samedi, février 21, 2026

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Le duo chiite face à Nawaf Salam : Nabih Berri absent des consultations parlementaires

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La récente décision du président de la Chambre des députés libanaise, Nabih Berri, de boycotter les consultations parlementaires non contraignantes initiées par le Premier ministre désigné Nawaf Salam met en lumière une crise politique latente au Liban. Ce geste marque une nouvelle étape dans les tensions entre les députés chiites, dominés par le duo Amal-Hezbollah, et Nawaf Salam, connu pour son approche réformiste et ses liens distants avec l’establishment traditionnel.

Un boycott au fort symbole politique

Nabih Berri, chef du mouvement Amal et figure centrale de la politique chiite au Liban, a choisi de ne pas participer aux consultations visant à discuter de la formation d’un nouveau gouvernement. Cette décision, perçue comme un désaveu tacite de Nawaf Salam, s’inscrit dans un contexte de polarisation croissante au sein du paysage politique libanais. Selon plusieurs observateurs, ce boycott reflète la méfiance des forces chiites vis-à-vis des orientations politiques et économiques envisagées par Salam, souvent perçu comme un acteur extérieur au système politique traditionnel.

Une crise systémique et communautaire

Ce geste intervient alors que le Liban est déjà en proie à une paralysie politique prolongée. Le pays est sans gouvernement pleinement fonctionnel depuis plusieurs mois, aggravant une crise économique et sociale sans précédent. Le refus des forces chiites de s’engager avec Nawaf Salam risque de compliquer davantage la tâche de ce dernier, alors même qu’il cherche à former un cabinet capable de répondre aux exigences internationales en matière de réformes et de transparence.

Pour le Hezbollah et Amal, le choix de Salam comme Premier ministre désigné constitue une remise en cause implicite de leur influence sur les institutions étatiques. Ces partis cherchent à préserver leur rôle central dans le système confessionnel, un enjeu vital pour leur base électorale et leur position stratégique au sein de la région.

Représentativité ou marginalisation ?

Selon Ad Diyar (15 janvier 2025), la principale préoccupation du duo chiite réside dans la crainte d’une marginalisation politique. Le Hezbollah et Amal dénoncent ce qu’ils perçoivent comme une volonté implicite de contourner les accords de Taëf, qui ont établi une répartition communautaire des pouvoirs pour garantir un équilibre délicat entre les différentes confessions libanaises. Ces accords, bien qu’imparfaits, constituent à leurs yeux une ligne rouge.

Le choix de Nawaf Salam, perçu comme une figure technocratique éloignée des dynamiques partisans traditionnels, a renforcé ces craintes. Dans une déclaration rapportée par Al Joumhouriyat (15 janvier 2025), des responsables du Hezbollah ont affirmé qu’un gouvernement ne respectant pas les équilibres communautaires ne saurait garantir la stabilité du pays. En réponse, Salam a cherché à rassurer en promettant une « inclusivité totale », sans renoncer à son projet de réforme.

Un blocage stratégique ?

Le duo chiite a déjà donné des signes de désapprobation en refusant de participer aux premières consultations non contraignantes, qualifiées de « symboliques » par leurs représentants. Al Akhbar (15 janvier 2025) rapporte que Nabih Berri, président de la Chambre des députés et allié du Hezbollah, aurait mené des discussions privées pour éviter une confrontation ouverte, tout en soutenant la position de son camp.

Ce blocage s’inscrit dans une stratégie plus large : le Hezbollah et Amal veulent éviter de donner un chèque en blanc à un gouvernement dont la composition et les priorités pourraient menacer leurs bases sociales et politiques. En ce sens, la participation ou non du duo chiite pourrait déterminer la viabilité du futur cabinet.

Une question de confiance

Al Liwa’ (15 janvier 2025) souligne que la méfiance entre Nawaf Salam et le duo chiite n’est pas uniquement d’ordre idéologique. Elle reflète également des désaccords sur des questions clés telles que la politique étrangère du Liban, la gestion des réformes économiques et la distribution des portefeuilles ministériels. Salam, soutenu par des forces politiques comme les Forces libanaises, est perçu par le Hezbollah comme étant aligné sur des intérêts occidentaux, une accusation qu’il rejette.

Quel avenir pour le consensus ?

Pour résoudre cette impasse, plusieurs options sont envisagées. Le président Joseph Aoun, selon Al Binaa (15 janvier 2025), pourrait jouer un rôle de médiateur pour rapprocher les parties. Les pressions internationales, notamment de la France et des États-Unis, pourraient également influencer la position du duo chiite en liant l’aide internationale à une participation inclusive.

Cependant, les analystes s’accordent à dire que la formation d’un gouvernement sans la participation du Hezbollah et d’Amal serait perçue comme un affront par une partie significative de la population chiite, risquant ainsi de raviver les tensions communautaires.

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Newsdesk Libnanews
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