence diplomatique

Les citations étrangères occupent aussi une place importante dans cette séquence. Annahar du 25 mars 2026 met en avant la déclaration du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, qui dit accueillir favorablement la décision du Liban d’expulser l’ambassadeur iranien et la saluer. Cette phrase a un poids politique immédiat. Elle signifie que la décision libanaise n’est pas lue à Paris comme un dérapage, mais comme un acte recevable de souveraineté. Le soutien français renforce la couverture internationale de Joseph Aoun, de Nawaf Salam et de Youssef Rajji. Il montre aussi que certains partenaires occidentaux veulent encourager un État libanais plus affirmé face à l’ingérence iranienne. Dans une scène intérieure aussi fracturée, une telle citation extérieure n’est jamais neutre. Elle vient renforcer un camp du débat.  

Al Sharq du 25 mars 2026 cite pour sa part le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot, qui réaffirme le soutien complet de son pays au peuple libanais et à son gouvernement face aux circonstances exceptionnelles traversées par le Liban. Ce type de citation est moins conflictuel que celle de Jean-Noël Barrot, mais il participe à la même construction. Il crédibilise la parole de l’État libanais en montrant qu’elle trouve des relais et des soutiens dans les capitales européennes. La solidarité extérieure n’est pas seulement humanitaire. Elle donne aussi une forme de légitimité à la ligne officielle défendue par la présidence et le gouvernement.  

Ad Diyar du 25 mars 2026 cite également Karoline Leavitt, porte-parole américaine, qui explique à la chaîne américaine qu’il s’agit de discussions diplomatiques sensibles, que les États-Unis ne donneront pas d’informations sur les réseaux sociaux et qu’aucune hypothèse sur les négociations ne peut être tenue pour définitive avant une annonce formelle de la Maison-Blanche. Cette prudence de langage tranche avec la brutalité du terrain militaire. Elle montre que Washington veut garder un contrôle serré sur le récit des négociations avec l’Iran. Ce contraste entre discrétion verbale américaine et intensité guerrière sur le terrain nourrit l’incertitude générale. Les responsables libanais parlent pour contenir la crise. Les responsables américains parlent pour ne pas figer trop tôt le cadre diplomatique.  

Les discours politiques dessinent trois peurs majeures

Pris ensemble, ces citations permettent de dégager trois peurs dominantes. La première est celle de la perte de souveraineté. Elle apparaît dans la phrase de Joseph Aoun sur les guerres des autres, dans les propos attribués à Nawaf Salam sur la présence illégale d’éléments iraniens, et dans le soutien français à l’expulsion de l’ambassadeur. La deuxième est celle de la guerre civile. Elle traverse la déclaration de Joseph Aoun dans Annahar, les mises en garde du Hezbollah contre une situation qui échapperait au contrôle et les efforts de Walid Joumblatt pour éloigner le pays de l’incitation sectaire. La troisième est celle du vide institutionnel. Elle est exprimée de manière antagoniste. Le pouvoir dit agir pour restaurer la hiérarchie institutionnelle. Ses adversaires disent au contraire que certaines décisions improvisées aggravent l’anarchie institutionnelle. Derrière ces divergences, tous reconnaissent en creux que la solidité de l’État est la question centrale du moment.  

Le 25 mars 2026, la parole politique libanaise n’est donc pas un simple commentaire de la guerre. Elle est devenue l’un des terrains mêmes du conflit. Chaque citation compte parce qu’elle cherche à définir qui protège le pays, qui le met en danger, qui parle au nom de l’État et qui parle au nom d’un rapport de force. Joseph Aoun choisit des mots de souveraineté et de prévention. Nawaf Salam privilégie le langage de la gestion et, par moments, celui de la désignation directe. Le Hezbollah et ses alliés emploient les mots de l’alerte, du déséquilibre et du risque de rupture. Les soutiens extérieurs, eux, valident ou encadrent cette bataille de langage. Dans cette séquence, les discours ne sont pas périphériques. Ils sont un instrument central de pouvoir.

Diplomatie: Beyrouth cherche des appuis extérieurs tout en redéfinissant ses rapports avec Téhéran

La diplomatie libanaise passe d’une posture défensive à une logique d’initiative

Le 25 mars 2026, la scène diplomatique libanaise n’est plus seulement un prolongement discret de la crise militaire. Elle devient l’un des principaux théâtres de la confrontation. La décision de retirer l’agrément à l’ambassadeur iranien désigné, Mohammad Reza Sheibani, puis de le déclarer persona non grata avec une échéance de départ fixée au 29 mars, marque une rupture nette dans la manière dont Beyrouth traite ses tensions avec Téhéran. Al Joumhouriyat du 25 mars 2026 précise que le ministère libanais des Affaires étrangères a aussi rappelé pour consultation l’ambassadeur du Liban en Iran, Ahmad Sweidan, en invoquant une violation par Téhéran des usages diplomatiques entre les deux pays. Le même quotidien ajoute que le ministère a pris soin de préciser que cette mesure, fondée sur l’article 9 de la convention de Vienne, ne signifiait pas une rupture des relations diplomatiques, mais un acte ciblé contre un diplomate accusé d’avoir enfreint les règles de sa mission .

Cette précision est au cœur de la diplomatie libanaise du moment. Beyrouth veut hausser le ton sans franchir le seuil de la rupture générale. Le Liban essaie donc d’envoyer un message double. D’un côté, il affirme qu’il ne tolère plus les interventions directes de responsables iraniens dans sa vie politique. De l’autre, il maintient un cadre diplomatique formel pour éviter une escalade incontrôlée. Asharq Al-Awsat du 25 mars 2026 résume bien cette nouvelle phase en décrivant la mesure comme un avertissement sévère adressé à Téhéran et à ses ingérences au Liban, dans un contexte de forte exaspération des autorités libanaises face aux pratiques iraniennes et aux déclarations de ses responsables .

Cette évolution traduit un changement plus large. La diplomatie libanaise ne se contente plus de protestations verbales ponctuelles. Elle commence à utiliser les instruments classiques du droit diplomatique pour signaler ses lignes rouges. Asharq Al-Awsat du 25 mars 2026 insiste d’ailleurs sur le fait que les relations entre Beyrouth et Téhéran entrent dans une nouvelle étape, marquée par une escalade libanaise sans précédent dans la manière d’aborder le lien avec l’Iran. Le quotidien y voit une transformation de l’approche libanaise elle-même, et non un simple incident passager .

Le contentieux avec l’Iran s’inscrit dans une dégradation diplomatique plus ancienne

La crise actuelle n’apparaît pas comme un accident isolé. Elle prolonge une détérioration déjà visible depuis la guerre de 2024. Asharq Al-Awsat du 25 mars 2026 rappelle qu’une tension diplomatique importante était déjà apparue lorsque Mohammad Baqer Qalibaf avait déclaré que l’Iran était prêt à négocier avec la France sur l’application de la résolution 1701 au Liban. Le gouvernement libanais de l’époque avait considéré cette déclaration comme une ingérence flagrante dans un dossier souverain, et avait alors demandé au ministère des Affaires étrangères de convoquer le représentant iranien pour lui notifier l اعتراض officiel du Liban .

Le même journal rappelle aussi qu’en 2025, l’ambassadeur iranien avait déjà été convoqué après des publications contestant l’idée même d’un désarmement, présenté comme une conspiration contre les États. Cette séquence montre que la crise diplomatique du 25 mars 2026 ne surgit pas dans le vide. Elle s’inscrit dans une accumulation d’incidents au cours desquels Beyrouth a progressivement cessé de tolérer certaines formes de prise de parole iranienne sur les affaires libanaises .

Annahar du 25 mars 2026 replace cette évolution dans une perspective historique plus longue. Le quotidien rappelle que, sous la présidence d’Amine Gemayel, l’État libanais avait déjà rompu totalement ses relations avec l’Iran dans un contexte de conflit ouvert sur le territoire libanais. Mais le journal souligne que l’importance de la décision actuelle ne tient pas seulement à sa rareté. Elle tient à son contexte : le Hezbollah est engagé dans une guerre hors décision de l’État, le débat sur le monopole de la décision de guerre et de paix est relancé, et la présence d’éléments des Gardiens de la révolution iraniens au Liban est de plus en plus évoquée. Dans cette lecture, l’acte diplomatique dépasse le cas d’un ambassadeur et touche à la définition de la souveraineté elle-même .

Beyrouth cherche à internationaliser sa position sans se placer en rupture frontale

La diplomatie libanaise du 25 mars 2026 ne consiste pas seulement à répondre à l’Iran. Elle vise aussi à consolider un environnement extérieur favorable. La décision prise contre l’ambassadeur iranien a été accompagnée, dans plusieurs journaux, d’un effort visible pour montrer qu’elle s’inscrit dans une stratégie soutenue par des partenaires internationaux et arabes. Al Sharq du 25 mars 2026 souligne que Joseph Aoun considère que son initiative politique a reçu un appui régional et international important, même si sa réussite dépend encore d’une réponse israélienne sur un cessez-le-feu. Le président cherche donc à faire reconnaître que la position officielle libanaise n’est pas isolée, mais adossée à un réseau de soutiens extérieurs .

Cette volonté de cadrage extérieur est renforcée par les soutiens européens. Dans Annahar du 25 mars 2026, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot salue explicitement la décision du Liban d’expulser l’ambassadeur iranien. Une telle réaction est diplomatiquement lourde. Elle signifie que Paris lit cette mesure comme un acte recevable de souveraineté, non comme une imprudence. Elle offre aussi à Beyrouth une forme de protection politique internationale dans un moment de tension maximale avec Téhéran et avec le tandem chiite .

Al Sharq du 25 mars 2026 ajoute à cela le soutien belge. Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot y réaffirme l’appui total de son pays au peuple libanais et à son gouvernement face aux circonstances exceptionnelles traversées par le Liban. Ce type de soutien ne change pas à lui seul les rapports de force régionaux, mais il contribue à légitimer la ligne diplomatique de Beyrouth. Il montre que la parole officielle libanaise est entendue et relayée au sein de capitales européennes qui veulent maintenir un État libanais capable de parler en son nom propre .

Entre guerre et négociation, la diplomatie libanaise tente d’ouvrir un espace distinct

La crise diplomatique avec Téhéran se développe en parallèle d’un autre dossier tout aussi central : la recherche d’une issue politique à la guerre. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 met en avant les signaux diplomatiques qui précèdent soit un accord, soit une escalade plus vaste entre Washington et Téhéran. Le quotidien explique que les discussions en cours autour de la fin des hostilités restent entourées de flou, mais qu’elles influencent déjà le comportement de tous les acteurs régionaux .

Dans ce contexte, la diplomatie libanaise essaie de se faire une place propre. Al Joumhouriyat du 25 mars 2026 rappelle que Joseph Aoun répète que son initiative reste sur la table et que le Liban refuse d’être le terrain des guerres des autres. Cette phrase n’est pas seulement politique. Elle a une portée diplomatique directe. Elle signifie que Beyrouth veut se dissocier de toute logique de front fusionné entre l’Iran, le Hezbollah et le territoire libanais. Elle cherche à redire aux médiateurs extérieurs que le Liban officiel ne veut pas être traité comme une simple annexe du conflit régional .

Al 3arabi Al Jadid du 25 mars 2026 montre toutefois combien cet espace diplomatique reste fragile. Le quotidien note que le gouvernement de Nawaf Salam mène un effort diplomatique intense pour définir une perspective de sortie de guerre et un règlement politique global, mais il souligne aussi que cette tentative se déroule dans un cadre très contraint. Le Liban est touché par des pertes lourdes, il subit la pression militaire israélienne, et il reste exposé à une recomposition régionale qui pourrait se faire sans lui ou contre lui. La diplomatie libanaise, dans cette lecture, est une diplomatie de marge. Elle agit, mais dans un champ extrêmement étroit .

Le principal enjeu diplomatique est désormais la crédibilité de l’État libanais

La difficulté centrale n’est pas seulement d’adresser un message à l’étranger. Elle est de savoir si ce message peut être soutenu par un minimum de cohérence intérieure. Annahar du 25 mars 2026 rapporte que, juste après la décision contre l’ambassadeur iranien, des informations ont circulé sur un refus du tandem chiite de laisser partir le diplomate et sur des demandes adressées à l’ambassade pour qu’elle n’applique pas la décision de l’État. Le quotidien y voit un tournant grave, car la contestation ne vient plus seulement de Téhéran, mais de forces libanaises capables de bloquer ou de vider de sa substance une décision diplomatique officielle .

Al Quds du 25 mars 2026 confirme cette dimension en rapportant que le tandem chiite refuse le départ de l’ambassadeur iranien et que Nabih Berri aurait dit au diplomate qu’il lui est interdit de quitter le pays. Là encore, l’information a une forte portée diplomatique. Elle montre qu’au Liban, la politique étrangère n’est pas seulement un domaine régi par les institutions. Elle reste dépendante d’équilibres internes capables de concurrencer la ligne officielle. La diplomatie libanaise n’est donc jamais jugée seulement sur ses actes envers l’extérieur. Elle est jugée sur sa capacité à les faire respecter à l’intérieur .

Al Bina’ du 25 mars 2026 reflète d’ailleurs la contre-lecture du camp opposé. Le journal insiste sur le caractère dangereux et précipité de la décision, et appelle le président de la République et le Premier ministre à faire revenir le ministre des Affaires étrangères sur ce choix. Il présente la mesure comme une source de tensions graves et non comme une restauration de la souveraineté. Cette contestation montre que la diplomatie est devenue l’un des champs où se joue directement le rapport entre l’État et les forces qui s’estiment en droit d’imposer leur propre logique régionale au Liban .

La diplomatie libanaise est entrée dans une phase de vérité

Le 25 mars 2026, la diplomatie libanaise ne ressemble plus à une simple gestion prudente des susceptibilités régionales. Elle entre dans une phase de vérité. D’un côté, l’État utilise des instruments classiques, convoque, rappelle, notifie, sanctionne et cherche des soutiens extérieurs. De l’autre, il doit démontrer que ses décisions ne seront pas annulées par des rapports de force parallèles. La nouveauté du moment tient précisément là. Beyrouth tente de parler comme un État souverain tout en sachant que cette souveraineté reste incomplète.

Asharq Al-Awsat du 25 mars 2026 résume bien cette épreuve lorsqu’il décrit le moment actuel comme un test diplomatique difficile entre Téhéran et Beyrouth, dans lequel le rôle iranien est devenu, selon le journal, plus direct, plus visible et plus menaçant pour la sécurité de tous les Libanais . Ce test ne porte pas seulement sur la qualité des relations entre deux capitales. Il porte sur la possibilité, pour le Liban, de reconstruire une parole extérieure distincte, lisible et appliquée.

Dans les journaux du 25 mars 2026, la diplomatie apparaît donc comme un lieu de recentrage. Beyrouth cherche à redéfinir les limites de sa relation avec l’Iran, à obtenir des soutiens européens, à garder ouverts les canaux internationaux sans céder sur la forme, et à inscrire sa position dans toute discussion sur la fin de la guerre. Mais cette tentative reste suspendue à une question simple et décisive : le Liban officiel peut-il encore transformer une posture diplomatique en politique effective, ou ses gestes resteront-ils symboliques face à la puissance des acteurs armés et des tutelles régionales ?

Politique internationale: entre marchandage américano-iranien, méfiance israélienne et repositionnement des puissances

Washington et Téhéran rouvrent un canal fragile sans sortir de la guerre

Dans la presse du 25 mars 2026, la scène internationale est dominée par un paradoxe central. Les combats se poursuivent, mais les principaux acteurs parlent déjà des conditions de la sortie de guerre. Al Quds du 25 mars 2026 rapporte que Donald Trump affirme avoir eu avec l’Iran des discussions « bonnes et très fructueuses » et évoque un accord en quinze points. Le même journal ajoute que, dans cette logique, Washington aurait suspendu pendant cinq jours les frappes contre des installations énergétiques iraniennes, tandis que le vice-président J. D. Vance pourrait piloter des discussions à Islamabad, avec des médiations pakistanaise, turque et égyptienne. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 confirme l’existence de signaux diplomatiques contradictoires. Le journal souligne que Donald Trump parle d’une « grande concession » iranienne liée à l’énergie, mais précise aussitôt que Téhéran nie tout véritable processus de négociation, ce qui laisse le canal diplomatique dans un état volontairement flou.

Cette ambiguïté n’est pas marginale. Elle constitue le cœur même de la séquence internationale. Dans Al 3arabi Al Jadid du 25 mars 2026, les demandes américaines apparaissent d’une ampleur telle qu’elles ressemblent moins à un compromis qu’à une tentative de redéfinition complète du rapport de force avec la République islamique. Le quotidien explique que les États-Unis veulent, entre autres, l’extraction de l’uranium enrichi, l’arrêt du programme nucléaire, le retour d’une surveillance renforcée de l’Agence internationale de l’énergie atomique, la limitation du programme balistique et même une participation à la gestion du détroit d’Ormuz. En face, les Iraniens demanderaient des garanties de non-agression, la fermeture de bases américaines dans la région et des compensations pour les destructions subies. Al Akhbar du 25 mars 2026 décrit la même logique en rappelant que le document en quinze points inclurait l’abandon durable de toute ambition nucléaire, la remise de l’uranium enrichi, l’ouverture complète aux inspections, l’arrêt de l’enrichissement sur le sol iranien, le recul du soutien aux alliés régionaux et la garantie de libre circulation dans le détroit d’Ormuz.

Dans cette perspective, la politique internationale n’est pas encore entrée dans une phase de paix. Elle est dans une phase de marchandage maximal. Washington cherche à transformer l’avantage militaire du moment en capitulation stratégique partielle de l’Iran. Téhéran, lui, tente de convertir sa capacité de nuisance régionale en levier pour imposer des garanties. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 résume bien cette impasse en notant que le désaccord principal porte moins sur le principe d’un arrêt des hostilités que sur la forme de la fin de guerre et sur ce que chacun acceptera de céder pour y parvenir.

Israël redoute moins l’échec des pourparlers qu’un accord qui limiterait sa liberté d’action

Dans les analyses publiées le 25 mars 2026, Israël apparaît comme l’acteur le plus méfiant face au retour du diplomatique. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 écrit que Benyamin Netanyahou suit les discussions entre Washington et Téhéran avec « doute et crainte ». Le quotidien précise que des sources israéliennes considèrent le projet américain comme difficilement applicable et presque comparable à un texte d’abandon complet s’il devait être accepté par Téhéran, puisqu’il porterait sur l’uranium enrichi, le programme nucléaire, les missiles et le financement des alliés de l’Iran. Al Quds du 25 mars 2026 va dans le même sens. Le journal explique que Netanyahou a parlé avec Donald Trump et J. D. Vance, a été tenu au courant des contacts en cours, mais s’abstient d’endosser l’idée même d’un accord avec l’Iran. Il préfère mettre en avant les « acquis militaires » israéliens et maintenir l’idée que toute sortie diplomatique doit d’abord préserver les « intérêts vitaux » d’Israël.

La presse insiste aussi sur le calcul politique propre de Benyamin Netanyahou. Al 3arabi Al Jadid du 25 mars 2026 estime qu’Israël pourrait intensifier cette semaine ses opérations militaires en Iran et au Liban pour engranger le plus de gains possible avant tout cessez-le-feu. Le quotidien lie explicitement cette tentation de l’escalade aux intérêts du chef du gouvernement israélien, à la cohésion de sa coalition et à l’usage intérieur qu’il peut faire d’un climat de guerre prolongé. Al Quds du 25 mars 2026 cite de son côté l’analyste Amos Harel, qui juge qu’un accord pourrait être « mauvais » pour Netanyahou si Donald Trump, inquiet du coût d’un enlisement, acceptait des compromis que le Premier ministre israélien ne souhaite pas.

Ce qui ressort de cette couverture est clair. Pour Tel-Aviv, le risque n’est pas simplement que les pourparlers échouent. Le risque plus profond est qu’ils réussissent sur une base jugée insuffisamment contraignante pour l’Iran et qu’ils ferment trop tôt la fenêtre militaire ouverte par la guerre. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 note ainsi qu’Israël veut croire que Donald Trump ne cédera pas sur les points centraux, au moins sur le nucléaire. La diplomatie est donc observée depuis Israël comme un instrument utile seulement si elle vient consacrer des objectifs déjà imposés par la force.

Le Golfe cherche d’abord à empêcher l’embrasement énergétique et logistique

Hors du duo américano-israélo-iranien, les pays du Golfe apparaissent dans les journaux comme des puissances d’exposition plus que d’initiative. Al Sharq du 25 mars 2026 souligne que l’Iran a poursuivi, au vingt-cinquième jour de la guerre, ses attaques vers les monarchies du Golfe, avec des interceptions annoncées en Arabie saoudite, à Bahreïn et au Koweït, tandis que certaines frappes auraient atteint des installations civiles. Le même quotidien insiste sur les effets logistiques du conflit. Il explique que la fermeture ou la perturbation de grands aéroports régionaux menace les flux mondiaux de marchandises sensibles, notamment les médicaments transportés entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique via Dubaï et Doha, et relaie l’alerte d’une commission onusienne sur des pertes potentielles de 150 milliards de dollars pour l’économie arabe en un mois.

Al Quds du 25 mars 2026 décrit, pour sa part, un Qatar revenu à une forme de calme après plusieurs jours sans attaques iraniennes. Le journal précise que la reprise d’une vie plus normale s’accompagne d’un message diplomatique clair. Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al Ansari, répète la nécessité de mettre fin à la guerre par des voies diplomatiques, d’amener les parties à la table des négociations et de soutenir toute solution qui arrête les combats. Le même passage précise toutefois que Doha ne revendique pas, à ce stade, de médiation directe entre Washington et Téhéran et concentre sa priorité sur sa propre défense et sur sa souveraineté.

Ces deux éléments montrent le rôle spécifique du Golfe dans la politique internationale du moment. Les monarchies ne cherchent pas à redessiner seules l’architecture de la guerre. Elles veulent surtout empêcher que celle-ci ne détruise les routes énergétiques, les hubs aériens, le commerce et la stabilité intérieure. Al Quds du 25 mars 2026 suggère d’ailleurs que la peur d’une crise énergétique mondiale et la vulnérabilité des alliés arabes de Washington ont compté parmi les facteurs ayant poussé Donald Trump à redescendre du seuil maximal de confrontation. Le Golfe apparaît donc comme une zone de pression indirecte sur Washington, moins par une diplomatie spectaculaire que par le coût systémique qu’une guerre longue ferait peser sur l’économie mondiale.

L’Europe passe de l’alignement inquiet à une critique plus explicite de Washington

L’autre évolution marquante se situe en Europe. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 rapporte que le président allemand Frank-Walter Steinmeier a qualifié la guerre américano-israélienne contre l’Iran de violation du droit international et de développement « catastrophique ». Le même article souligne qu’il a parlé d’un « profond désaccord » avec Washington, tandis que le chef d’état-major français Fabian Mandon estime que les États-Unis sont devenus un allié dont le comportement n’est plus prévisible. Al Quds du 25 mars 2026 prolonge cette lecture en expliquant que ces prises de position traduisent une volonté européenne de redéfinir le rapport aux États-Unis, dans un moment où Donald Trump mène aussi une guerre commerciale contre des alliés et remet en cause plusieurs certitudes transatlantiques.

La crise ne touche pas seulement la relation avec Washington. Elle traverse aussi la politique interne de l’Union. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 évoque des accusations visant la Hongrie, présentée comme un possible « cinquième colonne » de Moscou, dans un contexte où l’Union européenne peine déjà à maintenir une ligne commune de politique étrangère. Le journal indique que plusieurs responsables n’excluent plus le retour de débats sur l’activation de l’article 7 contre Budapest ou sur une suspension de sa participation à certaines réunions, tant les frictions avec le gouvernement de Viktor Orbán se sont aggravées .

Cette nervosité européenne est liée à une autre conséquence internationale du conflit. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 note que la guerre contre l’Iran pourrait détourner l’attention américaine de l’Ukraine et renforcer l’hypothèse, à Kiev, d’une guerre prolongée avec la Russie. Le quotidien mentionne des anticipations ukrainiennes allant jusqu’à trois années supplémentaires de conflit si Washington se concentre durablement sur d’autres priorités. La politique internationale se lit donc, depuis l’Europe, comme une crise de hiérarchie stratégique. Ce qui se joue au Moyen-Orient pourrait modifier l’équilibre des engagements américains en Europe orientale, accélérer la fragmentation politique du continent et pousser plusieurs capitales à parler plus franchement qu’auparavant.

Moscou, Islamabad et les médiateurs de second rang veulent exister dans l’entre-deux

Dans cette séquence, plusieurs puissances intermédiaires essaient aussi de se positionner. Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 rapporte que la Russie craint une extension de la guerre vers la mer Caspienne et renouvelle son offre de médiation. Le journal insiste sur le refus catégorique du Kremlin de voir le conflit atteindre cette zone, en raison des risques pour les chaînes d’approvisionnement et pour des intérêts russes essentiels. Ce n’est pas un détail. Moscou ne parle pas ici d’un souci abstrait de stabilité. Elle défend une zone charnière de sécurité, de transport et d’influence.

Le Pakistan apparaît lui aussi comme une puissance de facilitation possible. Al Akhbar du 25 mars 2026 rapporte que des sources pakistanaises évoquent des contacts directs entre Islamabad et de hauts responsables américains, y compris Donald Trump, et indiquent que le Pakistan a proposé d’accueillir des discussions si les deux parties sont prêtes à explorer des canaux diplomatiques. Al Quds du 25 mars 2026 va plus loin en rappelant que J. D. Vance pourrait mener des pourparlers à Islamabad avec l’appui de médiations pakistanaise, turque et égyptienne.

Ces initiatives de second rang comptent parce qu’elles montrent que la guerre n’est pas pilotée par un seul axe. Plusieurs États veulent se rendre indispensables au moment de la transition entre affrontement et négociation. La politique internationale du 25 mars 2026 n’est donc pas figée autour des seules capitales majeures. Elle voit aussi émerger des États qui cherchent moins à imposer un ordre qu’à capter une fonction utile dans l’architecture d’une sortie de crise.

La guerre change aussi les équilibres internes en Iran et la lecture internationale du régime

Les journaux du 25 mars 2026 consacrent enfin une attention croissante à la transformation du pouvoir iranien lui-même. Al Quds du 25 mars 2026 relaie une analyse inspirée par Politico selon laquelle l’administration Trump chercherait discrètement, à Téhéran, des interlocuteurs ou partenaires potentiels pour l’après-crise, notamment autour du président du Parlement, Mohammad Baqer Qalibaf. Le journal précise que des responsables américains se disent encore dans une « phase de test » et cherchent à identifier qui peut monter en puissance dans le système iranien et avec qui un arrangement pourrait être tenté.

Al Sharq Al Awsat du 25 mars 2026 propose en parallèle une lecture de la recomposition sécuritaire à Téhéran. Le quotidien souligne la montée du général Mohammad Baqer Zolqadr au sein des structures de sécurité nationale, en expliquant que la guerre pousse le régime à privilégier des profils de contrôle, de réseau et de solidité interne plutôt que des figures plus souples de négociation. Cette orientation a une portée internationale directe. Plus le régime se sent menacé, plus il semble remettre au centre des profils issus de la profondeur sécuritaire, ce qui complique mécaniquement la possibilité d’un compromis rapide avec Washington.

Ainsi, la politique internationale du 25 mars 2026 ne se réduit pas à un face-à-face entre États. Elle inclut déjà une bataille d’interprétation sur ce qu’est encore le régime iranien, sur qui peut parler pour lui, et sur la part de la négociation qui relève d’un calcul diplomatique ou d’un pari sur les fractures internes du pouvoir. C’est pourquoi la période reste si instable. Les grandes puissances discutent de la fin de la guerre alors même qu’elles ne s’accordent ni sur la nature du compromis possible, ni sur les interlocuteurs légitimes, ni sur l’équilibre régional qui devra suivre.

Économie: un Liban plus exposé que jamais au choc pétrolier, au blocage logistique et à la fragilité monétaire

Le principal risque économique vient d’un pays qui importe presque tout

Dans les journaux du 25 mars 2026, la question économique libanaise est d’abord traitée comme une question d’exposition. Le Liban n’apparaît pas comme une économie capable d’absorber un choc régional. Il apparaît au contraire comme l’un des pays les plus vulnérables à la hausse des prix de l’énergie, aux ruptures logistiques et à la contraction des services. Al Akhbar du 25 mars 2026 cite un résumé de la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale selon lequel l’économie libanaise dépend entièrement des importations de carburants. Le journal souligne que toute hausse du prix du pétrole liée à l’escalade régionale se transmet donc immédiatement aux coûts intérieurs. Il ajoute que, si le baril atteint 100 dollars, le coût annuel supplémentaire du choc énergétique pour le Liban équivaudrait à 18 % du budget public, contre 5 % en Égypte et en Tunisie. La disproportion est forte. Elle montre que le Liban n’est pas seulement touché par le renchérissement de l’énergie. Il est structurellement désarmé face à lui.

Le même jour, Al 3arabi Al Jadid du 25 mars 2026 rappelle que les prix du pétrole ont déjà nettement progressé, avec un Brent à 102,83 dollars et un brut américain à 90,62 dollars, sur fond de craintes pour l’approvisionnement et de démenti iranien sur des discussions avec Washington pour mettre fin à la guerre. Cette hausse n’est pas un simple indicateur abstrait. Dans un pays où la production locale reste faible et où l’électricité, le transport, la logistique, l’agriculture et l’industrie reposent sur des intrants importés, elle se répercute presque partout. Ce qui se profile n’est pas seulement une facture pétrolière plus élevée. C’est une augmentation en chaîne des coûts de fonctionnement, des prix de revient et, à terme, des prix payés par les ménages.

Al Liwa’ du 25 mars 2026 résume bien cette vulnérabilité. Le journal écrit que la crise actuelle mêle difficultés économiques internes et inquiétudes sur la capacité d’Électricité du Liban à financer les quantités de carburant nécessaires au maintien du faible niveau d’alimentation déjà disponible. Il ajoute que la hausse des prix du carburant se répercutera aussi sur le coût de production de l’électricité par les générateurs privés, avec des conséquences directes sur les dépenses des foyers, des commerces et des petites entreprises. L’économie libanaise se retrouve ainsi prise dans un cercle classique mais redoutable : plus l’énergie devient chère, plus l’électricité publique s’affaiblit, plus le recours aux solutions privées augmente, et plus le coût total pèse sur l’activité.

La guerre régionale menace les circuits de transport, de commerce et de services

La fragilité libanaise ne se limite pas au pétrole. Elle tient aussi à la dépendance du pays aux routes régionales de transport et de commerce. Al Akhbar du 25 mars 2026 insiste sur l’effet de la crise autour du détroit d’Ormuz. Le journal écrit que le trafic maritime dans ce passage a chuté jusqu’à 97 % et que les flux commerciaux y ont reculé d’environ 98 %, soit une interruption évaluée à 2,4 milliards de dollars par jour. Pour le Liban, poursuit le quotidien, ces chiffres ne sont pas de simples données régionales. Ils se traduisent par une hausse rapide du coût du transport et de l’assurance, puis par une augmentation du prix des biens essentiels, de l’alimentation aux produits de consommation courante, dans un pays presque totalement dépendant de l’importation.

Cette vulnérabilité logistique se lit aussi dans le transport aérien. Al Akhbar du 25 mars 2026 note que le nombre de vols via l’aéroport de Beyrouth est tombé de 68 par jour à 22 au 13 mars, avec 464 vols annulés en treize jours. Le journal y voit le signe d’une contraction rapide du mouvement des voyageurs, du commerce et des services associés. Ce point compte beaucoup pour la lecture économique du moment. Le Liban n’est pas seulement une économie de biens importés. C’est aussi une économie de services, de transit, de mobilité, de diaspora et de circulation. Toute perturbation durable du trafic aérien l’atteint donc bien au-delà du seul tourisme. Elle réduit les revenus liés aux déplacements, ralentit certains échanges commerciaux et accentue la sensation générale de pays coupé ou rétréci.

Al Sharq du 25 mars 2026 élargit encore cette lecture en évoquant l’effet du conflit sur les grands aéroports régionaux, dont la perturbation menace les chaînes mondiales de produits sensibles. Le journal cite une alerte des Nations unies selon laquelle le choc actuel pourrait coûter 150 milliards de dollars à l’économie arabe en un mois. Même si ce chiffre concerne la région entière, il éclaire la position libanaise. Le Liban, déjà affaibli, subit non seulement ses propres destructions et sa propre crise politique, mais aussi la désorganisation d’un environnement économique régional qui lui fournit des débouchés, des capitaux, des transferts et des voies de circulation.

L’électricité redevient le symptôme central d’une économie qui ne tient plus que par le minimum

Dans les articles du 25 mars 2026, l’électricité occupe une place presque symbolique. Elle résume à elle seule l’enchaînement des fragilités libanaises : dépendance énergétique, manque de financement, faiblesse de l’État et pression sur les ménages. Al Liwa’ du 25 mars 2026 explique que l’une des difficultés les plus immédiates concerne la capacité d’Électricité du Liban à financer le carburant nécessaire pour maintenir même un niveau très bas d’alimentation. Le journal insiste sur le fait que cette contrainte arrive au pire moment, puisque la hausse du carburant renchérit aussi la production par les générateurs privés. Autrement dit, la défaillance du service public ne peut plus être facilement compensée par le privé sans aggraver encore la facture générale.

Ce point n’est pas secondaire. Dans une économie où la plupart des commerces, des ateliers, des boulangeries, des restaurants, des bureaux et des ménages vivent déjà dans un régime de double paiement de l’électricité, toute nouvelle hausse de coût agit comme un impôt supplémentaire. Elle réduit les marges, pousse certains acteurs à diminuer leurs heures d’activité, accentue la sélection entre ceux qui peuvent encore payer et ceux qui décrochent, et favorise de nouvelles tensions sociales. Même quand les journaux parlent de guerre, ils disent aussi cela en creux : l’économie libanaise fonctionne déjà à un niveau si dégradé qu’un simple maintien du minimum devient une épreuve.

Cette centralité de l’énergie apparaît aussi dans le traitement politique du sujet. Al Bina’ du 13 mars 2026, dans un passage encore utile pour comprendre la séquence en cours, rapportait que Joseph Aoun avait insisté sur l’importance du soutien au secteur industriel et sur la nécessité de garantir la stabilité des approvisionnements en énergie et en produits pétroliers, avec un suivi des prix et la continuité de l’alimentation en services de base. Même si ce texte est antérieur de quelques jours, il éclaire le fond du débat du 25 mars. Les autorités savent que la bataille économique immédiate ne se joue pas sur une relance ambitieuse. Elle se joue sur la capacité à empêcher l’interruption des fonctions vitales, au premier rang desquelles l’électricité et les carburants.

Les pertes accumulées depuis 2023 laissent une économie sans réserve

La crise actuelle frappe une économie déjà vidée de ses amortisseurs. Al Akhbar du 25 mars 2026 rappelle que la guerre commencée en octobre 2023 et prolongée au Liban fin 2024 a déjà provoqué environ 14 milliards de dollars de pertes, dont 6,8 milliards de dégâts matériels directs et 7,2 milliards de pertes économiques. Le quotidien ajoute que le produit intérieur brut s’est contracté de 7,1 %. Il souligne surtout que l’escalade actuelle survient dans un Liban encore plus fragile qu’au moment de la précédente phase de guerre. Cette précision est essentielle. Elle signifie que les chiffres du passé récent ne servent pas seulement à mesurer les dommages déjà subis. Ils servent à montrer que le pays entre dans une nouvelle séquence de choc avec moins de capacités d’absorption, moins de réserves financières, moins de services publics et moins de confiance.

Cette absence de réserve change la nature même de l’analyse économique. Dans d’autres pays, la hausse du pétrole ou la perturbation du commerce entraînent un ralentissement ou une poussée inflationniste. Au Liban, ces mêmes phénomènes s’additionnent à une crise de monnaie, de banque, de budget et de gouvernance. Ils produisent donc des effets plus rapides et plus brutaux. Al Liwa’ du 25 mars 2026 note d’ailleurs que la dollarisation et l’économie de cash ont atteint des niveaux très élevés depuis que les banques ont cessé de jouer leur rôle classique. Le journal s’interroge sur la capacité de la Banque du Liban à conserver des outils pour protéger la stabilité monétaire et éviter une nouvelle crise financière, dans un contexte de pression sur les réserves en devises et de finances publiques très contraintes.

Cette question monétaire est décisive pour la section économique. Un pays très importateur peut parfois encaisser un choc extérieur si sa banque centrale, son système bancaire et son budget disposent encore de marges. Le Liban, lui, a déjà perdu une partie de ces filets. La Banque du Liban dirigée par Karim Souaid est donc confrontée à une tâche étroite et difficile : préserver au moins un minimum de stabilité monétaire alors que l’environnement extérieur pousse à la hausse des prix, à la sortie de devises et à la nervosité des marchés. Les journaux ne donnent pas encore de tableau complet des instruments disponibles, mais leur inquiétude est nette.

Les entreprises, les ménages et les secteurs productifs encaissent le choc sans véritable protection

Même si les journaux du 25 mars 2026 livrent peu de bilans détaillés d’entreprises libanaises, plusieurs éléments permettent de comprendre la pression qui monte sur le tissu productif. La hausse du carburant, la menace sur l’électricité, la contraction des transports et l’augmentation des coûts logistiques touchent d’abord les acteurs les plus dépendants des importations et de l’énergie. Or cela inclut une grande partie des entreprises libanaises, y compris dans l’agroalimentaire, le commerce, l’industrie légère, les services et la distribution.

Al Liwa’ du 25 mars 2026 insiste sur le besoin de décisions appuyées sur de grands chiffres et des indicateurs scientifiques pour hiérarchiser les priorités. Le journal laisse entendre que le pays entre dans une phase où les arbitrages sur les importations, les carburants, les denrées essentielles et les capacités de financement ne pourront plus être repoussés. Cette remarque mérite attention. Elle traduit le passage d’une économie de survie improvisée à une économie de pénurie potentielle, où la qualité de la décision publique devient déterminante.

En arrière-plan, la pression sociale est évidente. Quand l’énergie monte, quand les coûts d’importation augmentent, quand l’électricité publique faiblit et que les générateurs privés deviennent plus chers, les entreprises répercutent une partie de la hausse sur les consommateurs. Les ménages réduisent alors leur consommation. Les commerces voient leurs ventes baisser. Les marges se contractent. Les secteurs productifs les plus fragiles ralentissent ou se replient. Ce mécanisme est connu. Ce qui change aujourd’hui, c’est son intensité potentielle, parce qu’il intervient dans un pays déjà appauvri et usé par des années de crise.

L’économie libanaise n’est pas seulement menacée par la guerre, mais par l’absence de modèle de sortie

Au fond, la presse du 25 mars 2026 montre que l’économie libanaise souffre moins d’un choc unique que de l’addition de toutes ses dépendances. Dépendance au pétrole importé. Dépendance aux routes maritimes et aériennes régionales. Dépendance à une électricité sous-financée. Dépendance à des devises rares et à un système monétaire fragilisé. Dépendance, enfin, à une décision publique souvent tardive.

Al Akhbar du 25 mars 2026 met en évidence l’ampleur de l’exposition immédiate. Al Liwa’ du même jour insiste sur la faiblesse des outils internes. Al Sharq rappelle que le choc régional a une profondeur systémique. L’économie libanaise se retrouve donc dans une situation très particulière. Elle subit la guerre du dehors, mais elle paie surtout le prix de ne pas avoir reconstruit au dedans un modèle plus robuste, plus productif et moins dépendant. Le risque n’est pas seulement une flambée de prix ou une nouvelle contraction. Le risque est de voir se refermer encore davantage l’horizon économique d’un pays qui vit déjà au minimum.

Dans les journaux du 25 mars 2026, la véritable question économique n’est donc pas de savoir si le Liban sera touché. Il l’est déjà. La vraie question est de savoir jusqu’où ce choc pétrolier, logistique et monétaire peut encore être absorbé par une société qui a déjà perdu une part considérable de ses revenus, de ses services publics, de ses banques et de sa confiance.

Justice: les poursuites contre des combattants du Hezbollah, la question des crimes de guerre et le retour fragile de l’autorité judiciaire

La justice militaire devient l’un des rares lieux où l’État tente de reprendre prise

Le 25 mars 2026, la rubrique judiciaire est dominée par une affaire qui dépasse de loin le seul cadre pénal. Plusieurs journaux, dont Al Sharq, Annahar, Al Quds et Asharq Al-Awsat du 25 mars 2026, rapportent que la juge d’instruction militaire Ghada Abu Alwan a émis deux mandats d’arrêt contre deux combattants du Hezbollah. Selon ces quotidiens, ils ont été poursuivis après la découverte de 21 roquettes Grad, de 8 mitrailleuses et de 3000 cartouches. Les textes précisent que les poursuites ont été engagées sur la base de l’article 288 du code pénal et que les deux hommes ont été renvoyés devant le tribunal militaire permanent présidé par le brigadier Wassim Fayyad. Al Quds ajoute qu’avant cette nouvelle étape, le tribunal avait déjà libéré quelques jours plus tôt trois membres du parti sous caution. Le dossier apparaît ainsi comme une séquence judiciaire évolutive, et non comme un épisode isolé.

Le point essentiel est que cette affaire n’est pas traitée par la presse comme un simple trafic d’armes. Elle est lue comme l’application concrète d’une décision politique du gouvernement interdisant les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah sur le territoire libanais. Asharq Al-Awsat du 25 mars 2026 insiste d’ailleurs sur le fait que les deux hommes arrêtés avaient été interpellés à Kfarhouna, dans le Mont-Liban, après le transport de roquettes depuis la Békaa vers le sud du Liban, en violation explicite de cette décision gouvernementale. La justice militaire se trouve donc placée au cœur d’un test institutionnel majeur. Elle ne juge pas seulement une infraction. Elle est sommée de dire si l’État peut encore faire respecter une interdiction qui touche directement au cœur de la puissance armée du Hezbollah.

Dans Annahar du 25 mars 2026, la portée de cette étape est encore plus claire parce que le quotidien la relie à un contexte politique déjà tendu autour de l’expulsion de l’ambassadeur iranien. Le journal présente cette initiative judiciaire comme une avancée parallèle, presque comme un second geste d’autorité de l’État dans la même journée. Cette mise en relation n’est pas anodine. Elle suggère que le judiciaire et le diplomatique sont désormais imbriqués dans une même tentative de reprise en main. La justice ne fonctionne plus seulement comme un pouvoir chargé de sanctionner des infractions. Elle devient un instrument de vérification du pouvoir réel de l’État.

Le dossier des armes révèle une fracture sur la définition même de la légalité

Cette affaire a aussitôt déclenché une controverse profonde sur la légalité, sur la compétence du tribunal militaire et sur le statut des actes du Hezbollah. Al Quds du 25 mars 2026 rapporte qu’un groupe d’avocats a organisé un rassemblement devant le tribunal militaire pour protester contre la détention des combattants. Dans leur communiqué, ils refusent l’idée même que ces hommes puissent être poursuivis comme des délinquants ordinaires. Ils soutiennent que la résistance n’est pas un choix politique passager mais un droit garanti par les textes et par le droit de défense. Le journal explique que, pour eux, l’arrestation et la saisine de la justice créent un précédent dangereux, en cherchant à faire entrer l’action de la résistance dans le champ de l’illégalité.

Al Bina’ du 25 mars 2026 développe encore davantage cette ligne de défense. Le journal rapporte qu’un sit-in a été organisé par des avocats présentés comme engagés dans l’option de la résistance. Ceux-ci contestent explicitement l’application de l’article 288 et estiment que ce fondement juridique ne relève pas de la compétence du tribunal militaire dans une telle affaire. Ils appuient leur raisonnement sur une lecture extensive du droit de résistance et sur l’idée que l’ordre public ne peut pas être invoqué pour criminaliser une action qu’ils jugent légitime face à l’occupation et à l’agression israéliennes.

Toute la difficulté du moment judiciaire est là. Pour l’État et pour les organes de poursuite, la question porte sur la détention et le transport d’armes de guerre en contradiction avec une décision gouvernementale claire. Pour les partisans du Hezbollah, la question est reformulée autrement. Ils ne voient pas dans cette affaire une infraction militaire ou pénale, mais une tentative politique de délégitimer la résistance par la voie du droit. La justice se retrouve donc placée devant un conflit de qualification. Le dossier n’oppose pas seulement des accusés à des magistrats. Il oppose deux conceptions du droit, deux conceptions de la légitimité et, au fond, deux visions du Liban.

Le contentieux judiciaire déborde largement la seule affaire des deux combattants

Asharq Al-Awsat du 25 mars 2026 montre que le dossier est plus large que les deux mandats d’arrêt les plus visibles. Le quotidien évoque des interrogatoires concernant plusieurs membres du Hezbollah dans des affaires de possession ou de transport d’armes de guerre. Il mentionne aussi l’intervention du juge d’instruction militaire George Mezher dans une autre procédure visant un membre arrêté avec six mitrailleuses et quatre pistolets de guerre. Le journal précise qu’un autre mandat a également été émis dans une affaire de transport d’armes non autorisées et de violation de la décision gouvernementale interdisant les activités du Hezbollah sur l’ensemble du territoire libanais.

Cette multiplication des dossiers compte beaucoup. Elle suggère que le pouvoir judiciaire, ou au moins une partie de lui, n’est plus seulement dans la réaction ponctuelle. Il commence à travailler sur une série d’affaires qui pourraient former une jurisprudence de fait. Or cette évolution est lourde. Dans le Liban des dernières années, les armes du Hezbollah ont été un sujet politique central, mais rarement un objet de judiciarisation frontale dans les organes de l’État. Le simple fait que plusieurs procédures soient désormais évoquées dans la presse donne à cette séquence un caractère nouveau.

Al Sharq du 25 mars 2026 reprend la même logique en soulignant que le renvoi des prévenus devant le tribunal militaire permanent s’inscrit dans une démarche suivie. Le quotidien ne traite pas l’affaire comme un fait divers sécuritaire. Il la place dans le prolongement direct du débat sur le monopole de la force publique. De ce point de vue, la justice militaire est moins un simple forum de sanction qu’un théâtre où se rejoue, sur un mode judiciaire, la vieille question libanaise de la souveraineté.

Les crimes de guerre reviennent au centre du discours judiciaire international

À côté de ces procédures internes, un autre registre judiciaire se détache nettement dans la presse du 25 mars 2026 : celui des crimes de guerre potentiels. Al Quds du 25 mars 2026 consacre un passage important à l’avertissement du Bureau des droits de l’homme des Nations unies. Le journal rapporte que l’organisation s’inquiète de l’intention israélienne de détruire ce qui reste des maisons dans les villages et localités du sud du Liban, proches des colonies du nord d’Israël. Selon Al Quds, le communiqué onusien estime que de telles opérations pourraient constituer des crimes de guerre, et insiste sur la nécessité de protéger les civils ainsi que les bâtiments civils conformément au droit international humanitaire.

Le même journal précise que ces craintes font suite aux déclarations du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui avait annoncé, le 22 mars 2026, avoir ordonné l’accélération de la démolition des maisons restantes dans plusieurs localités frontalières, notamment Adaisseh, Kfarkela, Mays Al-Jabal et Aitaroun. Le passage est important car il transforme la destruction en enjeu juridique explicite. On ne parle plus seulement de guerre, de frappes ou de dommages collatéraux. On parle d’une éventuelle qualification pénale internationale, avec une alerte publique de l’ONU.

Cette séquence donne à la rubrique Justice une dimension double. D’un côté, la justice libanaise est appelée à agir sur des dossiers internes touchant aux armes et à l’autorité de l’État. De l’autre, le droit international pénal entre dans la conversation par la désignation possible de crimes de guerre commis au Liban. Le terrain judiciaire s’élargit donc de la salle d’audience du tribunal militaire à la scène normative internationale. Cela ne signifie pas qu’une procédure internationale est engagée à ce stade. Mais la qualification est désormais posée dans l’espace public, et cela modifie déjà la lecture politique et juridique de la guerre.

L’ordre public intérieur et le contrôle des centres d’accueil prennent aussi une dimension judiciaire

La justice, dans les journaux du 25 mars 2026, ne se limite pas aux roquettes et aux crimes de guerre. Elle apparaît aussi dans la gestion des tensions internes nées des déplacements de population et de la guerre. Al Sharq du 25 mars 2026 rapporte les déclarations du ministre de l’Intérieur Ahmad Al-Hajjar sur la situation dans les centres d’accueil. Le quotidien explique qu’il reconnaît l’existence d’incidents dans certains centres ou à leur périphérie, mais affirme qu’ils restent dans des limites contrôlables. Le point décisif est ailleurs : le ministre insiste sur le fait que la présence d’armes dans les centres d’accueil est inacceptable, comme dans tout autre lieu, et précise que la justice accompagne directement l’application de ces mesures.

Al Liwa’ du 25 mars 2026 formule la même idée en termes plus administratifs. Le journal écrit que le ministre a donné des instructions claires sur le refus des armes non autorisées dans les lieux de déplacement, et qu’un suivi est assuré avec le procureur général près la Cour de cassation ainsi qu’avec le gouverneur du Mont-Liban. Cette mention est importante. Elle montre que le contentieux judiciaire ne concerne pas seulement des groupes armés organisés. Il touche aussi la gestion quotidienne de l’ordre public dans une société déplacée, traumatisée et soumise à une forte pression sécuritaire.

Il faut mesurer la portée de ce glissement. Quand la justice est mobilisée pour le contrôle des centres d’accueil, elle n’intervient pas dans un vide. Elle agit dans des espaces où se croisent fragilité sociale, saturation institutionnelle, tensions communautaires et peur d’une infiltration d’armes ou de groupes armés. Le judiciaire devient alors un levier de prévention du chaos. Là encore, sa mission dépasse le strict règlement de litiges. Elle participe d’une politique d’endiguement intérieur.

La rubrique Justice reste dominée par des affaires de guerre plus que par la corruption ou le droit commun

Il faut toutefois noter une limite importante, visible dans l’ensemble des journaux fournis. Le 25 mars 2026, la matière judiciaire disponible est surtout une matière de guerre, de sécurité et de souveraineté. On trouve peu d’éléments substantiels sur des affaires de corruption en cours, sur des homicides de droit commun ou sur de grands dossiers judiciaires civils au Liban. La rubrique Justice est donc fortement aimantée par le contexte militaire.

Cette configuration a son importance. Elle signifie que la justice, dans la presse du jour, n’est pas encore décrite comme un pouvoir traitant de manière équilibrée toute la gamme des contentieux du pays. Elle est avant tout convoquée là où la guerre, l’armement, l’ingérence et l’ordre public produisent des urgences. C’est à la fois révélateur et inquiétant. Révélateur, parce que cela montre où se situe aujourd’hui le noyau de crise du Liban. Inquiétant, parce que cela dit aussi combien le reste de l’agenda judiciaire est écrasé par l’exception sécuritaire.

Le 25 mars 2026, la justice libanaise apparaît donc comme un pouvoir à la fois sollicité et exposé. Sollicité, parce qu’on lui demande de donner une traduction juridique à des choix politiques sensibles, qu’il s’agisse de l’interdiction des armes du Hezbollah ou de la sécurisation des centres d’accueil. Exposé, parce que chaque acte judiciaire devient aussitôt l’objet d’une bataille de légitimation. Les magistrats qui poursuivent sont accusés, par certains, de criminaliser la résistance. Les avertissements internationaux sur les destructions israéliennes inscrivent la guerre elle-même dans un langage de crime potentiel. Et l’État, au milieu, tente de prouver que la loi peut encore s’appliquer dans un pays où le rapport de force a longtemps précédé la règle.

Société: un pays déplacé, sous tension, entre solidarité, peur sécuritaire et fatigue sociale

Le déplacement de masse redessine la vie quotidienne bien au-delà des zones bombardées

Le 25 mars 2026, la question sociale libanaise est d’abord celle d’un pays déplacé. Le déplacement n’est plus seulement une conséquence de la guerre. Il est devenu la forme même de la vie quotidienne de centaines de milliers de personnes et, par ricochet, des régions qui les accueillent. Annahar du 25 mars 2026 montre bien ce basculement en expliquant que Joseph Aoun suit au quotidien le dossier des déplacés à Beyrouth et dans les régions, avec une coordination étroite avec la présidence du gouvernement et Nabih Berri. La présence de ce dossier au sommet de l’État dit une chose simple : la question sociale n’est plus périphérique. Elle est devenue une priorité politique et sécuritaire centrale.  

L’ampleur humaine de ce phénomène apparaît encore plus nettement dans le rapport de situation de l’Organisation mondiale de la santé du 19 mars 2026. Le document indique que le Liban compte plus d’un million de déplacés, dont 133 414 personnes réparties dans 631 centres collectifs, et souligne que cette situation entraîne une hausse aiguë des besoins en soins primaires, en eau, en hygiène et en accompagnement de proximité. Le même rapport note que 18 236 consultations ont déjà été menées à l’intérieur des centres et que 9 914 personnes y ont reçu des médicaments, ce qui traduit une pression constante sur des dispositifs qui fonctionnent déjà à flux tendu. Il ajoute que les populations les plus vulnérables sont particulièrement exposées, avec 630 femmes enceintes, 816 femmes allaitantes et des personnes handicapées confrontées à des obstacles d’accès, tandis que les besoins psychologiques augmentent aussi, comme le montrent les 550 appels cumulés aux lignes d’assistance psychosociale. Cette photographie ne vient pas d’un discours militant, mais d’un relevé sanitaire. Elle dit pourtant beaucoup de la société libanaise actuelle : une société déplacée, médicalement fragilisée, et obligée d’improviser des formes de survie dans des conditions de promiscuité et d’incertitude.

Cette pression sociale ne s’exerce pas seulement à l’intérieur des centres officiels. Elle déplace aussi les usages des écoles, des universités et des institutions ordinaires. Al Sharq du 25 mars 2026 rapporte ainsi que le ministre de l’Intérieur Ahmad Al-Hajjar reconnaît l’existence d’incidents dans certains centres d’accueil ou à leur périphérie, tout en précisant qu’ils restent dans des limites qu’il juge encore contrôlables. Le même article ajoute que des responsables de la Maqassed ont demandé au mufti Abdel Latif Derian d’intervenir pour aider à résoudre la crise des déplacés installés dans certaines écoles de l’institution à Beyrouth et dans l’Université Maqassed, présentée comme la seule université beyrouthine occupée par des déplacés, avec une demande explicite de transfert vers d’autres lieux comme la Cité sportive afin de permettre la reprise normale des cours. La pression sociale devient alors une pression sur le calendrier scolaire, sur l’usage des bâtiments et sur le fonctionnement des institutions de service. La guerre ne détruit pas seulement des maisons. Elle modifie aussi les usages de l’espace civil.

Annahar du 25 mars 2026 le dit autrement dans un court passage très éclairant. Le journal rapporte que des enseignants du secteur de l’enseignement technique estiment que l’année scolaire est presque perdue, en raison du déplacement qui touche à la fois les professeurs et les élèves, de la transformation de nombreuses écoles et instituts en centres d’accueil, et de la réduction du temps de classe durant le mois de Ramadan. Ce détail a une grande importance pour la section Société. Il montre que le déplacement de guerre ne touche pas seulement le logement ou l’aide humanitaire. Il produit aussi un dommage lent sur la continuité éducative, sur les trajectoires des élèves et sur le fonctionnement ordinaire du pays.

Les régions d’accueil oscillent entre solidarité réelle et peur de l’infiltration sécuritaire

Cette société déplacée ne se recompose pas sans tension. Annahar du 25 mars 2026 livre à ce sujet l’un des récits les plus révélateurs de la journée. Après l’assassinat d’un membre du Corps des gardiens de la révolution dans un appartement à Hazmieh, le journal décrit un basculement dans l’attitude des municipalités des zones d’accueil. Le président de la municipalité, Jean El Asmar, explique que 258 familles déplacées sont enregistrées dans sa commune, mais reconnaît que les mesures de précaution n’ont pas empêché des incidents révélateurs d’un défaut d’anticipation. Il annonce alors des mesures plus strictes, tout en précisant qu’il ne s’agit pas d’expulser les déplacés, mais d’empêcher la présence de personnes pouvant se trouver dans une zone de ciblage. Le même article insiste sur cette formule : protéger la région et empêcher la répétition d’incidents semblables. Le problème n’est donc pas seulement humanitaire. Il devient sécuritaire, avec un risque direct de suspicion généralisée envers des populations déjà vulnérables.  

Le reportage d’Annahar du 25 mars 2026 sur Mansourieh pousse plus loin cette description de la tension. Un responsable municipal y explique que la commune a mis en place, depuis le début de la guerre, une base de données détaillée sur les déplacés, transmise régulièrement aux services compétents afin de vérifier qu’aucun nom ne présente de signal problématique. Le journal précise qu’il existe dans la zone un millier d’unités de logement et que 500 déplacés sont installés dans des hôtels, auxquels s’ajoutent 85 personnes inscrites dans un centre d’accueil officiellement reconnu. La scène décrite est très importante pour comprendre la société libanaise actuelle. Les municipalités ne se présentent plus seulement comme des relais de solidarité locale. Elles deviennent des structures de filtrage, de vérification et de gestion d’un risque perçu. La solidarité demeure, mais elle s’entoure désormais d’outils de surveillance et de tri.

Ce climat a des conséquences sociales profondes. Il fragilise la confiance entre populations d’accueil et déplacés. Il nourrit l’idée que les communes peuvent devenir des cibles involontaires si elles accueillent des personnes liées à des appareils militaires ou sécuritaires. Annahar du 25 mars 2026 le résume très bien lorsqu’il écrit que le concept même de « zones sûres » semble s’être effondré. Dès lors, la société libanaise entre dans une logique d’insécurité anticipée. Les habitants des régions d’accueil ne redoutent plus seulement l’effet social de l’arrivée des déplacés. Ils redoutent aussi l’effet militaire et sécuritaire de certaines présences possibles parmi eux. Cela crée un terrain propice aux amalgames, aux soupçons et aux crispations.

Pourtant, la ligne officielle, telle qu’exprimée par Ahmad Al-Hajjar dans Al Sharq du 25 mars 2026, tente encore d’éviter le basculement dans la stigmatisation. Le ministre insiste sur le fait que l’objectif demeure la sécurité de tous les Libanais, quels que soient leurs appartenances, avec à la fois fermeté quand elle est nécessaire et prise en compte des pressions que subissent les gens. Cette formule mérite d’être relevée, car elle traduit bien le double défi social du moment : empêcher les dérapages sans transformer les déplacés en catégorie suspecte. Le ministre ajoute que la présence d’armes est inacceptable dans les centres d’accueil comme ailleurs, et que la justice accompagne directement ces mesures. Là encore, le langage choisi montre que la crise sociale et la crise sécuritaire sont désormais entremêlées.

La question des aides et des prix révèle une colère sociale plus profonde

L’autre grande ligne de fracture sociale est économique. Dans Al Sharq du 25 mars 2026, l’Union nationale des syndicats des travailleurs et employés du Liban dresse un constat très dur. Le texte évoque plus d’un million et demi de déplacés, parmi lesquels des travailleurs et leurs familles, et souligne que la destruction des quartiers d’habitation, des infrastructures et des moyens de production a multiplié la souffrance des ménages et provoqué la perte de revenus de centaines de milliers de foyers. Le journal ne parle donc pas ici d’une difficulté passagère. Il décrit une désorganisation sociale lourde, où le déplacement se combine à la disparition du travail, à l’arrêt d’activités et à la montée de l’angoisse matérielle.

Le même article va plus loin encore en dénonçant le dysfonctionnement du système d’aide. L’Union affirme que les plaintes reçues montrent l’existence de mécanismes de contrôle des aides financières et en nature par des logiques de clientélisme et de favoritisme, qui privent les catégories les plus touchées de leur droit au soutien. Elle demande la mise en place d’un mécanisme transparent et juste pour la distribution des aides, loin de toute intervention politique, ainsi qu’un renforcement du contrôle des marchés, la poursuite des accapareurs et des spéculateurs, des mesures immédiates pour contenir les prix du carburant et des produits de base, et un plan d’urgence sociale en faveur des travailleurs et des groupes les plus fragiles. Le texte va jusqu’à avertir qu’en l’absence de réponse sérieuse, le syndicat pourrait se mobiliser devant le Conseil des ministres après la fête, et conclut en estimant que la poursuite de cette trajectoire pourrait mener à une explosion sociale. Ce passage est central pour la rubrique Société. Il montre que, derrière la solidarité affichée, monte déjà une colère contre la gestion concrète des secours, contre l’inégalité d’accès à l’aide et contre la cherté de la vie.

Cette dimension quotidienne apparaît aussi dans le secteur du pain. Al Sharq du 25 mars 2026 cite le chef du syndicat des travailleurs des boulangeries de Beyrouth et du Mont-Liban, Chahadé Al Masri, qui assure qu’il n’existe pas de crise du pain à l’échelle du pays, tout en rappelant les difficultés des travailleurs du métier, eux aussi touchés par le déplacement, la fermeture d’institutions et de commerces, et l’absence d’attention suffisante des ministères concernés. Même lorsqu’un responsable cherche à rassurer sur l’approvisionnement, il le fait à partir d’un terrain social déjà abîmé. Le simple fait de devoir rassurer sur le pain révèle à quel point l’inquiétude populaire est descendue vers les besoins les plus élémentaires.

Il faut ajouter à cela le recul d’une partie de l’appui international ordinaire. Annahar du 25 mars 2026 note que certaines institutions liées aux Nations unies commencent à réduire leurs budgets, leurs effectifs et une partie de leurs services, avec des effets attendus sur la situation sociale générale. Cette remarque, glissée dans les échos du journal, est d’une grande importance. Elle signifie que le Liban affronte la montée des besoins sociaux dans un moment où certains relais d’assistance risquent eux-mêmes de se contracter. La fatigue n’est donc pas seulement locale. Elle touche aussi les dispositifs censés amortir les crises.

La société libanaise tient encore, mais dans un régime de saturation

L’ensemble de ces éléments fait apparaître un pays qui tient encore, mais au prix d’une saturation presque générale. Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé du 19 mars 2026 souligne que le système de santé libanais est soumis à une pression forte, avec 2 221 blessés, 912 morts, cinq hôpitaux fermés, six partiellement endommagés et 44 centres de soins primaires devenus non fonctionnels. Ce relevé sanitaire a une signification directement sociale. Il rappelle que les déplacés, les habitants des zones touchées et les régions d’accueil dépendent de services publics ou para-publics qui se dégradent sous la pression de la guerre. Il ne s’agit donc pas seulement de redistribuer des couvertures ou des rations. Il faut aussi maintenir des infrastructures de base dans un pays qui les avait déjà largement fragilisées avant la guerre.

C’est pourquoi la société libanaise du 25 mars 2026 ne peut pas être décrite uniquement à travers la compassion ou l’endurance. Elle doit aussi être décrite à travers la fatigue. Fatigue des communes d’accueil, sommées de gérer des flux humains et des risques sécuritaires. Fatigue des écoles et des universités, dont les bâtiments changent de fonction. Fatigue des travailleurs, confrontés à la perte de revenus, à la hausse des prix et à l’opacité des aides. Fatigue enfin des institutions sanitaires et sociales, qui assurent encore l’essentiel mais sous une pression qui ne cesse de monter. Dans ce contexte, la société ne se fracture pas encore totalement, mais elle se durcit.

La presse du 25 mars 2026 laisse ainsi voir une société libanaise en équilibre instable. La solidarité existe toujours. Elle se lit dans l’accueil, dans les dispositifs improvisés, dans les efforts de coordination, dans les aides sanitaires et dans les structures religieuses, éducatives ou municipales qui absorbent une partie du choc. Mais cette solidarité est désormais traversée par la peur, par la pénurie, par le soupçon et par la colère contre les injustices de distribution. C’est cela, au fond, la grande matière sociale du moment : un pays qui continue d’aider, tout en craignant de plus en plus de ne plus pouvoir absorber ni la guerre, ni les déplacés, ni les inégalités qu’elle produit.

Culture: le patrimoine libanais exposé à Paris, le théâtre transformé en refuge et la création sous pression de la guerre

Byblos devient à Paris le visage culturel d’un Liban menacé mais encore capable de se raconter

Dans la presse du 25 mars 2026, la culture libanaise est dominée par un même fait majeur, traité comme un événement à la fois patrimonial, diplomatique et politique : l’ouverture à Paris de l’exposition consacrée à Byblos. Asharq Al-Awsat du 25 mars 2026 insiste sur la forte présence libanaise à l’Institut du monde arabe à l’occasion de l’inauguration de l’exposition « Byblos, ville libanaise ancienne », en présence d’Emmanuel Macron, du ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé, de responsables français, de représentants libanais à l’Unesco et d’acteurs institutionnels venus souligner le poids symbolique de l’événement. Le journal ajoute que l’Institut du monde arabe accueille aussi jusqu’au 23 août une exposition qui fait naître, sous les bombardements, un espace de mémoire pour le Liban, en présentant ce rendez-vous parisien comme une manière de porter l’histoire libanaise vers le monde au moment même où le territoire reste soumis à la guerre.

Annahar du 25 mars 2026 développe plus longuement le contenu de cette exposition et lui donne une portée plus ample. Le quotidien explique que l’exposition sur Byblos rassemble près de 400 pièces et retrace environ neuf mille ans d’histoire, en mettant en avant la continuité exceptionnelle de l’occupation humaine, la place du port antique, l’invention de l’alphabet phénicien et les découvertes archéologiques récentes qui ont renouvelé le regard sur la ville. Le journal montre surtout que l’exposition ne se limite pas à une présentation de chefs-d’œuvre. Elle construit un récit cohérent de la durée libanaise, de la circulation des idées et des objets, et de la manière dont Byblos a survécu aux dominations successives sans perdre son noyau historique. Annahar souligne ainsi que le parcours insiste sur la transmission de l’alphabet à travers la Méditerranée et sur la fonction de Byblos comme matrice culturelle, commerciale et intellectuelle de longue durée.

Le traitement de l’événement montre bien que, dans la presse du jour, la culture libanaise ne sert pas seulement à distraire d’un pays en guerre. Elle sert à réaffirmer qu’il existe encore une profondeur historique, un récit national et une capacité de projection extérieure. Annahar le dit presque explicitement lorsqu’il écrit que l’exposition dépasse le cadre d’un accrochage muséal classique pour devenir une station charnière où se croisent connaissance scientifique, vision culturelle et signification politique, et quand il insiste sur le fait qu’en temps de crise la culture redevient une forme de diplomatie douce. Le choix de Byblos n’est pas anodin. Il offre un récit de stabilité, d’ancienneté et d’universalité à un Liban contemporain que la guerre ramène sans cesse vers la fragmentation.

Le patrimoine n’est pas seulement célébré, il est aussi protégé en urgence contre les effets de la guerre

La lecture culturelle du 25 mars 2026 serait pourtant incomplète si l’on ne voyait dans l’exposition qu’une opération de prestige. Al 3arabi Al Jadid du 25 mars 2026 rappelle, dans un article consacré au patrimoine, que la guerre a provoqué dans les environs de Tyr et de Baalbek des dommages directs contre des sites archéologiques, des bâtiments culturels et des musées locaux, ce qui rend la mission de conservation plus complexe dans le cadre d’une guerre ouverte. Le quotidien précise que, selon le ministère libanais de la Culture, plusieurs sites archéologiques restent encore exposés à un risque de frappe, et il cite le cas de Tyr, où un bombardement israélien près du site d’Al-Bass inscrit au patrimoine mondial a touché l’environnement immédiat ainsi que des infrastructures modernes avoisinantes.

Ce point éclaire rétrospectivement l’importance de l’exposition de Paris. Montrer Byblos à l’étranger n’est pas seulement un acte de rayonnement. C’est aussi une manière de sauver symboliquement, et en partie matériellement, une mémoire menacée. Annahar du 25 mars 2026 le formule très clairement lorsqu’il décrit l’exposition comme un refuge provisoire pour une mémoire menacée et comme un abri pour un temps difficile. Dans cette phrase, le patrimoine cesse d’être une matière d’érudition. Il devient un objet de protection urgente, presque un déplacé culturel que l’on met à l’abri, au moins temporairement, hors du théâtre de la guerre.

Le même quotidien ajoute un détail important en rappelant que certaines des pièces présentées n’avaient jamais quitté le Liban auparavant. Cette information donne à l’événement une valeur supplémentaire. Elle signifie que l’exposition n’est pas une simple reprise de fonds déjà internationalisés, mais une opération de coopération et de confiance entre institutions libanaises et partenaires étrangers. Elle dit aussi quelque chose de l’urgence du moment. Quand un pays accepte de laisser sortir certains objets de manière exceptionnelle, cela renvoie toujours, implicitement ou explicitement, à une inquiétude sur leur sécurité future.

Al Quds du 25 mars 2026 complète ce tableau avec le film documentaire de Philippe Aractingi, « Liban… les secrets du royaume de Byblos », projeté au Louvre pour ouvrir le dispositif culturel autour de l’exposition. Le quotidien explique que le film suit les travaux d’une mission archéologique libano-française, autour d’une vaste nécropole découverte à Byblos et conservée dans un état remarquable, en accompagnant pas à pas le travail des archéologues de la Direction générale des antiquités et du Louvre. Là encore, la culture libanaise est présentée non comme un stock figé de vestiges, mais comme une recherche vivante, une coopération scientifique et un récit cinématographique capable de donner au patrimoine une voix contemporaine.

Le théâtre national libanais change de fonction sans cesser d’être un lieu de culture

À côté de Byblos et du grand patrimoine, une autre image forte traverse la presse du 25 mars 2026 : celle du théâtre national libanais transformé en refuge. Annahar du 25 mars 2026 explique que le théâtre national libanais à Beyrouth, Tripoli et Tyr s’est converti, dans les circonstances actuelles, en espace humain et culturel commun après avoir ouvert ses portes aux familles déplacées, tout en maintenant des initiatives artistiques et solidaires destinées à alléger les effets de la crise et à raviver l’espoir. Le quotidien décrit en détail la préparation des salles pour accueillir les familles et assurer le minimum de services, en soulignant que le lieu passe ainsi du statut de scène de représentation à celui de centre de soutien humain.

Cette transformation a une portée culturelle profonde. Elle montre que les institutions artistiques libanaises ne se contentent pas de survivre à la guerre. Elles changent temporairement de fonction pour rester utiles à la société. Le théâtre n’abandonne pas complètement sa mission culturelle. Il l’élargit. Il devient un espace où l’on protège, où l’on accueille, et où l’on maintient une présence symbolique de l’art au milieu du déracinement. Annahar note ainsi que l’association Tiro pour les arts a lancé l’initiative « Films de la fête », qui propose des projections gratuites quotidiennes aux enfants déplacés à Beyrouth et à Tripoli afin d’apporter un peu de joie et de limiter les effets psychologiques de la guerre, tout en redonnant à la salle de cinéma son rôle de lieu de rencontre et d’espérance.

Cette séquence est essentielle pour la rubrique Culture, parce qu’elle permet de sortir d’une vision étroite du culturel réduit aux expositions et aux livres. La culture apparaît ici comme un service public symbolique. Elle ne nourrit pas seulement la mémoire ou la création. Elle aide aussi à tenir dans l’urgence. Le théâtre national libanais n’est plus seulement un bâtiment dédié à la scène. Il devient la preuve qu’un lieu culturel peut accueillir à la fois des corps déplacés et des besoins d’images, de parole et de respiration. Dans la presse du jour, cette fonction est décrite sans emphase, mais elle a une vraie force. Elle montre que la culture reste l’un des derniers langages communs dans un pays déplacé.

La crise de la production dramatique libanaise confirme un recul plus ancien du récit local

La guerre n’explique cependant pas tout. Ad Diyar du 25 mars 2026 consacre un article au déclin de la dramaturgie télévisée libanaise et à l’effacement progressif de la production locale face aux séries importées, en particulier turques. Le journal rappelle que le drame télévisé est normalement un miroir de l’identité culturelle et une fenêtre sur la société, ses transformations et ses problèmes quotidiens. Or ce rôle s’est affaibli au Liban, où l’absence ou la faiblesse des productions locales a laissé la place à des contenus importés qui occupent les écrans et structurent l’imaginaire collectif.

Ce diagnostic est important, car il évite de réduire la crise culturelle à la seule guerre actuelle. Il rappelle qu’une partie des difficultés de la création libanaise est plus ancienne. La guerre aggrave la précarité, bien sûr, mais elle frappe un champ culturel déjà fragilisé par des logiques de marché, de financement et de diffusion défavorables à la production locale. Le problème n’est pas seulement quantitatif. Il est aussi symbolique. Quand les récits importés dominent durablement, la société perd une partie de sa capacité à se voir elle-même, à raconter ses propres formes de vie, ses accents, ses conflits et ses nuances.

Annahar du 25 mars 2026 donne pourtant un contrepoint plus encourageant avec l’annonce de la diffusion prochaine de « Soukrat Al-Hob », feuilleton libanais achevé depuis près d’un an et sur le point d’arriver sur le petit écran. Même si le journal n’en fait pas une analyse générale du secteur, cette mention a son importance. Elle montre que la fiction libanaise continue d’exister malgré la crise, mais dans un environnement où chaque sortie ou diffusion prend presque la forme d’un acte de résistance industrielle et artistique. Entre le diagnostic sombre d’Ad Diyar et la note plus positive d’Annahar, on lit une même réalité : le récit libanais tente de rester visible, mais il doit lutter à la fois contre la guerre et contre un marché audiovisuel qui lui laisse moins de place qu’autrefois.

L’agenda culturel du moment reste réduit, mais plusieurs rendez-vous ressortent clairement

Même dans cette période de guerre, quelques rendez-vous culturels se détachent dans les journaux fournis. Le plus important est, sans discussion, l’exposition « Byblos » à l’Institut du monde arabe à Paris, ouverte le 25 mars 2026 et présentée jusqu’au 23 août 2026 par Asharq Al-Awsat du même jour. Le même ensemble culturel comprend la projection inaugurale du film documentaire de Philippe Aractingi au Louvre, signalée par Al Quds du 25 mars 2026. Ces deux événements forment le cœur de l’actualité culturelle libanaise du jour, même s’ils se déroulent à Paris, parce qu’ils portent explicitement un récit patrimonial libanais.

Sur le territoire libanais, l’initiative la plus concrète et la plus active mentionnée dans la presse est celle du théâtre national libanais et de l’association Tiro, avec les projections gratuites quotidiennes destinées aux enfants déplacés à Beyrouth et à Tripoli, rapportées par Annahar du 25 mars 2026. Ce n’est pas un agenda culturel au sens classique du terme, avec billetterie, programmation festive et calendrier abondant. Mais c’est bien un agenda du présent, celui d’une culture qui subsiste dans les interstices de la crise, à travers des formes de cinéma solidaire et de présence scénique transformée.

Il faut être honnête sur ce point. Les journaux fournis ne livrent pas une offre abondante de concerts, de festivals ou d’expositions au Liban même pour le 25 mars 2026. La guerre écrase largement la vie culturelle ordinaire. Cela explique que les événements mis en avant soient soit patrimoniaux et internationaux, soit sociaux et solidaires. La matière culturelle existe donc, mais elle prend une forme particulière : moins de célébration publique, plus de mémoire, de sauvegarde et de soutien moral.

La culture libanaise du 25 mars 2026 se partage entre sauvegarde, récit national et fonction réparatrice

Pris ensemble, les articles du 25 mars 2026 dessinent une culture libanaise à trois visages. Le premier est celui de la sauvegarde patrimoniale. Byblos, les objets archéologiques, la coopération scientifique et le documentaire de Philippe Aractingi disent un effort de protection de la mémoire, à la fois matérielle et narrative, au moment où la guerre fragilise les sites et rappelle que rien n’est définitivement à l’abri. Le deuxième est celui du récit national. En choisissant Byblos comme centre de l’actualité culturelle, les journaux mettent en avant une histoire longue, méditerranéenne, savante et universelle du Liban, qui tranche avec l’image d’un pays réduit à ses guerres et à ses fractures. Le troisième visage est celui de la réparation sociale. Le théâtre national libanais, les projections offertes aux enfants déplacés et la reconversion des lieux culturels en abris temporaires montrent que l’art et les institutions culturelles tentent aussi de réparer, un peu, les effets humains de la guerre.

Il existe aussi, dans cette même presse, une inquiétude plus structurelle. La culture libanaise ne souffre pas seulement des bombes. Elle souffre d’un recul de la production locale, notamment dramatique, et d’une difficulté croissante à maintenir une industrie culturelle solide face aux contenus importés. C’est pourquoi la rubrique Culture du jour ne doit pas être lue comme une parenthèse élégante au milieu du désastre. Elle raconte au contraire un champ traversé par les mêmes tensions que le reste du pays : menace extérieure, faiblesse intérieure, besoin de visibilité, dépendance aux partenaires extérieurs, mais aussi capacité réelle de transformer la mémoire et les lieux artistiques en ressources de survie.

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