samedi, janvier 24, 2026

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Air France et KLM suspendent leurs vols vers Israël et le Moyen-Orient face aux tensions accrues avec l’Iran

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La compagnie aérienne française Air France a annoncé, vendredi soir, la suspension temporaire de ses liaisons vers Dubaï, aux Émirats arabes unis, invoquant la dégradation de la situation géopolitique au Moyen-Orient. Cette mesure, effective immédiatement, concerne les vols prévus pour ce vendredi et ce samedi, avec l’annulation des rotations Paris-Dubaï AF660 et AF658, ainsi que les retours correspondants depuis Dubaï vers Paris. Air France, qui suit en temps réel l’évolution des risques, a précisé que cette décision vise à garantir le plus haut niveau de sûreté pour ses passagers et ses équipages, considérant la sécurité comme un impératif absolu.

De son côté, la compagnie néerlandaise KLM, partenaire d’Air France au sein du groupe Air France-KLM, a étendu ses suspensions à plusieurs destinations clés : Israël, les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite. KLM a indiqué qu’elle éviterait désormais les espaces aériens de l’Irak, de l’Iran, d’Israël et de plusieurs pays du Golfe jusqu’à nouvel ordre. Ces ajustements interviennent dans un contexte marqué par une escalade verbale et militaire entre les États-Unis et l’Iran, avec l’envoi annoncé d’une importante force navale américaine vers le Golfe. Selon des sources officielles du Pentagone, le porte-avions USS Abraham Lincoln, précédemment positionné en mer de Chine méridionale, fait route vers la région, renforçant les craintes d’une confrontation directe.

Cette vague de suspensions n’est pas isolée. D’autres transporteurs européens, tels que British Airways et Swiss, ont également annulé des vols vers Dubaï et Tel-Aviv. British Airways a supprimé son vol du soir vers Dubaï, tandis que Swiss a suspendu sa liaison Zurich-Tel-Aviv. Le groupe Lufthansa, pour sa part, a réduit ses opérations vers Israël en limitant les vols aux horaires diurnes, invoquant l’instabilité géopolitique persistante. Ces décisions collectives soulignent une prudence accrue parmi les acteurs de l’aviation civile, confrontés à des menaces potentielles sur les routes aériennes survolant des zones sensibles.

Une mesure préventive pour Air France

Air France, qui opère habituellement plusieurs vols quotidiens vers le Moyen-Orient, a réagi avec promptitude à l’aggravation des tensions. Dans sa déclaration transmise à l’Agence France-Presse, la compagnie a expliqué que la suspension vers Dubaï était dictée par une analyse continue des risques, incluant les survols d’espaces aériens potentiellement exposés à des incidents. Les deux vols annulés ce vendredi impliquent une perturbation pour des centaines de passagers, avec des options de report ou de remboursement proposées systématiquement. Air France a également indiqué qu’elle évaluerait la situation dans les prochaines heures pour décider d’une éventuelle prolongation de ces mesures au-delà du week-end.

Cette approche reflète une stratégie de gestion des risques bien établie chez Air France, qui a déjà fait face à des crises similaires par le passé. Par exemple, lors des tensions précédentes en 2024 et 2025 liées aux conflits au Proche-Orient, la compagnie avait suspendu temporairement ses liaisons vers Tel-Aviv et Beyrouth. Ici, l’accent est mis sur Dubaï, un hub majeur pour les connexions vers l’Asie et l’Afrique, ce qui pourrait entraîner des retards en cascade sur d’autres itinéraires. Les équipages, formés à ces scénarios, sont informés en priorité, et les passagers reçoivent des notifications en temps réel via l’application mobile et le site web de la compagnie.

KLM élargit le champ des restrictions

KLM, quant à elle, adopte une posture plus large en suspendant non seulement les vols directs mais aussi en interdisant le survol de plusieurs pays. La compagnie néerlandaise a communiqué à la chaîne israélienne N12 que ces suspensions concernaient Tel-Aviv, Dubaï, Dammam et Riyad, avec une durée indéterminée pour l’instant. Cette décision affecte directement les passagers en transit à Amsterdam-Schiphol, l’un des principaux hubs européens, où KLM opère en partenariat étroit avec Air France. Les annulations incluent les vols KL461 vers Tel-Aviv et KL427 vers Dubaï, prévus pour ce vendredi et samedi, avec des répercussions sur les correspondances internationales.

Selon des représentants de KLM interrogés par la télévision publique néerlandaise NOS, cette mesure est motivée par une évaluation des risques sécuritaires, incluant les menaces potentielles d’attaques aériennes ou de perturbations liées aux manifestations en Iran. KLM, qui transporte annuellement des millions de passagers vers le Moyen-Orient, met en avant sa responsabilité envers ses 32 000 employés et ses clients. La compagnie a déjà mis en place un centre de crise pour gérer les réacheminements, avec des partenariats activés auprès d’autres alliés de l’alliance SkyTeam pour minimiser les impacts.

Le contexte des tensions américano-iraniennes

Ces suspensions surviennent au moment où les États-Unis intensifient leur posture face à l’Iran. Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi que une « armada » navale était en route vers le Golfe, en réponse à la répression des manifestations en Iran. Ces protestations, qui ont éclaté début janvier 2026 suite à une crise économique aggravée par des sanctions internationales, ont conduit à des exécutions suspendues temporairement par Téhéran, mais les tensions persistent. Trump, qui avait menacé de frappes militaires, a semblé moduler son discours la semaine dernière, mais l’envoi du USS Abraham Lincoln et de ses escortes – incluant des destroyers et des croiseurs – ravive les spéculations sur une intervention possible.

Du côté iranien, les autorités ont réagi avec fermeté. Un haut responsable iranien a déclaré à l’agence Reuters que toute attaque serait traitée comme une « guerre totale contre nous », menaçant de riposter contre des bases américaines au Moyen-Orient et des intérêts israéliens. L’Iran, qui maintient un stock d’uranium enrichi à 60 % – proche du seuil nécessaire pour une arme nucléaire, selon des rapports du PBS – accentue les inquiétudes internationales. L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) a noté dans son rapport du 20 janvier 2026 que l’Iran a menacé d’attaquer des actifs stratégiques américains si les États-Unis intervenaient directement.

Ces échanges verbaux s’inscrivent dans une longue histoire de confrontations. Depuis l’assassinat du général Qassem Soleimani en 2020, les tensions n’ont cessé de fluctuer, avec des attaques par procuration impliquant des milices pro-iraniennes en Irak et en Syrie. En 2025, des frappes israéliennes sur des sites iraniens avaient déjà perturbé le trafic aérien, forçant des compagnies comme Lufthansa à rerouter leurs vols. Aujourd’hui, avec le renforcement naval américain, les analystes du Council on Foreign Relations estiment que le risque d’escalade est élevé, potentiellement impliquant Israël, qui reste en état d’alerte face aux menaces du Hezbollah au Liban et des Houthis au Yémen.

Impact sur les hubs du Golfe

Les suspensions touchent particulièrement les hubs du Golfe, comme Dubaï et Riyad, qui servent de plaques tournantes pour le commerce et le tourisme. Dubaï, avec son aéroport international accueillant plus de 90 millions de passagers par an, voit ses opérations perturbées par ces annulations européennes. Air France, qui opère habituellement deux vols quotidiens vers Dubaï, contribue à un trafic significatif, et son absence temporaire pourrait affecter les chaînes d’approvisionnement, notamment pour les biens de luxe et les technologies importés de France.

Riyad, capitale saoudienne, est également impactée par les mesures de KLM, qui suspend ses liaisons directes. L’Arabie saoudite, alliée des États-Unis, suit de près ces développements, avec des déclarations du ministère des Affaires étrangères appelant à la désescalade. Les Émirats arabes unis, pour leur part, ont renforcé leurs mesures de sécurité aérienne, en coordination avec l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Ces perturbations pourraient entraîner des pertes économiques estimées à plusieurs millions d’euros pour les compagnies et les aéroports concernés, sans compter les coûts pour les passagers en termes de reports et d’hébergements.

Aucune annonce concernant le Liban

Malgré l’extension des suspensions à plusieurs destinations moyen-orientales, ni Air France ni KLM n’ont pour l’instant annoncé de mesures spécifiques pour le Liban. Beyrouth, qui reste une liaison régulière pour Air France avec des vols directs depuis Paris, n’est pas mentionnée dans les communiqués officiels. Cela contraste avec d’autres compagnies, comme Qatar Airways, qui a suspendu temporairement ses vols vers l’Irak, l’Iran et le Liban en raison de la situation régionale. Emirates a également prolongé ses suspensions vers Amman, Beyrouth, l’Iran, l’Irak et Israël jusqu’à fin juin 2025, mais ces mesures datent d’événements antérieurs et n’ont pas été renouvelées publiquement en janvier 2026 pour Air France-KLM.

Le Liban, déjà fragilisé par des crises internes et les tensions frontalières avec Israël, maintient pour l’heure ses connexions aériennes européennes. Air France opère typiquement trois vols hebdomadaires vers Beyrouth, et l’absence d’annulation pourrait refléter une évaluation des risques plus modérée pour cette route, qui évite les espaces aériens les plus contestés. Cependant, des sources au sein de l’aviation libanaise indiquent que des surveillances accrues sont en place, avec des recommandations de l’ONU pour une vigilance renforcée dans la région. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a déclaré lors d’une conférence de presse le 22 janvier 2026 que « toute escalade au Liban pourrait avoir des conséquences catastrophiques », appelant à la retenue des parties impliquées.

Les risques d’un conflit élargi

Les risques d’un conflit élargi entre l’Iran, Israël et les États-Unis dominent les analyses actuelles. Selon le rapport de l’ACLED daté du 12 janvier 2026, les hostilités létales au Moyen-Orient continuent de diminuer dans certains secteurs, comme Gaza, mais l’Iran fait face à des protestations internes amplifiées par des contraintes économiques. Le régime iranien, sous pression, pourrait opter pour des actions asymétriques via ses proxies, augmentant les menaces sur les routes aériennes civiles.

Israël, pour sa part, consolide son contrôle sur des zones frontalières, avec des alertes élevées face à d’éventuelles frappes iraniennes. Le Foreign Policy note dans son analyse du 23 janvier 2026 que la détente Israël-Iran ne durera pas, compte tenu du programme nucléaire iranien et des missiles balistiques. Le Stimson Center prévoit pour 2026 davantage de violences sporadiques de l’Iran au Yémen et au Liban, potentiellement impliquant des attaques sur des infrastructures critiques.

Les implications immédiates incluent une possible fermeture d’espaces aériens supplémentaires. Des données de suivi des vols, comme celles rapportées par Airlive le 23 janvier 2026, montrent des retards massifs à Dubaï, avec plus de 300 vols affectés en 24 heures. Le Soufan Center avertit que Trump pourrait encore décider de frapper l’Iran, déclenchant des représailles contre des bases américaines et israéliennes. Dans ce scénario, les compagnies aériennes comme Air France et KLM pourraient étendre leurs suspensions, impactant davantage l’économie mondiale.

Les dynamiques régionales persistent avec des influences confessionnelles au Liban, où les communautés sunnites et chiites surveillent closely les mouvements iraniens. Des rapports de l’ISW du 11 janvier 2026 soulignent que la guerre Israël-Iran est perçue comme ongoing par Téhéran, avec des violations isolées en Syrie risquant d’entraîner une escalade. Le Global Guardian’s Risk Barometer du 14 janvier 2026 met en garde contre une collision inévitable due au programme balistique iranien, tandis que des officiels iraniens préparent leur population à une potentielle confrontation, comme rapporté par Iran International le 23 janvier 2026.

Ces développements immédiats, incluant l’arrivée imminente de la flotte américaine, maintiennent la région en état d’alerte maximale, avec des ajustements continus dans le secteur aérien pour anticiper tout incident. Des consultations entre gouvernements européens et l’OACI se poursuivent pour évaluer les survols, tandis que les passagers sont invités à vérifier leurs itinéraires en temps réel.

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Newsdesk Libnanews
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