vendredi, janvier 23, 2026

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Tensions en Syrie : un conflit sans fin

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La Syrie demeure un symbole de l’instabilité au Moyen-Orient. Plus d’une décennie après le début de la guerre civile en 2011, le pays reste profondément fragmenté, marqué par des rivalités internes et des ingérences étrangères. Ce conflit, né des manifestations populaires contre le régime de Bachar al-Assad dans le contexte du Printemps arabe, s’est transformé en une guerre complexe impliquant une multitude d’acteurs locaux et internationaux. Malgré une diminution de l’intensité des combats dans certaines régions, les tensions restent vives, notamment dans le nord du pays.

La Turquie et les Kurdes : un front toujours actif
La rivalité entre la Turquie et les forces kurdes est l’un des volets les plus persistants du conflit syrien. Ankara considère les milices kurdes, notamment les Unités de protection du peuple (YPG), comme une extension du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation qu’elle qualifie de terroriste. Ces tensions se traduisent par des affrontements fréquents dans des zones frontalières telles que Manbij et Kobané. La Turquie, profitant du retrait partiel des troupes américaines en 2019, a renforcé son influence dans le nord de la Syrie, cherchant à établir une « zone de sécurité » pour empêcher les Kurdes de consolider leurs positions. Cependant, cette stratégie a exacerbé les divisions, entraînant des déplacements massifs de populations civiles.

Les puissances internationales : des intérêts divergents
Le conflit syrien illustre la complexité des relations entre les grandes puissances. Les États-Unis, bien qu’ayant réduit leur présence militaire, continuent de soutenir les Forces démocratiques syriennes (SDF), une coalition dirigée par les Kurdes. Ce soutien vise à stabiliser les territoires repris à Daech, mais il alimente les tensions avec la Turquie, alliée de l’OTAN. Pendant ce temps, la Russie, principal soutien de Bachar al-Assad, joue un rôle central dans le maintien du régime en place. En échange de son appui militaire, Moscou a obtenu un accès stratégique à des bases militaires en Méditerranée, renforçant sa position dans la région. Ces deux puissances, bien que rivales, collaborent parfois pour éviter une escalade incontrôlée.

Le déclin progressif du régime de Bachar al-Assad
Bien que toujours au pouvoir, Bachar al-Assad ne contrôle plus qu’une partie réduite du territoire syrien. Son régime, affaibli par des années de guerre, dépend fortement du soutien militaire et économique de ses alliés, notamment la Russie et l’Iran. Cependant, cette dépendance a un coût élevé. Moscou utilise l’économie syrienne pour rembourser ses investissements militaires, tandis que l’Iran y voit une opportunité d’étendre son influence régionale. Le déclin du régime est également visible sur le plan international, où Assad reste largement isolé. Les efforts pour une transition politique se heurtent à une impasse, laissant peu d’espoir de reconstruction ou de stabilisation à court terme.

Un peuple piégé par la guerre et la crise humanitaire
Le coût humain de la guerre en Syrie est colossal. Des millions de civils ont été déplacés, à la fois à l’intérieur du pays et dans les pays voisins comme la Turquie, le Liban et la Jordanie. Ceux qui restent dans les zones de conflit, en particulier dans le nord, vivent dans des conditions précaires, marquées par des pénuries de nourriture, d’eau potable et de soins médicaux. L’hiver aggrave encore la situation, rendant les camps de réfugiés presque inhabitables. Par ailleurs, l’effondrement économique de la Syrie, combiné à des sanctions internationales, limite les efforts de reconstruction et laisse les populations dépendantes de l’aide humanitaire internationale.

Un avenir incertain pour la Syrie
Alors que la guerre entre dans une nouvelle phase, le futur de la Syrie reste flou. Les rivalités entre les puissances internationales, les divisions internes et la faiblesse du régime d’Assad rendent improbable une résolution rapide du conflit. Des pourparlers entre la Turquie, la Russie et les États-Unis ont lieu périodiquement, mais aucun plan concret n’a émergé pour stabiliser durablement le pays. La Syrie reste ainsi un exemple tragique des conséquences d’un conflit prolongé, où les intérêts stratégiques des grandes puissances prennent souvent le pas sur les besoins d’une population en souffrance.

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Newsdesk Libnanews
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