Le Liban traverse une crise économique sans précédent depuis 2019, marquée par l’effondrement de sa monnaie, la chute de son PIB et une crise bancaire paralysante. Toutefois, selon l’Institut de la Finance Internationale (IIF), un plan de réformes structurelles en profondeur pourrait permettre au pays de retrouver son niveau économique pré-crise d’ici 2029.
L’élection de Joseph Aoun à la présidence et la formation d’un nouveau gouvernement marquent une opportunité pour relancer l’économie. L’IIF estime que la stabilisation politique, accompagnée d’un programme de réformes soutenu par le Fonds monétaire international (FMI) et des financements extérieurs, pourrait remettre le Liban sur la voie de la croissance.
Les piliers du redressement économique
L’IIF identifie sept mesures clés pour restaurer l’économie libanaise :
Suivez les principaux indicateurs économiques en temps réel.
- Stabilisation politique et sécuritaire : La mise en œuvre d’un cessez-le-feu durable entre Israël et le Hezbollah et la reconstruction des infrastructures endommagées.
- Réforme du système judiciaire : Garantir l’application de l’État de droit et renforcer la lutte contre la corruption.
- Flexibilité du régime de change : Adopter un taux de change flexible pour restaurer la confiance dans la livre libanaise.
- Consolidation fiscale : Augmenter les recettes fiscales sans hausse d’impôts et prioriser les dépenses publiques.
- Restructuration du secteur bancaire : Restaurer l’accès aux dépôts et recapitaliser les banques.
- Renforcement des filets de protection sociale : Développer un système de soutien pour les populations vulnérables.
- Mobilisation de financements extérieurs : Obtenir des prêts concessionnels et des investissements directs étrangers (IDE).
Scénarios de croissance d’ici 2029
L’IIF présente deux scénarios économiques pour les années à venir :
1. Scénario de réformes profondes
Si les réformes sont pleinement mises en œuvre, le Liban pourrait recevoir 12,5 milliards de dollars d’aide multilatérale et des investissements directs étrangers (IDE) de 10 milliards de dollars provenant des pays du Golfe. L’IIF projette un taux de croissance annuelle du PIB réel de 6,2 % entre 2025 et 2029, avec une économie atteignant 53 milliards de dollars en 2029.
Dans ce cadre, le solde budgétaire serait excédentaire à 3,3 % du PIB, grâce à l’amélioration de la collecte fiscale et à la lutte contre l’évasion fiscale. La dette publique suivrait une trajectoire descendante, et le déficit du compte courant se réduirait grâce à la reprise des exportations et au retour des touristes.
2. Scénario de réformes limitées
Dans un scénario où les réformes peinent à être appliquées, l’IIF anticipe un taux de croissance de seulement 3 % par an, une poursuite de la dépréciation de la livre libanaise et une accélération de l’inflation. L’absence d’accord avec le FMI limiterait l’aide financière, et le déficit du compte courant resterait élevé, compromettant la stabilité économique.
Un délai serré pour agir
Le gouvernement dispose d’une fenêtre de tir limitée avant les élections parlementaires de mai 2026. Le succès des réformes dépendra de la capacité des autorités à bâtir un consensus national et à surmonter les résistances politiquesinternes.
Sans une transformation structurelle rapide, le Liban risque de voir sa crise économique s’éterniser, menaçant non seulement la stabilité financière du pays, mais aussi sa cohésion sociale.



