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Vote à l’ONU : l’Europe et les États-Unis en désaccord sur l’Ukraine

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Les tensions entre les États-Unis et leurs alliés européens se sont intensifiées à l’ONU à l’approche du troisième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine. Deux résolutions concurrentes seront soumises au vote de l’Assemblée générale ce lundi. Tandis que l’Europe réclame un retrait immédiat et inconditionnel des forces russes, Washington adopte une position plus modérée, appelant simplement à une fin rapide du conflit. Cette divergence révèle des fractures au sein de l’alliance transatlantique, amplifiées par la récente ouverture de discussions entre l’administration Trump et Moscou, excluant Kiev et les Européens.

Un texte américain qui divise

Le projet de résolution américain évite de condamner explicitement la Russie et se limite à déplorer « la perte tragique de vies humaines » tout en appelant à une « fin rapide du conflit » et à une « paix durable entre l’Ukraine et la Russie ». Cette approche, jugée trop conciliante par les Européens, a été saluée par l’ambassadeur russe auprès de l’ONU, Vassily Nebenzia, qui a déclaré : « C’est un bon geste. »

La Russie a même proposé un amendement ajoutant la mention « y compris en abordant ses causes profondes », ce qui reviendrait à relativiser la responsabilité de Moscou en insistant sur les dynamiques géopolitiques et historiques ayant mené à la guerre.

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Une opposition frontale avec la résolution européenne

À l’opposé, l’Europe et l’Ukraine ont soumis une résolution beaucoup plus ferme, exigeant « le retrait immédiat, complet et inconditionnel des forces russes du territoire ukrainien » dans ses frontières internationalement reconnues. Ce texte s’inscrit dans la continuité des résolutions précédentes de l’ONU qui condamnaient l’invasion et réaffirmaient le soutien à la souveraineté ukrainienne.

L’Union européenne dénonce un affaiblissement de la position occidentale face à la Russie, en particulier après que l’administration Trump a engagé des négociations directes avec Moscou en excluant les diplomates ukrainiens et européens. La réunion de cette semaine en Arabie saoudite, où Washington et Moscou ont discuté sans Kiev ni Bruxelles, a été perçue comme un affront par les partenaires européens.

L’ONU, un terrain diplomatique sous tension

La question ukrainienne est essentiellement traitée à l’Assemblée générale de l’ONU, car le Conseil de sécurité est paralysé par le droit de veto de la Russie. Contrairement aux résolutions du Conseil, celles de l’Assemblée générale ne sont pas juridiquement contraignantes, mais elles restent un baromètre de l’opinion mondiale sur la guerre en Ukraine.

Depuis 2022, plusieurs votes ont montré un soutien massif à l’Ukraine, bien que certains pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie aient préféré s’abstenir, dénonçant une politique occidentale à géométrie variable en matière de souveraineté et de droit international.

Trump et la guerre en Ukraine : un changement stratégique majeur

L’attitude de Washington illustre un tournant majeur dans la diplomatie américaine vis-à-vis du conflit. L’ancien président Donald Trump, qui brigue un second mandat, a ouvertement mis en cause le président ukrainien Volodymyr Zelensky en l’accusant d’avoir « laissé la guerre éclater » et en le qualifiant de « dictateur ».

Trump a également menacé de réduire le soutien américain à l’Ukraine, affirmant que Zelensky devait négocier rapidement avec Moscou « s’il veut encore avoir un pays à gouverner ». Cette déclaration a immédiatement provoqué la colère du président ukrainien, qui a dénoncé un « discours dicté par la propagande russe ».

Le positionnement américain pourrait modifier l’issue du vote à l’Assemblée générale de l’ONU, en influençant les pays non alignés qui cherchent à éviter une confrontation directe avec Moscou tout en ne s’aliénant pas l’Occident.

Un vote à l’ONU sous haute surveillance

Le vote de lundi sera un test diplomatique majeur pour les États-Unis et l’Europe. La résolution américaine, en appelant à une paix sans exiger un retrait russe, pourrait obtenir un soutien plus large, notamment auprès des pays du Sud global.

À l’inverse, le texte européen, bien qu’en accord avec la position officielle de Kiev, risque de se heurter à une fatigue diplomatique et à la réalité d’une guerre qui s’enlise. L’absence de progrès militaires significatifs sur le terrain et la montée des préoccupations économiques mondiales rendent les pays neutres moins enclins à prendre parti de manière aussi tranchée.

Si la résolution européenne devait obtenir un soutien plus limité que les précédentes, cela pourrait être interprété comme un affaiblissement du front anti-russe, donnant ainsi un avantage stratégique à Moscou.

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Newsdesk Libnanews
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