jeudi, janvier 22, 2026

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CHRONIQUE: Quand la Maison-Blanche joue à « Qui veut gagner des fuites ? »

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Imaginez la scène : une salle sombre, des murs capitonnés, des écrans géants affichant des cartes top secrètes, des généraux bardés de médailles qui murmurent des stratégies dans des micros cryptés. Maintenant, effacez tout ça et remplacez-le par une conversation de groupe sur Signal, cette appli que votre cousin parano utilise pour organiser son barbecue sans que la NSA ne s’invite. Voilà où l’administration Trump, dans un élan de modernité hilarante, a décidé de planifier ses frappes au Yémen. Et devinez quoi ? Ils ont accidentellement ajouté Jeffrey Goldberg, rédacteur en chef de The Atlantic, à leur petite sauterie numérique. Oui, vous avez bien lu : un journaliste, un type dont le métier est de tout raconter, s’est retrouvé avec les plans de guerre sur son téléphone, entre une pub pour des baskets et une photo de son chat.

Bienvenue dans le dernier scandale made in USA, où la sécurité nationale se joue sur une appli grand public et où les « grands stratèges » de la Maison-Blanche confondent un groupe de discussion sensible avec une chaîne WhatsApp pour organiser un pot de départ. C’est tellement absurde qu’on pourrait croire à une blague – mais non, c’est bien Signal, l’appli préférée des lanceurs d’alerte et des hipsters qui veulent « vivre hors réseau ». Alors, asseyez-vous, prenez un popcorn, et plongeons dans cette comédie d’erreurs qui fait passer les Keystone Cops pour des génies de l’espionnage.

Acte 1 : Quand la Maison-Blanche découvre la technologie (et rate le coche)

Tout commence le 11 mars 2025, quand Mike Waltz, conseiller à la sécurité nationale et apparemment grand fan des nouvelles technologies, décide de lancer un groupe Signal intitulé quelque chose comme « Houthi PC small group » – un nom qui sonne plus comme un club de fans de jeux vidéo rétro que comme une cellule de crise militaire. L’idée ? Réunir dix-huit pontes de l’administration Trump – J.D. Vance, Marco Rubio, Pete Hegseth, John Ratcliffe, et probablement quelques autres qui ont oublié de couper leur micro – pour discuter des frappes contre les Houthis au Yémen. Jusque-là, pourquoi pas ? Les Houthis, soutenus par l’Iran, sèment le chaos en mer Rouge, et Trump a promis « l’enfer » à ces « terroristes ». Une petite réunion stratégique, ça se tient.

Mais voilà, dans un élan de génie digne d’un stagiaire qui découvre Excel, quelqu’un – probablement Waltz – ajoute par erreur le numéro de Jeffrey Goldberg au groupe. Pas un agent secret, pas un général, pas même un stagiaire du Pentagone, non : un journaliste. Et pas n’importe lequel, le rédac’ chef de The Atlantic, un magazine que Trump adore détester au point d’en faire une obsession personnelle. Goldberg, qui devait sans doute s’attendre à un message du genre « On se fait un brunch dimanche ? », se retrouve bombardé de détails ultra-confidentiels : cibles, armes, horaires des frappes. Le 15 mars, deux heures avant que les bombes ne pleuvent sur le Yémen, il reçoit un message de Pete Hegseth, secrétaire à la Défense, avec le plan complet. On imagine sa tête : « Attends, c’est une blague, ou je viens de gagner au loto des scoops ? »

Acte 2 : Signal, l’appli où la sécurité nationale fait « plouf »

Maintenant, parlons de Signal. Cette appli, vantée pour son cryptage de bout en bout, est parfaite pour envoyer des memes à vos potes sans que la CIA ne rigole avec vous. Mais pour planifier une guerre ? Sérieusement ? On est en 2025, pas dans un remake de Hackers avec Angelina Jolie. Les responsables de l’administration Trump auraient pu opter pour un bunker, une ligne sécurisée, ou au moins un Zoom avec un mot de passe compliqué. Mais non, ils ont choisi Signal, parce que, visiblement, la confidentialité pour eux, c’est comme demander à un ado de ranger sa chambre : une vague suggestion qu’on ignore joyeusement.

Et le pire, c’est que cette bourde arrive au moment où Hegseth, ancien présentateur de Fox News reconverti en chef militaire (parce que pourquoi pas ?), venait de lancer une chasse aux fuites au Pentagone. Il parlait même d’utiliser des détecteurs de mensonges pour débusquer les taupes. Ironie délicieuse : pendant qu’il jouait au shérif, son propre groupe de discussion fuyait comme une passoire. « Personne n’a envoyé de plans de guerre », a-t-il balbutié face à la presse, avant d’attaquer Goldberg en le traitant de « journaliste discrédité ». Pete, mon vieux, si tu voulais discréditer quelqu’un, il fallait peut-être commencer par vérifier ta liste de contacts.

La Maison-Blanche, elle, a confirmé l’authenticité des messages avec une nonchalance désarmante. Brian Hughes, porte-parole du Conseil de sécurité nationale, a lâché un « Oups, on enquête sur comment un numéro a été ajouté par erreur » qui sonne comme un aveu d’amateurisme. Une enquête ? Vraiment ? On parie qu’ils vont juste demander à un stagiaire de vérifier les numéros dans un tableur mal rempli. Pendant ce temps, Goldberg, qui n’en revient pas de sa chance, assure avoir quitté le groupe après les frappes – gentleman jusqu’au bout, il n’a pas publié les détails les plus croustillants, invoquant la sécurité nationale. Respect, Jeffrey, mais on sait tous que t’as dû te retenir de crier « SCOOP ! » dans ton bureau.

Acte 3 : Les Européens, ces « parasites », et autres perles du chat

Et que dire du contenu de cette discussion ? Parce que oui, au-delà de la bourde logistique, le fond est tout aussi savoureux. Dans ce groupe Signal, les cerveaux de l’administration Trump n’ont pas seulement planifié des frappes ; ils ont aussi lâché leurs pensées profondes sur le monde. J.D. Vance, vice-président et philosophe à ses heures perdues, a estimé que sécuriser la mer Rouge était une « erreur » parce que ça profiterait surtout aux Européens. « Je déteste venir encore au secours des Européens », aurait-il écrit, pendant que Hegseth renchérissait : « Je partage ton mépris pour leur dépendance. C’est lamentable. » Les Européens, des parasites ingrats ? On sent l’amour transatlantique à des kilomètres.

On imagine Macron et Scholz lisant ça, un croissant et une bière à la main, en se demandant s’ils doivent envoyer une facture à Washington ou juste rigoler devant tant de candeur. Pendant ce temps, les frappes ont eu lieu le 15 mars, tuant 53 personnes selon les Houthis (dont 5 enfants, précision macabre), et Trump a claironné son triomphe contre les « terroristes ». Mais derrière les fanfaronnades, ce leak révèle une administration qui fonctionne comme une sitcom : beaucoup de bruit, peu de cohérence, et une tendance à se tirer dans le pied avec une précision comique.

Reprenons là où on s’était arrêtés : Vance et Hegseth, en plein brainstorming géopolitique sur Signal, se lâchent sur les Européens, ces « parasites » qui osent profiter des efforts américains pour sécuriser la mer Rouge. On imagine la scène : Vance, tapant furieusement sur son téléphone entre deux gorgées de café, décidé à faire de cette guerre une affaire purement « America First ». « Pourquoi on se fatigue pour ces ingrats ? », écrit-il, pendant que Hegseth, probablement en train de polir une arme pour sa prochaine photo Instagram, approuve avec un « Lamentable ». C’est presque poétique, cette solidarité dans le mépris.

Pendant ce temps, le Yémen, lui, n’a pas vraiment voix au chapitre dans ce groupe de discussion. Les Houthis, ces rebelles soutenus par l’Iran, ont eu la mauvaise idée de s’attaquer aux navires en mer Rouge, et Trump, fidèle à sa promesse de campagne de « faire pleuvoir l’enfer », a décidé de leur rappeler qui est le patron. Les frappes du 15 mars, minutieusement détaillées dans les messages reçus par Goldberg, ont visé des dépôts d’armes et des sites de lancement. Mais ce qui rend l’affaire encore plus croustillante, c’est la désinvolture avec laquelle tout ça a été organisé. Pas de salle de crise, pas de briefing ultra-sécurisé, juste une appli qu’on trouve sur Google Play et un groupe où n’importe qui – littéralement – pouvait tomber.

Acte 4 : Les Démocrates s’en donnent à cœur joie

Évidemment, l’opposition démocrate n’a pas raté l’occasion de se payer une tranche de rire et de colère. Chuck Schumer, chef de la minorité au Sénat, a qualifié ça de « fuite de renseignement militaire la plus stupéfiante depuis des lustres » et exigé une enquête complète. Pete Buttigieg, toujours prêt à dégainer une punchline, a tweeté : « Ces gens ne peuvent pas assurer la sécurité de l’Amérique. » Et la palme revient à Hillary Clinton, qui, avec un sens de l’ironie aiguisé par des années de critiques sur ses propres emails, a écrit sur X : « Dites-moi que c’est une blague. » Oh, Hillary, on sent la vengeance froide et délicieuse là-dedans – Trump qui criait « Jetez-la en prison ! » en 2016 doit se mordre les doigts.

Les Démocrates ont raison de s’indigner, mais avouons-le : c’est aussi un cadeau du ciel pour eux. Après des mois à chercher des angles d’attaque contre Trump 2.0, voilà une gaffe servie sur un plateau d’argent, avec une cerise sur le gâteau. « Amateurisme », « illégal », « dangereux », les adjectifs pleuvent, et on sent presque Elizabeth Warren prête à rédiger un projet de loi pour bannir Signal des bureaux gouvernementaux.

Acte 5 : La réaction publique, ou le festival du sarcasme

Une fois que l’histoire a éclaté, le web et X se sont enflammés. Les internautes, jamais à court de moqueries, ont transformé cette bourde en mème plus vite que Trump ne tweete « FAKE NEWS ». « La Maison-Blanche qui planifie une guerre sur Signal, c’est comme organiser un braquage sur Snapchat », écrit un utilisateur. Un autre propose : « Prochain scoop : ils ont mis les codes nucléaires dans une note partagée sur iCloud. » Les hashtags #SignalGate et #TrumpLeaks ont fleuri, accompagnés de montages hilarants – Trump en train de taper sur son téléphone avec un général qui hurle « PAS CE GROUPE, DONALD ! ».

Les éditorialistes, eux, oscillent entre indignation et fou rire. À gauche, on crie au scandale sécuritaire : « C’est une preuve de plus de l’incompétence de cette administration », tonne un chroniqueur du New York Times. À droite, on tente de minimiser : « Ce n’est qu’une petite erreur, Goldberg exagère », assure un fidèle de Fox News, oubliant que les « petites erreurs » ne devraient pas inclure des plans de guerre envoyés au mauvais numéro. Et au milieu, les cyniques comme nous rigolent en se disant que, franchement, on ne pouvait pas rêver mieux comme divertissement en 2025.

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