Explosion des coûts de scolarité dans le privé
Les frais de scolarité dans les établissements privés au Liban ont connu une flambée sans précédent en 2025, exacerbant les inégalités dans un pays déjà ravagé par la crise économique depuis 2019. Des écoles renommées telles que Brummana High School et les établissements Makassed exigent désormais plus de 6 000 dollars par an, soit une hausse d’environ 35 % par rapport à 2019, selon les données collectées auprès de 120 établissements privés. L’école évangélique de Rabieh illustre cette escalade, passant de 3 000 à 5 400 dollars entre 2019 et 2025, une augmentation de 80 % en six ans. Cette tendance affecte environ 68 % des 650 000 élèves scolarisés dans le privé, représentant une population de plus de 442 000 enfants. Les hausses, souvent décidées unilatéralement, sont rendues possibles par l’influence de réseaux politiques, religieux et financiers, qui protègent environ 45 % des écoles privées de toute régulation stricte. Une étude récente estime que 42 % des établissements ont augmenté leurs frais de 25 % à 40 % sans justification détaillée, exploitant l’absence de cadres réglementaires efficaces. Lama Toueil, présidente de l’Union des comités de parents, qualifie cette situation d’« anarchie tarifaire » et dénonce l’inaction du ministère de l’Éducation, qui n’a pas activé les conseils arbitraux régionaux promis depuis 2021. En 2024, moins de 10 % des plaintes parentales ont été traitées, et aucune réunion de ces instances n’a eu lieu, malgré les revendications de 78 % des 15 000 familles interrogées dans une enquête nationale. Le Conseil des ministres, resté muet face à ces augmentations, laisse présager une fracture sociale croissante, avec 55 % des ménages déclarant ne plus pouvoir assumer ces coûts en août 2025.
Un corps enseignant en déclin
L’explosion des frais de scolarité n’a pas bénéficié au corps enseignant du privé, accentuant une crise structurelle. Nehme Mahfoud, président du syndicat des enseignants du privé, indique que seulement 12 % des écoles répercutent les hausses sur les salaires, les autres privilégiant leurs marges. Cette disparité a déclenché une hémorragie : entre 2021 et 2025, plus de 22 % des enseignants, soit environ 6 500 sur les 29 000 recensés dans le privé, ont émigré, principalement vers les pays du Golfe ou l’Europe, selon les statistiques syndicales. Les salaires restants, souvent fixés à 1,5 million de livres libanaises par mois (environ 100 dollars), ne représentent que 25 % de leur valeur d’avant 2019, en raison de la dévaluation de la livre. Dans le secteur public, la ministre de l’Éducation n’a pas réussi à instaurer une semaine de cinq jours, faute de fonds pour recruter les 14 000 enseignants nécessaires, estimés par une analyse budgétaire de 2024. En 2024-2025, 87 % des 1 200 écoles publiques fonctionnent sur quatre jours, avec une perte de 20 % des heures d’enseignement par élève par rapport à 2019, affectant 320 000 élèves. Cette réduction a entraîné une baisse de 15 % des scores aux examens nationaux, selon une évaluation de juillet 2025.
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Un accès inégal à l’enseignement
L’envolée des coûts de scolarité a rendu l’éducation inaccessible pour de nombreux Libanais, notamment les familles de militaires. En août 2025, le ministère de la Défense a dû intervenir pour protéger les droits de 3 800 enfants de militaires, menacés d’exclusion par 25 % des écoles privées pour non-paiement. Le ministre Michel Mansa a signalé une chute de 65 % du pouvoir d’achat des militaires depuis 2019, avec un revenu mensuel moyen de 180 dollars, rendant les 6 000 dollars annuels hors de portée pour 70 % des 5 400 familles concernées. Dans le public, la situation se détériore : 15 % des 2 000 demandes de transfert du privé vers le public ont été bloquées en 2025, souvent par le refus de 35 % des écoles privées de fournir les attestations nécessaires, comme observé dans une étude sur 1 500 cas à Jdeideh. Cette pratique reflète une privatisation croissante, avec 72 % des inscriptions publiques dépendant désormais d’interventions personnelles ou politiques, selon une enquête menée auprès de 10 000 parents en juillet 2025.
Décrochage scolaire et rupture sociale
La hausse des coûts alimente une crise de décrochage scolaire alarmante. En 2024-2025, le taux d’abandon a grimpé à 30 % dans le public (affectant 96 000 des 320 000 élèves) et 14 % dans le privé (soit 62 000 des 442 000 élèves), selon les données du ministère de l’Éducation. Ce phénomène est amplifié par des pratiques clientélistes : à l’école antonienne de Ghazir, une augmentation de 28 % des frais, prévue pour septembre 2025, a été annulée après des pressions exercées par 18 % des familles influentes, selon un rapport syndical. Une analyse indique que 45 % des 650 écoles privées recourent à de telles négociations, transformant l’éducation en un marché de faveurs. Cette dynamique aggrave les inégalités, avec une disparité de 38 % dans les résultats scolaires entre public et privé en 2025, mesurée sur 50 000 élèves évalués. De plus, 62 % des élèves privés proviennent de ménages aisés, contre seulement 12 % dans le public, renforçant une fracture sociale que 80 % des experts estiment irréversible sans réforme d’urgence.



