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Beyrouth rebaptise une avenue en hommage à Ziad Rahbani

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Une décision symbolique du gouvernement libanais
Le 5 août 2025, le gouvernement libanais a officialisé le changement de nom de l’avenue Hafez el-Assad, artère majeure reliant l’aéroport international Rafic Hariri à l’intersection de Cola à Beyrouth, désormais appelée avenue Ziad Rahbani. Cette annonce, intervenue dix jours après le décès de l’artiste le 26 juillet 2025, honore la mémoire de Ziad Rahbani, figure incontournable de la culture libanaise, tout en marquant une rupture avec l’héritage de l’ancien président syrien Hafez el-Assad. La décision, portée par le Premier ministre Nawaf Salam et le président Joseph Aoun, reflète une volonté de valoriser l’identité culturelle nationale dans un contexte de défis politiques et sociaux.

Un parcours artistique exceptionnel
Ziad Rahbani, décédé à 69 ans d’une crise cardiaque la semaine dernière, était le fils de la chanteuse Fairouz et du compositeur Assi Rahbani, cofondateur des Frères Rahbani. Dès l’âge de 17 ans, il s’illustre avec la composition de Sa’alouni el-Nas, interprétée par sa mère, devenant un classique de la musique arabe. Musicien, dramaturge et pianiste, Rahbani innove en fusionnant jazz, funk et sonorités orientales, créant un style unique qualifié de jazz oriental. Ses albums, tels que Bil Afrah ou Houdou Nisbi, ont marqué la scène musicale par leur audace et leur richesse émotionnelle.

Un théâtre engagé et satirique
Parallèlement à sa carrière musicale, Ziad Rahbani s’impose comme un dramaturge visionnaire. Ses pièces, notamment Nazl el-Sourour (1974), Bennesbeh la Boukra Chou ? (1978) et Shi Feshil (1983), abordent avec un humour incisif les fractures de la société libanaise, en particulier durant la guerre civile (1975-1990). Critiquant le confessionnalisme et les inégalités, ses œuvres théâtrales captent les aspirations et désillusions d’une jeunesse confrontée à un pays en crise, tout en offrant une réflexion universelle sur la condition humaine.

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Une cérémonie funéraire marquée par l’émotion
Le décès de Ziad Rahbani a profondément ému le Liban et le monde arabe. Ses funérailles, organisées le 28 juillet 2025 à Beyrouth, ont rassemblé des milliers de personnes, dont des responsables politiques, des artistes et des citoyens. La présence de Fairouz, figure discrète, a ajouté une dimension poignante à l’événement. À titre posthume, Rahbani a reçu la médaille de l’Ordre du Cèdre au rang de Commandeur, une distinction décernée par le président Aoun pour saluer son engagement en faveur de la justice et de la dignité.

Un geste politique et culturel
Le renommage de l’avenue Hafez el-Assad, qui portait le nom de l’ancien président syrien (1971-2000), figure associée à l’influence syrienne au Liban, constitue un acte symbolique fort. Lors de l’annonce, le Premier ministre Salam a souligné que Ziad Rahbani incarnait « une voix libre, fidèle aux idéaux du peuple libanais ». Ce choix s’inscrit dans une démarche de réappropriation de l’espace public, visant à célébrer les figures culturelles nationales tout en tournant la page d’un passé marqué par des tensions régionales.

Réactions et portée de l’initiative
L’annonce a suscité des réactions majoritairement positives, notamment sur les réseaux sociaux, où de nombreux Libanais ont salué un hommage mérité à un artiste ayant transcendé les clivages. Des extraits de ses chansons et pièces ont été largement partagés, rappelant son rôle de porte-voix des marginalisés. Certains analystes y voient une étape vers une réconciliation avec l’histoire nationale, en remplaçant un symbole d’influence étrangère par celui d’un créateur ancré dans l’identité libanaise.

Un héritage pérennisé dans l’espace public
L’avenue Ziad Rahbani, située au cœur de Beyrouth, devient un lieu de mémoire dédié à un artiste dont l’œuvre a accompagné des générations. Dans un Liban confronté à des crises multiples, ce geste symbolique rappelle le rôle de la culture comme vecteur d’unité et de résilience. Le nom de Ziad Rahbani, désormais gravé dans l’urbanisme de la capitale, continuera d’inspirer les Libanais et de perpétuer l’héritage d’un homme qui, par son art, a su donner une voix aux espoirs et aux combats de son peuple.

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Newsdesk Libnanews
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