vendredi, janvier 23, 2026

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Hezbollah en deuil : publication des noms des commandants tués dans le conflit avec Israël

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Une annonce qui secoue le Liban et la région

Hezbollah a publié une liste de 35 commandants et hauts responsables militaires tués au cours des treize mois de guerre qui l’opposent à Israël. L’annonce, faite ce mardi, comprend non seulement les noms et visages des figures récemment disparues, mais mentionne également l’ancien secrétaire général Hassan Nasrallah et Hashem Safieddine, deux figures majeures du mouvement, tués dans des frappes aériennes israéliennes sur Beyrouth.

La publication de cette liste a provoqué un choc à la fois au Liban et dans l’ensemble du Moyen-Orient. La disparition de ces figures stratégiques constitue un coup dur pour l’organisation, qui fait face à l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Pendant ce temps, du côté israélien, ces assassinats ont été célébrés comme des avancées majeures sur le plan militaire et du renseignement.

Hassan Nasrallah : une disparition qui marque un tournant

La mort de Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah depuis 1992, représente un tournant décisif. Pendant plus de trois décennies, il a dirigé le mouvement à travers plusieurs guerres contre Israël et l’a transformé en une puissance militaire et politique incontournable au Liban. Sous sa direction, le Hezbollah est entré dans l’arène politique libanaise, tout en s’impliquant activement dans les conflits régionaux, notamment en Syrie, en Irak et au Yémen.

Nasrallah était une figure profondément divisive. Ses partisans le considéraient comme le libérateur du sud du Liban, après le retrait israélien de 2000. Ses opposants, en revanche, l’accusaient d’avoir fait du Hezbollah un bras armé de l’Iran, menaçant la stabilité du Liban et entravant sa souveraineté par la possession d’un arsenal militaire indépendant de l’État.

Il a été tué dans une série de frappes aériennes israéliennes qui ont détruit plusieurs bâtiments dans la banlieue sud de Beyrouth. Avec lui, Ali Karaki, commandant du front sud du Hezbollah, a également trouvé la mort.

Nabil Qaouq et Ibrahim Aqil : figures de la résistance et cibles prioritaires

Nabil Qaouq, tué en septembre dans une frappe israélienne, était l’un des principaux chefs du Hezbollah. Il avait rejoint le mouvement dans les années 1980 et en était devenu une figure militaire de premier plan. En tant que commandant militaire du sud du Liban entre 1995 et 2010, il a supervisé plusieurs affrontements avec Israël. Sa mort a privé le Hezbollah d’un stratège influent, souvent cité comme un possible successeur de Nasrallah.

Ibrahim Aqil, quant à lui, était à la tête des forces Radwan, une unité d’élite du Hezbollah opérant dans le sud du Liban et en Syrie. Son rôle au sein du Conseil du Jihad, l’organe militaire le plus haut placé du Hezbollah, faisait de lui une cible prioritaire. Les services de renseignement américains l’avaient inscrit sur leur liste des personnes les plus recherchées, l’accusant d’avoir participé à l’attentat de 1983 contre l’ambassade américaine à Beyrouth. Il a été tué dans la même frappe qui a emporté Ahmad Wehbe, un autre commandant des forces Radwan.

Des pertes stratégiques dans le renseignement et l’armement

Les assassinats ciblés israéliens ont aussi visé des figures responsables du développement technologique et militaire du Hezbollah. Parmi eux, Mohammad Srour, chef de l’unité des drones du Hezbollah, qui a introduit l’usage massif des drones armés et de reconnaissance contre Israël. Son élimination fragilise cette branche stratégique du mouvement.

De même, la mort de Ibrahim Qobaissi, chef de l’unité des missiles, constitue un revers majeur pour le Hezbollah. Il était considéré comme l’architecte de nombreuses attaques transfrontalières et de la prise d’otages de soldats israéliens en 2000, qui avait conduit à un échange de prisonniers quatre ans plus tard.

Des commandants clés éliminés dans le sud du Liban

Depuis plusieurs mois, Israël a intensifié ses frappes sur le Liban, visant systématiquement les commandants militaires du Hezbollah. Avant même l’escalade de septembre, l’armée israélienne avait déjà ciblé Fouad Shokor, un haut responsable accusé par Washington d’avoir orchestré l’attentat de 1983 contre les forces américaines à Beyrouth.

Dans le sud du Liban, où les affrontements avec Israël sont constants, plusieurs chefs militaires du Hezbollah ont été tués, notamment Wissam Taweel, Taleb Abdallah et Mohammad Nasser. Ces commandants, actifs depuis plusieurs décennies, étaient en charge des opérations le long de la frontière israélienne.

Quelle est la suite pour le Hezbollah ?

Avec la disparition de Hassan Nasrallah et de nombreux hauts responsables militaires, le Hezbollah doit se restructurer rapidement. Naim Qassem, qui occupait la fonction de numéro deux du mouvement depuis 1991, a pris la tête de l’organisation.

Naim Qassem, l’un des fondateurs du Hezbollah, est le dernier dirigeant de premier plan encore en vie. Il est désormais en charge de restructurer l’organisation, maintenir la cohésion interne et répondre aux défis militaires et politiques posés par la disparition de plusieurs de ses figures emblématiques. Contrairement à Nasrallah, Qassem a adopté une approche plus médiatique, multipliant les interviews avec des chaînes locales et internationales.

D’autres hauts responsables, Talal Hamieh et Abou Ali Reda, sont encore en fonction, mais apparaissent comme des cibles prioritaires pour Israël.

Un autre acteur clé reste Wafiq Safa, chef de l’Unité de liaison et de coordination du Hezbollah, qui avait été ciblé par des frappes israéliennes en octobre dernier. Malgré l’intensification des attaques contre son entourage, il a réapparu en février dans une interview accordée à la chaîne pro-Hezbollah Al-Mayadeen.

Un Hezbollah affaibli, mais toujours debout

Malgré ces pertes humaines importantes, le Hezbollah continue de disposer d’un appareil militaire solide et d’un soutien régional important. Toutefois, l’élimination de figures clés, en particulier celles en charge des drones et des missiles, constitue un revers stratégique pour l’organisation.

L’ampleur des pertes subies pose également des questions sur la capacité du mouvement à reconstituer son commandement et à poursuivre son engagement militaire contre Israël. Avec Naim Qassem à sa tête, le Hezbollah devra faire face à une période de transition difficile, alors que le Liban reste profondément divisé entre partisans et opposants du parti.

Dans ce contexte, la guerre de l’ombre entre Israël et le Hezbollah semble loin d’être terminée, et les prochains mois seront déterminants pour l’avenir du mouvement chiite au Liban.

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Newsdesk Libnanews
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