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Démarcation des frontières maritimes entre le Liban et Israël : un accord nécessaire et des bémols

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L’accord sur la démarcation des frontières maritimes entre le Liban et Israël est bon car nécessaire. La médiation américaine et l’intervention de la France sont à saluer. Le président Michel Aoun aura obtenu cette réalisation durant son mandat.

En revanche, le président Aoun n’a pas raison de dire que cet accord va immédiatement sortir le Liban du gouffre :

Il n’a pas non plus raison de dire que le Liban est désormais un pays pétrolier.

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Avant que TotalEnergies (opérateur), aidé par ENI et le Liban (qui a remplacé Novatek), ne termine ses sondages dans la mer, dans le bloc 9 notamment (qui englobe le potentiel champ de Cana), personne ne peut évaluer les retombées financières pour le Liban.

https://www.youtube.com/watch?v=tLBMqG_aTrk

D’ailleurs, les eurobonds libanais n’ont pas été impactés par l’annonce de l’accord ce qui prouve que les marchés financiers savent très bien que cet accord n’a pas d’impact immédiat sur l’économie libanaise.

Enfin, un accord sur la démarcation des frontières maritimes n’est pas suffisant pour justifier économiquement un projet de production et d’exportation de gaz naturel liquéfié onshore ou offshore.

Ce qu’il faut aujourd’hui au Liban pour sortir du gouffre, c’est un accord global avec le Fonds monétaire international : restructuration du secteur bancaire, audit juricomptable, etc.

Concernant le texte de l’accord sur la démarcation des frontières maritimes qui prévoit que le gisement offshore de Karish sera sous le contrôle israélien et celui – présumé – de Cana sous le contrôle libanais, Fouad Abou Nader a raison lorsqu’il écrit sur son compte Twitter :

« La section 2E de l’accord sur la démarcation des frontières maritimes, que je soutiens malgré tout, lie le futur potentiel développement du champ libanais de Cana à une entente entre TotalEnergies et Israël. C’est une épée de Damoclès au-dessus de la tête du Liban… »

« Que se passerait-il si TotalEnergies décidait de se retirer du bloc ? Le groupe pétrolier qui le remplacerait ne serait pas lié à cet accord qui affecte les profits de l’opérateur… »

En effet, comme une partie de du potentiel gisement de Cana dépasse la ligne 23, Israël toucherait de TotalEnergies une part des futurs revenus de l’exploitation gazière de Cana en guise de compensations conformément à la section 2E de l’accord qui dispose :

« Les Parties comprennent qu’Israël et l’opérateur du Bloc 9 engagent séparément des discussions pour déterminer l’étendue des droits économiques d’Israël sur le Prospect. Israël sera rémunéré par l’opérateur du Bloc 9 pour ses droits sur tout gisement potentiel dans le Prospect et, à cette fin, Israël et l’opérateur du Bloc 9 signeront un accord financier avant la décision finale d’investissement (« DFI ») de l’opérateur du Bloc 9. Israël travaillera de bonne foi avec l’opérateur du Bloc 9 afin de s’assurer que cet accord soit résolu en temps utile. Le Liban n’est ni responsable ni partie à un quelconque arrangement entre l’opérateur du Bloc 9 et Israël. Tout arrangement entre l’opérateur du Bloc 9 et Israël n’affecte pas l’accord du Liban avec l’opérateur du Bloc 9 et la part intégrale de ses droits économiques dans le Prospect. Les Parties comprennent que, sous réserve du début de la mise en œuvre de l’accord financier, l’ensemble du Prospect sera alors développé par l’opérateur du Bloc 9 du Liban exclusivement pour le Liban, conformément aux termes du présent accord. »

Vous pouvez lire le texte complet de l’accord sur le lien suivant 

https://libnanews.com/laccord-libano-israelien-de-delimitation-des-zones-maritimes-exclusives/.

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Michel Fayad
Michel Fayadhttp://www.michelfayad.com/
Michel Fayad est un professionnel de l’énergie et de la finance, formateur en géopolitique à l’IFP Training (IFP Énergies nouvelles) et ancien conseiller du ministre libanais de l’Économie et du Commerce. Diplômé entre autres de New York University (NYU) Stern, de la London School of Economics and Political Science (LSE), de HEC Paris et de l’Université Paris Saclay, il a étudié notamment la science politique, la diplomatie, la géopolitique, le droit, l’économie, le management, la finance et la gestion. Son mémoire de Master, consacré à la menace fondamentaliste sunnite au Liban, a été salué par de grands universitaires comme les professeurs Lina Murr Nehmé et Joseph Maïla, ex-directeur de la Prospective et du Pôle Religion au ministère français des Affaires étrangères. Il a conçu, structuré, financé et dirigé des projets dans l’énergie, les ressources naturelles et les infrastructures pour Bluegreen (groupe Bucherer), Bolloré Transport & Logistics et d’autres, en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Europe. Il a également exercé des activités de conseil pour Axa, EDF, Manutan et d’autres. Il a enfin siégé aux conseils d’administration de sociétés énergétiques et minières cotées à la Bourse de Londres (AIM) et sur Euronext Growth Oslo. Doctorant à l’Université Grenoble Alpes et à Sciences Po Grenoble, au sein du Centre d’Études et de Recherche sur la Diplomatie, l’Administration Publique et le Politique (CERDAP²), il consacre sa thèse en science politique à la perte de souveraineté du Liban entre 1984 et 1986, à la suite de l’assassinat de Bachir Gemayel et du sabotage de l’accord avec Israël. Expert reconnu des questions géopolitiques (Moyen-Orient, Afrique du Nord et Subsaharienne, ex-URSS et ex-Yougoslavie), il intervient régulièrement dans les médias en France (France 2, M6, BFM TV, CNEWS, LCI, France Info TV, France 24, TV5 Monde, Europe 1, RTL, Radio Classique, Sud Radio, Le Figaro, Libération, Marianne, le JDD, Valeurs Actuelles, Atlantico, etc.) et au Moyen-Orient (Asharq Bloomberg, An-Nahar, El-Nashra, L’Orient-Le Jour, Libnanews, etc.) ainsi qu’au sein d’institutions parlementaires et universitaires et auprès de grandes entreprises. Considéré par feu le professeur Antoine Sfeir comme son poulain, ses analyses sont notamment saluées par le professeur Jacques Soppelsa, le diplomate Naji Abi Assi (représentant de la Ligue arabe à Paris), le général François Chauvancy, ainsi que par la professeure Fadia Kiwan, fondatrice de l’Institut de science politique de l’Université Saint-Joseph (Sciences Po Beyrouth). Cours et interventions marquantes : Conférence « Risque de guerre civile au Liban », ESJ Lille et Sciences Po Lille Intervention au Sénat français sur la crise financière et judiciaire du Liban Cours à l’IFP Training : Géopolitique des métaux stratégiques et des terres rares ; Géopolitique des hydrocarbures

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