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L’armée libanaise libère deux Syriens enlevés dans la région de Wadi Khaled

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Beyrouth – Dans une opération menée avec précision par la direction du renseignement de l’armée libanaise, deux ressortissants syriens, identifiés par les initiales H.S. et B.S., ont été libérés le 23 février 2026 dans la localité de Majdel, située dans la vallée de Wadi Khaled, au nord du Liban. Selon le communiqué officiel émis par le commandement de l’armée, cette libération fait suite à une série d’opérations de surveillance et de suivi sécuritaire qui ont permis d’intervenir efficacement contre une bande criminelle responsable de l’enlèvement. Les deux victimes avaient été attirées dans le quartier de Cola, à Beyrouth, le 19 février 2026, avant d’être kidnappées et transportées vers le nord, où les ravisseurs exigeaient une rançon financière pour leur relâchement. Les autorités poursuivent actuellement les investigations pour appréhender les complices impliqués dans cette affaire.

Ce sauvetage, opéré par une patrouille spécialisée, met en lumière les efforts constants des forces armées libanaises pour contrer les réseaux criminels qui exploitent les vulnérabilités liées à la présence massive de réfugiés syriens sur le territoire. Les deux hommes, originaires de Syrie, ont été retrouvés dans un état stable, bien que marqués par plusieurs jours de captivité. L’armée a précisé que les opérations de suivi ont impliqué une coordination minutieuse entre les unités de renseignement et les forces sur le terrain, évitant ainsi toute confrontation armée qui aurait pu mettre en danger les otages ou les civils environnants. Cette intervention rapide, survenue seulement quatre jours après l’enlèvement, démontre une amélioration notable des capacités de réaction des services de sécurité libanais, dans un contexte où les enlèvements pour rançon se multiplient en raison de la précarité économique et des tensions frontalières.

Une opération de renseignement réussie dans un terrain difficile

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La vallée de Wadi Khaled, où s’est déroulée la libération, est une zone frontalière avec la Syrie, caractérisée par un relief accidenté et une porosité historique des frontières. Située dans la province d’Akkar, cette région abrite de nombreux camps informels de réfugiés syriens et est souvent le théâtre d’activités illicites, telles que le trafic d’armes, de drogue et d’êtres humains. Selon les détails fournis par le commandement de l’armée, la patrouille de la direction du renseignement a pu localiser les otages grâce à une combinaison de moyens techniques et humains, incluant des écoutes et des informateurs locaux. Les ravisseurs, décrits comme une « bande organisée », avaient choisi Majdel pour sa proximité avec la frontière, facilitant potentiellement une fuite vers la Syrie en cas de pression accrue.

Le quartier de Cola, à Beyrouth, où l’enlèvement initial a eu lieu, est un hub urbain dense, connu pour ses intersections animées et sa population mixte, incluant de nombreux travailleurs syriens. C’est là que les victimes ont été attirées sous un prétexte encore non précisé – peut-être une offre d’emploi ou une transaction commerciale –, avant d’être contraintes et emmenées vers le nord. Cette tactique d’appât est courante dans les affaires d’enlèvement pour rançon, où les criminels exploitent la vulnérabilité des migrants syriens, souvent sans papiers ou en situation précaire. Le communiqué de l’armée souligne que les poursuites sont en cours pour identifier et arrêter les membres restants de la bande, avec une coopération potentielle des autorités syriennes si des liens transfrontaliers sont confirmés.

Cette opération n’est pas isolée. En février 2026, l’armée libanaise a déjà mené plusieurs raids similaires dans des zones sensibles, comme dans la Békaa, où des gangs impliqués dans le trafic d’armes ont été démantelés. Par exemple, le 16 février, des unités de renseignement ont arrêté des suspects à Kamid el-Loz et Rachaiya, saisisant des quantités importantes d’équipements militaires. Ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large de renforcement de la sécurité intérieure, soutenue par le gouvernement de Nawaf Salam, en place depuis février 2025.

Les enlèvements pour rançon : un fléau persistant au Liban

Les enlèvements pour rançon constituent un défi majeur pour la sécurité au Liban, particulièrement depuis l’aggravation de la crise économique en 2019 et l’afflux massif de réfugiés syriens fuyant le conflit chez eux. En 2025 et début 2026, plusieurs cas similaires ont été rapportés, souvent impliquant des victimes syriennes ou des familles mixtes. Par exemple, en juillet 2025, l’armée a libéré trois citoyens libanais à Hermel, enlevés pour des motifs financiers dans le nord du pays. Ces incidents soulignent la prolifération de gangs opportunistes qui profitent du chaos économique, avec une inflation galopante et un chômage touchant plus de 40 % de la population active.

Dans la région de Wadi Khaled, les enlèvements sont fréquemment liés à des réseaux transfrontaliers. Cette zone, historiquement interconnectée avec la Syrie voisine, a vu une augmentation des activités criminelles depuis la chute du régime Assad en décembre 2024. Des familles entières, comme celle de sept Kurdes de Kobané libérée en février 2026 après paiement d’une rançon, illustrent comment les frontières poreuses facilitent ces opérations. Les ravisseurs, souvent des milices locales ou des groupes affiliés à d’anciens éléments syriens, exigent des sommes variant de quelques milliers à des centaines de milliers de dollars, exploitant les liens familiaux transnationaux.

Le gouvernement libanais, sous la direction de Nawaf Salam, a intensifié les mesures contre ces crimes. En janvier 2026, des opérations conjointes avec la direction du renseignement ont mené à l’arrestation de 35 Syriens et neuf Libanais dans les districts d’Akkar, Tripoli et Baalbek, pour des infractions incluant le trafic d’êtres humains et la possession d’armes. Ces raids ont permis la saisie de quantités importantes d’armes, de munitions et de drogue, démontrant une volonté de restaurer l’autorité de l’État dans des zones autrefois dominées par des milices ou des réseaux informels.

La vulnérabilité des réfugiés syriens dans un contexte de tensions régionales

La présence de plus d’un million de réfugiés syriens au Liban, selon les estimations gouvernementales pour 2026, exacerbe les défis sécuritaires. Beaucoup vivent dans des camps informels, sans statut légal stable, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux enlèvements. En 2025, des cas de disparitions forcées ont été documentés, comme celui d’un réfugié syrien arrêté par la direction du renseignement de l’armée en octobre 2025 et relâché en décembre sans explication claire. Ces incidents soulignent les risques pour les Syriens, souvent perçus comme des cibles faciles en raison de leur précarité.

Le gouvernement Salam a annoncé des mesures pour faciliter les retours volontaires vers la Syrie, avec plus de 80 % des réfugiés syriens vivant sous le seuil de pauvreté. En février 2026, le ministre des Affaires sociales a déclaré que la majorité des réfugiés devrait rentrer chez eux cette année, soulignant l’incapacité du Liban à supporter plus longtemps ce fardeau. Cependant, les dynamiques régionales compliquent ces efforts : les tensions avec Israël au sud, les incursions sporadiques et les craintes de nouveaux conflits rendent les frontières instables. Par ailleurs, des cas d’enlèvements par des forces israéliennes ont été rapportés, comme celui d’un membre du Groupe islamique en février 2026 dans le village de Habbariyeh.

La direction du renseignement de l’armée joue un rôle central dans ces opérations, avec des succès notables contre le crime organisé. En septembre 2025, des raids à Ferzol et Budai ont permis la saisie de millions de pilules de Captagon, un narcotique souvent lié aux réseaux syriens. Ces efforts visent à démanteler les chaînes qui alimentent les enlèvements, où les rançons servent parfois à financer d’autres activités illicites.

Les défis frontaliers et la porosité avec la Syrie

Wadi Khaled incarne les défis frontaliers du Liban. Cette vallée, marquée par des liens historiques avec la Syrie, est un point chaud pour le smuggling et les trafics. Des enquêtes récentes révèlent que des camions traversent quotidiennement la frontière, transportant carburant, armes ou personnes, malgré les contrôles renforcés. En 2025, l’armée a arrêté des dizaines de Syriens pour entrée illégale, soulignant la difficulté à sécuriser une ligne de démarcation de plus de 300 kilomètres.

Le quartier de Cola, point de départ de l’enlèvement, est un microcosme des tensions urbaines à Beyrouth. Cette zone, animée par le commerce informel, abrite une population syrienne importante, souvent employée dans des secteurs précaires comme la construction ou les services. Les crimes y sont en hausse, avec des cas de vols et d’extorsions rapportés en 2025, liés à la crise économique qui pousse certains à des actes désespérés.

Le gouvernement Salam, formé en février 2025, priorise la réforme sécuritaire. En septembre 2025, le cabinet a approuvé un budget 2026 visant un déficit zéro, avec un accent sur la conformité fiscale et la reconstruction post-conflit. Ces mesures incluent un renforcement des forces armées, avec des phases de désarmement des milices, comme celle achevée en janvier 2026 au sud du Litani.

Implications immédiates pour la stabilité régionale

Les opérations comme celle de Majdel renforcent la crédibilité de l’armée libanaise, mais soulèvent des questions sur la coordination avec les acteurs internationaux. L’ONU, via la FINUL, suit de près les tensions frontalières, tandis que des aides étrangères soutiennent les efforts contre le crime transfrontalier. En février 2026, des rapports indiquent une augmentation des retours de réfugiés syriens, avec plus de 64 000 personnes rentrées depuis décembre 2024, bien que des obstacles persistent en raison de l’instabilité en Syrie.

Dans la Békaa, des raids ont démantelé des gangs similaires, avec des arrestations pour trafic d’armes en février 2026. Ces actions, soutenues par le ministère de l’Intérieur, visent à prévenir une escalade, particulièrement dans un contexte où des enlèvements impliquant des acteurs étrangers, comme ceux attribués à Israël, compliquent le paysage sécuritaire.

La libération des deux Syriens intervient alors que le Liban navigue entre réformes internes et pressions externes. Le plan de l’armée en cinq phases pour monopoliser les armes, annoncé en février 2026, couvre désormais des zones critiques comme celle entre le Litani et l’Awali, avec un délai de quatre mois potentiellement extensible. Ces développements, ancrés dans les résolutions de l’ONU, visent à restaurer la souveraineté libanaise face aux milices et aux réseaux criminels.

Les implications immédiates de cette affaire se font sentir dans les communautés syriennes, où la peur des enlèvements pousse à une plus grande prudence. En janvier 2026, 552 500 réfugiés syriens ont été inactivés des registres de l’ONU en raison de retours présumés, tandis que 115 000 nouveaux arrivants ont été enregistrés. Ces flux migratoires, combinés à la précarité économique, alimentent un cycle de vulnérabilité que l’armée tente de briser par des opérations ciblées.

Enfin, les efforts pour sécuriser les frontières incluent des mesures contre le smuggling, avec des saisies régulières d’armes et de drogue. En décembre 2025, des raids à Chiyah ont confisqué des fusils et munitions, illustrant la lutte contre le commerce illicite d’armes qui finance souvent les enlèvements. Ces actions, bien que progressives, soulignent les défis persistants dans un pays où la stabilité reste fragile, marquée par des dynamiques confessionnelles et régionales complexes.

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Newsdesk Libnanews
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