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Edito: Le Liban face à l’incertitude présidentielle du 9 janvier prochain

Le Liban, sans président depuis le 31 octobre 2022, se prépare à une nouvelle session parlementaire le 9 janvier 2025 pour élire son chef d’État. Ce scrutin marquera l’officialisation de la candidature présidentielle du général Joseph Aoun, commandant en chef de l’armée libanaise, qui bénéficie de soutiens notables, au Liban notamment de Walid Joumblatt et de son bloc parlementaire, et à l’étranger comme de certains pays arabes. 

Le scrutin présidentiel libanais a connu de nombreux échecs depuis 2022, avec des sessions parlementaires infructueuses pour élire un successeur à Michel Aoun. 

Après plusieurs mois de paralysie politique et de tentatives échouées, des figures politiques telles que Samir Geagea et Sleiman Frangieh ont été proposées à diverses reprises, mais les tensions entre les factions, notamment autour de l’influence du Hezbollah, ont empêché toute avancée décisive.

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L’affaiblissement relatif du Hezbollah, notamment après la disparition de son leader, Hassan Nasrallah, le 27 septembre 2024, et le conflit avec Israël a changé les rapports de force au Liban. 

Pour le Liban, il pourtant plus que nécessaire d’avoir un président face aux défis majeurs que traverse le pays comme l’occupation par Israël d’une partie du Liban qui reste un facteur clé de tension et d’instabilité. 

De plus, la chute de Bachar al-Assad, ancien soutien clé des politiques libanaises et un des grands électeurs pour la présidence libanaise, a également modifié les équilibres régionaux. 

Le changement de régime en Syrie et l’influence croissante de la Turquie dans la région apportent de nouveaux enjeux géopolitiques à prendre en compte.  

Cette évolution politique s’accompagne d’une réorientation des alliances, en interne et même au niveau international avec la recherche de nouveaux « parrains » avec certains responsables libanais privilégiant désormais Ankara pour leurs déplacements diplomatiques plutôt que Damas.

Enfin, le Liban est au bord de l’effondrement économique même s’il a réussi à conserver jusqu’à présent une certaine illusion d’une stabilité relative, avec un système financier à bout de souffle et des négociations qui piétinent avec le FMI, rendant d’autant plus urgent le besoin d’une direction politique stable pour naviguer dans ces défis complexes.

Dans ce contexte, Nabih Berri, président du Parlement, a exprimé son optimisme quant à l’élection d’un président lors de la session du 9 janvier. Selon lui, l’atmosphère actuelle est positive et pourrait permettre de surmonter les blocages institutionnels. Il a ainsi invité des personnalités internationales à assister à cette session, notamment Amos Hochstein, envoyé spécial des États-Unis pour les négociations entre Israël et le Liban, y compris pour le cessez-le-feu, et Jean-Yves Le Drian, envoyé spécial de la France pour le Liban. Leur présence témoigne de l’importance de cet événement pour la diplomatie internationale et pour l’avenir politique du Liban.

Cependant, l’absence de consensus réel et les divisions internes semblent amener à de nombreuses incertitudes quant à l’élection effective d’un prochain président de la République le 9 janvier prochain. La situation doit donc encore se décanter. 

François El Bacha
François El Bachahttp://el-bacha.com
Expert économique, François el Bacha est l'un des membres fondateurs de Libnanews.com. Il a notamment travaillé pour des projets multiples, allant du secteur bancaire aux problèmes socio-économiques et plus spécifiquement en terme de diversité au sein des entreprises.

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