jeudi, février 19, 2026

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“Commission des cinq”: ce que les ambassadeurs demandent vraiment

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Un mandat politique déguisé en soutien: pourquoi la “commission des cinq” parle d’abord sécurité et souveraineté

Les échanges diplomatiques qui impliquent la “commission des cinq” s’organisent autour d’un objectif prioritaire qui dépasse la simple coordination entre chancelleries: transformer le soutien international en levier pour accélérer une séquence interne précise, celle de la reprise d’autorité de l’État sur le monopole de la force. Le point le plus clair, dans les éléments disponibles, est que les ambassadeurs suivent de près le rapport transmis par le commandant de l’armée, Rudolf Heikal, au Conseil des ministres, et qu’ils s’attachent à “accompagner” les points qu’il met en avant, notamment la poursuite de la mise en œuvre d’une stratégie de cantonnement des armes hors contrôle de l’État. Les passages disponibles décrivent explicitement l’enjeu comme une continuité de la “planification” de la limitation des armes à l’État, avec une phase suivante centrée sur la zone au nord du Litani.  Le cœur du message, côté ambassadeurs, n’est donc pas une formule abstraite sur la stabilité. C’est une demande opérationnelle: démontrer des étapes, afficher un calendrier, et fournir des garanties de mise en œuvre, car c’est ce type de preuve qui rend crédible, ensuite, une mobilisation internationale pour l’armée. Dans ce schéma, l’aide n’est pas un préalable. Elle devient une récompense conditionnelle à des progrès mesurables, et ces progrès sont formulés en termes de souveraineté sécuritaire. Le soutien existe, mais il est structuré comme un accompagnement d’une trajectoire, pas comme un chèque politique inconditionnel.

Cette logique éclaire aussi la manière dont la “commission des cinq” évite de se disperser. Les ambassadeurs ne cherchent pas à tout traiter, ni à se substituer aux institutions. Ils se concentrent sur un point de bascule qu’ils jugent structurant pour la stabilité du pays et pour la relation avec les bailleurs: l’armée comme pivot, et la reprise d’autorité de l’État comme condition de la pérennité. C’est dans ce cadre qu’un élément revient avec insistance: la préparation d’un rendez-vous international dédié au soutien de l’armée, et la nécessité que la séquence interne rende ce rendez-vous politiquement vendable.  Un soutien financier ou matériel à l’armée est plus facile à porter, à Paris, à Washington ou à Riyad, s’il est présenté comme renforçant une institution nationale qui applique une politique souveraine, plutôt que comme un simple geste de solidarité dans un environnement de fragmentation. Autrement dit, ce que les ambassadeurs demandent “vraiment”, c’est un récit d’État capable de se traduire en preuves, car ce récit conditionne leur capacité à convaincre leurs capitales, leurs opinions et leurs partenaires de s’engager davantage.

Le test du “nord du Litani”: une demande de calendrier, de contrôle territorial et de chaîne de commandement claire

La référence à la phase qui concerne le nord du Litani n’est pas un détail géographique. Elle est présentée comme le prochain jalon d’une démarche graduelle, et c’est précisément ce jalon qui sert de test aux ambassadeurs. Les textes disponibles expliquent que la “commission des cinq” suit les points du rapport de Rudolf Heikal et associe la réussite de l’étape nord du Litani à des effets positifs sur la préparation du rendez-vous international de soutien à l’armée.  Le message implicite est simple: les partenaires extérieurs veulent voir comment l’État passe du discours à la pratique dans un espace où les enjeux sécuritaires sont les plus sensibles, et où l’équilibre entre prévention de l’escalade, contrôle du territoire et gestion des acteurs armés exige une chaîne de commandement solide. Les ambassadeurs ne demandent pas seulement une intention. Ils demandent des modalités. Ils demandent que l’État puisse expliquer qui fait quoi, avec quel mandat, et sous quelle supervision politique. C’est pour cette raison que la rencontre avec l’armée est décrite comme un moment clé et que les ambassadeurs se disent “à l’aise” après cet échange, car il leur apporte une matière à évaluer.  

Cette étape sert aussi de filtre pour comprendre la nature de la conditionnalité. Quand les partenaires parlent de soutien à l’armée, ils parlent d’une institution qu’ils veulent voir fonctionner comme outil d’État, pas comme acteur isolé. Le nord du Litani devient, dans cette logique, un indicateur de cohérence entre la décision politique et l’exécution. Si l’exécutif annonce une orientation, mais que l’administration ne produit pas les décisions d’application, ou si l’armée n’obtient pas le cadre nécessaire, alors la chaîne se casse. À l’inverse, si l’État produit un cadre clair, et si l’armée est en capacité de l’appliquer de manière progressive, alors la “commission des cinq” peut dire à ses capitales que l’aide renforce une trajectoire, et non une gestion au jour le jour. Les sources mentionnent justement que Joseph Aoun et Rudolf Heikal ont informé les partenaires du lancement d’une démarche liée au nord du Litani, ce qui indique que la présidence et le commandement militaire cherchent à aligner le message politique et l’argument opérationnel.  Ce point est central, car il montre que la demande des ambassadeurs ne se limite pas à “soutenir”. Elle exige une architecture nationale lisible, où la présidence, le gouvernement et l’armée parlent la même langue et s’engagent sur les mêmes étapes.

Soutenir l’armée, mais sous conditions: pourquoi l’aide devient un instrument de pression sur l’État, pas un simple filet de sécurité

La préparation d’un rendez-vous international dédié au soutien de l’armée est présentée comme un axe diplomatique concret, et les ambassadeurs s’y montrent disposés, mais avec une logique de sélection des critères. Les textes disponibles relient explicitement la dynamique de soutien à la capacité de l’État à avancer sur la question du monopole de la force, et à la crédibilité d’une mise en œuvre graduelle.  C’est une conditionnalité de fait, même lorsqu’elle n’est pas formulée comme telle dans un langage bureaucratique. Le mécanisme est politique: les ambassadeurs ont besoin d’expliquer, chez eux, pourquoi ils soutiennent une institution libanaise plutôt qu’une autre, et pourquoi ils augmentent l’effort dans un moment où l’opinion peut douter de l’efficacité de l’aide. L’armée est l’instrument le plus “vendable” parce qu’elle est perçue comme institution nationale. Mais pour conserver cette vendabilité, il faut que l’armée soit associée à une trajectoire de souveraineté. C’est là que la demande devient une pression: l’aide est plus probable si l’État fournit des preuves de progression dans une stratégie de contrôle, et moins probable s’il reste dans une logique d’annonces sans exécution.

Ce cadre éclaire aussi pourquoi la “commission des cinq” se positionne comme interlocuteur régulier des responsables libanais, plutôt que comme acteur ponctuel. En suivant le rapport de Rudolf Heikal et en liant la phase nord du Litani à la dynamique de soutien, les ambassadeurs imposent une lecture séquentielle: il y a des étapes, des livrables, et des effets attendus.  Dans les faits, cela place l’État face à une contrainte de gouvernance. Il ne suffit plus de dire que l’on veut “renforcer l’armée”. Il faut organiser l’État autour de cette priorité: clarifier les mandats, mobiliser les administrations concernées, produire des décisions d’application, et éviter que les divergences politiques internes bloquent la mise en œuvre. Cette pression est renforcée par un autre élément qui circule dans le même environnement: l’existence d’un débat diplomatique sur des scénarios de calendrier politique, y compris des hypothèses de report électoral.  Ce type de discussion, même lorsqu’il reste à l’état de circulation diplomatique, rappelle aux acteurs libanais que la crédibilité institutionnelle est scrutée. Un pays qui donne l’impression d’hésiter sur ses échéances, ou de se perdre dans des querelles de procédures, réduit mécaniquement la confiance des partenaires. Dans ce contexte, soutenir l’armée n’est pas seulement un objectif sécuritaire. C’est aussi un moyen de garder un point d’ancrage institutionnel stable, à condition que l’État montre qu’il se tient lui-même.

Ce que les ambassadeurs “demandent vraiment”: une équation en trois preuves, et une attente de cohérence politique au sommet de l’État

La demande centrale de la “commission des cinq” se résume à une équation de preuves, plus qu’à une liste de promesses. La première preuve attendue est territoriale: la capacité de l’État à démontrer des étapes concrètes dans une stratégie annoncée, avec un accent sur la phase nord du Litani. Les textes disponibles relient directement ce jalon à la crédibilité de la préparation du rendez-vous international de soutien, ce qui signifie que le territoire devient un indicateur de gouvernance.  La deuxième preuve est institutionnelle: la capacité de l’armée à produire un diagnostic, à le transmettre aux autorités, puis à s’inscrire dans une chaîne de décision qui ne la laisse pas seule. Le fait que le rapport de Rudolf Heikal soit cité comme base de suivi par les ambassadeurs montre que l’armée est attendue sur le terrain de la planification et de la documentation, pas seulement sur celui de la présence.  La troisième preuve est politique: l’alignement des institutions civiles et militaires sur un message commun. Les éléments disponibles indiquent que Joseph Aoun et Rudolf Heikal ont informé les partenaires d’un démarrage lié à cette phase, ce qui suggère une volonté d’unifier le signal envoyé aux capitales étrangères.  Cette cohérence au sommet est précisément ce que les ambassadeurs recherchent, car elle réduit le risque que l’aide soit absorbée par des querelles internes ou par des changements de cap.

À ce stade, la “commission des cinq” ne demande donc pas seulement “des réformes” au sens vague. Elle demande une cohérence de trajectoire, parce que c’est cette cohérence qui permet de justifier une mobilisation diplomatique et financière. Elle demande aussi une capacité à produire des cadres d’application, car sans cadre, une stratégie reste un discours. Le suivi du rapport militaire, l’insistance sur la phase nord du Litani, et la disponibilité affichée pour soutenir l’armée, tout cela indique une priorité: construire un point fixe dans un pays soumis à des turbulences économiques et politiques.  Dans cette logique, les ambassadeurs “demandent vraiment” que l’État libanais redevienne lisible. Lisible dans ses décisions, lisible dans son calendrier d’exécution, lisible dans sa chaîne de commandement, et lisible dans sa capacité à faire correspondre ses engagements à des actes. C’est cette lisibilité qui ouvre la porte au soutien, et c’est son absence qui transforme l’aide en débat permanent. Le soutien à l’armée n’est donc pas une fin isolée. Il est l’outil principal choisi par les partenaires pour tester la solidité de l’État, et pour décider jusqu’où ils peuvent aller sans se retrouver, demain, à financer une institution performante sur le papier mais prisonnière d’un système incapable de tenir ses propres décisions.

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