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Edito: L’Armée Israélienne face à l’ironie de Nuremberg et à l’Indignation Mondiale

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Une offensive déclenchée par le 7 octobre 2023

L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a coûté la vie à 1 200 Israéliens, a déclenché une offensive militaire israélienne d’une ampleur sans précédent dans la bande de Gaza. Cette campagne, marquée par des destructions massives et un lourd bilan humain, expose une contradiction criante au sein de l’armée israélienne, autoproclamée « la plus morale du monde ». Sommée par le gouvernement de Benjamin Netanyahou d’intensifier ses opérations, avec des projets d’occupation totale de Gaza révélés en 2025, Tsahal se trouve à un carrefour éthique. Les accusations de crimes de guerre, voire de génocide, portées par des rapports internationaux, s’accumulent, tandis que des soldats israéliens sont poursuivis à l’étranger. Une montée mondiale des protestations sous le slogan « Free Palestine », souvent qualifiée d’antisémite par Israël, reflète un rejet croissant de ses actions. Ces réactions ne sont-elles pas la conséquence des événements à Gaza ? L’attaque du 7 octobre n’est-elle pas le fruit de l’invisibilisation prolongée de la question palestinienne ? Face au blocage du processus de paix par Israël, plusieurs pays s’apprêtent à reconnaître l’État de Palestine en septembre 2025 lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Les projets d’invasion totale de Gaza exacerbent ces tensions. Ironie tragique : une armée issue d’un peuple victime des crimes nazis, jugés à Nuremberg, est aujourd’hui accusée de violer les principes issus de ces procès. Comment Tsahal, qui se revendique morale, peut-elle manquer du courage de désobéir à des ordres potentiellement immoraux ?

Une offensive aux conséquences humanitaires dramatiques

L’opération militaire à Gaza a engendré un désastre humanitaire. Selon le ministère de la Santé de Gaza, plus de 61 000 personnes ont été tuées depuis octobre 2023, dont une majorité de civils, incluant 16 000 enfants et 11 000 femmes. Plusieurs massacres ont marqué cette guerre : le bombardement de l’école Al-Taba’een à Gaza Ville, le 10 août 2024, a tué 93 civils, dont 11 enfants, selon l’UNRWA. L’attaque sur le camp de Jabalia, en octobre 2023, a fait plus de 100 morts en une journée. Les frappes sur l’hôpital Al-Shifa, en novembre 2023, ont détruit des infrastructures médicales vitales, causant des centaines de victimes. Ces actes, qualifiés de « domicide » par les Nations unies, visent à rendre le territoire inhabitable, en violation des Conventions de Genève. La stratégie israélienne s’appuie sur la « doctrine Dahiya », formulée en 2006 par le général Gadi Eizenkot, membre du cabinet de guerre. Cette approche prône un usage disproportionné de la force, sans distinction claire entre cibles militaires et civiles. Des témoignages de soldats, rapportés par Haaretz, révèlent des ordres autorisant des tirs sur des civils près des centres d’aide humanitaire sous prétexte de « menace potentielle ». Ces pratiques, combinées à un blocus privant Gaza d’eau, de nourriture et de carburant depuis mars 2025, ont engendré une crise humanitaire qualifiée de « famine généralisée » par l’ONU.

Une stratégie d’invisibilisation des crimes

Israël est accusé de dissimuler l’ampleur de ses actions, notamment en ciblant les journalistes. Depuis octobre 2023, Reporters sans frontières recense 103 journalistes tués à Gaza, un record historique. Des cas emblématiques, comme l’assassinat de Shireen Abu Akleh à Jénine en 2022 ou celui d’Ismail al-Ghoul en juillet 2024, illustrent cette stratégie. L’ONG a déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale pour « crimes de guerre » contre les journalistes, tandis qu’Euro-Med Monitor dénonce des « exécutions ciblées ». Cette invisibilisation est renforcée par l’utilisation de l’intelligence artificielle, notamment le logiciel Lavender, qui identifie des cibles à partir de données massives. Selon l’ONG +972 Magazine, Lavender tolère des pertes collatérales élevées, prévoyant jusqu’à 10 % de victimes civiles pour chaque cible désignée. Cette automatisation des frappes, qui délègue des décisions létales à des algorithmes, contourne le choix humain et l’éthique qui devrait l’accompagner, permettant à Tsahal de se dédouaner de la responsabilité morale des morts civils. Les restrictions d’accès pour les observateurs internationaux complètent cette stratégie, privant le monde d’un regard objectif sur la tragédie de Gaza.

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Poursuites internationales et protestations mondiales

À l’étranger, des soldats israéliens sont poursuivis pour leurs actions. En janvier 2025, Yuval Vagdani, un réserviste, a fui le Brésil après l’ouverture d’une enquête pour crimes de guerre, basée sur ses publications sur les réseaux sociaux. En juillet 2025, la Belgique a référé une plainte contre deux soldats à la Cour pénale internationale pour des atrocités présumées. Environ 50 plaintes ont été déposées dans le monde, notamment en France, en Afrique du Sud et aux Pays-Bas, visant des actes comme la destruction de maisons civiles ou des attaques indiscriminées. Ces poursuites, fondées sur la compétence universelle, signalent une volonté croissante de demander des comptes. Parallèlement, des protestations sous le slogan « Free Palestine » se multiplient, de Londres à Rio de Janeiro. Israël y voit une forme d’antisémitisme, notant une hausse de 104 % des attaques antisémites physiques en 2024. Pourtant, ces manifestations traduisent une indignation face aux destructions et pertes humaines à Gaza. Ce rejet mondial ne trouve-t-il pas sa source dans les actes commis dans l’enclave ? La colère exprimée reflète un sentiment d’injustice face à un peuple dont les droits sont niés depuis des décennies.

Le 7 octobre : un symptôme de l’invisibilisation palestinienne

L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, bien que condamnée pour sa brutalité, ne peut être dissociée de l’invisibilisation de la question palestinienne. Depuis des décennies, l’occupation israélienne, les colonies illégales et le blocus de Gaza ont étouffé les aspirations à l’autodétermination. Le processus de paix, enlisé depuis les accords d’Oslo, est bloqué par l’intransigeance israélienne, notamment sous Netanyahou, qui a rejeté toute solution à deux États. Ce vide diplomatique a alimenté le désespoir et la radicalisation, dont l’attaque du 7 octobre est un symptôme tragique. Comme l’écrit Gideon Levy dans Haaretz, « sans sanctions pour arrêter le massacre à Gaza, la reconnaissance de la Palestine reste un geste vide ».

Reconnaissance de la Palestine en septembre 2025

Face à ce blocage, une dynamique internationale émerge pour reconnaître l’État de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2025. La France, par la voix d’Emmanuel Macron, a annoncé le 24 juillet 2025 qu’elle reconnaîtrait officiellement l’État de Palestine, devenant la première puissance du G7 à franchir ce pas. Cette décision, saluée par l’Autorité palestinienne et le Hamas comme une « étape positive », vise à relancer la solution à deux États et à répondre aux aspirations palestiniennes à l’autodétermination. Le Canada, sous l’impulsion de Mark Carney, et l’Australie, dirigée par Anthony Albanese, ont également confirmé leur intention de reconnaître la Palestine en septembre, conditionnant toutefois cette reconnaissance à des engagements de l’Autorité palestinienne, comme l’exclusion du Hamas de la gouvernance et le désarmement de la résistance. Le Royaume-Uni, par la voix de Keir Starmer, a posé des conditions similaires, exigeant qu’Israël accepte un cessez-le-feu et s’engage dans un processus de paix. D’autres pays, comme le Portugal, le Luxembourg, Malte, la Nouvelle-Zélande et Saint-Marin, devraient également reconnaître la Palestine lors de cette Assemblée générale, dans le cadre de l’« Appel de New York » lancé le 30 juillet 2025 par 15 pays occidentaux, dont la France, le Canada et l’Australie. Cet appel, co-présidé par la France et l’Arabie saoudite, promeut une solution à deux États, la reconstruction de Gaza, le désarmement du Hamas et l’exclusion de ce dernier de la gouvernance palestinienne. Neuf des 15 signataires, dont la France, Malte et le Portugal, prévoient de formaliser leur reconnaissance en septembre, rejoignant les 148 États membres de l’ONU ayant déjà reconnu la Palestine. Netanyahou a qualifié ces reconnaissances de « récompense à la terreur », tandis que le vice-Premier ministre Yariv Levin a appelé à annexer la Cisjordanie en réponse. Ces initiatives marquent un tournant diplomatique, visant à rééquilibrer une situation où l’invisibilisation de la cause palestinienne devient intenable.

Les projets d’invasion totale de Gaza

En 2025, le gouvernement israélien a approuvé des plans visant à prendre le contrôle total de la bande de Gaza, marquant une escalade majeure. Le 5 mai 2025, le cabinet de sécurité a validé une campagne militaire prévoyant la « conquête » de l’enclave, avec le déplacement massif de sa population. Relancée le 18 mars 2025 après une trêve de deux mois, cette offensive inclut le rappel de dizaines de milliers de réservistes et une attaque de grande envergure. Le plan, détaillé le 8 août 2025, vise à prendre le contrôle de Gaza Ville, avec une évacuation de près d’un million de civils d’ici le 7 octobre 2025, date symbolique marquant le deuxième anniversaire de l’attaque du Hamas. Netanyahou a justifié cette stratégie comme le « meilleur moyen de vaincre le Hamas » et de libérer les otages, tout en insistant sur une démilitarisation de Gaza et l’établissement d’une « administration civile » excluant le Hamas et l’Autorité palestinienne. Cependant, des déclarations de Bezalel Smotrich prônant la « destruction totale » de Gaza et le transfert de sa population ont renforcé les accusations de « nettoyage ethnique ». La communauté internationale a réagi avec vigueur. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a exigé l’arrêt immédiat du plan, le qualifiant de violation de la décision de la Cour internationale de justice enjoignant à Israël de mettre fin à son occupation. L’Union européenne, par la voix d’Ursula von der Leyen, a appelé Israël à revenir sur sa décision, tandis que l’Arabie saoudite a dénoncé un « nettoyage ethnique ». La Chine a exprimé une « grave inquiétude », estimant que « Gaza appartient au peuple palestinien » et exhortant Israël à cesser ses « actions dangereuses ». La Russie, lors de la réunion du Conseil de sécurité du 10 août 2025, a qualifié le plan de « sentence de mort » pour les Palestiniens, avertissant d’une catastrophe régionale. Vingt pays arabes et musulmans, dont la Turquie, ont condamné une « escalade dangereuse », tandis que le Brésil a réclamé un retrait immédiat des troupes israéliennes. L’Égypte et la Jordanie ont rejeté toute implication dans le déplacement des Gazaouis, qualifiant l’idée de complicité dans un « nettoyage ethnique ». Seuls les États-Unis, fidèle allié d’Israël, ont adopté une position prudente, insistant sur la protection des civils sans condamner explicitement le plan.

Réactions des organisations internationales

Les organisations internationales ont également réagi avec force. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a qualifié le plan de « dangereux précédent » risquant d’aggraver les conséquences catastrophiques pour des millions de Palestiniens et de mettre en danger les otages. Amnesty International a dénoncé une décision « révoltante » violant le droit international, tandis que Human Rights Watch a souligné que les attaques israéliennes sur des écoles abritant des civils illustrent l’absence de lieux sûrs à Gaza, exacerbant la crise humanitaire. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé à un accès humanitaire immédiat et sans entrave, avertissant que l’invasion aggraverait la famine et les déplacements forcés. Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé les restrictions imposées aux ONG, qui entravent la distribution d’aide, et a appelé à un cessez-le-feu pour protéger les civils. En Israël, le chef d’état-major Eyal Zamir a exprimé des réticences, tandis que des manifestations à Tel-Aviv, menées par des figures comme Einav Zangauker, dénoncent un plan qui « sacrifie » les otages. Zangauker, dont le fils est otage, a déclaré : « Ce plan est une condamnation à mort pour nos proches. » Shahar Mor Zahiro, un autre leader des familles d’otages, a ajouté : « Netanyahou choisit la guerre au détriment de nos proches, abandonnant toute humanité. »

L’ironie tragique de Nuremberg

Les procès de Nuremberg (1945-1946), nés de l’horreur de la Shoah, ont établi un principe cardinal : l’obéissance aux ordres ne saurait exonérer un individu de sa responsabilité face à des crimes contre l’humanité. L’ironie est cinglante : une armée issue d’un peuple victime des crimes nazis, jugés à Nuremberg, est aujourd’hui accusée de violer les principes issus de ces procès. La Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre Netanyahou et Yoav Gallant en mai 2025 pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité ». À Gaza, où les frappes indiscriminées, les destructions massives et les déplacements forcés s’accumulent, les ordres du gouvernement israélien soulèvent des questions graves. Comment une armée qui se revendique « la plus morale du monde » peut-elle exécuter des instructions qui, aux yeux du monde, flirtent avec le génocide ? Le devoir de désobéir, consacré à Nuremberg, est une exigence morale universelle. Chaque soldat, chaque officier, est doté d’une conscience et d’une capacité de discernement. Pourtant, Tsahal, malgré son autoproclamation de moralité, reste largement fidèle à des ordres qui violent les principes fondamentaux du droit international. L’utilisation de l’intelligence artificielle, comme le logiciel Lavender, aggrave cette crise éthique en déléguant des décisions létales à des algorithmes, contournant la responsabilité humaine. Cette automatisation, qui tolère des pertes collatérales massives, permet à Tsahal de se dédouaner de l’éthique qui devrait guider chaque action militaire. Les témoignages de stress post-traumatique et la hausse des suicides parmi les soldats, selon un rapport de Tsahal de juillet 2025, révèlent une crise morale profonde. Un rapport interne indique une augmentation de 30 % des suicides depuis octobre 2023, avec des soldats décrivant un sentiment de « vide moral » face aux ordres reçus. Des psychologues militaires, cités par Haaretz, rapportent que de nombreux conscrits souffrent de cauchemars et de culpabilité après avoir participé à des frappes ayant causé des morts civils.

Tensions internes au sein de l’armée

Les réticences au sein de Tsahal ne se limitent pas aux soldats de base. Le chef d’état-major Eyal Zamir a publiquement exprimé des doutes sur le plan d’invasion totale, avertissant qu’il pourrait « mettre en danger les otages » et « épuiser les capacités militaires » d’Israël, selon un rapport de Haaretz du 10 août 2025. Des généraux, comme l’ancien chef d’état-major Gadi Eizenkot, ont critiqué la stratégie de Netanyahou comme « politiquement motivée », visant à consolider son pouvoir plutôt qu’à assurer la sécurité nationale. Le ministre de la Défense, Israël Katz, a rétorqué que l’armée exécuterait les ordres du gouvernement, révélant une fracture entre les priorités politiques et les préoccupations militaires. Ces tensions internes soulignent une crise morale au sein de l’institution, où certains officiers supérieurs remettent en question la légitimité des ordres, mais hésitent à franchir le pas de la désobéissance ouverte.

Témoignages de refuzniks

Quelques voix dissidentes émergent, incarnant le courage de désobéir. En août 2025, 550 anciens responsables de la sécurité, dont des ex-chefs du Mossad et du Shin Bet, ont appelé à un cessez-le-feu, dénonçant une guerre qui « compromet l’avenir d’Israël ». Des réservistes, comme ceux du mouvement « Soldats pour les otages », refusent de servir, invoquant des ordres contraires à l’éthique. Shaked Rogel, membre de ce mouvement, a déclaré : « Je ne peux pas participer à une guerre qui tue des innocents et sacrifie nos otages. » Un autre refuznik, Yonatan Levi, cité par Breaking the Silence, a raconté : « On m’a ordonné de tirer sur une maison sans vérifier si des civils s’y trouvaient. J’ai refusé, car je ne pouvais pas vivre avec ce poids sur ma conscience. » Une soldate anonyme, dans un témoignage recueilli par l’ONG, a ajouté : « Chaque frappe nous éloigne de nos valeurs. Je ne peux pas continuer à obéir à des ordres qui détruisent des familles entières. » Ces refuzniks, bien que marginaux, rappellent les courageux objecteurs des années 2000, qui rejetaient l’occupation des territoires palestiniens au prix de sanctions sévères, voire de peines de prison. Breaking the Silence a recueilli des dizaines de témoignages similaires, décrivant des ordres de tirer sur des zones civiles sans vérification, renforçant l’idée que la désobéissance est non seulement un droit, mais un devoir.

Parallèles historiques

Le devoir de désobéir n’est pas propre à Nuremberg. Pendant la guerre du Vietnam, des soldats américains, comme le lieutenant William Calley, ont été confrontés à des accusations pour le massacre de My Lai en 1968, où des civils vietnamiens ont été tués. Certains, comme Hugh Thompson, ont désobéi aux ordres en intervenant pour sauver des civils, incarnant un exemple rare de courage moral. Lors de la guerre en Irak, des militaires britanniques ont refusé de participer à des opérations jugées illégales, comme le bombardement de zones civiles à Falloujah en 2004, citant leur devoir éthique. En Afrique du Sud, sous l’apartheid, des conscrits comme ceux du mouvement « End Conscription Campaign » ont refusé de servir dans des opérations répressives contre les townships dans les années 1980, souvent au prix de l’emprisonnement. Ces parallèles historiques soulignent que la désobéissance face à des ordres immoraux est un acte universel, ancré dans la conscience humaine. Pour Tsahal, ces exemples devraient servir de miroir : refuser un ordre criminel n’est pas une trahison, mais un acte de fidélité à des valeurs supérieures.

Une responsabilité historique

Cette absence de désobéissance collective est d’autant plus troublante que Tsahal se drape dans une rhétorique de moralité. Si l’armée israélienne aspire à incarner un idéal éthique, elle doit reconnaître que l’obéissance aveugle à des ordres immoraux est une trahison de cet idéal. Les projets d’invasion totale de Gaza, avec leurs implications de déplacements massifs et de destructions systématiques, placent chaque soldat face à un choix : exécuter et risquer de devenir complice, ou désobéir et préserver son humanité. L’ironie de Nuremberg réside dans ce paradoxe : une nation née des cendres de l’Holocauste, dont l’armée est accusée de crimes contre l’humanité, doit se confronter à la même question morale que les accusés de 1945. Où est le courage de dire « non » lorsque l’honneur d’une armée et d’un peuple est en jeu ? L’histoire juive, marquée par la souffrance et la résilience, rend ce silence encore plus assourdissant.

L’armée israélienne se trouve à un tournant. En poursuivant une campagne aux conséquences humanitaires désastreuses, elle risque de perdre toute légitimité morale. Les poursuites internationales et les protestations mondiales ne sont pas de l’antisémitisme, mais une réponse à des actes documentés à Gaza. L’attaque du 7 octobre, bien que criminelle, est aussi le résultat d’une question palestinienne ignorée. La reconnaissance imminente de l’État de Palestine par des pays comme la France, le Canada, l’Australie, le Portugal, le Luxembourg, Malte, la Nouvelle-Zélande et Saint-Marin, dans le cadre de l’« Appel de New York », marque un tournant diplomatique. Ces gestes visent à rééquilibrer une situation où l’invisibilisation de la cause palestinienne devient intenable. Les projets d’invasion totale de Gaza amplifient l’urgence d’un choix moral. Les soldats israéliens doivent se rappeler les leçons de Nuremberg : désobéir à un ordre immoral est un acte de conscience. Comme l’a écrit Alain Refalo, « obéir à des ordres criminels fait de vous des criminels ». À Gaza, le courage consisterait à dire : « Pas en notre nom. »

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François El Bacha
François El Bachahttp://el-bacha.com
Expert économique, François el Bacha est l'un des membres fondateurs de Libnanews.com. Il a notamment travaillé pour des projets multiples, allant du secteur bancaire aux problèmes socio-économiques et plus spécifiquement en terme de diversité au sein des entreprises.

2 Commentaires

    • Cet article est bien écrit mais il est en deçà de la réalité. Écrire « l’armée israélienne se trouve à un tournant. En poursuivant une campagne aux conséquences humanitaires désastreuses, elle risque de perdre toute légitimité morale » est de la pure rhétorique à l’adresse des occidentaux et de leur fable de  » l’armée la plus morale du monde ». Tsahal n’a jamais eu de légitimité « morale ». C’est une armée coloniale d’occupation.

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