jeudi, janvier 22, 2026

Les derniers articles

Articles liés

Israël-Turquie : le face-à-face explosif en Syrie

- Advertisement -

Au cœur du Levant, la Syrie post-Assad se mue en arène de confrontation entre deux puissances régionales aux agendas inconciliables. Ces dernières semaines, les échanges de tirs, les mises en garde diplomatiques et les déploiements militaires ont exacerbé les points de friction entre Israël et la Turquie, risquant d’entraîner la région dans une spirale d’instabilité. Tandis qu’Ankara renforce son emprise sur le nouveau régime syrien, Tel-Aviv intensifie ses interventions pour verrouiller ses frontières, exposant les fractures d’un paysage géopolitique déjà miné par plus d’une décennie de guerre civile.

Le dirigeant syrien Ahmed al-Sharaa, ex-chef de Hayat Tahrir al-Sham, se trouve pris en étau entre ces deux colosses. D’un côté, la Turquie fournit un appui militaire et économique indispensable à la stabilisation ; de l’autre, Israël dicte ses conditions pour écarter toute menace naissante. Les développements récents, ponctués de frappes aériennes et d’accusations d’espionnage, illustrent comment ces rivalités pourraient rebattre les cartes des alliances au Moyen-Orient, dans un contexte où l’Iran, affaibli, et les États-Unis, en retrait, observent avec prudence.

La Syrie, pion involontaire d’une rivalité ancestrale

La chute de Bachar al-Assad en décembre 2024 a créé un vacuum que ni Israël ni la Turquie ne souhaitent abandonner. Ankara envisage la Syrie comme une prolongation de sa zone d’influence, cruciale pour juguler les milices kurdes et fortifier ses frontières méridionales. Israël, en revanche, privilégie une Syrie morcelée et amoindrie, afin d’éviter la formation d’un bloc hostile à proximité du Golan, territoire annexé en 1981 et toujours contesté.

Ces dernières semaines, les tensions se sont focalisées sur la province de Soueida, au sud, où des heurts entre Druzes et Bédouins ont offert un prétexte à des ingérences extérieures. Israël a légitimé ses bombardements par la protection des Druzes syriens, avec qui il maintient des relations historiques solides. Un haut responsable israélien a déclaré : « Nous ne permettrons pas que des innocents soient massacrés sous nos yeux. » La Turquie, elle, reproche à Israël de fomenter le désordre pour légitimer une occupation progressive, arguant que ces actions sapent les efforts de reconstruction.

Pour développer ce point, il faut rappeler que Soueida, avec sa population majoritairement druze, représente un enjeu stratégique. Les Druzes syriens, environ 700 000 personnes, ont souvent servi de tampon entre Israël et le régime syrien. Depuis la chute d’Assad, des milices locales druzes ont formé des alliances informelles avec Tel-Aviv, recevant du matériel médical et des armes légères via des passages frontaliers discrets. Cela a irrité Ankara, qui voit dans ces liens une extension de l’influence israélienne vers le nord. Des rapports indiquent que la Turquie a tenté de courtiser les leaders druzes en offrant des aides humanitaires, mais sans grand succès, les Druzes craignant une domination sunnite sous l’égide de HTS.

Les pactes militaires conclus entre Ankara et Damas le 13 août ont attisé ces méfiances. Le ministre turc de la Défense, Yasar Guler, a affirmé lors de la signature : « Notre partenariat renforcera la souveraineté syrienne face aux agressions extérieures. » Des diplomates estiment que jusqu’à 500 000 soldats turcs pourraient être mobilisés en Syrie, non seulement dans les enclaves nordiques comme Idlib et Afrin, mais aussi potentiellement vers le centre et le sud pour contrer les avancées israéliennes. Ce déploiement massif s’inscrit dans une stratégie turque plus large, incluant la formation de 20 000 recrues syriennes dans des camps en Turquie, équipées de drones Bayraktar et de véhicules blindés Otokar.

Des spécialistes des relations internationales soulignent que cette confrontation oppose deux visions radicalement opposées. Un rapport du Carnegie Endowment for International Peace précise : « La Turquie aspire à une Syrie unifiée sous une influence ottomane modernisée, tandis qu’Israël opte pour un fractionnement qui neutralise les périls. » Cette opposition n’est pas inédite – rappelons les crises de 2010 autour de la flottille pour Gaza – mais les circonstances post-Assad l’ont propulsée à un stade critique, avec des implications pour la sécurité énergétique, les routes migratoires et les chaînes d’approvisionnement régionales.

Pour approfondir, considérons l’aspect économique. La Turquie a investi plus de 10 milliards de dollars en Syrie depuis 2024, finançant des projets d’infrastructures comme la reconstruction de l’autoroute M5 reliant Alep à Damas, et des centrales électriques alimentées par du gaz turc. Israël, inquiet de voir ces investissements consolider un axe Ankara-Damas, a multiplié les sabotages présumés contre des pipelines et des dépôts, arguant de menaces sécuritaires. Cela a conduit à une hausse des prix du pétrole dans la région, affectant des pays comme le Liban et la Jordanie, déjà fragiles.

Frappes aériennes : Israël passe à l’offensive

Les incursions israéliennes en Syrie se sont accélérées depuis juillet, formant un pattern d’escalade calculée. Le 13 juillet, des bombardements ont frappé des bastions gouvernementaux à Soueida, éliminant des dizaines de combattants et détruisant des stocks d’armes. Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a qualifié ces opérations de « mesures préventives vitales pour notre survie ». Ces attaques ont visé des sites à Hama et Tiyas, suspectés d’être ravitaillés par la Turquie, incluant des missiles sol-air et des systèmes radar.

Hier, le 28 août, une opération commando a marqué un pic dans cette escalade. Des unités israéliennes, appuyées par des hélicoptères Black Hawk, ont atterri à proximité de Damas pour démanteler des appareils d’espionnage turcs nichés dans des installations syriennes. Un officiel israélien a confirmé : « Nous avons neutralisé des équipements secrets utilisés par la Turquie pour surveiller nos mouvements. » Ces dispositifs, en opération depuis plus d’une décennie, comprenaient des caméras haute résolution, des capteurs sismiques et des antennes relais, installés dans des bunkers abandonnés par l’ancien régime Assad. L’opération, menée par des forces spéciales du Sayeret Matkal, a impliqué un assaut terrestre avec échanges de tirs contre des gardes syriens, causant six morts du côté syrien et des blessures mineures chez les Israéliens.

Pour développer ce point, notons que cette incursion, à seulement huit kilomètres de Damas, a requis une coordination aérienne sophistiquée, avec des drones Heron pour la reconnaissance et des F-35 pour couvrir l’espace aérien. Israël a justifié l’action par des preuves d’espionnage : des données interceptées montraient que ces installations relayaient des informations sur les mouvements de troupes israéliennes vers Ankara via des satellites turcs. Des analystes militaires décrivent cela comme « un avertissement direct à Erdogan, démontrant que Tel-Aviv peut frapper au cœur de la Syrie sans préavis ». Israël a ensuite averti Damas : « Ne testez pas notre patience en suivant les ordres turcs. » Des sources indiquent que des batteries anti-aériennes S-400 livrées récemment par la Turquie pourraient être les prochaines cibles, afin de préserver la suprématie aérienne israélienne face à une potentielle confrontation avec l’Iran.

Ces opérations s’intègrent dans une doctrine plus vaste : établir une zone tampon au sud de la Syrie, couvrant Soueida, Deraa et Quneitra. Un ancien diplomate israélien a expliqué : « Nous redoutons que l’emprise turque s’étende jusqu’à nos portes, facilitant des transferts d’armes vers le Hezbollah. » Les frappes ont aussi touché des convois turcs, anéantissant des lance-roquettes Grad et des blindés T-155 Firtina destinés aux forces syriennes. Depuis juillet, plus de 50 missions aériennes ont été recensées, causant environ 200 victimes syriennes et endommageant des infrastructures pour un coût estimé à 500 millions de dollars.

Ankara réplique : soutien militaire et rhétorique incendiaire

La Turquie n’a pas tardé à contre-attaquer. Le président Recep Tayyip Erdogan a fustigé les actions israéliennes comme du « banditisme d’État », déclarant : « Israël étend son agressivité à notre voisin syrien sans respecter aucune règle. » Cette diatribe s’accompagne d’un renforcement tangible : des protocoles pour entraîner les troupes syriennes et implanter des bases conjointes, y compris des postes d’observation avancés près de Homs.

Le 23 juillet, Hakan Fidan, ministre turc des Affaires étrangères, s’est rendu à Damas pour cimenter ces alliances, vilipendant Israël pour ses « ingérences déstabilisantes ». Il a affirmé : « La Turquie ne tolérera pas que des acteurs externes menacent la reconstruction syrienne. » Ankara a également pointé du doigt Israël et les Forces démocratiques syriennes (FDS) kurdes pour des complots contre l’unité, plaidant pour un armistice général. Pour développer, la Turquie a déployé des unités d’élite comme les commandos de montagne dans la région d’Idlib, prêts à avancer vers le sud si nécessaire. Des exercices militaires conjoints avec l’armée syrienne, impliquant 10 000 hommes, ont simulé des scénarios de défense contre des « agressions aériennes étrangères », une allusion claire à Israël.

Des observateurs turcs perçoivent ces frictions comme une chance pour Ankara de s’affirmer comme gardien du monde musulman. Un rapport de Trends Research and Advisory indique : « La Turquie vise à contrer les ambitions israéliennes pour une Syrie fragmentée, en promouvant un modèle centralisé. » Erdogan a imposé un embargo sur les navires israéliens dans les ports turcs, impactant le commerce bilatéral autrefois florissant – des échanges annuels de 7 milliards de dollars avant 2024. Cela inclut l’interdiction d’exportations d’acier et de ciment vers Israël, aggravant les tensions économiques.

Soueida, le chaudron des affrontements

La province de Soueida demeure le foyer principal de ces rivalités. Les accrochages, initiés en juillet par des litiges territoriaux, ont viré au conflit régional. Israël a appuyé les Druzes via des bombardements, occupant même des poches frontalières. Un bilan des événements note : « Israël a ciblé les forces syriennes pour défendre les Druzes, évitant une escalade sectaire. »

La Turquie a contre-attaqué en prônant l’inclusivité. Un communiqué officiel turc a déclaré : « Israël ne veut pas de stabilité en Syrie ; nous avons transmis nos messages via des canaux dédiés. » Al-Sharaa, piégé, a initié des négociations avec Israël pour un pacte de sécurité, prévoyant une démilitarisation partielle du Golan syrien et un blocus sur les armes lourdes. L’expert Nir Boms a commenté : « Un tel accord pourrait remodeler la diplomatie régionale, en isolant l’Iran davantage. » Pourtant, les tensions perdurent, avec des allégations de livraisons d’armes turques vers le sud, incluant des mitrailleuses et des mortiers pour renforcer les tribus bédouines alliées.

Pour développer ce aspect, Soueida abrite environ 1,2 million d’habitants, dont 90 % de Druzes, et contrôle des routes clés vers la Jordanie. Les affrontements ont displaced 50 000 personnes depuis juillet, créant une crise humanitaire avec pénuries d’eau et de nourriture. Israël a fourni 200 tonnes d’aides via des convois, tandis que la Turquie a envoyé des camions de la Croix-Rouge turque, chacun accusant l’autre de politiser l’aide.

Escalade diplomatique : du génocide arménien aux menaces

Les frictions ont pris une dimension historique quand Netanyahu a reconnu le génocide arménien le 26 août, vu comme une provocation. Un commentateur a noté : « Cela signale un rift profond entre Turquie et Israël, ravivant des plaies centenaires. »

Erdogan a rétorqué par des sanctions navales. Des sources israéliennes expriment des appréhensions : « L’implication turque en Syrie nous inquiète, menant à des avertissements vers Sharaa. » Cette reconnaissance a aussi mobilisé la diaspora arménienne en Israël, poussant à des manifestations à Jérusalem, et a compliqué les relations avec l’Azerbaïdjan, allié de la Turquie.

Analyses alarmantes : une guerre dans la décennie ?

Des instituts israéliens anticipent un choc direct avec la Turquie d’ici dix ans. Un comité gouvernemental a averti : « Les intérêts conflictuels en Syrie pourraient mener à une guerre, surtout post-Assad. » Des rapports mettent en lumière les atouts militaires turcs – missiles balistiques Bora et drones Akinci – comme une menace émergente, capable de frapper des cibles en Israël depuis la Syrie.

Un analyste de la Fondation pour la Défense des Démocraties observe : « La guerre Israël-Iran pourrait être un prélude à un affrontement avec la Turquie, si Ankara arme des proxies syriens. » D’autres, au Moshe Dayan Center, évoquent une coopération contrainte mais tendue, avec des lignes directes pour prévenir les incidents. Pour développer, ces prévisions se basent sur des simulations : une guerre potentielle impliquerait des cyberattaques turques sur les infrastructures israéliennes, des barrages navals en Méditerranée et des clashes aériens au-dessus de la Syrie. Israël estime que la marine turque, avec ses frégates classe Istanbul, pourrait bloquer les routes gazifières vers l’Europe, coûtant des milliards. Des exercices comme Efes-2025 simulent déjà des scénarios anti-israéliens, tandis que Tsahal renforce ses défenses avec des systèmes Iron Dome adaptés aux drones.

Négociations dans l’ombre

Malgré l’escalade, des discussions secrètes subsistent. En avril, des rencontres à Bakou, sous médiation azerbaïdjanaise, ont cherché à éviter les clashes. Une source turque a indiqué : « Nous discutons pour prévenir des incidents en Syrie. »

Les États-Unis essaient de tempérer, mais leur levier est restreint par des priorités internes. Marco Carnelos interroge : « Washington peut-il retenir ses alliés pour éviter un nouveau conflit majeur ? »

Un rapport du Habtoor Research Centre conclut : « Les politiques opposées de Turquie et Israël pourraient perpétuer l’instabilité syrienne, avec des répercussions sur tout le Levant. »

Le grand jeu des Frères musulmans : alliances occultes et rivalités idéologiques

Au-delà des manœuvres militaires, les tensions israélo-turques en Syrie s’entremêlent à un vaste réseau idéologique dominé par les Frères musulmans, une organisation sunnite transnationale dont Erdogan est souvent perçu comme le parrain contemporain. Ce mouvement, fondé en Égypte en 1928 par Hassan al-Banna, prône un islam politique réformiste, mêlant activisme social et ambition étatique. En Syrie post-Assad, les Frères musulmans jouent un rôle pivotal via leurs liens étroits avec Ahmed al-Sharaa, anciennement Abou Mohammed al-Jolani, leader de HTS. Jolani, qui a opéré une mue pragmatique pour se distancier d’Al-Qaïda, entretient des relations historiques avec les Frères, ayant bénéficié de leur soutien logistique lors de la rébellion contre Assad.

Erdogan, dont le parti AKP puise ses racines dans l’islamisme turc inspiré des Frères, utilise cette connexion comme un levier proxy. Ankara a investi dans des cellules secrètes de combattants étrangers en Syrie, formés par les services turcs pour servir d’intermédiaires, selon des rapports d’experts. Un analyste régional a déclaré : « Erdogan voit en Jolani un allié naturel pour modeler une Syrie sunnite alignée sur Ankara, contrecarrant à la fois les Kurdes et l’influence chiite résiduelle. » Cette stratégie s’étend à des entraînements en Turquie, où des operatives des Frères sont préparés pour infiltrer les structures du nouveau régime syrien, favorisant une islamisation graduelle des institutions.

Cependant, ce grand jeu n’est pas sans rivalités internes. Les Frères musulmans se heurtent au wahhabisme, doctrine rigoriste saoudienne promue par Riyad et ses alliés comme les Émirats arabes unis. Historiquement, les wahhabites, issus du pacte entre Mohammed ibn Abd al-Wahhab et la maison Saoud au XVIIIe siècle, rejettent l’approche politique des Frères, les accusant de compromissions avec la démocratie et le nationalisme. En Syrie, cette rivalité se manifeste par une concurrence pour l’influence sur les groupes salafistes locaux. Après la chute d’Assad, des factions wahhabites, financées par des fonds saoudiens, ont tenté de marginaliser HTS en soutenant des milices rivales dans l’est syrien, craignant une domination des Frères qui pourrait exporter leur modèle vers le Golfe.

Un expert en islamisme a noté : « Les wahhabites voient les Frères comme des hérétiques politiques, tandis que les Frères reprochent aux wahhabites leur rigorisme apolitique. En Syrie, cette fracture pourrait mener à une seconde guerre civile idéologique. » Riyad et Abou Dhabi, prudents face au nouveau régime de Damas, ont conditionné leur aide à une distanciation des Frères, offrant des milliards en reconstruction contre des garanties anti-islamistes. Cela a créé des tensions avec Ankara, Erdogan accusant les Saoudiens de saboter la stabilité syrienne pour préserver leur hégémonie sunnite.

Au-delà de la Syrie, l’influence des Frères musulmans s’étend à des voisins comme la Jordanie et l’Égypte, amplifiant les enjeux régionaux. En Jordanie, le mouvement, implanté depuis les années 1940, a été banni en avril 2025 par Amman, accusé de complots terroristes liés à des armes iraniennes transitant via la Syrie. Les autorités jordaniennes ont arrêté une dizaine de membres, saisissant des actifs et interdisant tout contact avec le groupe. Le roi Abdallah II, craignant une déstabilisation interne amplifiée par les troubles syriens, a déclaré : « Nous ne tolérerons pas que des forces extérieures, y compris les Frères, menacent notre sécurité. » Cette répression, la plus sévère depuis des décennies, reflète les peurs d’un spillover syrien : les Frères jordaniens, via leur branche du Front d’action islamique, ont organisé des manifestations pro-palestiniennes, vues comme un vecteur d’infiltration turque.

En Égypte, où les Frères ont été proscrits depuis le coup d’État de 2013 contre Mohammed Morsi, leur influence persiste en sous-main. Malgré la répression sous Abdel Fattah al-Sissi, des cellules clandestines maintiennent des liens avec Ankara et Damas, utilisant la Libye et la Syrie comme bases arrières pour des entraînements. Cairo a accusé les services turcs de former des operatives des Frères et de les infiltrer via ces pays, exacerbant les tensions avec Erdogan. Un responsable égyptien a affirmé : « Les Frères, soutenus par la Turquie, représentent une menace existentielle pour la stabilité arabe. » Cette dynamique régionale complique les tensions israélo-turques : Israël, allié tacite de l’Égypte et de la Jordanie contre les islamistes, voit dans l’ascension des Frères en Syrie un risque de contagion vers ses frontières, potentiellement armant le Hamas ou d’autres groupes.

Pour approfondir, les Frères musulmans opèrent un réseau financier opaque, financé par des dons qataris et turcs, estimés à des centaines de millions annuels. En Syrie, ils contrôlent des associations caritatives qui distribuent aides et propagande, consolidant leur base populaire. Cette emprise idéologique oppose frontalement les wahhabites, qui privilégient une interprétation littérale du Coran sans compromis politique. Des clashes ont éclaté à Deir ez-Zor entre milices pro-Frères et salafistes wahhabites, faisant des dizaines de morts depuis janvier 2025. Erdogan, en positionnant la Turquie comme protecteur des Frères, risque d’aliéner Riyad, qui pourrait riposter en soutenant les Kurdes syriens, bouclant ainsi un cercle vicieux de proxies.

Ces rivalités idéologiques transcendent la Syrie, influençant la géopolitique du Levant. En Jordanie, le bannissement des Frères a conduit à une purge de 200 associations affiliées, gelant des comptes bancaires et fermant des écoles islamistes. Amman craint que les troubles syriens, amplifiés par l’influence turque sur Jolani, n’encouragent des soulèvements internes, surtout avec 1,3 million de réfugiés syriens sur son sol. En Égypte, Sissi a renforcé les frontières avec la Libye pour bloquer les flux d’armes des Frères, tout en coopérant avec Israël contre des tunnels au Sinaï. Un think tank régional a averti : « Le grand jeu des Frères, orchestré par Erdogan, pourrait redessiner les alliances, opposant un axe turco-syrien à un bloc saoudo-égypto-israélien. »

Les civils syriens, las de conflits interminables, subissent ces manœuvres qui entravent leur retour à la normale. Les ambitions stratégiques prévalent, reléguant la reconstruction au second plan.

- Advertisement -
Newsdesk Libnanews
Newsdesk Libnanewshttps://libnanews.com
Libnanews est un site d'informations en français sur le Liban né d'une initiative citoyenne et présent sur la toile depuis 2006. Notre site est un média citoyen basé à l’étranger, et formé uniquement de jeunes bénévoles de divers horizons politiques, œuvrant ensemble pour la promotion d’une information factuelle neutre, refusant tout financement d’un parti quelconque, pour préserver sa crédibilité dans le secteur de l’information.

A lire aussi