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Joseph Aoun défend le maintien de la Finul au Liban

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Le président libanais Joseph Aoun a demandé lundi 17 août 2026 que la présence internationale soit maintenue dans le sud du Liban après l’échéance actuelle de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul). Sa position se heurte toutefois à un obstacle diplomatique majeur : le Conseil de sécurité avait décidé en août 2025 que le mandat en cours serait le dernier, après un compromis obtenu notamment sous la pression des États-Unis, tandis qu’Israël conteste depuis longtemps l’efficacité de la mission. Washington et Tel-Aviv privilégient désormais un autre mécanisme international, davantage centré sur la vérification du désarmement du Hezbollah et le déploiement de l’armée libanaise. Joseph Aoun propose donc deux options : tenter d’obtenir une nouvelle prolongation de la Finul ou négocier une autre présence internationale capable d’éviter un vide sécuritaire dans le Sud.

Joseph Aoun veut revenir sur la fin programmée de la Finul

La déclaration de Joseph Aoun intervient alors que l’avenir de la Finul est déjà encadré par une décision du Conseil de sécurité. En août 2025, les quinze membres du Conseil avaient adopté à l’unanimité la résolution 2790. Celle-ci prolonge une dernière fois le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban jusqu’au 31 décembre 2026.

Le texte ne prévoit pas une simple nouvelle échéance administrative. Il organise ensuite la cessation des opérations de la mission et un retrait ordonné et sécurisé de ses effectifs. Le départ doit s’effectuer sur une période pouvant aller jusqu’à un an. La demande exprimée lundi par le président libanais revient donc à chercher une modification d’une trajectoire déjà décidée par le Conseil de sécurité.

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Recevant une initiative parlementaire et une pétition favorable au maintien de la force internationale, Joseph Aoun a exposé clairement la préférence de Beyrouth. « Notre premier choix est de prolonger le mandat de la Finul », a déclaré le président, selon les propos rapportés lundi par les médias libanais.

Il a toutefois immédiatement prévu une solution de repli. « Si ce mandat n’est pas renouvelé, le second choix consiste à adopter une formule garantissant le maintien de forces internationales au sud, dans le cadre juridique requis, aux côtés de l’armée libanaise et en coordination avec elle, pour soutenir la stabilité et exécuter les missions qui leur sont confiées », a-t-il ajouté.

La formulation est importante. Joseph Aoun ne conditionne pas la présence internationale au maintien du nom ou de la structure actuelle de la Finul. Il affirme surtout que le Liban ne souhaite pas voir disparaître toute force internationale du Sud au moment où les principales questions sécuritaires restent sans solution définitive.

Les États-Unis avaient poussé vers une dernière prolongation

Le principal obstacle à une reconduction de la Finul vient de la position adoptée par Washington lors des négociations de 2025. Les États-Unis avaient alors insisté pour que la prolongation jusqu’à décembre 2026 soit la dernière. Le compromis finalement adopté au Conseil de sécurité avait permis de conserver temporairement les Casques bleus tout en fixant leur départ.

Cette position marquait une évolution importante de la politique américaine. Washington avait longtemps soutenu le maintien de la mission, tout en réclamant régulièrement un renforcement de son efficacité et de sa liberté de mouvement. Les responsables américains reprochaient notamment à la Finul de ne pas être en mesure d’empêcher la présence d’infrastructures militaires du Hezbollah dans sa zone d’opération.

En 2025, l’administration américaine est allée plus loin. Elle a considéré que les autorités libanaises devaient progressivement assumer seules la responsabilité sécuritaire dans le Sud. L’armée libanaise doit, dans cette logique, devenir la seule force armée légitime dans la zone et remplacer progressivement le dispositif international actuel.

Le texte adopté par le Conseil de sécurité reflète cette orientation. La fin programmée de la Finul doit s’accompagner d’une montée en puissance de l’État libanais et de son armée. Washington associe cette évolution au désarmement des groupes armés non étatiques, au premier rang desquels le Hezbollah.

Cette position place Joseph Aoun devant une difficulté diplomatique considérable. Pour prolonger la Finul au-delà du 31 décembre, Beyrouth doit obtenir une nouvelle décision du Conseil de sécurité. Or, les États-Unis disposent d’un droit de veto et avaient précisément fait de la disparition programmée de la mission une condition du compromis de 2025.

Le soutien américain devient donc déterminant. Sans changement de position à Washington, le premier choix annoncé lundi par Joseph Aoun paraît difficile à concrétiser.

Israël ne veut plus de la Finul sous sa forme actuelle

La position israélienne constitue le second obstacle majeur. Israël critique depuis des années le fonctionnement de la Finul et estime que la mission n’a pas rempli l’un de ses objectifs essentiels : empêcher la reconstitution d’un appareil militaire du Hezbollah dans la zone située au sud du Litani.

Les autorités israéliennes affirment avoir découvert, notamment depuis les opérations militaires engagées contre le Hezbollah, des tunnels, des dépôts d’armes, des postes militaires et différentes infrastructures appartenant au mouvement chiite dans des secteurs théoriquement soumis aux dispositions de la résolution 1701.

Pour Israël, ces découvertes démontrent les limites du modèle appliqué depuis la guerre de 2006. La présence de milliers de Casques bleus n’aurait pas empêché le Hezbollah de conserver ou de développer des capacités militaires à proximité de la frontière.

Cette critique explique pourquoi Tel-Aviv ne privilégie pas une simple reconduction de la Finul. Israël souhaite désormais un mécanisme capable de vérifier concrètement le désarmement du Hezbollah et d’empêcher le mouvement de rétablir ses infrastructures après un éventuel retrait des forces israéliennes.

Les divergences portent aussi sur les pouvoirs accordés aux forces chargées des vérifications. Israël souhaite des inspections suffisamment étendues pour rechercher des armes ou des installations militaires, y compris lorsque celles-ci sont soupçonnées de se trouver sur des propriétés privées.

Cette question est extrêmement sensible au Liban. L’armée libanaise veut éviter que des inspections de maisons ou de terrains privés ne provoquent des affrontements avec les habitants des localités du Sud. Beyrouth souhaite également conserver son autorité sur les opérations réalisées sur son territoire.

Le désaccord ne concerne donc plus seulement l’existence de la Finul. Il porte sur la nature même du futur système de sécurité dans le sud du Liban.

Washington et Israël privilégient un autre mécanisme

Les discussions menées en 2026 montrent que les États-Unis et Israël réfléchissent déjà à l’après-Finul. Selon les informations disponibles sur les négociations, Washington travaille avec les parties sur un mécanisme international distinct qui pourrait être chargé de vérifier le déploiement de l’armée libanaise et le processus de désarmement du Hezbollah.

Les États-Unis et Israël ont exprimé des réserves sur l’idée de confier automatiquement cette mission aux Nations unies. Plusieurs pays ont été évoqués comme contributeurs possibles à un nouveau dispositif international. Le Royaume-Uni, l’Italie, la Suisse et l’Indonésie ont notamment figuré dans les discussions rapportées ces dernières semaines.

Beyrouth a toutefois souligné qu’aucun accord définitif n’avait encore été conclu sur la composition d’une éventuelle force. Les négociations se poursuivent et plusieurs modèles restent possibles.

Une mission pourrait être constituée par un groupe de pays acceptés par le Liban et Israël. Une autre possibilité consisterait à établir un dispositif international disposant d’une nouvelle base juridique. Une force européenne a également été évoquée dans les discussions diplomatiques.

C’est précisément dans cet espace que prend tout son sens le « second choix » présenté lundi par Joseph Aoun. Le président semble reconnaître publiquement qu’une prolongation de la Finul pourrait se heurter à un refus américain et israélien. Il cherche donc à préserver l’essentiel : une présence internationale sur le terrain, même si son nom, sa composition et son mandat doivent changer.

Cette approche permet également à Beyrouth de participer aux négociations sur l’après-Finul plutôt que de subir un dispositif conçu exclusivement par Washington et Israël.

Joseph Aoun veut une force placée aux côtés de l’armée

Le président libanais a posé une condition importante concernant toute formule alternative. Les forces internationales devraient être déployées « aux côtés de l’armée libanaise et en coordination avec elle ».

Cette précision touche directement à la question de la souveraineté. Pour Beyrouth, une future force ne doit pas disposer d’une autorité autonome lui permettant d’opérer librement sur le territoire sans coordination avec les institutions libanaises.

Joseph Aoun place ainsi l’armée au centre du futur dispositif. Cette orientation correspond à sa position constante depuis son accession à la présidence : les forces armées libanaises doivent progressivement devenir l’acteur militaire central sur l’ensemble du territoire.

L’ancien commandant en chef de l’armée connaît directement les mécanismes de coopération avec la Finul. Depuis des années, les militaires libanais et les Casques bleus mènent des patrouilles et coordonnent une partie de leurs opérations dans le Sud.

Le défi consiste désormais à augmenter considérablement les responsabilités de l’armée. Elle doit contrôler les zones dont les forces israéliennes se retirent, identifier les infrastructures militaires non autorisées et empêcher la reconstitution de positions armées échappant à l’autorité de l’État.

Cette mission est d’autant plus difficile que les incidents militaires se poursuivent. Des tirs israéliens ont encore été signalés lundi dans le sud du Liban, quelques jours après une nouvelle séquence de frappes et de tensions avec le Hezbollah.

Pour la présidence libanaise, demander à l’armée d’assumer immédiatement l’ensemble de ces responsabilités tout en supprimant la présence internationale créerait un risque supplémentaire.

La reprise des tirs renforce les arguments de Beyrouth

Le calendrier de la déclaration présidentielle n’est pas anodin. Joseph Aoun défend le maintien d’une force internationale au moment où les incidents reprennent dans le Sud et où les mécanismes de désescalade restent sollicités.

Les événements du week-end ont rappelé la fragilité de la situation. Les frappes israéliennes du 15 août ont fait plusieurs victimes au Liban, dont des civils. Israël a présenté ses opérations comme une réponse à une action attribuée au Hezbollah qui avait grièvement blessé trois militaires israéliens dans le secteur d’Ali al-Taher.

L’armée israélienne a également annoncé avoir éliminé deux commandants du Hezbollah. Des contacts diplomatiques ont ensuite été engagés afin d’empêcher une riposte du mouvement et une nouvelle spirale de représailles.

La reprise de tirs israéliens lundi montre cependant que la situation ne correspond pas encore à celle d’une frontière stabilisée. Plusieurs secteurs restent exposés aux opérations militaires et les différends sur les positions occupées par Israël demeurent ouverts.

Pour Beyrouth, ce contexte renforce l’argument en faveur d’une continuité internationale. La Finul ne peut empêcher toutes les frappes ni imposer une solution politique, mais elle conserve des fonctions d’observation, de liaison et de coordination sur le terrain.

Sa disparition sans mécanisme de remplacement ferait disparaître ces capacités au moment où le Liban et Israël ne disposent toujours pas de relations diplomatiques directes.

Le retrait israélien et le désarmement du Hezbollah restent liés

L’avenir de la présence internationale dépend désormais largement de deux dossiers : le retrait israélien et le désarmement du Hezbollah.

Israël affirme qu’il ne quittera pas les secteurs qu’il contrôle tant qu’il n’aura pas obtenu des garanties suffisantes sur le désarmement du mouvement chiite. Les autorités israéliennes veulent éviter qu’un retrait soit suivi du retour de combattants, d’armes ou d’infrastructures du Hezbollah.

Le Hezbollah défend la logique inverse. Il estime que la présence israélienne et la poursuite des frappes justifient le maintien de ses armes. Le mouvement refuse de traiter la question de son arsenal comme si le territoire libanais avait déjà été entièrement évacué par Israël.

Cette contradiction produit une impasse. Israël exige des résultats sur le désarmement avant son retrait. Le Hezbollah invoque l’absence de retrait pour justifier la conservation de ses capacités militaires.

Les autorités libanaises cherchent à sortir de cette logique en renforçant le rôle de l’armée. L’objectif affiché est de permettre à l’État de récupérer progressivement le monopole des armes tout en obtenant le retrait israélien.

Washington soutient cette orientation, mais souhaite disposer d’un mécanisme international capable de vérifier les engagements. Israël exige également des garanties concrètes avant d’abandonner les positions qu’il juge nécessaires à sa sécurité.

Une future force internationale pourrait donc devenir l’instrument permettant d’articuler ces différentes étapes. Elle devrait vérifier le terrain, accompagner l’armée libanaise et fournir les garanties nécessaires au retrait israélien.

Pourquoi Israël juge la Finul insuffisante

La méfiance israélienne envers la mission actuelle ne date pas de 2026. Depuis la guerre de juillet-août 2006, Israël affirme régulièrement que l’application de la résolution 1701 est restée incomplète.

Cette résolution prévoit notamment qu’entre la Ligne bleue et le Litani, aucune force armée ni aucun armement ne soient présents en dehors de ceux relevant de l’État libanais et de la Finul.

Or, le Hezbollah a conservé pendant des années une présence militaire dans le Sud. Israël estime que les infrastructures révélées au cours des opérations récentes prouvent que la mission internationale n’a pas disposé des moyens, de la liberté d’action ou de la volonté nécessaires pour empêcher cette implantation.

La Finul a pour sa part régulièrement rappelé les limites de son mandat. Les Casques bleus ne constituent pas une force d’occupation et ne peuvent pas se substituer aux autorités libanaises. Leur capacité à accéder à certains sites ou propriétés dépend également du cadre juridique et opérationnel applicable sur le terrain.

Cette différence d’interprétation explique une partie de l’affrontement diplomatique actuel. Israël veut que la prochaine mission puisse effectuer des vérifications plus intrusives. Le Liban insiste sur la nécessité de respecter sa souveraineté et le rôle de son armée.

Washington se situe aujourd’hui plus près de la position israélienne sur la nécessité de renforcer les capacités de vérification, même si les États-Unis soutiennent parallèlement l’autorité du gouvernement libanais et le déploiement de l’armée.

Une force européenne fait partie des scénarios

La disparition programmée de la Finul a déjà conduit plusieurs pays européens à réfléchir à des solutions de remplacement. L’Allemagne a notamment évoqué en juillet la possibilité d’une force sous mandat européen destinée à empêcher un vide sécuritaire après le départ des Casques bleus.

Une telle force pourrait accompagner le déploiement de l’armée libanaise et fournir des garanties pendant le retrait israélien. Elle pourrait également participer aux mécanismes de vérification demandés par les négociateurs internationaux.

Cette option rejoint partiellement le second scénario défendu par Joseph Aoun. Elle permettrait au président libanais d’accepter la disparition institutionnelle de la Finul tout en obtenant le maintien d’une présence militaire internationale.

Mais les difficultés restent nombreuses. Il faudrait définir le mandat de la nouvelle force, ses règles d’engagement et son financement. Les pays participants devraient également accepter d’envoyer des militaires dans une zone où des frappes et des échanges de tirs restent possibles.

La question de l’autorité politique serait tout aussi sensible. Une force européenne, une coalition internationale ou un mécanisme créé par un accord spécifique n’aurait pas nécessairement la même légitimité qu’une opération de maintien de la paix mandatée par le Conseil de sécurité.

Beyrouth devra donc déterminer jusqu’où il est prêt à accepter une transformation du dispositif pour éviter un retrait international complet.

Le Conseil de sécurité reste incontournable pour sauver la Finul

Si Joseph Aoun veut obtenir son « premier choix », le chemin passe par New York. La résolution 2790 ayant fixé la fin de la mission, une prolongation nécessiterait une nouvelle décision du Conseil de sécurité.

Le problème n’est pas seulement d’obtenir une majorité. Il faut éviter le veto de l’un des cinq membres permanents. Les États-Unis disposent donc d’un levier décisif.

La pétition parlementaire remise au président peut renforcer la position politique du Liban, mais elle ne modifie pas ce rapport de force international. Beyrouth devra convaincre Washington que la situation sécuritaire de 2026 justifie de revoir la décision prise en 2025.

Le Liban dispose d’un argument concret : les conditions qui devaient permettre le retrait de la Finul ne sont pas entièrement réunies. Les forces israéliennes n’ont pas totalement quitté les zones concernées, le dossier du désarmement du Hezbollah reste ouvert et les incidents militaires continuent.

Washington peut toutefois répondre que ces difficultés démontrent précisément les limites de la mission actuelle et la nécessité de passer à un autre système de vérification.

C’est autour de cette divergence que devraient se concentrer les discussions des prochains mois.

La bataille porte désormais sur l’après-Finul

La déclaration de Joseph Aoun ne constitue donc pas seulement un plaidoyer pour les Casques bleus. Elle ouvre officiellement la bataille diplomatique sur le système qui devra assurer la sécurité du sud du Liban après le 31 décembre 2026.

Le président libanais commence par défendre la solution la plus simple pour Beyrouth : conserver une mission déjà déployée, disposant d’une base juridique internationale et habituée à travailler avec l’armée. Mais il reconnaît simultanément qu’une telle prolongation peut être bloquée.

Face à lui, Israël veut un mécanisme plus efficace pour vérifier le désarmement du Hezbollah. Les États-Unis, qui avaient poussé en 2025 pour que le mandat actuel soit le dernier, partagent l’objectif d’une transformation du dispositif et disposent des moyens diplomatiques pour empêcher une reconduction qui ne répondrait pas à leurs exigences.

Joseph Aoun cherche donc à déplacer le débat. Si la Finul elle-même ne peut être sauvée, Beyrouth veut au minimum négocier les conditions de son remplacement plutôt que subir un retrait sans solution de transition.

Les prochains mois devront déterminer si Washington accepte finalement une prolongation temporaire, si une nouvelle force internationale peut être constituée ou si un mécanisme de vérification plus limité remplacera les Casques bleus. La reprise des tirs dans le Sud donne à cette négociation une urgence supplémentaire : le 31 décembre approche alors que les conditions sécuritaires qui permettraient un retrait international sans risque ne sont toujours pas réunies.


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