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Terry Waite, otage à Beyrouth : début d’une captivité de cinq ans dans la guerre civile libanaise le 20 janvier 1987

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Au milieu du chaos de la guerre civile libanaise, qui ravage le pays depuis 1975, l’enlèvement de Terry Waite marque un tournant dans la crise des otages occidentaux détenus par des factions islamistes. Ce 20 janvier 1987, l’envoyé spécial de l’archevêque de Canterbury, figure emblématique des négociations humanitaires, disparaît dans les ruelles de Beyrouth-Ouest après avoir quitté son hôtel pour une rencontre censée être sécurisée. Waite, un géant de près de deux mètres au charisme imposant, s’était imposé comme un médiateur infatigable, ayant déjà contribué à la libération de plusieurs captifs. Son rapt par l’Organisation du Jihad islamique, un groupe chiite pro-iranien, inaugure une captivité de près de cinq ans, dont quatre en isolement total, illustrant les dangers des ingérences étrangères dans un conflit où les otages deviennent des monnaies d’échange. Cet événement, survenu au plus fort des divisions confessionnelles et des interventions régionales, souligne la vulnérabilité des efforts diplomatiques face aux milices armées qui contrôlent des pans entiers du territoire libanais.

Les racines d’une crise des otages ancrée dans la guerre civile

La guerre civile libanaise, déclenchée en avril 1975 par des affrontements entre milices chrétiennes et fedayins palestiniens, s’est transformée en un maelström de violences impliquant une multitude d’acteurs. Dès 1976, l’intervention syrienne au nord et à l’est, suivie de l’invasion israélienne du sud en 1978 et 1982, a exacerbé les clivages confessionnels. Les communautés chiites, marginalisées sous le système confessionnel hérité du Pacte national de 1943, ont vu émerger des mouvements radicaux comme Amal et le Hezbollah, fondé en 1982 avec le soutien de l’Iran révolutionnaire. Ces groupes, opposés à l’occupation israélienne et aux influences occidentales, ont recours à des enlèvements pour exercer une pression sur les puissances étrangères. Entre 1982 et 1992, plus de 100 Occidentaux sont kidnappés à Beyrouth, principalement des Américains, des Britanniques et des Français, accusés de soutenir Israël ou les forces chrétiennes.

Les premiers enlèvements remontent à mars 1984, avec la capture de William Buckley, chef de station de la CIA à Beyrouth, par le Jihad islamique. Suivent ceux de journalistes comme Terry Anderson de l’Associated Press en mars 1985, et d’universitaires comme Thomas Sutherland en juin de la même année. Ces rapt font partie d’une stratégie plus large : les groupes chiites, influencés par Téhéran, cherchent à échanger les otages contre des prisonniers détenus au Koweït ou en Israël, ou pour obtenir des concessions diplomatiques. Le contexte est marqué par l’attentat contre les casernes américaines et françaises en octobre 1983, qui fait 299 morts et pousse au retrait des forces multinationales en février 1984, laissant Beyrouth-Ouest aux mains des milices musulmanes. L’Iran, via son ambassade à Damas, fournit armes et fonds au Hezbollah, tandis que la Syrie tolère ces opérations pour affaiblir l’État libanais et contrer Israël.

Dans ce paysage fragmenté, les négociations pour les otages deviennent un enjeu international. Les gouvernements occidentaux, refusant officiellement de négocier avec des terroristes, font appel à des intermédiaires privés ou religieux. L’Église anglicane, sous la direction de l’archevêque Robert Runcie, désigne Terry Waite comme son émissaire en 1980, initialement pour des missions en Afrique. Né en 1939 dans une famille modeste du Cheshire, Waite, ancien conseiller en éducation pour l’Église, s’est forgé une réputation de négociateur tenace lors de crises en Ouganda et en Libye. Sa taille imposante et son passé militaire – il a servi dans les Grenadier Guards – lui confèrent une autorité naturelle, renforcée par sa foi chrétienne évangélique.

Le rôle croissant de Waite dans les libérations d’otages

Dès 1985, Waite s’implique dans la crise libanaise. Son premier succès remonte à décembre 1984, lorsqu’il négocie la libération de quatre Britanniques détenus en Libye en échange de prisonniers libyens. Encouragé, il se rend à Beyrouth en novembre 1985 pour rencontrer des représentants du Jihad islamique et du Hezbollah. Ces contacts, souvent facilités par des intermédiaires comme le leader druze Walid Joumblatt ou des ecclésiastiques locaux, mènent à la libération de l’Américain Benjamin Weir en septembre 1985, puis du père Lawrence Jenco en juillet 1986. Waite attribue ces avancées à sa neutralité religieuse et à sa persévérance, déclarant lors d’une conférence de presse à Londres en 1986 : « La patience et la confiance sont essentielles dans ces négociations, où chaque partie doit sentir qu’elle n’est pas exploitée. »

Ces libérations ne sont pas isolées. Waite collabore discrètement avec des figures controversées, comme le colonel Oliver North de la Maison Blanche, impliqué dans l’affaire Iran-Contra révélée en novembre 1986. Selon des rapports déclassifiés du Département d’État américain, Waite sert de canal pour des échanges d’armes contre otages, bien qu’il nie toute connaissance des aspects illégaux. En novembre 1986, il facilite la libération de David Jacobsen, un administrateur hospitalier américain, après des mois de tractations. À ce stade, Waite a contribué à la sortie de dix otages, gagnant une notoriété mondiale. Les médias le surnomment « l’homme des missions impossibles », et il apparaît fréquemment à la télévision, insistant sur l’importance de la diplomatie personnelle face aux blocages gouvernementaux.

Cependant, ces succès attirent l’attention. Des avertissements des services de renseignement britanniques et américains signalent que Waite est devenu une cible, soupçonné d’être un agent occidental. Malgré cela, il persiste, motivé par un sens du devoir chrétien. En janvier 1987, il déclare à des proches : « Si je peux sauver une vie, le risque en vaut la peine. » Son approche repose sur la confiance : il refuse les gardes armés lors des rencontres finales, arguant que cela démontrerait une bonne foi. Cette stratégie, efficace jusque-là, s’avère fatale lors de son dernier voyage.

Le voyage fatal à Beyrouth en janvier 1987

Waite arrive à Beyrouth le 12 janvier 1987, descendant d’un vol commercial à l’aéroport international, alors sous contrôle syrien. Il s’installe à l’hôtel Riviera, un établissement côtier fréquenté par les journalistes et les diplomates, situé dans le secteur musulman ouest de la capitale. Son objectif : négocier la libération de quatre otages américains – Terry Anderson, Thomas Sutherland, Frank Reed et Joseph Cicippio – ainsi que d’un Britannique, John McCarthy. Des intermédiaires, dont un professeur libanais nommé Iskandar Iskandar, le mettent en contact avec des représentants du Jihad islamique, qui affirment détenir les captifs.

Les premiers jours sont marqués par des réunions discrètes. Waite rencontre des émissaires dans des cafés ou des appartements anonymes, discutant des conditions d’échange. Le 19 janvier, il reçoit une assurance : les otages sont malades et nécessitent une visite urgente. On lui promet une conduite sûre pour les rencontrer, sans armes ni gardes. Selon des témoignages de ses gardes du corps druzes, fournis par Walid Joumblatt, Waite exprime une confiance mesurée : « C’est un risque calculé, basé sur des promesses antérieures respectées. » Le matin du 20 janvier, il participe à une réunion avec des officiels libanais, puis rentre à l’hôtel pour se préparer.

Vers 18 heures, Waite quitte l’hôtel Riviera en compagnie de ses gardes druzes. Ils se dirigent vers un quartier chiite de Beyrouth-Ouest, une zone contrôlée par le Hezbollah et le Jihad islamique, parsemée de checkpoints et de ruines de bombardements. À un point convenu, il demande à ses protecteurs de l’attendre, insistant pour procéder seul comme stipulé. Il monte dans une voiture anonyme, une Mercedes grise selon des témoins, conduite par un intermédiaire. La destination : un appartement dans le quartier de Bir el-Abed, où il doit rencontrer les ravisseurs. Des rapports ultérieurs du Foreign Office britannique indiquent que Waite porte sur lui des documents humanitaires et une Bible, sans armes ni appareils de communication.

L’enlèvement et les premières heures de captivité

L’assaut se produit presque immédiatement. À peine arrivé à l’appartement, Waite est maîtrisé par plusieurs hommes armés, membres du Jihad islamique. Blindé et menotté, il est transporté dans le coffre d’une voiture vers une cache souterraine. Selon son propre récit post-libération, il est interrogé sommairement sur ses liens avec les Américains, accusé d’espionnage. Les ravisseurs, masqués et parlant arabe avec des accents iraniens, le transfèrent rapidement vers une cellule improvisée dans un sous-sol de Beyrouth. Waite décrit l’expérience : « J’ai été plongé dans l’obscurité totale, avec un bandeau sur les yeux et des chaînes aux pieds. » Cette première nuit marque le début d’un isolement rigoureux.

Les motifs de l’enlèvement sont multiples. Le Jihad islamique, une faction radicale liée au Hezbollah et financée par l’Iran, soupçonne Waite d’être impliqué dans l’Iran-Contra, où des ventes d’armes américaines à Téhéran ont financé les Contras nicaraguayens. Des communiqués du groupe, diffusés via des agences de presse libanaises, revendiquent le rapt comme une mesure de représailles contre les ingérences occidentales. Waite devient ainsi un otage de valeur, utilisé pour négocier la libération de prisonniers chiites détenus en Israël ou au Koweït, comme les 17 condamnés pour les attentats de 1983 à Koweït City.

La nouvelle de sa disparition se répand rapidement. Le soir du 20 janvier, ses gardes druzes alertent l’hôtel et les autorités britanniques. Le Foreign Office émet un communiqué : « Nous sommes extrêmement préoccupés par la disparition de M. Waite et travaillons avec les autorités libanaises pour le localiser. » Des recherches sont lancées, impliquant des intermédiaires druzes et syriens, mais Beyrouth-Ouest reste impénétrable. Le 27 janvier, le Jihad islamique confirme le rapt dans une déclaration : « Nous détenons l’espion Waite pour ses liens avec les impérialistes. » Cette annonce déclenche une vague d’inquiétude internationale.

Les conditions de détention et les années d’isolement

La captivité de Waite s’étend sur 1 763 jours. Les quatre premières années sont passées en solitaire, dans des cellules minuscules de 2 mètres sur 1,5, souvent souterraines pour éviter les bombardements. Il est fréquemment déplacé – plus de 20 fois – pour déjouer les tentatives de localisation. Nourri de pain, de lentilles et d’eau, il subit des interrogatoires musclés, des passages à tabac et des exécutions simulées. Waite rapporte : « Ils me mettaient un pistolet sur la tempe et pressaient la détente, pour briser mon esprit. » Privé de lumière naturelle, il développe des problèmes de santé, comme des infections respiratoires dues à l’humidité.

Pour survivre mentalement, Waite s’appuie sur sa foi. Il compose mentalement des poèmes et des sermons, et imagine des conversations avec des figures historiques. En 1989, il est brièvement rejoint par d’autres otages, comme Terry Anderson et John McCarthy, dans une cellule collective. Ces interactions, bien que limitées, lui apportent un soutien moral. Anderson témoigne plus tard : « Waite était un pilier de force, nous rappelant constamment l’importance de l’espoir. » Les ravisseurs, des jeunes chiites endoctrinés, alternent entre brutalité et moments de compassion, offrant parfois des livres ou des radios.

Les efforts diplomatiques pour sa libération impliquent l’ONU, la Syrie et l’Iran. Giandomenico Picco, émissaire des Nations unies, négocie directement avec les chefs du Hezbollah. En 1990, la fin de la guerre du Golfe et la pression sur Téhéran accélèrent les discussions. Waite est transféré vers des conditions légèrement meilleures, avec accès à des nouvelles sporadiques. Le 18 novembre 1991, il est remis aux autorités syriennes à Damas, aux côtés de Thomas Sutherland. Affaibli mais résilient, il déclare lors d’une conférence de presse : « Je suis libre, mais mon cœur reste avec ceux encore captifs. »

Les répercussions sur la crise des otages et le Liban

L’enlèvement de Waite intensifie la pression internationale sur les factions libanaises. Le gouvernement britannique, sous Margaret Thatcher, réaffirme sa politique de non-négociation, mais autorise des canaux discrets via la Syrie. En février 1987, l’ONU adopte une résolution condamnant les enlèvements, appelant à la libération immédiate de tous les otages. Le secrétaire général Javier Pérez de Cuéllar déclare : « Ces actes sapent les efforts de paix au Moyen-Orient et violent les principes humanitaires fondamentaux. » Des campagnes médiatiques, comme celles de la BBC, maintiennent l’attention sur les captifs.

Au Liban, l’événement souligne le contrôle des milices chiites sur Beyrouth-Ouest. Le Hezbollah, bien que niant formellement les rapt, bénéficie de l’influence accrue via ces opérations. La Syrie, occupant le pays depuis 1976, utilise la crise pour négocier avec l’Occident, facilitant des libérations en échange de reconnaissance diplomatique. En 1988, des otages comme Mitchel Steen sont relâchés, mais la guerre civile persiste jusqu’aux accords de Taëf en 1989, qui réforment le système confessionnel et dissolvent les milices sauf le Hezbollah.

Les dynamiques régionales évoluent. L’Iran, principal parrain, modère son soutien après la mort de Khomeiny en 1989, sous la présidence de Rafsandjani. Israël, impliqué dans des échanges, libère des prisonniers chiites en 1991. Les derniers otages, comme Anderson en décembre 1991, marquent la fin de la crise, mais les cicatrices persistent dans un Liban en reconstruction, où les divisions confessionnelles et les ingérences étrangères continuent de miner la stabilité. Des rapports de l’ONU sur les violations des droits de l’homme documentent ces enlèvements comme des crimes de guerre, appelant à des enquêtes, bien que peu aient été menées. Les influences chiites au sud, renforcées par ces tactiques, redessinent les alliances, avec le Hezbollah émergent comme une force politique majeure.

La libération et les premiers pas vers la reconstruction personnelle

Après sa remise aux autorités syriennes le 18 novembre 1991, Terry Waite est transporté par avion vers une base militaire britannique à Chypre, où il subit des examens médicaux approfondis. Pesant près de 20 kilos de moins qu’avant sa captivité, il souffre de problèmes respiratoires chroniques et de troubles psychologiques liés à l’isolement prolongé, mais refuse toute hospitalisation prolongée. Dans les jours suivants, il retrouve sa famille – son épouse Frances et leurs quatre enfants – dans un cadre discret en Angleterre. Des déclarations officielles du Foreign Office britannique soulignent son retour comme une victoire diplomatique, avec des remerciements adressés aux intermédiaires syriens et onusiens. Waite lui-même, lors d’une première apparition publique, exprime sa gratitude envers ceux qui ont maintenu l’espoir vivant, affirmant : « La liberté est un don précieux, et je mesure désormais chaque instant. »

Les mois suivants sont consacrés à une réadaptation progressive. Waite choisit de ne pas reprendre immédiatement son poste à Lambeth Palace, optant pour un congé sabbatique afin de se consacrer à l’écriture et à la réflexion. Élu fellow commoner à Trinity Hall, Cambridge, il y trouve un environnement académique propice à la rédaction de son premier ouvrage. Ce choix reflète une volonté de transformer l’épreuve en une source de compréhension plus large, loin des pressions médiatiques immédiates qui entourent son retour.

L’écriture comme catharsis et témoignage

En 1993, Waite publie « Taken on Trust », un mémoire détaillé de ses années de captivité, qui devient un best-seller au Royaume-Uni et aux États-Unis. Le livre décrit avec précision les conditions d’isolement, les techniques de survie mentale et les interactions sporadiques avec ses geôliers, offrant un aperçu rare sur la psychologie des otages. Waite y insiste sur le rôle de la foi et de la résilience intérieure, sans verser dans l’amertume envers ses ravisseurs. Des extraits révèlent des moments d’humanité inattendus, comme des échanges sur la religion avec des gardes chiites, qui contrastent avec les épisodes de torture. Ce travail non seulement aide Waite à processeur son trauma, mais éduque aussi le public sur les réalités des enlèvements au Moyen-Orient.

Poursuivant sur cette lancée, il sort « Footfalls in Memory » en 1995, une méditation plus philosophique sur la solitude et la mémoire, inspirée par ses expériences en cellule. L’ouvrage explore comment l’isolement forcé peut mener à une introspection profonde, avec des références à des figures historiques comme Dietrich Bonhoeffer ou Viktor Frankl. En 2000, « Travels with a Primate » adopte un ton plus humoristique, relatant ses voyages antérieurs avec l’archevêque Robert Runcie, offrant un contrepoint léger à ses récits précédents. Ces publications établissent Waite comme un auteur prolifique, avec des ventes cumulées dépassant le million d’exemplaires, et lui valent des invitations à des conférences littéraires internationales.

L’engagement humanitaire renouvelé

Dès 1992, Waite s’implique dans des causes humanitaires, canalisant son expérience pour aider d’autres victimes. Il fonde Hostage UK en 2004, rebaptisée Hostage International en 2016, une organisation indépendante qui soutient les familles d’otages et les anciens captifs à travers le monde. L’association fournit des conseils psychologiques, des aides financières et des formations sur la gestion post-libération, travaillant sur des cas en Syrie, en Irak et en Afrique subsaharienne. Waite en reste le président fondateur, supervisant des opérations qui ont assisté plus de 500 familles, selon des rapports annuels de l’organisation. Il déclare lors d’un événement en 2011 : « L’expérience m’a appris que le soutien aux familles est crucial, car elles souffrent en silence pendant des années. »

Parallèlement, il devient président d’Emmaus UK en 1998, une branche de l’organisation internationale fondée par l’abbé Pierre, dédiée à l’aide aux sans-abri. Sous sa direction, l’association développe des communautés résidentielles où les personnes en situation de précarité gèrent des entreprises de recyclage et de vente, favorisant l’autonomie. Waite visite régulièrement ces centres, de Brighton à Manchester, et plaide pour des politiques sociales plus inclusives au Parlement britannique. En 1997, il lance Y Care International, le bras humanitaire du YMCA au Royaume-Uni et en Irlande, focalisé sur le développement international et les secours en cas de catastrophe. L’organisation opère dans plus de 20 pays, avec des projets en éducation et en santé pour les jeunes vulnérables.

Les activités dans le domaine carcéral et éducatif

Waite étend son engagement au système pénitentiaire britannique en devenant chairman de la Prisons Video Trust en 1998. Cette charity produit des vidéos éducatives pour les prisons, couvrant des thèmes comme la prévention des drogues, la sensibilisation au suicide et la réinsertion. Les matériaux, distribués dans plus de 140 établissements, incluent des témoignages d’anciens détenus et des formations pour le personnel. Waite, tirant de son expérience d’isolement, met l’accent sur les impacts psychologiques de la détention solitaire, influençant des réformes dans les protocoles pénitentiaires.

Sur le plan éducatif, il est nommé visiting fellow à Magdalen College, Oxford, en 2006, où il donne des cours sur les négociations internationales et l’éthique humanitaire. Ses interventions, enrichies d’anecdotes personnelles, attirent des étudiants en relations internationales et en théologie. Waite continue à voyager pour des conférences, apparaissant en Amérique du Nord, en Australie, en Afrique du Sud et en Europe, où il discute de forgiveness et de résolution de conflits. En 2017, il publie « Solitude : Memories, People, Places », un essai sur les bénéfices de la solitude volontaire, contrastant avec son épreuve forcée.

Les distinctions et la vie personnelle

Waite reçoit plusieurs honneurs pour son travail. Déjà MBE en 1982 pour ses services humanitaires, il est élevé au rang de CBE en 1992, reconnaissant sa résilience et ses contributions post-libération. En 2019, il est fait Knight Commander of the Order of St Michael and St George (KCMG) pour ses efforts en diplomatie et en aide internationale. Ces distinctions soulignent son statut de figure publique respectée, souvent invitée à des événements royaux ou ecclésiastiques.

Sur le plan personnel, Waite s’installe à Bury St Edmunds, dans le Suffolk, vers 1995, où il mène une vie discrète avec sa famille. Père de quatre enfants et grand-père, il cultive un jardin et pratique la méditation quotidienne, habitudes développées en captivité. Des interviews révèlent son attachement à la région, avec des promenades dans la campagne anglaise servant de thérapie. Il maintient des liens avec l’Église anglicane, participant occasionnellement à des services et des débats théologiques.

Les engagements actuels et les projets récents

En 2021, marquant le 30e anniversaire de sa libération, Waite réaffirme son engagement avec Hostage International, supervisant des initiatives pour les otages en zones de conflit comme l’Ukraine et le Moyen-Orient. L’organisation étend ses services en ligne, offrant des webinaires sur la gestion du trauma. Waite collabore avec des experts en psychologie pour développer des protocoles de réinsertion, basés sur ses expériences.

En 2022, il publie une édition anniversaire de « Taken on Trust », avec un nouveau chapitre sur les leçons contemporaines des enlèvements. Le livre inclut des réflexions sur les otages modernes, comme ceux détenus par des groupes djihadistes en Afrique. Waite participe à des documentaires de la BBC, relatant son voyage de retour à Beyrouth en 2007 pour rencontrer d’anciens ravisseurs, un geste de réconciliation qui attire l’attention médiatique.

Jusqu’en 2026, Waite, âgé de 86 ans, reste actif en tant que conférencier virtuel et conseiller. Il soutient Emmaus UK dans l’expansion de ses communautés, avec de nouveaux centres ouverts en 2024 pour répondre à la crise du logement post-pandémie. Chez Y Care International, il supervise des projets en Asie du Sud, focalisés sur l’éducation des filles en zones rurales. Des rapports annuels indiquent que l’organisation a aidé plus de 100 000 jeunes depuis sa fondation. Waite apparaît dans des podcasts sur la résilience, partageant des anecdotes sur sa survie, et collabore avec des universités pour des cours en ligne sur la négociation humanitaire. Ses activités incluent des visites à des prisons britanniques pour promouvoir les vidéos éducatives, avec un focus sur la prévention de la récidive parmi les jeunes délinquants. Des déclarations récentes, lors d’un événement en ligne en janvier 2025, soulignent son intérêt pour les impacts des conflits actuels sur les civils, avec des appels à une diplomatie renforcée dans les régions instables.

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