vendredi, janvier 23, 2026

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Edito: Guerre en Ukraine, l’Oreille cassée, saison 2 ?

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Il y a des moments où l’Histoire ressemble étrangement à une bande dessinée. Un scénario ficelé au millimètre, des personnages bien campés, des rebondissements dignes d’un feuilleton, et surtout, une morale qui, au final, sent toujours un peu le réchauffé.

Tenez, prenez L’Oreille cassée, l’un des albums mythiques de Tintin. Une guerre éclate en Amérique du Sud entre deux pays imaginaires, le San Theodoros et le Nuevo Rico. L’un déclare la guerre à l’autre, persuadé que sous un territoire disputé dort un trésor inestimable : du pétrole. On s’entretue, on bombarde, on envoie des jeunes au front. Puis, quand tout est ravagé et que les poches des marchands d’armes sont bien pleines, on découvre qu’il n’y a pas une seule goutte d’or noir sous le sol. Oups.

Drôle de coïncidence, non ?

Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans une BD, mais l’intrigue est étrangement similaire. Trois ans de guerre en Ukraine, des milliers de morts, des milliards d’euros engloutis… Et soudain, Poutine, Trump et compagnie semblent trouver un terrain d’entente. Un terrain pas si anodin que ça, car sous les terres ukrainiennes, ce ne sont pas du pétrole ou des diamants que l’on cherche cette fois-ci, mais des terres rares.

Eh oui, le précieux magot du XXIe siècle, ce ne sont plus les barils de brut, mais ces petits métaux indispensables aux technologies modernes : smartphones, batteries, drones, missiles. Et qui contrôle ces ressources contrôle l’avenir.

Alors, bien sûr, tout ça n’a rien à voir avec la guerre. Oh non, il s’agissait d’une noble cause, de démocratie, de souveraineté, de droits de l’Homme, voyons ! Comme toujours.

Quand l’idéalisme prend un coup de pelle… en plein gisement de terres rares

Pendant trois ans, on nous a vendu l’Ukraine comme le dernier bastion de la liberté, le point de rupture entre civilisation et barbarie. Il fallait soutenir Kyiv à tout prix : des milliards d’euros en aides, des armes en pagaille, des sanctions « historiques » contre la Russie (qui, étrangement, fait tourner son économie mieux que certains pays européens aujourd’hui). Il fallait affaiblir Moscou : la Russie devait s’effondrer sous le poids des mesures occidentales, mais bizarrement, elle signe des accords avec Pékin, récupère des terres et… passe à la caisse grâce aux matières premières par des voies de contrebande.

Mais alors, pourquoi ce changement de ton soudain ? Pourquoi cette soudaine envie de paix, là, maintenant, tout de suite ?

Peut-être parce que les grands de ce monde ont compris que la vraie richesse ne réside plus dans l’énergie fossile, mais dans ces métaux rares indispensables à toute l’économie moderne.

Tiens, tiens. On s’étripait pour des pipelines hier, on se serre la main pour des mines aujourd’hui.

Et l’Ukraine, dans tout ça ? Bah, c’est comme un plateau de Monopoly qu’on a retourné dans un accès de rage. Une fois la partie finie, on remet les pions dans la boîte, et on passe à la suivante.

Sauf qu’ici, les pions, ce sont des milliers de soldats tombés pour une guerre qui, finalement, se négocie entre hommes d’affaires et présidents. Des familles brisées, des enfants sans parents, des villes fantômes peuplées de souvenirs et de gravats. Eux, ils ne signeront pas d’accords sur les terres rares. Ils ne spéculeront pas sur la paix. Ils resteront les seuls véritables perdants de cette farce.

La Chine en embuscade : et si on préparait déjà la saison 3 ?

Car voilà le vrai sujet. Si les États-Unis, la Russie et l’Europe s’intéressent tant aux ressources ukrainiennes, ce n’est pas seulement pour se partager le gâteau entre vieux copains. C’est aussi parce qu’il y a un gros convive qui, jusque-là, s’est goinfré tout seul : la Chine.

Car Pékin, lui, détient aujourd’hui 70 % du marché des terres rares. Et ça, ça embête tout le monde. Washington veut assurer son indépendance technologique. L’Europe, qui a coupé les ponts avec la Russie, ne veut pas non plus dépendre de la Chine. Moscou, qui joue la carte de l’allié de Pékin, sait très bien que dans cette relation, c’est la Chine qui mène la danse.

Donc, si tout ce joli monde commence à s’intéresser très sérieusement aux gisements ukrainiens, ce n’est peut-être pas juste une histoire de reconstruction post-guerre… mais plutôt un échauffement pour le prochain grand conflit économique.

Parce qu’après tout, si on se souvient bien, la dernière fois qu’un pays a trop monopolisé une ressource stratégique, ça s’est mal terminé. Les guerres du pétrole ont façonné le XXe siècle, celles des terres rares pourraient bien définir le XXIe.

Et maintenant, on fait quoi ?

L’Europe va se réveiller avec la gueule de bois, réalisant qu’elle a financé une guerre dont elle ne tirera aucun bénéfice, sauf une crise économique et énergétique à long terme. L’Ukraine va devoir avaler la pilule, après avoir offert le sang de ses citoyens pour une cause qui, au final, se négocie entre les grands patrons du monde. La Russie, elle, ne s’est jamais aussi bien portée, avec ses matières premières intactes et ses nouvelles cartes à jouer sur l’échiquier mondial. Les États-Unis, pragmatiques comme toujours, tourneront la page et regarderont vers leur vrai rival : la Chine.

Et nous, pauvres spectateurs, on continuera à nous émerveiller de ces « hasards » de l’Histoire.

Une guerre pour des terres rares ? Noooon. Un conflit arrangé pour mieux se repositionner sur l’échiquier mondial ? Mais quelle idée absurde !

Les marchands d’armes, eux, ont déjà encaissé. Les négociateurs s’apprêtent à signer leurs petits accords, sourire aux lèvres, penchés sur des cartes où les frontières sont autant de traits de crayon à effacer et redessiner à volonté.

Pendant ce temps, dans une maison en ruines, quelque part en Ukraine, une famille pleure un fils, un père, une mère, un enfant. Ils ne font pas partie des discussions. Ils ne sont pas conviés aux tables de négociations.

Ils sont juste les figurants d’une tragédie écrite d’avance.

En attendant, il ne manquerait plus qu’un type à chapeau et imperméable beige surgisse d’une case de BD en criant :
« Mille sabords, on nous aurait menti ?! »

Allez, on referme l’album.

À la prochaine guerre, hein.

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Newsdesk Libnanews
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