Depuis le cessez-le-feu instauré entre Israël et le Hezbollah le 27 novembre dernier, les forces armées libanaises ont considérablement renforcé leur présence dans le sud du pays, près de la frontière israélienne. Cette initiative vise à consolider le contrôle du territoire conformément à la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, mais des tensions et défis majeurs persistent.
Déploiement accru des forces libanaises au sud
Lors d’un briefing vidéo au Conseil de sécurité, Jean-Pierre Lacroix, chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, a souligné l’augmentation significative du nombre de positions occupées par les forces armées libanaises au sud du pays. En seulement deux mois, le nombre de positions est passé de 10 à 93, démontrant une volonté claire de l’armée de reprendre le contrôle de cette région stratégique. Dans le cadre du plan gouvernemental visant à déployer 6 000 soldats supplémentaires au sud, les avancées logistiques sont notables. À ce jour, 262 nouvelles recrues ont rejoint les rangs, tandis que 673 autres suivent une formation et 600 supplémentaires sont en phase de pré-sélection. Ce renforcement est crucial pour stabiliser une région marquée par des tensions persistantes.
Retrait israélien attendu et violations dénoncées
Le cessez-le-feu négocié entre Israël et le Hezbollah stipule une période de 60 jours pour permettre le retrait des forces israéliennes du sud du Liban. Or, à dix jours de l’échéance, Lacroix a rapporté des démolitions continues de tunnels, de bâtiments et de terres agricoles par Israël. Des frappes aériennes sporadiques et des violations de l’espace aérien libanais ont également été signalées. Israël justifie ces actions en invoquant la nécessité de neutraliser les infrastructures et les actifs du Hezbollah, mais ces interventions sont en violation de la résolution du Conseil de sécurité ayant mis fin à la guerre de 2006. Ces développements ravivent les tensions, compliquant l’achèvement du processus de désengagement.
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Soutien international et défis économiques au Liban
Face aux défis liés à la mise en œuvre du cessez-le-feu, le Liban bénéficie d’un soutien international croissant. Les États-Unis ont annoncé une aide de 117 millions de dollars destinée aux forces armées et aux forces de sécurité intérieure libanaises. Cette aide vise à renforcer la souveraineté libanaise et à consolider la cessation des hostilités. Le Département d’État américain a également organisé une réunion virtuelle avec des partenaires internationaux pour coordonner l’assistance sécuritaire nécessaire. Ces mesures interviennent dans un contexte où le Liban, en proie à une crise économique depuis 2019, peine à financer ses institutions publiques, y compris son armée. De leur côté, d’autres pays se mobilisent. La France a annoncé qu’elle accueillerait bientôt une conférence d’aide pour reconstruire le Liban, tandis que l’Espagne a débloqué une enveloppe de 10 millions d’euros pour soutenir l’armée libanaise.
Le rôle crucial des Nations unies
La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) joue un rôle central dans la mise en œuvre du cessez-le-feu. En coopération avec l’armée libanaise, la FINUL est chargée de maintenir la paix dans la région et de surveiller le retrait des forces israéliennes. Cependant, le chef de l’ONU, António Guterres, a rappelé la nécessité pour Israël de respecter pleinement ses engagements et de retirer ses troupes sans délai. En parallèle, le Hezbollah est également tenu de démanteler ses infrastructures militaires restantes dans le sud et de repositionner ses forces au nord du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière israélienne. Ces étapes sont essentielles pour garantir une transition pacifique et éviter une reprise des hostilités.
Reconstruction et avenir du Liban
Outre les défis sécuritaires, le Liban est confronté à l’immense tâche de reconstruire les infrastructures détruites lors du conflit. Ce processus est entravé par la crise économique persistante et les besoins financiers considérables du pays. L’intervention de partenaires internationaux, comme l’initiative française pour une conférence d’aide, sera cruciale pour redonner un semblant de stabilité au pays. En dépit de ces efforts, des tensions subsistent. Les différends concernant la souveraineté, les incursions aériennes israéliennes et les activités résiduelles du Hezbollah compliquent la situation. La coopération internationale, combinée à une gouvernance efficace, sera déterminante pour restaurer la paix et la stabilité durable dans la région.


