jeudi, janvier 22, 2026

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Trahison ou pragmatisme ? Les propos de Joumblatt sur Chébaa en question

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Les propos de Walid Joumblatt, leader du Parti socialiste progressiste, affirmant que « les fermes de Chébaa sont syriennes », ont suscité une onde de choc sur la scène politique libanaise. De nombreux responsables ont dénoncé ces déclarations comme une « trahison des intérêts libanais », accusant Joumblatt de saper les revendications territoriales du pays face à Israël. Ces critiques, provenant tant des alliés du Hezbollah que des membres de l’opposition, reflètent une fracture politique profonde autour de cette question hautement sensible.

Ces propos, tenus lors d’une conférence publique, ont ravivé les tensions historiques autour des fermes de Chébaa, un territoire disputé depuis des décennies. La classe politique libanaise, déjà fragmentée, se retrouve une fois de plus divisée sur l’approche à adopter face à ce différend.

L’argument de Joumblatt : une nécessité de vérité

Walid Joumblatt a justifié ses propos en affirmant qu’ils sont basés sur des faits historiques et documentaires. Selon lui, les fermes de Chébaa n’ont jamais été officiellement reconnues comme faisant partie du territoire libanais, et cette revendication, bien que symbolique, pourrait affaiblir la position diplomatique du Liban dans la région.

Pour Joumblatt, « il est crucial de bâtir notre politique étrangère sur des bases solides et vérifiées ». Cependant, ses critiques estiment que cette position affaiblit la souveraineté nationale, alimentant la propagande israélienne qui justifie son occupation du territoire.

Les réactions politiques : une condamnation unanime

Les déclarations de Joumblatt ont été condamnées par une large partie de la classe politique libanaise. Le Hezbollah, principal acteur impliqué dans la résistance contre Israël, a vivement réagi, qualifiant ces propos de « trahison manifeste des intérêts libanais ». Pour le parti, les fermes de Chébaa symbolisent la lutte contre l’occupation israélienne, et toute remise en question de leur appartenance au Liban est perçue comme une atteinte à la souveraineté nationale.

Des figures de l’opposition ont également critiqué Joumblatt, bien que pour des raisons différentes. Certains estiment que cette déclaration détourne l’attention des véritables priorités nationales, notamment les réformes économiques et la lutte contre la corruption. D’autres voient dans cette controverse une stratégie pour repositionner le leadership druze dans le paysage politique, au risque d’aggraver les tensions internes.

Les implications régionales

Les propos de Joumblatt ont également des répercussions sur les relations entre le Liban et ses voisins, notamment la Syrie. Depuis des décennies, la Syrie a évité de clarifier officiellement la souveraineté des fermes de Chébaa, ce qui alimente l’ambiguïté et la méfiance. En affirmant que ce territoire est syrien, Joumblatt semble se ranger du côté de Damas, ce qui suscite des interrogations sur ses motivations.

Israël, de son côté, utilise cette ambiguïté à son avantage, justifiant son occupation continue du territoire comme une mesure de sécurité stratégique. Cette situation, déjà complexe, est encore exacerbée par les divisions internes libanaises, qui affaiblissent la position du pays sur la scène internationale.

L’opinion publique : entre colère et confusion

Les déclarations de Joumblatt ont provoqué des réactions variées au sein de la population libanaise. Pour certains, elles sont perçues comme une tentative de réécriture de l’histoire, trahissant les sacrifices faits pour défendre le territoire. Pour d’autres, elles soulignent une réalité inconfortable qui pourrait permettre de résoudre ce différend de manière pragmatique.

Dans le sud du Liban, où les fermes de Chébaa sont un symbole de la résistance contre Israël, ces propos ont été particulièrement mal accueillis. Des manifestations ont éclaté, avec des slogans dénonçant une « trahison des intérêts nationaux » et appelant à une défense inconditionnelle de la souveraineté.

Une fracture nationale qui perdure

La controverse autour des propos de Walid Joumblatt illustre une fois de plus les fractures profondes qui traversent le Liban. Alors que le pays fait face à des défis économiques et politiques sans précédent, cette polémique détourne l’attention des problèmes urgents et exacerbe les tensions internes. Pour beaucoup, la question des fermes de Chébaa est symptomatique de l’incapacité du Liban à adopter une position unifiée sur les questions nationales.

Malgré les critiques, Joumblatt maintient sa position, affirmant que « le débat sur les fermes de Chébaa doit être ouvert et honnête ». Cette posture, bien qu’audacieuse, risque de prolonger les divisions internes et de compliquer davantage les relations du Liban avec ses partenaires régionaux.

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Newsdesk Libnanews
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