samedi, février 21, 2026

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Dans la presse: Aides conditionnelles, le rôle des grandes puissances dans la crise libanaise

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Dans un contexte de crise économique et politique sans précédent, le Liban est sous le regard attentif des grandes puissances internationales, qui multiplient pressions et promesses pour influencer la formation du nouveau gouvernement dirigé par Nawaf Salam. De Paris à Washington, en passant par Riyad et Doha, les acteurs étrangers tentent d’orienter la trajectoire politique libanaise, tout en conditionnant leur aide à des réformes structurelles indispensables.

La France : une médiation persistante

Paris continue de jouer un rôle central dans la crise libanaise. Selon Al Binaa (15 janvier 2025), le président français Emmanuel Macron a renouvelé son engagement envers le Liban lors d’un entretien avec le président Joseph Aoun. Macron a insisté sur la nécessité de réformes immédiates pour débloquer l’aide internationale, notamment celle promise lors de la Conférence internationale de soutien au Liban.

La diplomatie française s’appuie également sur des initiatives bilatérales, telles que des projets de reconstruction des infrastructures critiques et le renforcement des institutions publiques. Ad Diyar (15 janvier 2025) rapporte que Macron aurait personnellement contacté Nabih Berri pour plaider en faveur de l’inclusion du Hezbollah dans le gouvernement, tout en exhortant à une réduction des tensions sectaires.

Les États-Unis : réformes économiques et soutien militaire

Washington adopte une position pragmatique, combinant soutien militaire et pression économique. Al Arabi Al Jadid(15 janvier 2025) rapporte que l’administration Biden, malgré sa fin de mandat imminente, a réaffirmé son appui aux Forces armées libanaises à travers un programme de renforcement capacitaire. Cette assistance vise à maintenir la stabilité sécuritaire dans un pays en proie à de multiples défis.

Sur le plan économique, les États-Unis insistent sur des réformes financières urgentes, notamment la restructuration du secteur bancaire et la lutte contre le blanchiment d’argent. L’ambassadrice américaine à Beyrouth a déclaré que toute aide financière serait strictement conditionnée à des avancées concrètes sur ces fronts.

Le Qatar : un rôle de médiateur discret

Doha, bien que moins visible que la France ou les États-Unis, joue un rôle crucial en tant que médiateur dans les négociations politiques libanaises. Selon Al Quds (15 janvier 2025), le Qatar aurait offert un soutien financier pour la reconstruction des infrastructures publiques, tout en favorisant le dialogue entre les différentes factions libanaises.

Par ailleurs, Doha est impliquée dans les discussions régionales, notamment celles concernant le cessez-le-feu à Gaza, qui ont des implications indirectes pour le Liban. L’engagement qatari reflète une stratégie plus large visant à renforcer son influence dans la région.

L’Arabie saoudite : entre méfiance et soutien conditionnel

Riyad, autrefois acteur clé de la politique libanaise, adopte une approche plus réservée. Al Liwa’ (15 janvier 2025) note que l’Arabie saoudite attend des garanties sur l’indépendance du gouvernement vis-à-vis du Hezbollah avant d’accroître son aide. Cependant, elle continue de soutenir certains projets, notamment ceux liés à l’éducation et à la santé.

La méfiance de Riyad envers la classe politique libanaise, en particulier ses liens présumés avec l’Iran via le Hezbollah, reste un obstacle majeur à une implication plus active.

Une aide conditionnelle et des défis colossaux

Malgré les promesses d’aide, les conditions imposées par les puissances internationales posent des défis colossaux. Comme le souligne Al Nahar (15 janvier 2025), le Liban devra démontrer sa capacité à mettre en œuvre des réformes, y compris la réduction de la corruption, la rationalisation des dépenses publiques et la relance économique. Ces exigences, bien qu’indispensables, risquent de prolonger l’impasse politique si elles ne sont pas accompagnées d’un consensus interne.

Un équilibre fragile

L’implication des grandes puissances reflète l’importance stratégique du Liban dans la région. Cependant, cette ingérence soulève des questions sur la souveraineté nationale et la capacité du pays à prendre des décisions indépendantes. Alors que le gouvernement Salam tente de naviguer entre les pressions internationales et les attentes locales, le Liban se trouve à un carrefour critique.

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Newsdesk Libnanews
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