Depuis le début de la crise économique libanaise en 2019, la liquidité bancaire s’est effondrée, reflétant la désintégration progressive du système financier. Entre retraits massifs, perte de confiance des déposants, et dévaluation de la livre libanaise, les banques ont vu leur rôle traditionnel d’intermédiation disparaître. En 2024, cette tendance s’est poursuivie, soulignant l’urgence de réformes structurelles.
effondrement des liquidités étrangères
Les liquidités bancaires détenues à l’étranger, autrefois un atout stratégique pour le Liban, ont connu une chute vertigineuse. De 8,3 milliards USD en 2020, elles sont passées à seulement 4,15 milliards USD en 2024, une baisse de 50 % en quatre ans.
Tableau 1 : Évolution des liquidités bancaires à l’étranger (2019-2024, en milliards USD)
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| Année | Liquidités (milliards USD) |
|---|---|
| 2019 | 10,5 |
| 2020 | 8,3 |
| 2021 | 6,1 |
| 2022 | 5,2 |
| 2023 | 4,46 |
| 2024 | 4,15 |
Cette baisse est principalement due à :
- Retraits massifs des déposants : La perte de confiance des épargnants a entraîné des sorties massives de capitaux.
- Dépendance accrue au marché local : Les banques ont dû rapatrier des fonds pour financer leurs obligations en livres libanaises.
- Restrictions réglementaires : Les contrôles de capitaux imposés depuis 2019 ont limité les transferts à l’étranger, contribuant à une érosion progressive des actifs extérieurs.
perte de la confiance des déposants
La confiance des déposants dans le système bancaire libanais s’est effondrée depuis le début de la crise. Entre 2019 et 2024, les dépôts ont diminué de manière significative, en partie à cause de la dévaluation de la livre libanaise et de l’incapacité des banques à honorer les demandes de retrait en devises étrangères.
- Dépôts en devises : Une partie substantielle des dépôts, auparavant libellée en dollars, est désormais convertie en « lollars » à des taux largement défavorables.
- Dépôts en livres libanaises : Leur valeur réelle a été réduite à néant par l’hyperinflation, décourageant les épargnants.
montée des actifs toxiques
Les bilans bancaires sont aujourd’hui dominés par des actifs toxiques, principalement des obligations souveraines. En 2024, ces actifs représentaient environ 70 milliards USD, dont la valeur réelle est pratiquement nulle sur les marchés internationaux.
Tableau 2 : Structure des actifs bancaires en 2024 (en milliards USD)
| Catégorie | Valeur estimée |
|---|---|
| Obligations souveraines | 70,0 |
| Prêts aux entreprises | 15,3 |
| Prêts aux particuliers | 7,8 |
| Liquidités disponibles | 4,15 |
La gestion inefficace de ces actifs par les banques, combinée à l’absence de restructuration de la dette publique, aggrave leur insolvabilité.
impact sur l’économie et perspectives
Le déclin des liquidités bancaires a eu des répercussions dramatiques sur l’économie libanaise, notamment :
- Réduction des crédits : Les prêts au secteur privé ont chuté, freinant la croissance économique.
- Perte de rôle des banques : Les banques, autrefois moteur de l’économie, sont devenues un poids mort.
- Stagnation des investissements : Le manque de liquidités a entravé les projets d’investissement, aggravant le chômage.
Les perspectives pour 2025 restent sombres, à moins que des réformes structurelles profondes ne soient mises en œuvre, notamment la recapitalisation des banques, la restructuration de la dette publique, et l’introduction de mécanismes de résolution bancaire.



