Le gouvernement allemand a affirmé lundi que l’Otan n’avait « rien à voir » avec la guerre en cours au Moyen-Orient après les frappes américano-israéliennes contre l’Iran. Berlin souligne que l’Alliance atlantique reste une organisation de défense territoriale et qu’aucun déploiement de forces de l’Otan n’est envisagé dans le contexte actuel. Cette prise de position intervient quelques heures après les pressions de Donald Trump pour obtenir l’aide des alliés dans le détroit d’Ormuz.
Berlin fixe une ligne : ce n’est « pas une guerre de l’Otan »
Lors d’un point presse régulier, le porte-parole du chancelier Friedrich Merz, Stefan Cornelius, a déclaré que l’Alliance atlantique n’avait pas vocation à intervenir dans le conflit actuel au Moyen-Orient. Selon lui, l’Otan est une « alliance de défense territoriale » et il n’existe, à ce stade, « aucun mandat » pour un déploiement de forces de l’Alliance dans la guerre déclenchée après les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran.
Cette position reprend, dans les faits, la ligne déjà défendue ces derniers jours par le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. Le 3 mars, celui-ci avait déclaré que l’Alliance « ne rejoindrait pas » la campagne américano-israélienne contre l’Iran, tout en rappelant que l’Otan continuerait à défendre ses membres. Deux jours plus tard, il a aussi indiqué qu’aucune discussion n’était engagée sur l’activation de l’article 5 après l’interception d’un missile visant la Turquie.
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Une réponse directe aux pressions de Donald Trump
La déclaration allemande survient après de nouvelles pressions de Donald Trump sur les alliés de Washington. Selon des informations publiées lundi, le président américain a averti que l’Otan pourrait connaître un « très mauvais avenir » si ses alliés ne participaient pas à l’effort destiné à rouvrir le détroit d’Ormuz. Il a aussi demandé à plusieurs pays, parmi lesquels le Royaume-Uni, la France, le Japon, la Corée du Sud, l’Australie et la Chine, de contribuer à la sécurisation de cette voie maritime stratégique.
Berlin s’était déjà montré réservé sur toute extension d’un dispositif militaire européen vers Ormuz. Le ministre allemand des affaires étrangères, Johann Wadephul, a mis en doute l’intérêt d’un élargissement de la mission navale européenne Aspides, actuellement déployée en mer Rouge, au détroit d’Ormuz. Il avait aussi déclaré le 12 mars que la question d’Ormuz devait être réglée « par la diplomatie ».
L’Otan reste sur une logique de défense des alliés
L’Alliance atlantique continue toutefois de surveiller les effets régionaux de la guerre. Le 5 mars, le Conseil de l’Atlantique nord s’est réuni après les attaques iraniennes dans la région, et les alliés ont exprimé leur solidarité avec la Turquie après l’interception d’un missile dirigé vers son territoire. L’Otan a parallèlement relevé son niveau de vigilance en matière de défense antimissile balistique.
Mais ces mesures relèvent de la protection des alliés et non d’une participation à la guerre contre l’Iran. C’est précisément la distinction mise en avant à Berlin : l’Otan peut renforcer sa posture défensive sur le territoire de ses membres sans se transformer en cadre d’intervention pour le conflit en cours au Moyen-Orient.
Une position allemande cohérente avec les réticences alliées
La position allemande s’inscrit dans un mouvement plus large de prudence parmi les alliés des États-Unis. Le Japon a indiqué ne pas prévoir de mission d’escorte à Ormuz, l’Australie a exclu l’envoi de navires à ce stade, et l’Union européenne continue de discuter de ses options sans annoncer d’opération nouvelle dans le Golfe.
À ce stade, la ligne formulée par Berlin est donc double : pas d’implication de l’Otan dans la guerre au Moyen-Orient, et pas de glissement automatique de l’Alliance vers une mission liée au conflit autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz.



