L’ensemble des journaux libanais et panarabes consultés dans les éditions du 26 et 27 novembre 2025 placent la question sécuritaire au Liban et dans la région au centre de leurs priorités éditoriales, avec une insistance particulière sur la dégradation des relations avec Israël, l’impasse des initiatives diplomatiques et le rôle de plus en plus affirmé de l’armée libanaise dans le Sud.
Intensification du discours israélien et menaces militaires directes
Selon Nahar (27 novembre 2025), le ministre israélien de la Défense, Yisrael Katz, a déclaré sur la chaîne Channel 7 qu’Israël attendait que le Hezbollah désarme avant la fin de l’année, sans quoi une opération militaire de grande envergure serait lancée. L’assassinat ciblé de Hayssam el-Tabtabai, cadre militaire du Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth, démontre selon le journal une évolution notable dans la stratégie israélienne, marquée par l’élargissement de son « banque d’objectifs » à des zones jusque-là non concernées, y compris chrétiennes, druzes et sunnites.
Cette même ligne est reprise par Al Joumhouria (27 novembre 2025), qui rapporte que Tel-Aviv envisage de réviser l’accord de délimitation maritime en cas de non-coopération de Beyrouth, insistant sur l’objectif prioritaire d’un désarmement total du Hezbollah. La publication cite également des sources occidentales mettant en garde contre une offensive israélienne visant à éradiquer non seulement les structures légères mais aussi les arsenaux balistiques et les drones, notamment dans la région de la Békaa.
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Initiative égyptienne en échec
Addiyar (27 novembre 2025) souligne que la tentative de médiation menée par le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdel Aaty, peine à trouver un écho favorable auprès des autorités israéliennes. Après un entretien avec Joseph Aoun à Baabda, Abdel Aaty a réaffirmé que « l’Égypte s’engage pour la stabilité du Liban et l’arrêt des violations israéliennes », sans toutefois parvenir à infléchir la position de Tel-Aviv, jugée « intransigeante » par Al Akhbar (26 novembre 2025).
Ce constat d’échec est également dressé par Al Sharq (27 novembre 2025), qui relève que la visite du ministre égyptien s’est soldée par l’absence de toute proposition concrète. Au contraire, il aurait selon des sources diplomatiques soutenu certaines exigences israéliennes, ce qui aurait suscité l’incompréhension du président libanais.
Position libanaise : défense de la souveraineté et activation de l’armée
Dans ce contexte de pressions croissantes, le président de la République Joseph Aoun a réaffirmé, dans des propos rapportés par Alquds (27 novembre 2025), son attachement à l’accord de cessez-le-feu de 2024 et son refus de toute discussion sur le désarmement du Hezbollah tant qu’Israël ne respecte pas ses engagements.
Al Joumhouria (27 novembre 2025) précise que le chef de l’État a supervisé la signature d’un accord de délimitation maritime avec Chypre, salué comme un pas stratégique en matière de coopération énergétique, mais également comme un message politique de souveraineté.
Du côté de l’exécutif, le Premier ministre Nawaf Salam a déclaré dans Alquds (27 novembre 2025) que le gouvernement poursuivait son plan de déploiement de l’armée au sud du Litani, avec l’envoi de 5 000 soldats supplémentaires. Cette décision vise à affirmer le contrôle de l’État sur la zone frontalière tout en respectant la résolution 1701, sans pour autant compromettre l’armement du Hezbollah, considéré par l’exécutif comme une question interne.
Paralysie diplomatique et multiplication des scénarios de guerre
Les initiatives étrangères (France, Égypte, États-Unis) sont décrites comme inefficaces dans Al Joumhouria (27 novembre 2025), qui évoque « une boucle diplomatique stérile ». Les contacts entre la présidence libanaise et les chancelleries occidentales n’ont pas permis d’avancer vers une désescalade durable. Le journal résume l’alternative actuelle à travers les mots de sources diplomatiques : « soit la soumission complète, soit la guerre totale ».
Ce dilemme est au cœur des réflexions publiées dans Al Akhbar (26 novembre 2025), qui insiste sur le caractère asymétrique de la pression internationale : l’aide militaire à l’armée libanaise serait conditionnée au retrait progressif des armes du Hezbollah, dans un calendrier imposé de l’extérieur.
Addiyar (27 novembre 2025) reprend cette lecture et met en avant les tensions entre Washington et Beyrouth. Selon ses sources, les États-Unis envisageraient de ne plus soutenir le Liban au Conseil de sécurité en cas d’escalade, sauf si le gouvernement accepte une transition du monopole des armes vers l’armée nationale.
Risques régionaux et élargissement du théâtre de confrontation
Enfin, Sharq el Awsat (27 novembre 2025) attire l’attention sur les conséquences régionales d’un conflit élargi. Damas a dénoncé des violations israéliennes répétées de l’espace aérien syrien, tandis que l’accord de 1974 sur la séparation des forces entre la Syrie et Israël est désormais considéré comme « caduc ».
De son côté, Al Arabi (27 novembre 2025) alerte sur la fragilité de l’accord de cessez-le-feu signé un an auparavant, soulignant que les violations israéliennes ont dépassé les 10 000 incidents depuis sa signature. Le journal décrit un climat de « paix en sursis » dans lequel la moindre escalade pourrait déboucher sur une guerre totale.
Politique locale : tensions institutionnelles, rivalités partisanes et défis de gouvernance
La vie politique libanaise demeure marquée par une polarisation profonde entre l’exécutif et les différentes composantes partisanes, au moment où les institutions tentent de répondre à la crise économique et aux enjeux sécuritaires. Les déclarations du président Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam et les dynamiques parlementaires récentes témoignent d’un climat politique tendu, où les rivalités internes entravent les réformes.
Joseph Aoun : diplomatie énergétique et message de souveraineté
Le président de la République Joseph Aoun a présidé, selon Al Joumhouria (27 novembre 2025), la cérémonie de signature de l’accord de délimitation maritime entre le Liban et Chypre au palais présidentiel de Baabda, en présence de son homologue chypriote Nikos Christodoulides. Cet accord est présenté comme un « acte de souveraineté » et une opportunité de relancer la coopération économique régionale, notamment autour des ressources gazières en Méditerranée orientale.
Dans Al-Binaa (27 novembre 2025), Aoun est également cité pour avoir salué l’effort de « consolidation des intérêts nationaux », tout en réaffirmant le droit du Liban à défendre ses frontières dans le cadre de la résolution 1701. Cette posture vise à réaffirmer le rôle de la présidence dans un contexte sécuritaire tendu et à contrer les pressions israéliennes sur le front sud.
Nawaf Salam et l’exécutif entre prudence institutionnelle et volonté réformatrice
Le Premier ministre Nawaf Salam a rappelé les priorités du gouvernement dans une déclaration rapportée par Al-Binaa(27 novembre 2025). Il affirme que « la stabilité du Liban passe par une gouvernance efficace, le respect de l’autorité de l’État et une politique économique réaliste ». Tout en soutenant les efforts du président Aoun, il reconnaît que l’action du gouvernement est freinée par les divisions partisanes et l’absence d’une majorité cohérente au Parlement.
Al Joumhouria (27 novembre 2025) précise que Salam insiste sur la nécessité de réformes fiscales et sociales « soutenues par l’ensemble des forces politiques ». Il y plaide pour une rationalisation des dépenses publiques, la restructuration de la fonction publique et un dialogue continu avec les institutions financières internationales.
Parlement : crispations autour du budget 2026
Dans Al-Binaa (27 novembre 2025), la Commission des finances et du budget a poursuivi ses travaux sur le projet de loi de finances 2026. Ibrahim Kanaan, président de la commission, alerte sur le caractère « déséquilibré » de certaines mesures fiscales proposées. Le député Hassan Fadlallah, quant à lui, critique l’opacité dans la gestion des emprunts internationaux et appelle à « une reddition des comptes précise sur la dette souveraine ».
Ces débats se déroulent alors que le Liban peine à accéder à de nouveaux financements, faute de garanties de réformes structurelles. L’impasse budgétaire reflète les divisions profondes au sein de l’Assemblée, entre ceux qui prônent une approche d’austérité contrôlée et ceux qui s’opposent à toute hausse d’impôts.
Instabilité au sein des partis et recompositions électorales
Selon An-Nahar (27 novembre 2025), le Courant patriotique libre traverse une phase de fragmentation accélérée. Des tensions internes éclatent à Zahlé, Baabda, Beyrouth II et Jbeil, où plusieurs figures locales contestent les décisions imposées par la direction centrale du parti. À Zahlé, Slaim Aoun affronte Ibrahim el-Rami, tandis qu’à Baabda, Hikmat Dib et Fadi Bou Rahal entrent en concurrence ouverte. À Beyrouth II, le remplacement d’Edgar Traboulsi par Ghassan Saoud soulève des critiques sur le choix de personnalités perçues comme « exogènes » par les bases militantes.
Ces querelles reflètent une perte de contrôle du leadership central sur les antennes locales, à l’approche d’élections anticipées rendues probables par la fragilité du gouvernement.
Fragmentation du paysage politique et absence de force d’opposition structurée
Dans Addiyar (27 novembre 2025), des observateurs soulignent la vacance de toute force d’opposition capable d’articuler une alternative nationale. Les partis issus du mouvement de contestation de 2019 restent dispersés, incapables de former des coalitions durables. En parallèle, les partis traditionnels verrouillent les leviers institutionnels, empêchant toute révision de la loi électorale.
Al Akhbar (26 novembre 2025) renchérit en évoquant une « stratégie d’asphyxie électorale » pratiquée par les formations établies, notamment par le maintien de seuils électoraux élevés, empêchant les petites forces politiques de faire leur entrée au Parlement. Cette tactique consolide un statu quo institutionnel qui rend illusoire toute transformation par les urnes à court terme.
Citations et discours des personnalités politiques : appels à la souveraineté, inquiétudes sécuritaires et positionnements stratégiques
Dans un contexte de pression militaire croissante sur le Liban et de fragilité institutionnelle, plusieurs personnalités politiques se sont exprimées publiquement au cours des dernières 48 heures. Les déclarations du président Joseph Aoun, du Premier ministre Nawaf Salam, et les prises de position indirectes du Hezbollah et de ses alliés illustrent les lignes de fracture et les tentatives de cadrage du débat public autour de la souveraineté, de la sécurité nationale et des priorités institutionnelles.
Joseph Aoun : souveraineté nationale et diplomatie proactive
Lors de la visite du président chypriote Nikos Christodoulides, Joseph Aoun a défendu avec insistance la portée stratégique de l’accord de délimitation maritime signé à Baabda. Selon Al Joumhouria (27 novembre 2025), Aoun a souligné que cet accord « ouvre une nouvelle ère de coopération énergétique régionale » et constitue une affirmation de la souveraineté libanaise dans un contexte de menaces frontalières récurrentes.
Toujours selon An-Nahar (27 novembre 2025), Joseph Aoun a reçu à Baabda l’ambassadeur américain Michel Issa, auquel il a exprimé « sa reconnaissance pour le soutien affirmé du président Donald Trump », tout en se déclarant « prêt à répondre à une invitation officielle à Washington ». Il ajoute que « le Liban souhaite entretenir les meilleures relations avec les puissances alliées, dans le respect de sa souveraineté et de ses choix de défense ».
Dans El Sharq (27 novembre 2025), le président a rappelé que « le Liban n’est pas un théâtre passif face aux tensions régionales », et qu’il doit « restaurer sa pleine capacité décisionnelle dans les dossiers militaires et de défense ». Il y évoque également sa « volonté de mettre la question des armes de la résistance sur la table », dans un cadre national « responsable et maîtrisé ».
Nawaf Salam : réformes institutionnelles et appel à la pacification
Le Premier ministre Nawaf Salam a tenu un discours public au Grand Sérail devant le Conseil de l’ordre des journalistes, comme rapporté par Al-Binaa (27 novembre 2025). Il y affirme que « le retrait israélien des territoires occupés au sud du Liban demeure une priorité nationale », tout en reconnaissant que « la voie politique reste la seule option viable pour y parvenir ». Salam insiste sur le fait que « toutes les réformes administratives sont lancées », mais que « les résultats visibles nécessitent du temps ».
Dans Addiyar (27 novembre 2025), Salam complète son propos en affirmant qu’ »aucune priorité ne peut être hiérarchisée dans un pays où la sécurité, l’économie et la gouvernance sont simultanément en crise ». Il souligne également sa « relation excellente » avec Joseph Aoun, précisant que l’unité exécutive est un « impératif de survie pour l’État ».
Il ajoute enfin, dans une tonalité plus critique : « Il n’est pas acceptable que l’arme ne soit pas sous le contrôle de l’État. Nous avons planté les graines des réformes, il faut maintenant leur donner le temps de germer. »
Le Hezbollah : silence officiel, positionnements indirects
Le chef du Hezbollah Naim Kassem ne s’est pas exprimé directement, mais plusieurs médias, dont Al Akhbar (26 novembre 2025), relaient des propos d’analystes proches du parti. Ceux-ci affirment que « le Hezbollah considère toute tentative de désarmement comme une ligne rouge », insistant sur le fait que « le parti est plus que jamais perçu par ses partisans comme une garantie de protection face aux agressions israéliennes ».
Le journal cite également une déclaration du Corps des Gardiens de la Révolution iranienne, qui qualifie l’assassinat du commandant Hayssam al-Tibtabaï dans la banlieue sud de Beyrouth de « déclaration de guerre tacite ». Le texte souligne que « la réponse de la résistance viendra au moment et à l’endroit choisis ».
Dans El Sharq (27 novembre 2025), le conseiller iranien Ali Akbar Velayati affirme que « le désarmement du Hezbollah mènerait à un effondrement de la capacité de défense du Liban ». Il déclare également que « la présence du Hezbollah vaut aujourd’hui plus que le pain et l’eau pour les Libanais confrontés aux menaces existentielles ».
Mise en perspective : opposition institutionnelle au désarmement forcé
Dans Al-Binaa (27 novembre 2025), plusieurs éditorialistes mettent en garde contre une « instrumentalisation de la visite papale pour relancer le débat sur le désarmement de la résistance », affirmant que « le désarmement imposé sans solution régionale globale déclencherait une implosion politique ».
Dans la même veine, El Sharq (27 novembre 2025) évoque une tentative de certains milieux diplomatiques occidentaux d’ »inclure dans les aides au Liban des conditions de type sécuritaire », notamment sur la maîtrise des frontières et le contrôle des arsenaux. Joseph Aoun, selon le journal, « refuse toute ingérence dans les choix de défense nationale ».
Diplomatie : intensification des efforts régionaux et repositionnement stratégique des partenaires internationaux
La scène diplomatique libanaise a été marquée cette semaine par une série de visites, d’initiatives et de déclarations qui reflètent à la fois la centralité du Liban dans les équilibres régionaux et les inquiétudes croissantes des partenaires étrangers quant à la stabilité du pays. L’axe Washington-Le Caire se distingue par une activité soutenue, tandis que l’Europe maintient un soutien modéré, dans l’attente de signaux plus clairs sur la capacité des autorités libanaises à mener les réformes promises.
Visite du ministre des Affaires étrangères égyptien : médiation active au cœur de Beyrouth
Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdel Aati, a effectué une visite officielle à Beyrouth, multipliant les rencontres avec les principaux responsables libanais. Selon Al Joumhouria (27 novembre 2025), il a exprimé « le soutien inconditionnel de l’Égypte à la souveraineté et à la stabilité du Liban », affirmant que son pays « n’épargnera aucun effort pour prévenir une escalade ou une guerre ouverte dans la région ».
Le quotidien Addiyar (27 novembre 2025) rapporte que le ministre a également tenu à saluer « l’initiative du président Joseph Aoun », insistant sur le fait que « toutes les forces politiques libanaises doivent soutenir l’État et ses institutions légitimes ». L’objectif égyptien est clairement défini : éviter un embrasement régional tout en soutenant la consolidation de l’autorité de l’État libanais.
Al-Quds Al-Arabi (27 novembre 2025) souligne que l’envoyé égyptien a déclaré depuis le Grand Sérail, après avoir rencontré Nawaf Salam, que « la situation actuelle nécessite des mécanismes de désescalade, notamment le respect des engagements sécuritaires mutuels, y compris la résolution 1701 ». Il a également évoqué un « effort concerté pour rouvrir les canaux de dialogue interlibanais, avec un appui logistique du Caire ».
Joseph Aoun reçu par le nouvel ambassadeur des États-Unis à Beyrouth
Le président Joseph Aoun a reçu à Baabda l’ambassadeur américain au Liban, Michel Issa. Selon Al Joumhouria (27 novembre 2025), cette rencontre a permis d’échanger sur « les moyens de renforcer les relations bilatérales, notamment dans les domaines militaire et économique ». Aoun a exprimé « sa gratitude pour l’invitation du président Donald Trump à visiter Washington », se déclarant « prêt à s’y rendre dès que les conditions seront réunies ».
Dans Al-Quds Al-Arabi (27 novembre 2025), le président a remercié les États-Unis pour leur soutien diplomatique et financier, tout en réitérant la nécessité de « respecter le choix du Liban quant à la protection de son territoire par tous les moyens légitimes ». L’ambassadeur a pour sa part insisté sur « le rôle du Liban comme partenaire stratégique de la stabilité régionale », appelant à « une feuille de route institutionnelle fiable » pour assurer l’aide internationale.
Réactions arabes : soutien jordanien et koweïtien à l’indépendance et aux réformes
Dans El Sharq (27 novembre 2025), plusieurs chefs d’État arabes ont adressé des messages officiels à l’occasion de la fête de l’indépendance du Liban. Le roi Abdallah II de Jordanie y exprime « ses vœux de prospérité au peuple libanais, en saluant le rôle du président Aoun dans la sauvegarde de l’unité nationale ». De son côté, l’émir du Koweït, Cheikh Mishaal al-Ahmad al-Jaber al-Sabah, rappelle « l’importance des relations fraternelles » et appelle à « renforcer les liens bilatéraux au service des intérêts communs ».
Ces messages s’inscrivent dans une stratégie de consolidation des alliances régionales arabes autour du Liban, perçu comme un acteur clé dans l’équilibre levantin, surtout face à l’instabilité en Syrie et en Israël.
Vatican : visite papale et signal diplomatique fort
Comme l’indique Al Arabi (27 novembre 2025), la visite du pape Léon XIV au Liban est prévue dans les prochains jours. Cette visite, la première d’un souverain pontife depuis 2012, a une portée diplomatique significative. Le pape entend adresser « un message de paix et de solidarité avec un Liban meurtri », tout en encourageant « les efforts interreligieux et la défense des minorités ». La visite comprend une étape à Beyrouth et une rencontre avec les principales autorités politiques du pays.
Toujours selon Al-Quds Al-Arabi (27 novembre 2025), le Saint-Siège voit dans cette visite un moyen de « rappeler l’importance du modèle libanais de coexistence », au moment où « les pressions internes et régionales menacent les fondements de cet équilibre délicat ».
Politique internationale : escalade en Palestine et repositionnements stratégiques régionaux
La scène internationale reste dominée par l’escalade militaire israélienne en Cisjordanie, l’instabilité régionale en Syrie et au Liban, et les tensions croissantes entre grandes puissances. La guerre menée par Israël contre Gaza et la Cisjordanie continue de polariser les capitales mondiales, tandis que l’Iran et les États-Unis s’affrontent par déclarations interposées sur fond de diplomatie nucléaire gelée.
Cisjordanie sous feu : opération israélienne massive dans le nord de la région
Le journal Al Arabi (27 novembre 2025) rapporte qu’Israël a lancé une opération militaire « inédite » dans le nord de la Cisjordanie, mobilisant trois brigades dans les villes de Tubas, Tamoun, Aqaba, Tayasir et le camp d’Al-Far’a. Selon les autorités israéliennes, cette opération vise à « nettoyer les poches de résistance armée », tandis que les responsables palestiniens y voient « une tentative de déplacement forcé et de soumission par la force ».
Le même journal souligne que cette intervention s’inscrit dans « une logique de refondation stratégique de la domination israélienne sur la Cisjordanie », avec l’objectif implicite de préparer l’annexion de certaines zones, en dehors de tout cadre de négociation.
Dans Al-Quds Al-Arabi (27 novembre 2025), un responsable du Hamas affirme que « la campagne militaire actuelle est un prélude au projet israélien de dissolution complète de la souveraineté palestinienne » et déclare que « la résistance restera armée tant que l’occupation perdurera ». Il ajoute que les négociations sur un éventuel désarmement sont « hors de question ».
Front syrien : provocation israélienne et ambiguïtés internationales
Le président syrien Ahmed Al-Sharaa a effectué une visite à Washington, saluée par la presse américaine, mais aussitôt suivie par une démonstration de force israélienne. Al Arabi (27 novembre 2025) décrit la visite comme un tournant diplomatique, Washington ayant « promis un soutien à la reconstruction et à l’unité du territoire syrien ». Toutefois, les frappes israéliennes sur les régions de Homs, Lattaquié et Soueïda se sont intensifiées.
Selon Nahar (27 novembre 2025), Israël tente par cette pression militaire de « forcer la main à Damas dans un éventuel processus de normalisation », tout en maintenant son refus d’un accord de sécurité bilatéral avec le régime syrien. Des analystes syriens cités dans le journal affirment qu’Israël agit pour « redessiner un équilibre militaire favorable dans le bassin oriental de la Méditerranée ».
Les États-Unis, de leur côté, maintiennent un double discours. Toujours dans Nahar, Antoine Chdid, ancien ambassadeur libanais à Washington, affirme que « la diplomatie américaine laisse faire tant que les actions israéliennes ne compromettent pas son propre agenda régional », tout en précisant que « seule Washington peut encore exercer une pression significative sur Tel-Aviv ».
Iran et États-Unis : tensions diplomatiques persistantes
Al Joumhouria (27 novembre 2025) évoque un « bras de fer silencieux » entre l’Iran et les États-Unis. Alors que des échanges informels sont maintenus entre les diplomates, notamment par l’entremise du négociateur Abbas Araghchi, aucune avancée tangible n’a été réalisée sur le dossier nucléaire. L’Iran exige la levée des sanctions pétrolières, tandis que Washington conditionne toute discussion à l’arrêt du soutien iranien aux groupes armés au Liban, en Syrie et au Yémen.
Un article du Nahar précise que l’Iran se trouve « en position défensive », dans un contexte où l’escalade israélienne l’oblige à reconsidérer ses priorités régionales. Le politologue libanais Nabil Khoury y estime que « les marges de manœuvre de Téhéran se réduisent, face à une hostilité israélienne persistante et une impatience croissante des Européens ».
Fractures dans la coordination internationale
Selon Al Joumhouria (27 novembre 2025), le processus diplomatique multilatéral autour du Liban est dans une « impasse technique ». Les envoyés français, américains et arabes ne parviennent pas à s’accorder sur une feuille de route unifiée. L’article souligne que « la multiplicité des initiatives masque en réalité un vide stratégique », où chacun agit selon ses intérêts propres, sans coordination structurelle.
L’Égypte, seule puissance régionale encore active, continue de jouer les médiateurs, mais Addiyar (27 novembre 2025) note que « Le Caire est de plus en plus agacé par l’inertie occidentale », notamment celle de l’Union européenne, jugée « spectatrice passive ».
Économie : rebond partiel et fragilité structurelle persistante
L’économie libanaise montre quelques signes d’amélioration à court terme, mais reste profondément affectée par des déséquilibres structurels, une inflation persistante et une confiance fragile. L’analyse des principaux indicateurs économiques publiée dans Al Sharq (27 novembre 2025), Al Akhbar (26 novembre 2025), Addiyar (27 novembre 2025) et Nahar (27 novembre 2025) permet de dresser un état des lieux contrasté.
Croissance freinée par l’inflation et le chômage
Selon Al Sharq (27 novembre 2025), bien que certains indicateurs témoignent d’une reprise modérée, comme l’augmentation des ventes dans le secteur du commerce de détail, l’économie libanaise reste nettement en deçà de son niveau de 2019. Le journal cite notamment un taux de chômage élevé et un nombre conséquent d’entreprises ayant fermé définitivement (21 %) ou temporairement (15 %), chiffres rapportés par des institutions internationales.
Le même quotidien indique que le « Moucharaka Index » de l’activité commerciale, coédité par la Beirut Traders Association et Fransabank, s’est établi à 33.89 au troisième trimestre 2025, en légère hausse par rapport au trimestre précédent (33.13). Cette progression reste toutefois inférieure aux niveaux observés avant la crise.
Al Akhbar (26 novembre 2025) souligne que les finances publiques sont toujours gravement affectées. Le budget de l’État s’est contracté de 66 % entre 2019 et 2026, compromettant la qualité des services publics et la rémunération du secteur public. Le journal insiste sur la nécessité d’une réforme structurelle de la politique fiscale pour restaurer la justice sociale et stimuler la croissance. Parmi les propositions évoquées figure l’instauration d’un impôt sur le revenu unifié et la lutte contre la fraude fiscale via des technologies numériques.
Tensions sur la consommation et le pouvoir d’achat
L’inflation reste une préoccupation majeure. Selon Al Sharq (27 novembre 2025), le taux d’inflation annuel au troisième trimestre a atteint 15,06 %, malgré une baisse significative par rapport à la même période en 2024 (32,92 %). Le ralentissement observé entre le deuxième et le troisième trimestre (de 2,76 % à 2,50 %) est qualifié de « frileux », et le journal avertit que cette tendance ne se traduit pas encore par une amélioration réelle du pouvoir d’achat.
Le même journal insiste sur le fait que la consommation des ménages reste bridée, ce qui limite l’effet de relance attendu des fêtes de fin d’année. La reprise touristique anticipée n’a pas encore produit d’impact suffisant sur l’économie domestique. Des efforts sont en cours, notamment à travers les initiatives de la conférence « Beyrouth I », tenue les 18 et 19 novembre 2025, qui a suscité un début de regain de confiance chez les investisseurs.
État du système bancaire et confiance en berne
La crise du secteur bancaire reste un frein majeur à toute dynamique de relance. Dans Addiyar (27 novembre 2025), les représentants de la Banque du Liban ont réaffirmé leur engagement à sauver le secteur, en dépit des rumeurs persistantes sur sa faillite imminente. Le journal évoque un climat de défiance généralisée, alimenté par les manipulations passées et l’absence de mesures concrètes de restructuration bancaire.
Le journal cite également une déclaration conjointe du gouverneur Karim Souaid et de son adjoint, soulignant leur détermination à « travailler de concert pour restaurer la stabilité du système financier », indépendamment des campagnes de désinformation et de ceux « qui prospèrent sur l’effondrement des autres ».
Al Akhbar (26 novembre 2025) met en avant l’urgence d’une solution législative pour combler la « fuite des dépôts », et suggère qu’un accord avec le Fonds monétaire international est conditionné à une approche réaliste et systémique de la dette bancaire. Le journal souligne également la nécessité d’un audit rigoureux, rejetant les approches politiciennes ou populistes.
Dette et eurobonds : regain d’intérêt prudent
La perception du marché vis-à-vis des eurobonds libanais s’améliore légèrement. Toujours selon Al Sharq, les titres de la dette souveraine ont enregistré une hausse de leur prix, atteignant 18 cents pour un dollar, contre des niveaux plus bas auparavant. Ce rebond est attribué à des « attentes modérées mais persistantes » sur une restructuration maîtrisée et un accord à moyen terme avec les bailleurs internationaux.
Le même quotidien prévient toutefois que les « verrous structurels » persistent, notamment en raison du manque de consensus politique sur les mesures à adopter. Une majorité de parlementaires expriment leur scepticisme face à une réforme trop rapide, ce qui freine l’ambition d’une renégociation globale de la dette.
Réforme fiscale et transition numérique
Dans Al Akhbar (26 novembre 2025), le député Ibrahim Kanaan insiste sur la nécessité d’une réforme fiscale incluant la fiscalisation des plateformes numériques et des entreprises étrangères opérant au Liban sans enregistrement formel. Il propose l’adoption d’un système de « numéro fiscal unique » obligatoire pour toutes les transactions commerciales et bancaires, ainsi que l’usage de technologies comme l’intelligence artificielle et la blockchain pour réduire l’évasion.
Le journal souligne aussi que le secteur numérique, en rapide croissance, est aujourd’hui sous-fiscalisé. Il estime que la révision du cadre légal actuel permettrait d’élargir l’assiette fiscale, tout en rendant le système plus équitable.
Justice : poursuites pour corruption, détournement et affaires criminelles sensibles
La scène judiciaire libanaise est marquée par une série de décisions et d’affaires majeures portant sur la corruption d’anciens ministres, des procédures de restitution de fonds publics, ainsi que des meurtres en zones sensibles. Plusieurs sources, dont Nahar (27 novembre 2025), Addiyar (27 novembre 2025) et Al Akhbar (26 novembre 2025), rapportent des développements significatifs.
Décisions historiques contre d’anciens ministres des Télécommunications
Un tournant majeur est survenu avec le rapport du Diwan al-Muhasaba, documenté par Nahar (27 novembre 2025), qui a relancé les dossiers de corruption dans le secteur des télécommunications. Le rapport conclut à la responsabilité financière de quatre anciens ministres – Nicolas Sehnaoui, Jamal Jarrah, Mohammad Choucair et Johnny Corm – dans les affaires liées à la société « Touch » à Bachoura et à des bâtiments publics. Ils ont été condamnés à payer des amendes importantes, estimées à près de 38 millions de dollars. Ce jugement, qualifié de « précédent juridique » par le journal, ouvre potentiellement la voie à la récupération de fonds publics par l’État.
La même source précise que deux autres ministres, Butros Harb et Talal Hawat, ont bénéficié d’un traitement plus favorable : le premier a été exempté de toute sanction, tandis que la peine du second a été suspendue. Il s’agit là de la première décision de cette ampleur visant directement des responsables politiques sur la base d’enquêtes du Diwan al-Muhasaba.
Le dossier est désormais entre les mains du Majlis Shura al-Dawla, où les ministres concernés ont annoncé leur intention de faire appel. L’un d’eux, Jamal Jarrah, a dénoncé la décision comme étant juridiquement confuse et politiquement orientée. Selon Nahar, si le Conseil confirme la décision, cela pourrait déclencher des poursuites supplémentaires devant le parquet financier.
Une affaire criminelle complexe à Hazmieh
Dans un autre dossier, Addiyar (27 novembre 2025) rapporte les développements judiciaires dans l’enquête sur le meurtre d’un homme au sein d’un camp palestinien situé à Hazmieh. Le dossier, transféré à la juge Asmar par le procureur général de la cour d’appel du Mont-Liban, le juge Sami Sader, implique un groupe armé soupçonné d’appartenir à une cellule qualifiée de « subversive ».
Selon les documents judiciaires, la scène du crime et les circonstances de l’assassinat pointent vers une opération planifiée avec usage d’armes à feu de calibre militaire. Les suspects arrêtés sont inculpés pour assassinat prémédité, avec des chefs d’accusation pouvant entraîner la peine de mort. La juge Asmar a ordonné une série d’auditions et exigé de la Direction du renseignement des relevés de localisation téléphonique pour retracer les déplacements de la victime.
Ce dossier illustre, selon Addiyar, le degré de complexité sécuritaire et judiciaire auquel sont confrontées les institutions libanaises, dans un contexte où la justice pénètre difficilement certaines zones échappant au contrôle de l’État.
Procès suspendu dans le dossier Fadel Shaker
Al Akhbar (26 novembre 2025) aborde le cas de Fadel Shaker, ancien chanteur reconverti dans des activités politico-religieuses, poursuivi pour sa participation présumée aux affrontements d’Abra en 2013. Après une longue cavale dans le camp de Ain el-Heloué, Shaker s’est rendu aux autorités en octobre 2025.
La justice militaire, chargée du dossier, a décidé de reporter son procès à début 2026, invoquant un calendrier chargé et la proximité des fêtes de fin d’année. Le journal évoque une tentative infructueuse de son avocate pour avancer la date d’audience, en vue d’une issue judiciaire plus rapide.
Cette suspension ravive les tensions sur le rôle de la justice militaire et sa lenteur dans les affaires sensibles. Les associations de défense des droits de l’homme critiquent régulièrement cette juridiction, qu’elles jugent peu transparente.
Pratiques judiciaires ordinaires et annonces de procédures
En parallèle, Nahar (27 novembre 2025) mentionne plusieurs annonces judiciaires de routine, telles que la mise sous tutelle d’un individu pour raisons médicales ou des appels à comparution dans des procédures civiles. Ces éléments rappellent l’activité continue des tribunaux malgré le contexte politique instable.
El Sharq (27 novembre 2025) publie également un ensemble d’avis de convocations devant les juridictions religieuses et civiles, notamment dans des affaires de successions et de divorce. Ces publications indiquent que la justice continue de traiter les affaires quotidiennes, en dehors des grands dossiers politico-financiers.



