Le Parlement libanais a approuvé aujourd’hui l’extension du mandat du commandant en chef de l’Armée libanaise, le général Joseph Aoun, pour une durée d’un an alors que celui-ci est considéré comme le principal candidat à la présidence de la république. Cette décision a été prise conformément à un projet de loi soumis par le vice-président du Parlement, Elias Bou Saab, et concerne tous les officiers de rang brigadier général et supérieur. Cette extension vise à éviter toute vacance à la tête de l’armée, un poste stratégique dans le contexte actuel de la stabilité libanaise.
Une décision marquée par un soutien large, y compris du Hezbollah
Lors de la session parlementaire, 48 députés ont voté en faveur de l’extension, y compris des membres du Hezbollah qui s’étaient opposés à cette mesure dans le passé. La présence de ce soutien surprenant du Hezbollah a marqué un tournant, montrant que les priorités politiques du groupe avaient évolué face aux enjeux sécuritaires du pays. Après la session, le député Hassan Fadlallah, membre du bloc Loyalisme à la Résistance (Loyalty to the Resistance Bloc), a expliqué que lui et ses collègues avaient soutenu l’extension pour éviter une vacance à la tête de l’Armée libanaise, soulignant l’importance de maintenir une direction stable en cette période délicate pour le pays.
Le rôle du général Joseph Aoun dans le contexte actuel
Le général Joseph Aoun, qui occupe ce poste depuis 2017, est largement perçu comme un leader pragmatique, capable de gérer l’Armée libanaise dans un environnement politique et sécuritaire complexe. Son rôle a été crucial dans le maintien de la stabilité interne face aux crises politiques, économiques et aux tensions avec Israël. L’extension de son mandat est vue par beaucoup comme une nécessité pour garantir la continuité des institutions militaires du Liban, particulièrement dans un contexte où la sécurité nationale reste fragile.
Les enjeux politiques de l’extension du mandat
L’extension du mandat de Joseph Aoun survient dans un contexte politique marqué par un vide présidentiel depuis plus de deux ans. Le Liban n’a pas été capable d’élire un nouveau président depuis le départ de Michel Aoun, le 31 octobre 2022, ce qui a plongé le pays dans une paralysie politique. Dans ce contexte, l’Armée libanaise, sous la direction de Joseph Aoun, a été un pilier de stabilité, et son leadership est considéré comme essentiel pour éviter tout vide à la tête de l’institution militaire.
Certains observateurs politiques estiment que l’extension de son mandat pourrait avoir des implications pour l’élection présidentielle libanaise à venir. Alors que le général Aoun est vu comme une figure modérée, son rôle militaire et son influence politique pourraient être des facteurs décisifs dans la quête du Liban pour sortir de sa crise politique.



