L’artiste Ghassan Zard présente son exposition intitulée «AUTELS» (ALTARS) à la Villa Audi, sous le commissariat et la direction de Marc Mouarkech.
À travers les mediums de la sculpture et de la peinture, Zard explore les rencontres entre matière et image, présence et absence, violence et transcendance. Cette exposition réunit des œuvres inédites en laiton et en pigment où sont interrogées les manières dont la mémoire, le traumatisme et la survie s’incarnent dans la forme.
Les sculptures de Zard émergent comme arrachées aux profondeurs de la terre. Telles des reliques ou des vestiges, leurs surfaces portent en elles des griffures et des cicatrices. Ses peintures, quant à elles, déploient leur horizon vers l’intérieur, et son invisible, pour transformer le ciel et la mer en territoires instables traversés de puissance, de tensions et d’imaginaires.
De ce dialogue naît l’autel, non pas comme un objet sacré de dévotion et d’offrande mais comme une architecture éphémère, une structure de survie. Dans l’univers de Zard, l’autel devient un lieu où fragments, gestes et blessures se recomposent en constellations de résistance et de pensées
Présentées dans les salles ornées de mosaïques de la Villa Audi, ces œuvres entrent en résonance avec la densité des motifs et l’épaisseur des strates historiques du lieu érigeant des autels non pas pour les dieux, mais pour l’endurance, non pas pour la transcendance mais pour l’acte fragile de continuer.
Pour Zard, « Ce travail cherche un absolu, une forme de mystique qui conduit vers un espace de silence. Sur ce chemin, on passe par une douceur qui se durcit peu à peu sous le poids des crises et des violences accumulées. C’est une oscillation entre le calme et la fureur du monde d’aujourd’hui. »
L’exposition se déploie autour de trois autels, chacun incarnant une forme ontologique distincte :
● Veins of Ascent s’élève en hauteur, faisant de la verticalité un geste à la fois de résistance et de contemplation.
● Cartographies of the In-Between ouvre un passage entre des points empreints de présence, où le mouvement s’accomplit comme un rituel, et où les arbres se dressent en pèlerins de la transition.
● The Bells After the Fire s’étend horizontalement où le feu se révèle, tout à la fois comme une dévastation et une révélation.
L’ensemble dessine une topologie de l’être – vertical, liminal et horizontal – nous invitant à habiter la fracture, la mémoire et la transformation, tout en laissant ouverte la possibilité d’imaginer autrement.
Cette exposition marque également une étape importante : la donation par l’artiste d’une nouvelle œuvre à la collection permanente du jardin de la Villa Audi. La sculpture se joint aux pièces majeures du site, enrichissant le dialogue entre création contemporaine et patrimoine du musée. Par cette donation, la vision de l’artiste s’inscrit dans la mémoire vivante de la Villa, accessible au public d’aujourd’hui comme aux générations futures.
L’exposition, en collaboration avec la Galerie Tanit et la Fondation Audi, se poursuit jusqu’au 11 octobre à la Villa Audi, Achrafieh, Beyrouth.
Horaires d’ouverture : tous les jours (sauf le dimanche) de 14h à 19h ou sur rendez-vous au +961 3 303303
À propos de l’artiste
Né en 1954, Ghassan Zard commence sa carrière comme dentiste avant de se consacrer à la peinture et à la sculpture. Son œuvre explore depuis longtemps les thèmes de la violence, de la peur et de l’abstraction, nourrie par des influences allant de la littérature japonaise à la psychanalyse. Il a exposé au Liban et à l’international, notamment à la Galerie Tanit et dans plusieurs foires d’art majeures. Sa pratique pluridisciplinaire englobe la poésie, la peinture et la sculpture.
@ghassanzard



