lundi, janvier 26, 2026

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Un drone israélien élimine un présentateur de la télé du Hezbollah à Tyr

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Un drone israélien a frappé une voiture dans la ville de Tyr, au sud du Liban, ce lundi 26 janvier 2026 après-midi, tuant cheikh Ali Noureddine, producteur et présentateur de programmes religieux sur la chaîne al-Manar, affiliée au Hezbollah, et imam de la mosquée al-Hawsh dans la même localité. Cette frappe ciblée, survenue près du restaurant al-Abdullah sur la route Tyr-al-Housh, s’inscrit dans une série d’opérations militaires israéliennes qui persistent malgré l’accord de cessez-le-feu signé en novembre 2024. Selon les premières informations rapportées par les médias libanais, l’attaque a fait un mort et deux blessés, confirmés par le ministère libanais de la Santé. Parallèlement, un autre drone israélien a largué une grenade assourdissante sur une usine de marbre le long de la route Odaisseh-Markaba, sans faire de victimes signalées dans l’immédiat.

Les forces de défense israéliennes (Tsahal) ont rapidement revendiqué l’opération, indiquant qu’elle visait un « terroriste du Hezbollah » dans la région de Tyr, en réponse à des activités perçues comme menaçantes. Dans un communiqué laconique, l’armée israélienne a précisé que cette frappe faisait partie d’une série d’actions préventives visant à empêcher le renforcement du Hezbollah au sud du Litani, en application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies. Cette résolution, adoptée en 2006 à la suite de la guerre entre Israël et le Hezbollah, exige le désarmement des milices au sud du fleuve et le déploiement exclusif de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans cette zone.

Cheikh Ali Noureddine, âgé d’une quarantaine d’années, était une figure locale connue pour son rôle religieux et médiatique. En tant qu’imam de la mosquée al-Hawsh, il animait des prières et des sermons hebdomadaires, souvent axés sur des thèmes spirituels et communautaires. Sur al-Manar, il présentait l’émission « Le Martyr », un programme dédié à la commémoration des combattants tombés lors des conflits passés, notamment la guerre de 2006 et les affrontements plus récents avec Israël. Son assassinat marque une escalade dans les ciblages d’individus affiliés au Hezbollah qui ne sont pas nécessairement des commandants militaires de haut rang, mais qui jouent un rôle dans la propagation de l’idéologie du parti.

Les circonstances précises de l’attaque indiquent une opération de haute précision. Des témoins oculaires ont rapporté avoir vu un drone survoler la zone peu avant l’impact, suivi d’une explosion qui a incendié le véhicule. Les secours libanais, incluant des équipes de la Croix-Rouge libanaise, sont intervenus rapidement pour évacuer les blessés vers l’hôpital gouvernemental de Tyr. Des photos circulant sur les réseaux sociaux montrent les débris calcinés de la voiture, une berline civile ordinaire, soulignant le caractère urbain de l’incident dans une ville densément peuplée comme Tyr, patrimoine mondial de l’Unesco pour ses ruines phéniciennes et romaines.

Cette frappe n’est pas isolée. Le même jour, l’incident de la grenade assourdissante sur l’usine de marbre près d’Odaisseh-Markaba suggère une opération plus large, potentiellement destinée à perturber des activités logistiques ou à envoyer un message d’intimidation. Odaisseh et Markaba sont des villages frontaliers, souvent au cœur des tensions, où le Hezbollah maintient une présence discrète malgré le cessez-le-feu.

Une violation récurrente du cessez-le-feu de novembre 2024

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 27 novembre 2024, qui a mis fin à plus d’un an d’affrontements intenses entre Israël et le Hezbollah, les violations se multiplient. Selon un rapport hebdomadaire publié par le centre de recherche israélien Alma, spécialisé dans les menaces du nord, les forces israéliennes ont mené plus de 30 frappes au Liban entre le 19 et le 26 janvier 2026, visant principalement des infrastructures et des operatives du Hezbollah au sud du Litani. Ces opérations incluent des survols de drones, des tirs d’artillerie et des raids aériens, justifiés par Tsahal comme des mesures défensives contre des tentatives de réarmement du Hezbollah.

Du côté libanais, le Hezbollah a répondu par des tirs sporadiques de roquettes et d’anti-aériens, bien que de moindre ampleur. Le 25 janvier 2026, une vague d’attaques israéliennes a tué deux personnes dans le sud du Liban, dont un civil, selon Al Jazeera. Ces incidents soulignent la fragilité de l’accord, négocié sous les auspices des États-Unis et de la France, qui prévoyait un retrait progressif des forces du Hezbollah au nord du Litani et un renforcement de la présence de la Finul.

La résolution 1701, pilier de la stabilité régionale, est au centre de ces tensions. Adoptée à l’unanimité par le Conseil de sécurité, elle impose un cessez-le-feu permanent, le déploiement de 15 000 soldats libanais et autant de casques bleus de la Finul au sud du Liban, et l’interdiction de toute présence armée non étatique dans cette zone. Pourtant, près de vingt ans après, son application reste partielle. Israël accuse le Hezbollah d’avoir creusé des tunnels transfrontaliers et stocké des armes dans des villages civils, tandis que le parti chiite libanais dénonce les survols quotidiens de drones israéliens comme des violations de la souveraineté libanaise.

Le contexte géopolitique plus large

Les tensions actuelles s’inscrivent dans un cadre régional marqué par l’influence iranienne. Le Hezbollah, soutenu par Téhéran, a été affaibli par les affrontements de 2024, qui ont causé la perte de plusieurs commandants de haut rang, dont Hassan Nasrallah, tué en septembre 2024. Malgré cela, le parti conserve une capacité opérationnelle, avec des estimations israéliennes faisant état de milliers de combattants encore actifs. Les frappes israéliennes visent à empêcher toute reconstitution, particulièrement dans des zones comme Tyr, bastion historique du Hezbollah.

Tyr, ville côtière de 200 000 habitants, a une longue histoire de conflits. Durant la guerre de 2006, elle a subi d’intenses bombardements israéliens, causant des centaines de victimes civiles et des destructions massives. Aujourd’hui, elle reste un hub pour les activités du Hezbollah, avec des mosquées et des médias comme al-Manar servant de plateformes pour la mobilisation communautaire. L’assassinat de cheikh Noureddine, qui n’était pas un combattant armé mais un relais idéologique, pourrait indiquer un élargissement des cibles israéliennes vers des figures culturelles et religieuses.

Sur le plan international, la Finul, commandée par le général italien Aroldo Lázaro, a enregistré plus de 100 violations du cessez-le-feu depuis novembre 2024. Dans un communiqué récent, le porte-parole de la Finul, Andrea Tenenti, a appelé à la retenue, déclarant : « Toute escalade pourrait mener à une reprise des hostilités à grande échelle, avec des conséquences dévastatrices pour les civils des deux côtés. » La force onusienne, composée de contingents de plus de 40 pays, patrouille quotidiennement la Ligne bleue, la frontière délimitée en 2000, mais ses moyens limités – sans mandat offensif – la rendent vulnérable aux incidents.

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Newsdesk Libnanews
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