Actualites et analyses sur justice libanaise
À Roumieh, le confort accordé à Riad Salamé interroge
La justice libanaise a autorisé Riad Salamé à installer un climatiseur, un téléviseur, une table et une chaise dans sa cellule de Roumieh. L’épisode serait secondaire s’il ne concernait pas l’homme qui a dirigé la Banque du Liban pendant trente ans et dont le mandat reste indissociable de l’histoire du système financier effondré en 2019. La question n’est pas de contester son droit à des conditions dignes, mais de savoir si les mêmes possibilités sont réellement accessibles aux autres détenus.
Riad Salamé, transféré à Roumieh, refuse ses médicaments
Riad Salamé a été transféré à la prison de Roumieh, où une chambre équipée d’un appareil d’oxygénothérapie a été préparée. Selon MTV, l’ancien gouverneur de la Banque du Liban refuse de prendre ses médicaments, mais son état reste stable. Son dossier doit être transmis au parquet général d’appel de Beyrouth. Cette nouvelle étape intervient alors qu’il reste visé par plusieurs procédures liées à Forry Associates, Optimum Invest et à des soupçons de détournement, de blanchiment et d’enrichissement illicite.
Riad Salamé visé par un mandat d’amener au Liban
Le procureur général près la Cour de cassation, Ahmed Rami Al-Hajj, a émis un mandat d’amener contre Riad Salamé après son absence à une audition prévue le 30 juillet 2026. Une patrouille s’est rendue au domicile de l’ancien gouverneur de la Banque du Liban à Safra. La séance a ensuite été reportée en raison de son état de santé. L’affaire, engagée par la banque centrale, implique aussi Samir Hanna, ancien dirigeant de Bank Audi, qui s’est présenté au Palais de justice.
Antoine Sehnaoui recherché pour soupçons de liens avec Israël
Le procureur général près la Cour de cassation a émis un avis de recherche de trente jours contre Antoine Sehnaoui. La procédure fait suite à l’authentification d’une photographie le montrant à une même table que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. L’enquête porte sur des soupçons de relations avec Israël et sur une possible violation de la loi libanaise sur le boycott de l’État hébreu.
Le FMI pointe la corruption systémique au Liban
Un rapport technique du FMI consacré au Liban décrit une corruption systémique qui traverse les finances publiques, la justice, la Banque du Liban, les marchés publics, l’électricité et la supervision bancaire. Le document ne vise pas des affaires individuelles, mais des failles structurelles qui entretiennent l’opacité et l’impunité. Il appelle à appliquer la réforme judiciaire, revoir la gestion budgétaire, encadrer les entreprises publiques et renforcer la transparence des contrats.
Amnistie : la justice à la carte
Le report de l’amnistie générale révèle la fragilité de la justice libanaise. Présenté comme une réponse aux retards judiciaires et à la surpopulation carcérale, le texte s’est transformé en champ de bataille entre familles de détenus islamistes, réseaux politiques, dossiers de drogue, victimes et noms sensibles comme Ahmad Al Assir. Le Parlement doit désormais choisir entre une loi fondée sur des critères publics et un nouveau marchandage communautaire.
Amnistie générale : le compromis sous tension
Élias Bou Saab affirme qu’une formule acceptable par la majorité parlementaire a été trouvée sur la loi d’amnistie générale. Mais le texte reste flou. Les controverses sont nombreuses : détenus islamistes, Libanais réfugiés en Israël après 2000, trafics de drogue, crimes financiers, droits des victimes et surpopulation carcérale. Le Parlement veut aller vite avant l’Aïd al-Adha, mais il devra prouver que l’amnistie n’est pas un simple compromis communautaire.
Fadel Shaker, Assir et l’amnistie en débat
L’amnistie générale revient au Parlement libanais avec une forte charge politique et judiciaire. Le texte doit répondre aux attentes de familles de détenus, notamment islamistes, tout en évitant de heurter les proches de militaires tués. Les dossiers Fadel Shaker, Ahmad Al Assir et Abra montrent la difficulté de distinguer relaxe judiciaire, poursuites encore ouvertes, crimes de sang, détentions prolongées et nécessité d’un cadre juridique clair.
Amnistie, prisons et ligne rouge israélienne
Le débat sur l’amnistie générale au Liban dépasse la seule question carcérale. Il révèle les lenteurs de la justice, la saturation des prisons, les pressions politiques et la nécessité de protéger les victimes. Les députés cherchent un texte large, mais assorti d’exceptions strictes. La collaboration avec Israël reste la ligne rouge centrale, alors que les dossiers de drogue, de détention préventive et de détenus syriens compliquent l’équilibre.
Tyr : l’État tient encore sur le terrain
À Tyr, l’arrestation rapide d’un suspect de meurtre par les Forces de sécurité intérieure ne relève pas seulement de la chronique judiciaire. Dans une ville éprouvée par les bombardements israéliens, les déplacements et la pression sur les secours, cette affaire éclaire la continuité fragile de l’action publique. Elle montre que, malgré la guerre, la police, l’enquête et la justice ordinaire n’ont pas totalement disparu du terrain, ce qui pèse lourd dans la confiance des habitants.
Explosion du port : Bitar clôt l’instruction
Tarek Bitar a clôturé l’instruction sur l’explosion du port de Beyrouth et transmis le dossier au procureur général pour avis.
Le Liban transfère 137 prisonniers syriens à Damas
Le Liban a transféré 137 prisonniers syriens vers Damas dans le cadre de l’accord judiciaire signé en février 2026. Ce premier convoi marque une étape concrète du rapprochement entre Beyrouth et la Syrie, sur fond de surpopulation carcérale au Liban et de réorganisation des relations bilatérales post-Assad.
Les oubliés de la guerre : détenus, familles et droit à une réponse
Dans le Liban en guerre, détenus et familles deviennent les oubliés d’une urgence saturée par les frappes et la diplomatie. Entre silence institutionnel, attente sans fin et dossier récurrent de l’amnistie générale, leur sort révèle la fragilité de l’État, de la justice et du droit à une réponse claire.
La justice militaire sous tension : ce que révèle l’affaire des éléments du Hezbollah...
La libération sous caution de trois éléments liés au Hezbollah met la justice militaire libanaise sous pression. Derrière une affaire apparemment mineure, se révèlent les fragilités de l’État, les limites de la fermeté affichée par Nawaf Salam et le fossé persistant entre la loi proclamée et son application réelle.















