Les forces israéliennes ont entamé, ce mardi 20 janvier 2026, les opérations de démolition à l’intérieur du complexe abritant le siège de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) situé dans le quartier de Sheikh Jarrah, à Jérusalem-Est. Accompagnés de bulldozers et d’un important dispositif de sécurité, les agents de l’Administration des terres d’Israël ont pénétré dans l’enceinte peu après 7 heures du matin, heure locale, marquant une escalade significative dans les tensions entre Israël et les institutions onusiennes. Cette action survient dans le sillage d’une législation adoptée par la Knesset en décembre 2025, qui vise à rompre tout lien avec l’UNRWA en raison d’allégations de liens avec des organisations terroristes, notamment le Hamas.
Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a personnellement supervisé les opérations sur place, qualifiant l’événement de « jour historique pour ceux qui aiment Israël ». Les bulldozers ont commencé par démolir des structures internes au complexe, tandis que les forces de sécurité ont hissé le drapeau israélien à l’intérieur du site. Des sources officielles israéliennes ont indiqué que cette mesure s’inscrit dans un cadre plus large de confiscation des biens de l’UNRWA, avec pour objectif de transférer ces actifs à l’État hébreu et de révoquer l’immunité diplomatique de l’agence.
Cette intervention fait suite à une série d’incidents récents qui ont accentué la pression sur l’UNRWA. Le 12 janvier 2026, des forces de sécurité israéliennes ont forcé l’entrée du centre de santé de l’UNRWA à Jérusalem, exigeant le retrait des panneaux signalétiques des Nations unies. Un ordre de fermeture temporaire de trente jours a été émis le même jour contre cette installation, qui fournit des services médicaux essentiels à des milliers de réfugiés palestiniens. Parallèlement, l’UNRWA a reçu des notifications de fournisseurs de services publics indiquant une interruption imminente de l’électricité et de l’eau pour plusieurs de ses installations à Jérusalem-Est, incluant des écoles, des centres de santé et d’autres points de service critiques.
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Le porte-parole de l’UNRWA, Jonathan Fowler, a déclaré que les forces israéliennes « ont fait irruption dans le complexe peu après 7 heures du matin ». Il a décrit cette action comme une « attaque sans précédent » contre l’agence, soulignant que l’UNRWA fait face à une campagne visant à entraver ses opérations humanitaires. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a exhorté les autorités israéliennes à restituer immédiatement le complexe de Sheikh Jarrah et le centre de santé, tout en condamnant l’entrée illégale dans les locaux onusiens. Il a exprimé son alarme face aux avertissements de coupure d’électricité et d’eau, affirmant que de telles mesures rendraient impossible la fourniture de services humanitaires sans ces ressources essentielles.
Une législation sous tension
La décision de la Knesset, adoptée le 29 décembre 2025, modifie les lois antérieures contre l’UNRWA en autorisant la coupure des services publics tels que l’eau, l’électricité, le carburant et les communications pour les installations de l’agence. Elle confère également au gouvernement israélien le pouvoir d’exproprier les propriétés de l’UNRWA à Jérusalem-Est, y compris le siège principal et le centre de formation professionnelle de Kalandia. Cette mesure législative découle d’allégations persistantes selon lesquelles certains employés de l’UNRWA auraient participé aux événements du 7 octobre 2023, lorsque des attaques menées par le Hamas ont causé plus de 1 200 morts en Israël.
Les autorités israéliennes ont affirmé que le complexe d’Ammunition Hill, où se trouve une partie des opérations de l’UNRWA, abritait des activités liées au terrorisme. L’évacuation du site avait débuté plus tôt en janvier 2026, avec le transfert forcé des biens et du personnel. Le gouvernement israélien prévoit de remplacer les services de l’UNRWA par d’autres entités, arguant que l’agence a perdu sa neutralité et sert de couverture à des éléments hostiles. Le ministère israélien des Affaires étrangères a défendu l’opération de démolition en déclarant qu’elle est conforme à la législation nationale et vise à protéger la sécurité d’Israël.
Du côté palestinien, l’Autorité palestinienne a condamné ces actions comme une violation flagrante du droit international. Le gouvernorat de Jérusalem a rapporté que les rues environnantes ont été bouclées et que la présence militaire a été intensifiée pour empêcher tout rassemblement. Des témoins oculaires ont décrit des scènes de tension, avec des bulldozers démolissant des murs et des bâtiments administratifs, tandis que des forces armées sécurisaient le périmètre.
Contexte historique des tensions autour de l’UNRWA
L’UNRWA, créée en 1949 par l’Assemblée générale des Nations unies, fournit une assistance à plus de 5,9 millions de réfugiés palestiniens dans la bande de Gaza, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, en Jordanie, au Liban et en Syrie. À Jérusalem-Est, annexée par Israël en 1967 mais non reconnue internationalement, l’agence gère un réseau d’écoles, de cliniques et de programmes sociaux servant environ 300 000 personnes. Le siège de Sheikh Jarrah, un quartier historiquement contesté, abrite des bureaux administratifs et des installations logistiques cruciales pour les opérations en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
Les relations entre Israël et l’UNRWA se sont détériorées depuis les années 2000, avec des accusations récurrentes d’incitation à la haine dans les manuels scolaires financés par l’agence et de tolérance envers des activités militantes parmi son personnel. Les événements du 7 octobre 2023 ont exacerbé ces tensions, lorsque Israël a présenté des preuves alléguées impliquant une douzaine d’employés de l’UNRWA dans les attaques. En réponse, plusieurs pays donateurs, dont les États-Unis et l’Allemagne, ont suspendu temporairement leur financement en 2024, bien que la plupart l’aient repris après une enquête interne de l’ONU.
En 2025, la Knesset a accéléré le processus législatif contre l’UNRWA. Une première loi, adoptée en octobre 2025, interdisait les opérations de l’agence en Israël, y compris Jérusalem-Est. Les amendements de décembre ont élargi cette interdiction en incluant des sanctions pratiques, comme la coupure des services publics. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a déclaré lors d’une session parlementaire que « l’UNRWA perpétue le problème des réfugiés au lieu de le résoudre », arguant que l’agence maintient un statut perpétuel pour les Palestiniens, contrairement aux autres réfugiés gérés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Impacts immédiats sur les services humanitaires
Les démolitions en cours affectent directement les opérations de l’UNRWA. Le complexe de Sheikh Jarrah sert de hub pour la coordination des aides en Cisjordanie, incluant la distribution de nourriture, les services éducatifs et les programmes de santé. Avec la fermeture imminente du centre de santé et les coupures potentielles d’utilités, des milliers de réfugiés risquent de se retrouver sans accès à des soins de base, tels que les vaccinations, les consultations médicales et les traitements pour maladies chroniques. Des employés de l’UNRWA ont rapporté que le personnel a été évacué sous escorte, laissant derrière des équipements essentiels et des documents administratifs.
À Gaza, où l’UNRWA opère dans un contexte de conflit prolongé, ces événements à Jérusalem-Est pourraient avoir des répercussions indirectes. L’agence y gère plus de 1,4 million de réfugiés, fournissant une aide vitale dans un territoire sous blocus depuis 2007. Les allégations contre l’UNRWA ont déjà conduit à une réduction des financements en 2024, forçant l’agence à rationaliser ses programmes. En Cisjordanie, les écoles de l’UNRWA éduquent environ 45 000 enfants, et toute perturbation pourrait aggraver les taux d’abandon scolaire déjà élevés en raison des restrictions de mouvement imposées par les checkpoints israéliens.
Réactions internationales et diplomatiques
La communauté internationale a réagi promptement à ces démolitions. L’Union européenne, par la voix de son haut représentant pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a exprimé sa « profonde préoccupation » face à cette « violation du statut des installations onusiennes ». Borrell a rappelé que Jérusalem-Est reste un territoire occupé selon le droit international, et que toute action unilatérale altérant son statut est contraire aux résolutions de l’ONU, notamment la 2334 de 2016 condamnant les colonies.
Les États-Unis, principal donateur historique de l’UNRWA jusqu’à la suspension temporaire en 2024, ont appelé à la retenue. Le département d’État américain a indiqué suivre la situation de près, tout en réaffirmant son soutien à une réforme de l’UNRWA pour assurer sa neutralité. Cependant, l’administration Biden, en fin de mandat en janvier 2026, n’a pas annoncé de mesures concrètes, se contentant d’un communiqué appelant au dialogue.
De leur côté, les pays arabes ont uni leurs voix contre cette opération. La Ligue arabe a convoqué une réunion d’urgence au Caire, où le secrétaire général Ahmed Aboul Gheit a qualifié les démolitions de « provocation dangereuse » risquant d’embraser la région. La Jordanie, gardienne des lieux saints musulmans à Jérusalem, a protesté officiellement auprès d’Israël, soulignant les implications pour la stabilité régionale. L’Égypte, médiatrice dans les négociations sur Gaza, a averti que de telles actions compliquent les efforts de cessez-le-feu.
Implications pour la sécurité régionale
Ces démolitions s’inscrivent dans un climat de tensions accrues au Proche-Orient. Depuis l’attaque du 7 octobre 2023, Israël a intensifié ses opérations militaires à Gaza, causant plus de 40 000 décès selon les autorités palestiniennes, et étendu ses raids en Cisjordanie. Jérusalem-Est, avec ses quartiers comme Sheikh Jarrah, a été le théâtre de multiples expulsions et démolitions ces dernières années, souvent justifiées par des motifs de sécurité ou des litiges fonciers.
Le rôle de l’UNRWA dans la préservation du statut des réfugiés palestiniens est au cœur du débat. Israël argue que l’agence, en accordant le statut de réfugié aux descendants, perpétue le conflit, tandis que les Palestiniens la voient comme un pilier de leur identité et de leurs droits. La législation de 2025 marque un tournant, car elle non seulement interdit les opérations mais autorise des sanctions directes, une première depuis la création de l’UNRWA.
Sur le terrain, les forces de sécurité israéliennes ont renforcé leur présence autour d’autres sites de l’UNRWA, comme le camp de réfugiés de Shuafat, où des incidents sporadiques ont été signalés. Des manifestants palestiniens ont tenté de s’approcher du complexe de Sheikh Jarrah, mais ont été dispersés par des gaz lacrymogènes. Le gouvernorat de Jérusalem a rapporté au moins cinq arrestations lors de ces heurts.
Développements en cours et mesures prises
À l’heure actuelle, les bulldozers poursuivent leur travail, ciblant les bâtiments administratifs et les entrepôts. Des images montrent des débris accumulés et des employés de l’UNRWA observant la scène depuis l’extérieur. L’agence a annoncé le transfert temporaire de ses opérations vers des locaux alternatifs en Cisjordanie, mais a averti que cela entraînera des retards dans la distribution d’aides. Le personnel, composé majoritairement de Palestiniens, fait face à des menaces d’expulsion ou de poursuites judiciaires sous la nouvelle législation.
Le Conseil de sécurité des Nations unies pourrait se réunir dans les prochains jours pour discuter de cette crise. La France, en tant que membre permanent, a proposé une résolution condamnant les démolitions et appelant à la protection des installations onusiennes. La Russie et la Chine ont exprimé leur soutien à l’UNRWA, accusant Israël de saper le multilatéralisme. Pendant ce temps, des ONG comme Human Rights Watch ont documenté les événements, rapportant des violations potentielles des conventions de Genève relatives aux territoires occupés.
Les implications immédiates incluent une possible interruption des programmes éducatifs pour la rentrée scolaire prévue en février 2026. À Jérusalem-Est, les écoles de l’UNRWA accueillent plus de 7 000 élèves, et leur fermeture forcée pourrait pousser les familles vers des alternatives privées inabordables. Sur le plan sanitaire, le centre de santé visé dessert une population vulnérable, avec des services allant de la maternité aux soins pour diabétiques.
Les autorités israéliennes ont indiqué que les biens confisqués seront réaffectés à des projets publics, potentiellement des logements ou des infrastructures. Itamar Ben-Gvir a réitéré son engagement à « nettoyer » Jérusalem des éléments qu’il considère hostiles, alignant cette opération sur sa politique de renforcement de la souveraineté israélienne dans la ville sainte.



