Le rapprochement entre la Syrie et la Turquie, initié dans un contexte de recomposition régionale, suscite des interrogations sur ses implications géopolitiques. Pour l’Iran, acteur clé en Syrie, ce rapprochement représente à la fois une menace pour son influence et une opportunité de redéfinir son rôle dans la région. Alors que Damas et Ankara tentent de dépasser leurs différends, la place de Téhéran dans ce nouvel équilibre reste incertaine.
Les motivations de la Turquie et de la Syrie
Après des années de rivalité marquée par la guerre civile syrienne, Ankara et Damas explorent une normalisation de leurs relations. La Turquie, confrontée à une pression croissante liée aux réfugiés syriens, espère négocier des retours organisés tout en sécurisant ses frontières contre les groupes kurdes.
De son côté, la Syrie cherche à diversifier ses alliances régionales. En renforçant ses relations avec Ankara, Damas espère réduire sa dépendance envers l’Iran et réintégrer progressivement le paysage diplomatique arabe.
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Les inquiétudes de l’Iran
L’Iran, allié de longue date du régime syrien, perçoit ce rapprochement avec méfiance. Une réconciliation syro-turque pourrait affaiblir l’influence de Téhéran en Syrie, où elle a investi massivement depuis 2011.
De plus, la Turquie reste un rival stratégique pour l’Iran dans le Levant, et une coopération renforcée entre Ankara et Damas pourrait marginaliser l’Iran sur des dossiers-clés tels que la reconstruction syrienne ou la gestion des ressources énergétiques.
Les opportunités pour Téhéran
Cependant, ce rapprochement n’est pas uniquement perçu comme une menace. L’Iran pourrait y voir une opportunité de stabiliser la Syrie, consolidant ainsi les gains stratégiques obtenus durant la guerre. En participant aux négociations tripartites ou multilatérales, Téhéran pourrait également maintenir sa présence en Syrie tout en évitant un isolement diplomatique.
Le rôle de la Russie dans cette dynamique
La Russie, autre acteur clé en Syrie, joue un rôle de médiateur dans ce rapprochement. Moscou, soucieuse de préserver son influence régionale, encourage une normalisation entre Ankara et Damas, tout en maintenant un équilibre avec ses alliés iraniens.
Pour l’Iran, cette médiation russe peut être à double tranchant. Si elle contribue à stabiliser la Syrie, elle pourrait également réduire l’espace d’influence iranien.
Les perspectives régionales
Le rapprochement syro-turc s’inscrit dans une tendance plus large de recomposition régionale, où les rivalités traditionnelles cèdent parfois le pas à des coopérations pragmatiques. Cette dynamique pourrait également influencer les relations entre l’Iran et la Turquie, oscillant entre confrontation et collaboration.
Plutôt que de se limiter à une rivalité avec Ankara, Téhéran pourrait envisager une approche plus nuancée, intégrant ce rapprochement dans une stratégie régionale élargie. La clé réside dans la capacité des acteurs à transformer des intérêts divergents en opportunités de coopération, notamment sur des dossiers tels que la reconstruction ou la gestion des réfugiés.



