On pourrait croire qu’Israël a découvert une nouvelle passion : menacer le Liban de guerre à chaque occasion. Et pourtant, depuis des années, ces déclarations tonitruantes de Tel-Aviv ressemblent de plus en plus à une mauvaise reprise du conte du berger qui criait au loup. Sauf qu’à force de répéter la même rengaine, les oreilles du monde entier, et celles des Libanais en premier lieu, commencent à se fatiguer. Que se passe-t-il quand on crie au loup et que le loup ne vient jamais ? On ne vous prend plus au sérieux, tout simplement.

Israël, la nation qui adore sortir les muscles, a fait de la menace de guerre contre le Liban une routine bien huilée. Les responsables politiques et militaires se succèdent pour avertir que la prochaine grande confrontation avec le Hezbollah ou d’autres factions libanaises est imminente, inévitable et… désastreuse. Oui, désastreuse, mais pour qui exactement ?

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Les Libanais, eux, ont vu tellement d’autres. Entre crises politiques interminables, guerres civiles, menaces de nouvelles guerres civiles, et une capacité bien affûtée à se détruire tout seuls, on peut dire qu’ils sont immunisés contre ce genre de discours alarmistes. Franchement, ce ne sont pas quelques menaces de plus qui vont les impressionner. « Vous voulez nous détruire ? Eh bien, tenez-vous bien, on sait très bien le faire nous-mêmes ! » pourraient dire ironiquement bien des Libanais. Un coup d’œil rapide aux crises internes suffirait à en convaincre n’importe qui : l’effondrement économique, les divisions politiques, les institutions paralysées… Un petit conflit de plus à la longue liste des catastrophes ? Allons, il en faudrait bien plus pour ébranler un peuple qui a déjà traversé l’enfer à maintes reprises.

On le sait bien, tout conflit militaire est une tragédie humaine. Mais il est aussi devenu clair que, pour Israël, une nouvelle guerre avec le Liban ne se passerait pas comme une simple promenade de santé à la « Goliath contre David ». Les précédents conflits, notamment celui de 2006, ont prouvé que le Hezbollah n’est pas du genre à se laisser faire. Avec des centaines de milliers de roquettes pointées vers Israël, la moindre étincelle pourrait déclencher un chaos monumental. Sans compter que la technologie s’est raffinée, et que les conséquences économiques pour Israël seraient tout aussi dévastatrices. Un petit chiffre ? Jusqu’à 150 milliards de dollars de pertes estimées rien qu’en frappant les infrastructures du nord du pays.

Ajoutons à cela les difficultés internes israéliennes, notamment une crise politique persistante, une société divisée, et une réputation de l’armée qui, avouons-le, n’est plus ce qu’elle était. Vous savez, l’armée qui, il n’y a pas si longtemps, faisait frémir de terreur toute la région. Aujourd’hui, elle peine à endiguer une situation en Cisjordanie et à Gaza, alors une guerre sur deux fronts ? Ce serait un vrai casse-tête. Et pas le genre facile à résoudre avec une cuillère de houmous et un verre d’arak.

Les experts le savent bien : une guerre contre le Liban aujourd’hui ne ressemblerait pas aux précédentes. Israël, avec ses vulnérabilités actuelles, aurait bien plus à perdre. Sa fameuse « forteresse invincible » est aujourd’hui percée de failles dans ses défenses, et ses ennemis le savent très bien. Le coup de bluff ne marche plus, d’autant plus qu’une guerre, cela coûte cher … pas seulement sur le plan humain mais aussi sur le plan économique.

Alors oui, Israël peut continuer à crier au loup tant qu’il veut. Mais à force de trop menacer, le monde, et surtout les Libanais, ont appris à hausser les épaules et à vaquer à leurs occupations. La leçon de ce bon vieux conte reste la même : à force de dire que le loup va venir, il finit par n’effrayer plus personne. Et quand il arrive, ce sont souvent ceux qui crient le plus fort qui en paient le prix.

Newsdesk Libnanews
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