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Bassil veut maintenir tous les Libanais sur leur terre et plaide pour une paix juste

Une guerre sans échéance claire

Le chef du Courant patriotique libre, le député Gebran Bassil, a affirmé qu’il était impossible de prévoir la durée de la guerre. Il a estimé que la politique du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est fondée sur la poursuite du conflit, en particulier à l’approche des élections prévues en octobre. Selon lui, le chef du gouvernement israélien ne peut pas interrompre une dynamique qui prolonge son maintien à la tête de l’exécutif.

Gebran Bassil a ajouté que Benjamin Netanyahu cherche à se présenter comme David Ben Gourion et pense pouvoir imposer la paix par la force. Il a toutefois affirmé que la paix ne peut exister qu’à travers les droits et le maintien sur la terre.

Le sud du Litani et les intentions israéliennes

Au cours de l’entretien, Gebran Bassil a déclaré que chaque fois qu’une forme de résistance apparaît au Liban, Israël répond par une plus grande férocité. Il a jugé préoccupante l’idée de séparer la zone située au sud du Litani du reste du Liban.

Il a également affirmé qu’Israël sait que les roquettes tirées le sont à une distance de 160 kilomètres, et que, dans ces conditions, une ceinture de sécurité ne constitue pas une protection suffisante. Il a encore soutenu qu’Israël n’a jamais caché sa convoitise pour le territoire libanais et que le projet du Grand Israël n’est pas dissimulé.

Tous les Libanais doivent rester sur leur terre

Gebran Bassil a dénoncé un nettoyage ethnique qu’il a qualifié de très dangereux. Il a affirmé vouloir que tous les Libanais restent sur leur terre, qu’ils soient chrétiens ou non chrétiens.

Il a insisté sur le fait qu’aucune distinction ne peut être établie au sein du peuple libanais et a déclaré que tous doivent pouvoir demeurer sur leur terre.

Neutraliser le Liban des conflits d’axes

Interrogé sur un éventuel lien entre les négociations iraniennes avec les Etats-Unis et Israël, d’une part, et le dossier libanais, d’autre part, Gebran Bassil a affirmé vouloir tenir le Liban à l’écart des conflits d’axes.

Il a déclaré que tout rattachement du Liban à la guerre des autres fait payer le prix aux Libanais. Il a ajouté que personne ne peut garantir l’issue d’une guerre au point d’y lier l’avenir du Liban. Selon lui, la guerre de soutien à Gaza n’a pas défendu le Liban lorsqu’il a été attaqué.

Le lien avec l’Iran jugé incertain

Gebran Bassil a estimé que le fait de lier les deux dossiers pouvait être perçu comme positif pour le Hezbollah et son environnement. Il s’est toutefois interrogé sur ce qui se passerait si la guerre ne se terminait pas comme ils le souhaitent.

Il a ajouté que si la puissance iranienne se traduisait par la capacité d’imposer à Israël l’arrêt de la guerre contre le Liban et le retrait des territoires libanais, cela serait positif. Mais il a aussitôt souligné que tout le monde sait qu’Israël ne veut pas arrêter la guerre, y compris contre l’Iran, et que, si cela devait se produire, ce serait sous pression et volonté américaines. Il a posé la question de savoir si l’Iran est réellement en mesure d’imposer une telle issue à Israël pour y rattacher le dossier libanais.

Pas de victoire totale, mais une capacité de résistance

Le chef du Courant patriotique libre a déclaré qu’il n’existe aucune possibilité de victoire de l’Iran contre les Etats-Unis, ni de victoire du Hezbollah contre Israël. Il a toutefois estimé qu’il existe une possibilité de tenir.

Il a affirmé que, si le Hezbollah utilise cette capacité de résistance pour libérer la terre et s’inscrire dans le cadre de l’Etat, cela peut être positif. En revanche, si le parti utilise sa force pour agir à sa guise et au détriment de l’Etat, cela ne serait pas positif.

Le Hezbollah accusé d’avoir entraîné le pays dans la guerre

Gebran Bassil a déclaré que le Hezbollah n’a pas glissé dans la guerre, mais qu’il a entraîné tout le pays dans la guerre. Il a ajouté que, depuis la guerre de soutien à Gaza, le recul a commencé.

Il a estimé que la victoire est relative, en raison des effets économiques sur le pays, de l’émigration des Libanais et d’autres conséquences. Il a insisté sur le fait que le Liban n’a pas la capacité de mener sur son territoire les guerres des autres.

Une responsabilité répartie entre l’agresseur, le Hezbollah et le pouvoir

Gebran Bassil a considéré que la responsabilité est graduelle. Il l’a d’abord attribuée à l’agresseur, puis au Hezbollah, avant de mettre en cause l’autorité politique.

Selon lui, cette autorité a prouvé son incapacité à gérer le dossier. Il a estimé qu’elle a perdu sa crédibilité à l’intérieur comme à l’extérieur et qu’elle a présenté des promesses illusoires. Il a toutefois affirmé marcher derrière la légitimité et soutenir l’orientation visant à réserver les armes à l’Etat, tout en précisant que cela devrait s’inscrire dans un plan global du gouvernement, ce qui, selon lui, n’a pas été fait.

Un gouvernement accusé de promesses irréalistes

Gebran Bassil a déclaré que beaucoup savent que les promesses faites à l’étranger ne sont pas applicables, mais qu’elles ont malgré tout été avancées afin de dégager leurs auteurs de leurs responsabilités vis-à-vis de l’extérieur.

Il a ajouté que l’armée est aujourd’hui laissée seule, sans décision, et que le gouvernement a élevé le niveau de ses décisions parce qu’il a promis et pris des engagements supérieurs à ses capacités.

Le Hezbollah militaire contesté, le Hezbollah politique reconnu

Le député a affirmé que le Hezbollah doit comprendre que sa situation militaire est terminée. Il a toutefois jugé erroné de croire qu’il est possible d’effacer le Hezbollah politique.

Réagissant à des propos attribués à Mahmoud Qomati, vice-président du Conseil politique du Hezbollah, Gebran Bassil a déclaré que ce dernier se condamne lui-même puisqu’il participe au gouvernement et lui a accordé sa confiance. Il a affirmé qu’aucune menace contre les Libanais, en particulier de la part de quelqu’un qui porte les armes, n’est acceptable.

Refus de toute guerre civile et de toute incitation

Gebran Bassil a rejeté toute menace de guerre civile ou d’acte de représailles contre des personnes en raison de leurs opinions politiques. Dans le même temps, il a affirmé que l’incitation contre l’environnement du Hezbollah n’est pas acceptable.

Il a ajouté que la plus grande capacité de résistance du Liban réside dans la manière dont les Libanais se traitent entre eux pendant les périodes de crise. Evoquant une formule souvent répétée par l’ancien président Michel Aoun, il a rappelé qu’il vaut mieux cent jours de combat contre l’extérieur qu’un seul jour de combat à l’intérieur.

Renforcer l’armée et rompre avec les agendas extérieurs

Le chef du Courant patriotique libre a insisté sur la nécessité d’armer l’armée et de la renforcer pour empêcher un tel scénario. Il a appelé tous les acteurs à rompre leurs liens avec l’étranger et à ne pas avoir d’agendas extérieurs.

Selon lui, la solution doit relever d’un agenda libanais. Il a également regretté ce qu’il a qualifié d’alignement américain sur les politiques israéliennes.

L’armée ne peut pas agir sans ordre clair

Gebran Bassil s’est interrogé sur l’idée d’attaquer l’armée libanaise, en demandant si elle avait reçu les capacités nécessaires. Il a affirmé avoir mis au défi ceux qui appellent à l’action de donner à l’armée un ordre clair et non ambigu, en rappelant que l’armée ne travaille pas avec des slogans.

Il a aussi demandé si les Forces libanaises et les Kataeb ignorent que l’armée ne peut pas désarmer le Hezbollah. Il a dit être dérangé lorsqu’un responsable du Hezbollah menace de guerre intérieure, mais il a aussi dénoncé ceux qui, selon lui, cachent la vérité, appellent les Syriens à entrer au Liban ou souhaitent qu’Israël poursuive son action.

L’interdiction de l’affrontement intérieur

Gebran Bassil a déclaré que le Liban se trouve dans une situation dangereuse et que ce n’est pas le moment des polémiques intérieures.

Il a insisté sur le fait qu’il faut dire collectivement que les affrontements internes sont interdits.

Une négociation avec Israël seulement avec contrepartie

Interrogé sur une éventuelle approbation d’une négociation directe avec Israël, Gebran Bassil a déclaré comprendre la crainte du président de la République Joseph Aoun et sa volonté d’écarter totalement le spectre de la guerre.

Il a toutefois estimé que la question des négociations est d’ordre formel et qu’il vaut mieux ne pas avancer ainsi sans contrepartie, d’autant que le Liban a déjà négocié sept fois avec Israël par le passé. Il a averti contre une négociation dont la seule fonction serait de consacrer l’occupation.

Une paix juste, réelle et durable

Gebran Bassil a affirmé soutenir des négociations qui conduisent à l’établissement d’une paix réelle, juste et durable, restituant au Liban ses droits sur la terre, l’eau et le gaz, ainsi que le retour des réfugiés palestiniens et des déplacés syriens.

Il a déclaré être favorable à une solution complète, mais a rejeté toute négociation qui reviendrait à consacrer l’occupation.

La priorité, selon lui, reste l’arrêt de la guerre

Le chef du Courant patriotique libre a estimé que le Liban est en état de guerre et que la priorité, aujourd’hui, est d’y mettre fin.

Il a jugé que la responsabilité du pouvoir politique consiste à élaborer un plan global pour défendre le Liban et récupérer ses droits. Il a ajouté qu’il ne voulait pas présenter de concessions supplémentaires et qu’il voulait davantage qu’une solution provisoire.

Un document en sept points pour une paix durable

Gebran Bassil a indiqué que son camp avait présenté un document en sept points pour une paix juste et durable.

Il a également estimé qu’il n’est pas possible, dans les faits, de revenir à la situation de 2023, mais qu’une perspective pourrait s’ouvrir si les Libanais s’accordaient sur une paix et sur une équation de défense du Liban impliquant de grandes puissances, comme les Etats-Unis, pour protéger le pays.

Nabih Berri et le principe de la négociation

A propos de la position du président de la Chambre, Nabih Berri, sur les négociations, Gebran Bassil a déclaré que ce dernier dispose d’une expérience sur ce sujet.

Il a précisé qu’en pratique, Nabih Berri n’a pas rejeté le principe de la négociation, mais l’a lié au cessez-le-feu et au retour des déplacés. Il a ajouté que, sans négociation permettant ce retour et garantissant l’absence de reprise des frappes, une telle démarche serait impossible.

Inquiétudes sur la frontière syro-libanaise

Concernant les rassemblements syriens à la frontière avec le Liban, Gebran Bassil a affirmé nourrir des inquiétudes au sujet de la frontière syrienne.

Il a estimé que des forces et des Etats encouragent le président syrien Ahmad al-Chareh à contribuer à la question du désarmement du Hezbollah. Il a expliqué que le différend oppose deux projets, l’un centré sur la division des Etats, l’autre sur le maintien des Etats de la région tels qu’ils sont. Selon lui, c’est là que se situe le problème entre les Etats-Unis et Israël, ainsi qu’entre Israël et les pays du Golfe.

Ahmad al-Chareh jugé rassurant

A propos du président syrien, Gebran Bassil a estimé qu’entre la capacité et la volonté, il est clair qu’il a opéré une grande transformation.

Il a ajouté que le discours qu’il adopte est rassurant et que le problème réside dans les pressions intérieures et extérieures exercées sur lui. Il a jugé positif son attachement à l’unité de la Syrie, en estimant que cela suppose qu’il soit conscient que, s’il entre au Liban, il portera atteinte à l’unité du Liban et que cela se répercutera sur la Syrie.

Trois dangers mis en avant

Gebran Bassil a affirmé qu’il existe trois dangers qui menacent le Liban et que ceux qui pensent pouvoir en finir avec le Hezbollah à travers eux se trompent, car ces menaces renforcent en réalité son rôle.

Il a précisé que le premier danger est l’occupation israélienne étendue du Liban, le deuxième les affrontements internes qui conduisent au chaos, et le troisième l’entrée syrienne, qui donnerait une légitimité au Hezbollah, à l’armée ou à d’autres forces pour se défendre. Il a ajouté que les propos rassurants entendus du président syrien sont positifs et il a exprimé le souhait qu’ils se poursuivent.

Les pays du Golfe et le risque de discorde régionale

Sur le dossier syrien, Gebran Bassil a déclaré avoir eu des contacts avec des amis dans les pays du Golfe. Il a affirmé avoir senti chez eux un souci de voir la relation entre le Liban et la Syrie être encadrée.

Il a évoqué un reproche lié à ce qui s’est passé au Liban et a estimé que le devoir du Liban est, au moins par la parole, d’exprimer sa solidarité et de s’assurer qu’aucun préjudice ne soit causé depuis le Liban aux pays du Golfe, qu’il a présentés comme des Etats apportant du bien au Liban.

Rejet de toute atteinte contre les Emirats

Gebran Bassil a également mis en garde contre un projet de discorde sunnite-chiite, en précisant que ce n’est pas nouveau. Il a estimé qu’il existait pour l’Iran la possibilité d’exercer une pression sans agresser les pays du Golfe.

Il a ajouté que lorsqu’un missile tombe sur les pays du Golfe, cela nuit aux Libanais, et que la pression iranienne par d’autres moyens serait plus utile qu’une agression contre les Etats arabes. Il a affirmé que sa responsabilité, en tant que Libanais, est de se montrer solidaire des pays arabes.

Il a en outre déclaré que toute atteinte contre les Emirats est totalement rejetée.

Une dimension économique et stratégique du conflit

Gebran Bassil a affirmé qu’il existe une dimension liée au conflit autour des routes de la Ceinture et la Route et du corridor Inde-Fujairah.

Il a appelé à observer qui a frappé Fujairah, en estimant que le conflit fondamental porte sur le contrôle des sources de pétrole dont profite la Chine. Il a également déclaré qu’il existe un agenda américain dans la région et qu’une dimension économique sous-tend la guerre au Moyen-Orient, au-delà de l’Iran et jusqu’à la Chine. Selon lui, celui qui contrôle les passages contrôle l’économie mondiale.

Une diplomatie libanaise appelée à agir

Enfin, Gebran Bassil a interrogé le rôle de la diplomatie libanaise, demandant où se trouve le mouvement diplomatique et ce que fait le ministère des Affaires étrangères dans une seule direction.

Il a rappelé avoir lui-même déposé une plainte contre Israël devant la Cour pénale internationale lorsqu’il était ministre des Affaires étrangères, en ajoutant que le chef du gouvernement libanais est un juge international. Il a estimé qu’il est inconcevable que le Liban ne fasse rien et ne voie qu’un seul visage de la guerre.

Une plainte au Conseil de sécurité évoquée

Gebran Bassil a ajouté que, quelle que soit sa colère contre le Hezbollah, il existe une armée étrangère qui agresse le Liban et qu’au minimum, il faut défendre le pays.

Il a conclu en demandant si ce que fait Israël ne justifie pas une plainte devant le Conseil de sécurité ou une demande de réunion du Conseil de sécurité.

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