samedi, janvier 24, 2026

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Le bluff des dirigeants libanais : réformes ou simple mascarade ?

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Un effondrement économique indéniable

Depuis plusieurs années, le Liban est plongé dans une crise économique et financière sans précédent. La livre libanaise a perdu plus de 95 % de sa valeur, l’inflation dépasse les 250 %, les banques ont gelé les comptes en devises, et le taux de chômage explose. Pourtant, face à cette catastrophe, les dirigeants politiques multiplient les discours rassurants, mais sans jamais proposer de véritables solutions concrètes. La classe politique libanaise, composée des mêmes figures depuis des décennies, adopte une rhétorique récurrente : minimisation de la crise, promesses vagues de réformes, et rejet des responsabilités. Mais ces discours cachent une réalité bien plus sombre : la crise est entretenue par un système qui profite à une élite politico-financière, tandis que la population s’enfonce dans la misère.

Des déclarations déconnectées de la réalité

Les discours officiels sur la crise libanaise oscillent entre déni, faux espoir et tactiques dilatoires. Les dirigeants affirment régulièrement que des mesures sont en préparation, sans jamais annoncer de calendrier précis ni d’engagement concret.

« La crise est en phase de résolution »

De nombreux responsables politiques continuent d’affirmer que « la crise touche à sa fin », insistant sur le fait que des solutions sont en cours de mise en place. Pourtant, chaque année qui passe aggrave la situation : la pauvreté explose, les services publics s’effondrent, et les Libanais quittent massivement le pays.

« Le FMI est la solution »

Les négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) sont souvent présentées comme l’unique voie de sortie de crise. Or, malgré des années de discussions, aucun accord concret n’a été signé. Pourquoi ? Parce que le FMI exige des réformes structurelles (réduction du déficit, restructuration bancaire, lutte contre la corruption) que les dirigeants refusent d’appliquer, car elles menaceraient leurs privilèges et leur emprise sur l’économie.

« Les sanctions internationales nous empêchent d’agir »

Certains responsables politiques imputent la crise aux sanctions internationales, notamment celles imposées par les États-Unis contre certains acteurs économiques et politiques. En réalité, ces sanctions ne concernent qu’une poignée de personnalités ciblées et non l’ensemble de l’économie libanaise. C’est avant tout l’absence de réformes et la corruption systémique qui étranglent le pays.

« Les banques doivent être protégées pour éviter un effondrement total »

Le système bancaire libanais est en faillite depuis 2019, mais les autorités continuent de protéger les intérêts des grandes banques privées. Au lieu d’imposer une restructuration qui permettrait de protéger les petits déposants, le pouvoir politique maintient un système opaque, où seuls les grands comptes ont pu récupérer leurs fonds, tandis que la classe moyenne a tout perdu.

Des promesses de réformes jamais appliquées

La lutte contre la corruption : une illusion

Depuis des années, les dirigeants promettent une lutte acharnée contre la corruption, un des principaux fléaux du pays. Pourtant, aucune grande figure politique ou économique n’a été inquiétée. Les affaires de détournements de fonds publics et d’enrichissement illégal continuent sans interruption, tandis que les institutions censées réguler ces abus sont affaiblies ou sous contrôle des partis politiques.

La réforme du secteur bancaire : toujours repoussée

Le FMI exige une restructuration complète du secteur bancaire, incluant la protection des petits déposants et la fin des pratiques abusives. Or, la classe politique libanaise refuse ces mesures, car elles mettraient en danger leurs propres intérêts financiers.

L’électricité et les infrastructures : un chantier fantôme

Le Liban subit des coupures d’électricité quotidiennes, une situation qui dure depuis des années. Les gouvernements successifs ont promis de réformer le secteur énergétique, mais aucune mesure efficace n’a été prise. Les factures explosent, les générateurs privés profitent du chaos, et la population continue de vivre dans des conditions précaires.

Pourquoi ces discours ne sont-ils jamais suivis d’actions ?

La raison principale est le conflit d’intérêts massif entre les élites politiques et économiques. Les responsables politiques appartiennent aux mêmes familles et clans qui contrôlent les principales banques, entreprises et infrastructures du pays. Pourquoi mettraient-ils en place des réformes qui nuiraient à leurs propres intérêts financiers ? De plus, la structure du pouvoir libanais, basée sur un système de partage confessionnel, rend tout changement difficile. Chaque parti politique protège ses propres réseaux, empêchant toute réforme qui pourrait remettre en cause leur influence. Enfin, le manque de pression populaire structurée joue en faveur du maintien du statu quo. Malgré des manifestations et une colère croissante, l’absence d’un véritable mouvement politique unifié empêche une transformation en profondeur du système.

Le Liban peut-il encore espérer un changement politique ?

Trois scénarios sont envisageables pour l’avenir du Liban :

  1. Le maintien du statu quo : Les mêmes dirigeants restent au pouvoir, la situation continue de se détériorer et la population s’adapte en vivant au jour le jour.
  2. Une pression internationale accrue : Si le FMI et d’autres institutions refusent toute aide tant que les réformes ne sont pas appliquées, le pouvoir pourrait être contraint de bouger.
  3. Un soulèvement populaire massif : Une révolte généralisée pourrait forcer un changement de régime, mais cela nécessiterait une organisation politique solide qui fait actuellement défaut.
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Newsdesk Libnanews
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