jeudi, février 19, 2026

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Explosion dans une usine à Fanar : un ouvrier indien tué et deux blessés

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Un accident survenu aux premières heures de la matinée dans une usine de fabrication de boîtes de jus à Fanar, dans la banlieue est de Beyrouth, a entraîné la mort d’un ouvrier de nationalité indienne et blessé deux autres travailleurs. L’incident, signalé vers 4h30 du matin, a été causé par une explosion dans l’une des machines industrielles, provoquant l’effondrement partiel du rez-de-chaussée et du premier étage du bâtiment. Les équipes de la Défense civile ont rapidement intervenu pour des opérations de recherche et de sauvetage, extrayant les victimes des décombres. Cet événement met en lumière les risques persistants dans le secteur manufacturier libanais, où les accidents industriels, bien que moins médiatisés que les crises majeures comme l’explosion du port de Beyrouth en 2020, continuent de toucher des travailleurs souvent vulnérables.

Cette explosion intervient au lendemain de la décision du ministre de l’industrie d’alléger les mesures de surveillance du secteur industriel.

Les circonstances exactes de l’explosion restent à élucider, mais les premiers rapports indiquent qu’elle s’est produite au cœur des installations de production. L’usine, spécialisée dans la fabrication d’emballages pour jus, opère dans une zone industrielle dense où de nombreuses entreprises similaires coexistent. Fanar, située dans le gouvernorat du Mont-Liban, abrite un tissu industriel varié, incluant des activités liées à l’agroalimentaire, qui représente une part significative de la production nationale. Selon des données récentes, le secteur industriel libanais compte plus de 4 700 entreprises, dont environ 26 % se concentrent sur les produits agroalimentaires, suivis des matériaux de construction à 12 %. Cet accident souligne les défis structurels d’un secteur qui, malgré une croissance des exportations doublée à 4 milliards de dollars sur les cinq dernières années, peine à moderniser ses infrastructures face à la crise économique persistante.

Les équipes de la Défense civile, mobilisées immédiatement après l’alerte, ont procédé à l’évacuation des débris et au sauvetage des personnes piégées. Deux ouvriers ont été extraits vivants des ruines et transportés vers un hôpital voisin pour recevoir des soins appropriés. Leurs blessures, bien que non précisées dans les communiqués initiaux, semblent liées à l’effondrement, potentiellement incluant des fractures ou des traumatismes internes. Le corps de l’ouvrier indien, retrouvé sous les décombres, a été récupéré plus tard dans la matinée. Les opérations se poursuivent pour sécuriser le site et prévenir tout risque supplémentaire, comme des effondrements secondaires ou des fuites de substances potentiellement dangereuses.

Le rôle de la Défense civile dans ce type d’incident

La Défense civile libanaise, organisme rattaché au ministère de l’Intérieur, joue un rôle pivotal dans la gestion des urgences industrielles. Fondée sur des principes d’intervention rapide, elle coordonne les efforts de sauvetage, de lutte contre les incendies et de sécurisation des zones affectées. Dans cet accident à Fanar, ses équipes ont démontré une efficacité opérationnelle en extrayant les victimes en un temps relativement court, malgré les défis posés par les décombres. Historiquement, cette entité a été impliquée dans de nombreuses crises, des feux de forêt aux effondrements de bâtiments, et son mandat s’étend à la protection civile en cas de catastrophes naturelles ou anthropiques.

En contexte industriel, la Défense civile intervient souvent en complément des services municipaux et des forces de sécurité internes. Ses protocoles incluent l’évaluation des risques structurels, l’utilisation d’équipements spécialisés pour le levage de débris et la coordination avec les services médicaux. Dans des cas similaires, comme des incidents dans des usines de la région de Beyrouth, elle a permis de limiter les pertes humaines en priorisant les recherches ciblées. Cependant, les ressources limitées, exacerbées par la crise économique depuis 2019, posent des défis : manque de matériel moderne, formation continue et financement stable. Malgré cela, ses interventions restent essentielles, comme l’a illustré sa réponse à des accidents passés dans le secteur manufacturier.

Fanar, un hub industriel sous tension

La zone de Fanar fait partie des pôles industriels clés du Liban, intégrée au gouvernorat du Mont-Liban où se concentre une grande partie de l’activité manufacturière nationale. Cette région abrite des entreprises variées, des ateliers de production alimentaire aux unités de transformation de métaux, bénéficiant de sa proximité avec Beyrouth pour la logistique et les marchés. Le secteur manufacturier libanais, qui contribue à environ 20 % du PIB, a connu une résilience relative malgré les crises. Les exportations industrielles ont progressé, passant de 2 milliards de dollars en 2020 à 4 milliards en 2025, stimulées par une demande régionale pour des produits comme les emballages agroalimentaires.

Pourtant, Fanar illustre les vulnérabilités du secteur : infrastructures vieillissantes, dépendance à l’énergie électrique instable et exposition aux risques environnementaux. Le gouvernement libanais, via l’Autorité de développement des investissements (IDAL), a promu la création de zones industrielles modernes pour stimuler la croissance, avec des incitations fiscales comme des exemptions de douanes et des réductions d’impôts. Trois zones industrielles ont été planifiées, dont certaines près des frontières, pour intégrer les réfugiés syriens et relancer l’économie locale. À Fanar, ces initiatives pourraient moderniser les usines, mais l’accident récent révèle des lacunes en matière de maintenance et de normes de sécurité, souvent négligées en raison de coûts élevés dans un contexte d’inflation galopante.

Les ouvriers étrangers, premières victimes des risques industriels

L’ouvrier décédé dans l’accident de Fanar était de nationalité indienne, un profil courant dans le secteur manufacturier libanais où les travailleurs migrants représentent une main-d’œuvre essentielle. Des milliers d’Indiens, aux côtés de Philippins, Éthiopiens et Bangladais, occupent des postes dans l’industrie, souvent sous des contrats précaires régis par le système de kafala. Ce mécanisme lie le statut de résidence du travailleur à son employeur, limitant sa mobilité et augmentant sa vulnérabilité aux abus. Des études montrent que les non-Libanais subissent plus fréquemment des blessures aux pieds et aux yeux, tandis que les chutes sont plus communes chez les Libanais, reflétant des expositions différenciées aux risques.

Les conditions de travail pour ces ouvriers incluent des horaires extensifs, un manque de protections sociales et une exposition accrue aux dangers mécaniques. En Liban, la législation sur les accidents industriels date de 1943, imposant aux employeurs une responsabilité financière pour les blessures, mais excluant souvent les migrants des pleines protections. Des rapports indiquent que les migrants sont surreprésentés dans les secteurs à haut risque, avec des taux de mortalité élevés : entre 2014 et 2019, près de 34 000 travailleurs indiens sont décédés dans la région du Golfe, un indicateur régional alarmant. Au Liban, les accidents comme celui de Fanar soulignent l’absence de couverture complète pour les maladies professionnelles et les blessures graves.

Historique des accidents industriels au Liban

Le Liban a une longue histoire d’accidents industriels, exacerbée par des conflits et une instabilité économique. Dès les années 1940, des lois ont été promulguées pour couvrir les risques dans les mines, la construction et les usines utilisant des machines motorisées, avec des compensations basées sur l’âge et le salaire. Pourtant, l’application reste inégale, particulièrement pour les migrants. Des recherches comparatives montrent que les non-Libanais rapportent plus d’incidents liés à des objets en mouvement, tandis que les Libanais font face à des chutes plus fréquentes.

Dans les années récentes, la crise financière de 2019 a aggravé ces problèmes : hausse des coûts énergétiques, déséquilibres financiers et réduction des investissements en sécurité. Des secteurs comme la construction, où les migrants sont majoritaires, voient un pic d’incidents, avec des baisses observées seulement dans des pays voisins comme Bahreïn et Qatar après renforcement des inspections. Au Liban, l’absence d’une loi dédiée à la santé et sécurité au travail (OSH) laisse les ouvriers exposés, avec des statistiques imprécises sur les accidents dus à un manque de monitoring systématique.

Le secteur manufacturier face à la crise économique

L’économie libanaise, dominée par les services à 70 %, laisse l’industrie à 20 %, mais ce secteur a montré une adaptation remarquable. Avec l’effondrement de la livre libanaise et la hausse des importations coûteuses, la production locale a surgi : les marques enregistrées ont doublé de 3 500 en 2021 à 6 000 en 2024, favorisant des produits “Made in Lebanon”. À Fanar, les usines comme celle touchée par l’accident produisent des emballages essentiels pour l’export agroalimentaire, un pilier de la résilience économique.

Cependant, les défis persistent : énergie chère, matières premières importées et main-d’œuvre qualifiée limitée. Le gouvernement, via le ministère de l’Industrie, vise une vision intégrée pour 2025, incluant des négociations commerciales protégeant l’industrie nationale et des expositions pour booster les exports. Des prêts internationaux, comme ceux de la Banque européenne d’investissement pour des zones industrielles, visent à moderniser les infrastructures, mais l’accident de Fanar rappelle que sans renforcement des normes de sécurité, ces efforts risquent d’être compromis.

Les implications immédiates pour les travailleurs migrants

Les ouvriers indiens au Liban, souvent recrutés via des agences, font face à des conditions qui incluent non-paiement de salaires, abus verbaux et physiques, et restrictions de mouvement. Des rapports documentent des cas de suicides et d’accidents mortels parmi les migrants domestiques, mais le secteur industriel n’est pas épargné. L’exclusion des migrants de la loi du travail les prive de salaire minimum, limites d’heures et jours de repos, les exposant à des risques accrus.

Dans l’accident de Fanar, l’ouvrier indien décédé illustre cette vulnérabilité : piégé sous les décombres, sans que des détails sur son contrat ou sa couverture ne soient divulgués. Des études montrent que les migrants subissent plus d’abus en raison de leur précarité légale, avec des mécanismes de compensation minimaux. La Défense civile, en continuant à sécuriser le site, met en évidence le besoin d’une coordination accrue entre autorités pour assister les familles des victimes, particulièrement celles à l’étranger.

Réponse continue et sécurisation du site

Les opérations de la Défense civile à Fanar se poursuivent, avec un focus sur la sécurité publique. Les équipes évaluent les risques résiduels, comme des instabilités structurelles ou des fuites de gaz, tout en coordonnant avec les autorités locales pour une enquête approfondie. Cet incident, survenant dans un contexte de tensions régionales, rappelle l’importance d’une préparation aux urgences industrielles, où la Défense civile reste en première ligne pour mitiger les impacts immédiats sur les communautés environnantes.

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