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La France et plusieurs pays soutiennent la Palestine à l’ONU : une campagne de désinformation israélienne cible les réseaux sociaux

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Le 12 septembre 2025, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté la déclaration de New York, soutenue par 142 pays, réaffirmant le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et appelant à la création d’un État palestinien souverain dans le cadre d’une solution à deux États. Parmi les soutiens, la France, l’Australie, le Canada et d’autres nations ont récemment annoncé leur intention de reconnaître officiellement la Palestine, renforçant une dynamique internationale en faveur de la reconnaissance de cet État, déjà reconnu par 147 des 193 membres de l’ONU. Parallèlement, une campagne de désinformation israélienne, orchestrée via des trolls, des bots et des faux profils, inonde les réseaux sociaux comme X, Facebook et les sites médiatiques, visant à discréditer ces initiatives et à façonner l’opinion publique mondiale.

Un engagement renouvelé pour la reconnaissance de la Palestine

La déclaration de New York, adoptée le 12 septembre 2025 avec 142 voix pour, 10 contre (dont Israël, les États-Unis et l’Argentine) et 12 abstentions, réaffirme la résolution 3236 de 1974, qui reconnaît le droit du peuple palestinien à l’autodétermination. Ce texte appelle à des négociations pour établir un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale, dans le respect des frontières de 1967. Ce vote intervient dans un contexte de crise humanitaire à Gaza, où un rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) du 5 septembre 2025 fait état de 41 182 morts et 1,9 million de déplacés depuis octobre 2023, ainsi qu’une « insécurité alimentaire aiguë » touchant 96 % de la population.

La France, membre permanent du Conseil de sécurité, a joué un rôle clé dans l’adoption de cette déclaration. Le 10 septembre 2025, lors d’une session du Conseil de sécurité, la ministre des Affaires étrangères, Catherine Colonna, a réaffirmé l’engagement de Paris pour une solution à deux États, déclarant : « La paix au Proche-Orient passe par la reconnaissance d’un État palestinien souverain, vivant en sécurité aux côtés d’Israël. » Cette position s’inscrit dans la continuité de la politique française, qui soutient depuis 2011 l’admission de la Palestine comme État observateur non membre à l’ONU.

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Les pays ayant reconnu ou soutenant la reconnaissance de la Palestine

À ce jour, 147 des 193 membres de l’ONU reconnaissent officiellement l’État de Palestine, incluant la majorité des pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, ainsi que la Russie, la Chine et l’Inde. En 2024 et début 2025, plusieurs pays ont rejoint cette liste ou exprimé leur intention de reconnaître la Palestine, renforçant la dynamique internationale :

  • Irlande, Norvège, Espagne : Le 28 mai 2024, ces trois pays européens ont officiellement reconnu la Palestine, portant le total à 147 nations. Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a justifié cette décision en déclarant : « La reconnaissance de la Palestine est un acte de justice historique et un pas vers la paix. »
  • Arménie : Le 21 juin 2024, l’Arménie a reconnu l’État de Palestine, citant le besoin de soutenir une solution à deux États.
  • Slovénie : Le 4 juin 2024, la Slovénie a suivi l’exemple de ses homologues européens, malgré les pressions diplomatiques israéliennes.
  • Bahamas, Barbade, Jamaïque, Trinité-et-Tobago : Ces pays des Caraïbes ont annoncé leur reconnaissance de la Palestine en avril et mai 2024, renforçant le soutien dans la région.
  • Mexique : Le 10 juillet 2024, le Mexique a reconnu la Palestine, alignant sa position sur celle de la majorité des pays latino-américains.
  • France : Bien que la France n’ait pas encore officiellement reconnu la Palestine, elle a exprimé, par la voix de Catherine Colonna le 10 septembre 2025, son intention de soutenir une reconnaissance à l’ONU, conditionnée à des avancées dans les négociations de paix.
  • Belgique, Luxembourg, Portugal, Malte : Ces pays ont réaffirmé, lors d’une déclaration conjointe du 17 septembre 2025, leur soutien à une reconnaissance de la Palestine, sans préciser de calendrier précis.
  • Australie : Le 11 août 2025, le Premier ministre Anthony Albanese a indiqué que l’Australie envisageait de reconnaître la Palestine, une position soutenue par la ministre des Affaires étrangères, Penny Wong, qui a appelé à une solution négociée.
  • Canada : Le 10 septembre 2025, le Canada a exprimé son soutien à une reconnaissance conditionnelle, liée à des réformes de l’Autorité palestinienne.
  • Royaume-Uni : Le gouvernement britannique a indiqué, le 12 septembre 2025, qu’il soutiendrait une reconnaissance dans le cadre d’un cessez-le-feu et de négociations directes.

Le Saint-Siège, observateur à l’ONU, reconnaît la Palestine depuis 2015. Ces développements reflètent une dynamique croissante, bien que des pays comme les États-Unis, l’Allemagne et le Japon restent opposés à une reconnaissance unilatérale.

Une campagne de désinformation israélienne à l’échelle mondiale

Parallèlement à ces initiatives diplomatiques, une campagne de désinformation israélienne, connue sous le nom de « hasbara », s’est intensifiée pour contrer les efforts de reconnaissance de la Palestine. Ces campagnes, orchestrées via des trolls, des bots et des faux profils, ciblent les réseaux sociaux et les sites médiatiques des pays soutenant la Palestine, cherchant à discréditer leurs positions et à façonner l’opinion publique.

Les mécanismes de la propagande numérique

Depuis plus d’une décennie, Israël investit massivement dans la guerre informationnelle. En 2017, le ministère des Affaires stratégiques a lancé une initiative dotée d’un budget annuel de plusieurs millions de dollars pour coordonner des campagnes numériques. Ces efforts s’appuient sur des outils comme l’application Act.IL, qui mobilise des volontaires pour signaler des contenus pro-palestiniens sur Facebook, Instagram et X. Un rapport publié en 2023 par l’ONG 7amleh a documenté 500 000 signalements coordonnés contre des comptes palestiniens entre 2021 et 2023, entraînant la suppression de milliers de publications.

Les bots jouent un rôle central dans l’amplification des messages pro-israéliens. En octobre 2023, une analyse de l’entreprise de cybersécurité Cyabra a révélé que 15 % des comptes commentant le conflit israélo-palestinien sur X étaient inauthentiques, caractérisés par des publications simultanées de messages identiques. Ces comptes diffusent des contenus visant à justifier les actions israéliennes, comme des vidéos de roquettes tirées depuis Gaza, souvent sorties de leur contexte pour maximiser leur impact émotionnel.

Les pays ciblés par la désinformation

Les campagnes de désinformation israéliennes touchent particulièrement les pays ayant annoncé leur soutien à la Palestine ou jouant un rôle clé dans le débat international. Un rapport de Human Rights Watch de décembre 2023 a identifié 60 pays affectés par la censure numérique et les campagnes de propagande, avec une concentration notable dans les nations suivantes :

  • France : Les sections commentaires des articles de Le MondeLibération et France 24 sont inondées de messages dénonçant le soutien français à la Palestine comme une « menace à la sécurité d’Israël ». Ces commentaires, souvent postés par des comptes anonymes, suivent des schémas répétitifs suggérant une coordination.
  • Irlande, Norvège, Espagne : Depuis leurs reconnaissances de la Palestine en 2024, ces pays font face à des campagnes numériques similaires, avec des bots amplifiant les messages pro-israéliens sur X et Instagram.
  • Australie : L’annonce d’Albanese en août 2025 a déclenché une vague de messages pro-israéliens sur les réseaux sociaux australiens, accusant le gouvernement de « complaisance envers le terrorisme ».
  • Canada : Les médias canadiens, comme CBC, rapportent une augmentation des commentaires en ligne critiquant la position pro-palestinienne, souvent liés à des comptes récemment créés.
  • Royaume-Uni : Les débats sur une reconnaissance conditionnelle sont ciblés par des comptes pro-israéliens sur X et Facebook, amplifiant les accusations d’antisémitisme.
  • États-Unis : Bien qu’opposés à la reconnaissance, les États-Unis sont un champ de bataille numérique clé, avec des campagnes visant à contrer les voix pro-palestiniennes dans les universités et les médias.
  • Afrique du Sud, Brésil, Inde : Ces pays, soutenant historiquement la Palestine, sont également ciblés, bien que leur couverture médiatique soit moins intense.

La censure des voix palestiniennes

Les plateformes de Meta sont particulièrement critiquées pour leur rôle dans la répression des contenus pro-palestiniens. Le rapport de Human Rights Watch de décembre 2023 a recensé 1 050 cas de censure sur Facebook et Instagram, incluant la suppression de publications, la suspension de comptes et le « shadowbanning ». En 2023, Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés, a signalé une restriction de son compte Instagram après un rapport sur les frappes israéliennes à Gaza. Ces pratiques, souvent déclenchées par des signalements via Act.IL, marginalisent les récits palestiniens, un phénomène décrit dès 1984 par Edward Said comme une négation de leur droit à narrer leur histoire.

Réactions internationales face aux initiatives diplomatiques

L’adoption de la déclaration de New York a suscité des réactions contrastées. Le 12 septembre 2025, l’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a salué le vote, déclarant : « Chaque soutien à la Palestine est un pas vers la justice et la paix. » À l’inverse, la représentante des États-Unis, Linda Thomas-Greenfield, a exprimé des réserves, estimant que « des initiatives unilatérales risquent de compliquer les négociations » (11 septembre 2025).

En Europe, l’Irlande, la Norvège et l’Espagne ont réaffirmé leur engagement. Pedro Sánchez, lors d’un discours à Madrid le 15 septembre 2025, a qualifié la position française de « courageuse et inspirante ». En France, des manifestations pro-palestiniennes ont réuni 10 000 personnes à Paris le 14 septembre 2025, selon la préfecture de police, appelant à une reconnaissance immédiate de la Palestine.

Une crise régionale sous haute tension

Le contexte régional reste marqué par des violences intenses. En Cisjordanie, l’ONG B’Tselem a rapporté 327 morts palestiniens depuis janvier 2025, principalement lors d’opérations militaires israéliennes. À Gaza, 80 % des infrastructures civiles sont détruites, selon un rapport de l’ONU du 5 septembre 2025. Les négociations pour un cessez-le-feu, menées à Doha en août 2025, ont échoué, exacerbant la crise humanitaire.

Sur le plan numérique, les activistes palestiniens utilisent des symboles comme l’emoji pastèque pour contourner la censure, un signe de résistance adopté depuis 1967. Ces efforts contrastent avec les campagnes israéliennes, qui s’appuient sur des technologies d’intelligence artificielle pour automatiser la diffusion de contenus pro-israéliens, comme annoncé par le ministère de la Diaspora le 5 septembre 2025.

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Newsdesk Libnanews
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