Israël a récemment intensifié ses attaques contre la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies au Liban), en visant directement leurs positions dans le sud du Liban. Lors de ces incidents, des tirs israéliens ont touché une tour d’observation à Naqoura, blessant des soldats de la paix sri-lankais. Ces actions ont déclenché des réactions immédiates de la part de la communauté internationale. António Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a fermement condamné ces tirs, les qualifiant d' »inacceptables » et rappelant leur caractère de violation flagrante du droit international. L’Italie, principal contributeur européen à la FINUL, a exprimé son indignation en convoquant l’ambassadeur israélien, qualifiant ces actions de « crimes de guerre possibles. »
Des relations tendues avec l’ONU et l’UNRWA
Ces attaques contre la FINUL ne sont que le dernier épisode d’une longue série de frictions entre Israël et les institutions internationales. Israël entretient depuis des années des relations houleuses avec l’ONU et l’UNRWA (Office de secours et de travaux pour les réfugiés palestiniens). En 2024, l’État hébreu a désigné l’UNRWA comme une « organisation terroriste, » accusant ses employés de collaborer avec le Hamas. Cette désignation a suscité des critiques dans le monde entier, y compris de la part des alliés habituels d’Israël.
Un paradoxe historique
Il est fascinant de constater qu’Israël, un État créé sous l’égide de l’ONU en 1948, se trouve aujourd’hui en conflit ouvert avec les organisations mêmes qui ont joué un rôle crucial dans sa fondation. L’ONU, à travers la résolution 181, a permis la création d’Israël, mais au fil du temps, les relations entre Israël et ces institutions se sont détériorées.
Comparez rapidement les prix des vols avec Fly2Leb.
En matière de crimes de guerre, Israël fait régulièrement l’objet d’accusations de la part d’organisations internationales. Depuis des décennies, les frappes sur des cibles civiles dans les territoires palestiniens, les blocus imposés à Gaza, et les actions militaires contre des infrastructures critiques, y compris des écoles ou hôpitaux gérés par l’ONU, sont pointés du doigt par la communauté internationale. Human Rights Watch et Amnesty International ont plusieurs fois dénoncé des « crimes de guerre » commis par Israël, notamment lors des conflits de 2008-2009, 2014 et plus récemment en 2021.
La Cour pénale internationale (CPI) est également dans la ligne de mire d’Israël. Depuis que la CPI a ouvert des enquêtes sur les crimes présumés commis dans les territoires palestiniens, Israël rejette toute légitimité de la Cour, affirmant que la Palestine n’est pas un État reconnu et qu’Israël n’est pas signataire du Statut de Rome, fondateur de la CPI. En 2021, la procureure de la CPI a lancé une enquête sur des crimes de guerre présumés commis à la fois par l’armée israélienne et des groupes armés palestiniens.
En plus de la CPI, Israël a souvent critiqué les rapports du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, affirmant que l’organisation adopte un parti pris contre l’État hébreu. Des résolutions récurrentes visant à enquêter sur les actions d’Israël dans les territoires palestiniens sont régulièrement qualifiées de « politique anti-israélienne » par Tel-Aviv.
Israël semble voir ces entités comme des témoins gênants. En tirant sur les installations de la FINUL et en s’opposant aux enquêtes internationales, Israël cherche non seulement à contourner les accusations mais aussi à délégitimer ces organisations. Ce paradoxe persiste : un État fondé avec la légitimité de l’ONU se heurte désormais à ceux qui étaient censés le surveiller. Faire taire les observateurs ne fera pourtant pas disparaître la réalité des faits.



