La chute du régime de Bachar al-Assad en Syrie, capturée par des rebelles islamistes, marque un tournant majeur dans la région. Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, a reconnu l’ampleur de cet événement, tout en réaffirmant la résilience et les ressources du groupe face à ce bouleversement. Alors que les conséquences sur le Liban et la « résistance » restent incertaines, le Hezbollah adopte une posture prudente, insistant sur son expérience dans la gestion des crises historiques.
La chute du régime de Bachar al-Assad, désormais contrôlé par des rebelles islamistes, redéfinit les équilibres régionaux. Hassan Fadlallah, député du Hezbollah et figure clé du groupe, a pour la première fois évoqué ce bouleversement en soulignant son importance stratégique et ses répercussions possibles sur le Liban, la résistance et le Hezbollah lui-même.
Dans ses déclarations, Fadlallah n’a pas minimisé la gravité de cet événement, le qualifiant de « transformation majeure et dangereuse ». Cependant, il a évité d’entrer dans une analyse détaillée des causes, déclarant : « L’évaluation de ce qui s’est passé ne se fera pas sur les podiums. » Cette prudence témoigne de l’approche méthodique adoptée par le Hezbollah face à une situation qui pourrait profondément influencer sa stratégie et son positionnement régional.
Un bouleversement à l’échelle régionale
Depuis le début du conflit syrien, le Hezbollah s’est engagé aux côtés du régime de Bachar al-Assad, considérant son maintien au pouvoir comme un élément essentiel à la stabilité de l’axe de résistance face à Israël et aux forces occidentales. La chute du régime représente non seulement une défaite stratégique pour le Hezbollah, mais aussi une incertitude quant à l’avenir de ses alliés régionaux.
Fadlallah a reconnu l’ampleur des conséquences potentielles sur le Liban et la résistance, affirmant que « personne ne peut minimiser l’impact » de cet événement. Cependant, il a tenu à rassurer ses partisans en soulignant les fondations spirituelles et sociales du Hezbollah : « Nous puisons notre force dans Dieu Tout-Puissant, notre foi, notre peuple et nos capacités. » Cette insistance sur la résilience intérieure montre la volonté du groupe de maintenir une image de solidité malgré les pertes subies sur le terrain syrien.
Une réorganisation stratégique en perspective
Fadlallah a également laissé entendre que le Hezbollah pourrait devoir ajuster sa stratégie à la lumière de ces nouveaux développements. En évoquant l’avenir de la Syrie, il a déclaré : « Nous laisserons les choses se dérouler sans précipiter nos jugements. » Cette approche prudente reflète une reconnaissance implicite des défis que le groupe pourrait rencontrer pour maintenir son influence dans une région en mutation rapide.
L’un des enjeux majeurs sera de gérer les conséquences internes au Liban, où l’opinion publique reste divisée sur le rôle du Hezbollah en Syrie. Le groupe devra également faire face à des pressions accrues de la part de ses adversaires, qui pourraient tenter d’exploiter cette crise pour affaiblir davantage le mouvement.
Une résilience éprouvée par l’histoire
Malgré ces incertitudes, Fadlallah s’est voulu rassurant quant à la capacité du Hezbollah à surmonter les difficultés. « Nous avons traversé des expériences plus dures et plus amères dans notre histoire et nous les avons surmontées », a-t-il déclaré, rappelant les défis passés auxquels le groupe a fait face, notamment les guerres avec Israël et les sanctions internationales.
En affirmant que le Hezbollah sait « comment protéger notre pays, faire face aux défis et surmonter les difficultés, quelles qu’elles soient », Fadlallah cherche à projeter une image de confiance et de détermination. Cependant, la perte d’un allié aussi crucial que le régime syrien représente un test inédit pour l’organisation.
Les répercussions pour le Liban
Au-delà de l’impact direct sur le Hezbollah, la chute du régime syrien pourrait avoir des implications profondes pour le Liban. Les frontières poreuses entre les deux pays ont permis au conflit syrien de s’étendre sur le territoire libanais, exacerbant les tensions communautaires et renforçant la polarisation politique.
Certains craignent que l’effondrement du régime Assad n’entraîne une montée en puissance de groupes islamistes radicaux dans la région, ce qui pourrait déstabiliser davantage le Liban. D’autres voient dans cet événement une opportunité de rééquilibrer le paysage politique libanais, en réduisant l’influence du Hezbollah et de ses alliés.



