Un processus fragile sous l’administration Trump
Avec Donald Trump de retour à la Maison-Blanche, la dynamique des négociations israélo-libanaises prend une tournure particulière. Le rôle des États-Unis dans la médiation de ces pourparlers soulève des interrogations sur leurs priorités et leur impartialité. Ces négociations, cruciales pour la stabilité régionale, sont cependant marquées par des tensions croissantes et des revendications divergentes.
Un contexte marqué par des intérêts divergents
Les pourparlers, réactivés en janvier 2025 après des mois de silence diplomatique, sont dominés par la question du retrait israélien des territoires occupés au sud du Liban. Selon Al Joumhouriyat (28 janvier 2025), Israël exige des garanties sécuritaires renforcées pour ses frontières avant tout désengagement, tandis que le Liban réclame l’application stricte de la résolution 1701 des Nations unies.
Pour Joseph Aoun, président du Liban, ces négociations représentent une opportunité de défendre la souveraineté nationale. Lors de discussions avec des émissaires américains (Ad Diyar, 28 janvier 2025), il a insisté sur la nécessité de protéger les citoyens libanais contre les violations israéliennes tout en appelant au respect des résolutions internationales.
Une approche controversée de l’administration Trump
Sous l’administration Trump, la médiation américaine est perçue comme étant fortement biaisée en faveur d’Israël. Al Akhbar (28 janvier 2025) rapporte que Washington soutient la demande d’Israël pour un retrait progressif, arguant que des « mesures sécuritaires » sont nécessaires pour prévenir des attaques transfrontalières. Cette position a provoqué des critiques au Liban, où de nombreux acteurs, dont le Hezbollah, accusent les États-Unis de chercher à prolonger l’occupation de manière indirecte.
Donald Trump, connu pour son soutien inconditionnel à Israël, considère cette médiation comme une extension de sa stratégie « America First ». Selon Al Sharq, ses émissaires ont tenté de faire pression sur Beyrouth pour qu’il accepte des concessions sur des points clés, notamment la question des zones contestées.
Les obstacles majeurs : souveraineté et prisonniers
Le Liban a adopté une position ferme sur plusieurs dossiers essentiels. Premièrement, il exige un retrait total et sans condition des forces israéliennes des fermes de Chebaa et des collines de Kfar Shouba. Ces territoires, reconnus comme libanais par la résolution 1701, restent un symbole central de la souveraineté nationale.
Deuxièmement, Beyrouth réclame la libération immédiate des prisonniers libanais détenus en Israël. Cette exigence, relayée par Al Sharq Al Awsat (28 janvier 2025), est devenue une priorité dans les pourparlers. Israël, de son côté, conditionne cette libération à des garanties sur le désarmement des milices affiliées au Hezbollah, une position jugée inacceptable par les autorités libanaises.
Enfin, le Liban insiste sur le rôle central de la FINUL dans la surveillance des zones frontalières, appelant à un renforcement des mécanismes de vérification pour éviter de nouvelles violations.
Les implications pour la politique libanaise
Ces négociations influencent également les dynamiques internes au Liban. Joseph Aoun, qui s’efforce de maintenir une position ferme face aux pressions internationales, cherche à rallier les différentes factions politiques derrière un objectif commun. Cependant, comme le rapporte Al Bina’ (28 janvier 2025), le Hezbollah reste sceptique quant aux intentions israéliennes et considère ces pourparlers comme une manœuvre dilatoire destinée à diviser le Liban.
La pression exercée par l’administration Trump ajoute un niveau de complexité supplémentaire. Selon Al Quds (28 janvier 2025), les exigences américaines en faveur de concessions libanaises exacerbent les tensions politiques internes, affaiblissant ainsi la position de Beyrouth dans les négociations.
Perspectives et scénarios futurs
Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l’avenir de ces négociations. Avec une date butoir fixée à février 2025, le Liban doit naviguer entre ses priorités nationales et les attentes internationales. Comme le souligne Al Joumhouriyat, un échec des pourparlers pourrait raviver les tensions frontalières, mettant en péril la stabilité régionale.
Pour Joseph Aoun, le défi est double : protéger la souveraineté nationale tout en renforçant la position diplomatique du Liban sur la scène internationale. La communauté internationale, en particulier les Nations unies, devra jouer un rôle clé pour garantir un processus équitable et transparent.



