Selon les chiffres compilés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au 20 novembre 2024, le Liban compte désormais 896 315 réfugiés internes en raison des hostilités prolongées entre le Liban et Israël depuis le 8 octobre 2023. Ce chiffre représente une augmentation massive par rapport aux semaines précédentes, avec une hausse de 683,5 % depuis le début de la crise. Cette catastrophe humanitaire reflète l’ampleur des déplacements forcés causés par les affrontements.
Distribution géographique des réfugiés internes
Les réfugiés internes sont principalement concentrés dans les gouvernorats du sud et du Mont-Liban, qui abritent respectivement 252 435 personnes déplacées (28,2 %) et 415 144 personnes déplacées (46,3 %). Le gouvernorat du Nabatiyeh, qui a vu de nombreux habitants fuir les bombardements, compte à lui seul 307 447 personnes déplacées, soit 41,3 % du total des réfugiés internes.
Les régions les plus touchées incluent :
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
- Le district de Tyr, qui héberge 153 051 personnes déplacées (20,8 % du total), suivi par Nabatiyeh avec 118 566 personnes déplacées et Marjayoun avec 90 500 personnes déplacées.
- La région de Baabda, qui compte 108 449 personnes déplacées, suivie par Beyrouth avec 138 211 personnes déplacées.
- Akkar, une région du nord, héberge 71 872 réfugiés internes, représentant 8 % des déplacés.
Près de 73 % des réfugiés internes proviennent des districts frontaliers de Tyr, Nabatiyeh, Marjayoun et Bint Jbeil. Ces régions, proches de la ligne de front, ont été parmi les plus exposées aux bombardements.
Les conditions de vie des réfugiés internes
L’OIM indique que 60 % des réfugiés internes sont localisés dans cinq principales régions : le Chouf, Beyrouth, Aley, Saida et Akkar. Parmi eux :
- 17 % vivent dans le Chouf, souvent dans des familles d’accueil ou des logements partagés.
- 15 % se trouvent à Beyrouth, une destination clé pour ceux qui fuient les régions sud et est du pays.
Les conditions de logement des personnes déplacées varient considérablement :
- 49 % des réfugiés internes vivent actuellement avec des familles d’accueil, mettant à rude épreuve les ressources locales.
- 28 % louent des maisons, souvent à des prix prohibitifs, aggravant leur précarité économique.
- 21 % vivent dans des abris collectifs, tandis que 1 % résident dans des tentes ou à l’extérieur.
Profil démographique des réfugiés internes
Les réfugiés internes incluent un éventail de groupes d’âge et de situations vulnérables. Près de 54 % sont âgés de 19 à 57 ans, tandis que les enfants (6-12 ans) représentent 15 % du total. Les personnes âgées (plus de 58 ans) constituent 12 %, et 2 % sont des enfants de moins de deux ans, soulignant les défis humanitaires particuliers liés à leur prise en charge.
Déplacement transgouvernorat et mobilité
Un des éléments marquants est la mobilité des réfugiés :
- 78 % ont déménagé hors des frontières de leur gouvernorat d’origine, avec des mouvements massifs observés depuis le Nabatiyeh et le sud.
- 22 % ont choisi de rester dans leurs régions d’origine malgré les risques, souvent faute de moyens pour se déplacer.
Cette migration interne met une pression supplémentaire sur les infrastructures des zones urbaines et des régions accueillant les déplacés, particulièrement dans le Mont-Liban.
Impact transfrontalier
La crise ne se limite pas aux frontières libanaises. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) estime que 557 000 personnes ont fui vers la Syrie depuis le début des hostilités. Parmi elles, 37 % sont Libanais et 63 % Syriens. Cette dynamique inverse la tendance observée depuis la guerre syrienne, où le Liban accueillait des millions de réfugiés syriens. Ces nouveaux flux ajoutent une couche de complexité à une situation déjà tendue.



