Depuis plus d’un an, le Liban se trouve sans président, une situation qui reflète les divisions profondes de la scène politique du pays. Alors que la nation s’enfonce davantage dans une crise économique et institutionnelle sans précédent, les efforts diplomatiques, tant locaux qu’internationaux, se multiplient pour tenter de briser cette impasse. En septembre, un regain d’activité est observé autour de la question présidentielle, avec notamment l’intervention des ambassades du groupe des cinq nations, composé des États-Unis, de la France, de l’Arabie Saoudite, de l’Égypte et du Qatar.
Les efforts diplomatiques internationaux : un espoir fragile ?
Selon des sources diplomatiques rapportées par le journal local Al-Liwaa, les ambassadeurs du groupe des cinq nations tiendront une réunion cruciale d’ici deux semaines pour discuter de la situation présidentielle libanaise. Ce groupe, formé pour soutenir la stabilité du Liban, a récemment intensifié ses efforts afin de pousser les différents acteurs politiques à la table des négociations. Une visite du diplomate français Jean-Yves Le Drian à la fin du mois de septembre ou début octobre est également prévue, dans le cadre d’une campagne de médiation soutenue par la France et l’Arabie Saoudite.
Le journal Al-Akhbar a également rapporté que cette initiative conjointe saoudo-française visait à convaincre les partis libanais de participer à un dialogue national. Cette démarche est soutenue par des rencontres à haut niveau entre le conseiller royal saoudien Nizar al-Aloula, l’ambassadeur saoudien au Liban Walid Bukhari, et l’ambassadeur français Hervé Magro.
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L’appel de Nabih Berri pour un dialogue national
Du côté libanais, le président du Parlement, Nabih Berri, s’efforce d’initier un dialogue inclusif entre les principales forces politiques. Berri a déclaré, dans une interview au journal Al-Joumhouria, que ses initiatives visent à créer un environnement propice à la tenue d’une élection présidentielle dans les plus brefs délais. Il a réitéré son appel à des consultations parlementaires immédiates, arguant que « l’intérêt du Liban passe avant tout par l’élection d’un président ».
Berri espère que les efforts diplomatiques des cinq nations produiront des résultats positifs, permettant de surmonter les blocages actuels. Il a notamment proposé une série de séances de dialogue suivies de plusieurs tours électoraux au Parlement, soulignant que les partis politiques doivent s’engager à ne pas faire obstacle au quorum de ces sessions électorales. Cet appel au dialogue a reçu un soutien mitigé, la coalition de l’opposition ayant jusqu’à présent exprimé son refus de participer à ces discussions.
Le rôle du Hezbollah et des Forces Libanaises dans les pourparlers
Dans ce contexte, le rôle du Hezbollah, acteur politique majeur au Liban, reste crucial. Le parti chiite, avec son allié chrétien, le Mouvement Patriotique Libre (FPM), dirigé par Gebran Bassil, se trouve au cœur des négociations, tout comme les Forces Libanaises (FL) de Samir Geagea, qui adoptent une position plus dure. Les déclarations récentes de Geagea, dans lesquelles il reconnaît l’importance de l’élection présidentielle pour résoudre les crises du pays, ont été accueillies positivement par le FPM, qui a appelé à plus de flexibilité pour finaliser l’élection d’un président conforme au Pacte National libanais.
Cependant, les divergences entre les différentes factions politiques, exacerbées par les intérêts régionaux et internationaux, continuent de compliquer la situation. Le soutien déclaré de l’Arabie Saoudite et de la France à un compromis entre Berri et Geagea souligne l’importance des relations entre les puissances régionales dans la résolution du dossier présidentiel libanais.
Le Qatar et la Turquie : de nouveaux acteurs dans la médiation
En parallèle, le Qatar joue un rôle discret mais actif dans les discussions en cours. Des rencontres récentes entre Gebran Bassil et des responsables qataris et turcs à Istanbul ont été révélées, montrant l’implication croissante de Doha dans la recherche d’une issue à la crise. Cette médiation qatarie pourrait ajouter une nouvelle dimension aux efforts en cours, tout en renforçant les liens du Liban avec la région du Golfe.
Une situation bloquée, mais des perspectives d’ouverture ?
Malgré les efforts diplomatiques et les appels au dialogue, l’impasse présidentielle libanaise persiste. La difficulté à réunir une majorité parlementaire de 86 députés pour tenir une session électorale reflète la fragmentation de la scène politique libanaise. Cependant, les développements attendus à la mi-septembre, avec la visite potentielle de Jean-Yves Le Drian et la poursuite des consultations entre les parties libanaises et leurs soutiens internationaux, pourraient offrir une lueur d’espoir.
La question reste cependant de savoir si ces initiatives parviendront à surmonter les profondes divergences politiques et confessionnelles qui paralysent le Liban, ou si le pays continuera à s’enfoncer dans une crise institutionnelle prolongée. Le temps presse, et l’avenir politique du Liban dépendra en grande partie de la capacité de ses dirigeants à trouver un consensus dans un contexte régional et international en pleine évolution.



