Ah, le Liban… où on fait tout, sauf s’occuper de nos propres élections ! Ici, non seulement on se désintéresse royalement de qui va diriger notre cher pays, mais on en profite pour donner des consignes électorales aux Libanais binationaux… pour les élections étrangères. Et là, attention, c’est du sérieux ! « Votez Trump ! », « Votez RN ! », et si tu ne suis pas ces consignes, attends-toi à être radié du groupe WhatsApp.
Pour les élections américaines, c’est simple : Trump est vu comme un sauveur cosmique par certains. Si tu leur demandes pourquoi ils sont pro-Trump, ils te sortiront des théories qui te feront regretter de ne jamais avoir pris un diplôme en science-fiction. Pour eux, la Covid, ce n’était pas un virus, mais un outil, une arme sournoise utilisée pour renverser Trump et installer Biden, le pion du Deep State. Et depuis, tout va mal, même chez nous. On n’a pas d’électricité ? C’est à cause de la fraude électorale aux États-Unis. La livre libanaise s’effondre ? La faute à Biden ! Ce sont ces mêmes personnes qui te diront que Trump aurait redressé le Liban d’un claquement de doigts, entre deux tweets rageurs.
Et côté France, là c’est encore plus piquant : les appels se multiplient pour encourager le vote RN (Rassemblement National, ex-FN), comme si c’était le dernier rempart contre l’effondrement de la civilisation… ou du Liban, allez savoir. « Voter RN, c’est protéger la France, et nous aussi », te disent certains, comme s’ils étaient en première ligne d’une guerre idéologique mondiale. On frôle le surréalisme, d’autant plus que le programme du RN incluait, encore il y a peu, le devoir de choisir une nationalité en cas de double nationalité.
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Le pire est qu’ils ne votent même pas !! Ni à leurs propres élections libanaise, la politique niaaaaaak, ni aux autres, faute d’en avoir la nationalité.
Mais soyons honnêtes : heureusement, ce sont des minorités. Très bruyantes, très visibles, mais des minorités quand même. Les autres, la majorité silencieuse, n’en ont rien à cirer. Ils vivent leur vie tranquillement, ignorant les consignes électorales qu’on tente de leur imposer depuis Beyrouth. Ils ont d’autres priorités, comme tenter de garder la lumière allumée plus de deux heures par jour.
Alors oui, on a ici cette étrange fascination pour les élections étrangères, tout en laissant notre propre démocratie prendre la poussière. Mais au fond, peut-être que c’est mieux ainsi. Après tout, il faut bien se divertir un peu pendant que notre fauteuil présidentiel reste désespérément vide.





