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L’élection présidentielle au Liban : Une opportunité politique face à l’affaiblissement du Hezbollah (Axios)

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Le Liban traverse une période de turbulence politique et économique sans précédent, exacerbée par l’absence d’un président depuis plus de deux ans. Cette vacance présidentielle, combinée à une crise économique dévastatrice, a plongé le pays dans un chaos institutionnel qui menace la stabilité régionale. Pourtant, des événements récents, tels que l’affaiblissement du Hezbollah suite à des frappes israéliennes ciblées, ont ouvert une fenêtre d’opportunité pour les puissances internationales, notamment les États-Unis et la France, de pousser à l’élection d’un président non aligné avec la milice chiite.

Le blocage de la présidence libanaise

Depuis la fin du mandat de Michel Aoun en octobre 2022, le Liban est sans président. Ce blocage résulte d’une incapacité des différents blocs politiques à s’entendre sur un candidat de consensus. Le Hezbollah, qui exerce une influence considérable sur la scène politique libanaise, a longtemps bloqué l’élection de tout candidat ne partageant pas ses vues ou n’étant pas aligné avec ses alliés, notamment Suleiman Frangieh, chef du mouvement maronite Al-Marada. Le soutien du Hezbollah à Frangieh a cristallisé les divisions, rendant impossible tout consensus entre les factions chrétiennes, sunnites et druzes.

Le blocage présidentiel s’inscrit dans un contexte plus large de paralysie institutionnelle. Le Liban est englué dans une crise économique qui a vu sa monnaie dévaluer de plus de 90 %, plongeant des millions de personnes dans la pauvreté. Les coupures d’électricité, la pénurie de carburant et les défaillances des services de base ajoutent à la frustration de la population. Ce vide au sommet de l’État paralyse également les efforts de réformes urgentes, laissant le pays dans un état de délitement​.

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L’affaiblissement du Hezbollah : Une opportunité pour Washington

Depuis des décennies, le Hezbollah a exercé un pouvoir considérable au Liban, à la fois comme force militaire et comme acteur politique. Soutenu par l’Iran, le Hezbollah a longtemps bénéficié d’une supériorité militaire dans la région, en particulier après sa montée en puissance lors de la guerre de 2006 contre Israël. Toutefois, ces dernières semaines, la situation a changé drastiquement. Le leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ainsi que plusieurs hauts commandants, ont été tués dans des frappes israéliennes, portant un coup dur à l’organisation. Selon des sources israéliennes et américaines citées par Axios, ces frappes auraient considérablement affaibli la structure de commandement du Hezbollah, le laissant dans une position plus vulnérable qu’il ne l’a été depuis des années​.

Cette situation crée une opportunité stratégique pour les États-Unis, qui considèrent le moment comme propice pour tenter de réduire l’influence du Hezbollah sur le système politique libanais. L’administration Biden voit l’affaiblissement du Hezbollah comme une ouverture pour promouvoir l’élection d’un président qui ne serait pas sous l’influence directe de la milice chiite. Washington soutient en particulier la candidature du général Joseph Aoun, le commandant des forces armées libanaises. Ce dernier bénéficie également du soutien de la France et est perçu comme un candidat susceptible de ramener un équilibre dans la scène politique libanaise tout en maintenant de bonnes relations avec les puissances occidentales​.

Les efforts diplomatiques en cours

Les efforts pour parvenir à une solution diplomatique au Liban ne datent pas d’hier. Depuis la fin du mandat de Michel Aoun, des pays comme la France, les États-Unis, l’Arabie saoudite et le Qatar ont tenté de jouer les médiateurs entre les différents partis politiques libanais pour sortir de l’impasse présidentielle. Toutefois, ces efforts ont été systématiquement bloqués par le Hezbollah, qui a imposé un veto sur tout candidat ne respectant pas ses lignes directrices.

Dans ce contexte, l’affaiblissement du Hezbollah pourrait débloquer la situation. Selon Axios, la Maison Blanche a maintenant réorienté ses priorités, plaçant l’élection d’un président libanais en tête de l’agenda, devant même la recherche d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Cela montre à quel point les États-Unis considèrent l’élection présidentielle comme une clé pour stabiliser le Liban et limiter l’influence iranienne dans la région. Cette position a été réaffirmée lors de récentes discussions entre des responsables libanais et américains. Le conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Amos Hochstein, aurait même indiqué au Premier ministre libanais sortant, Najib Mikati, que le plan diplomatique des États-Unis pour le Liban, proposé en juin dernier, était désormais caduc en raison des changements sur le terrain​.

Le rôle de Nabih Berri et des alliances locales

Dans ce contexte, le président du Parlement libanais, Nabih Berri, joue un rôle crucial. Dirigeant du mouvement Amal et allié de longue date du Hezbollah, Berri a historiquement fait bloc avec la milice chiite dans ses efforts pour conserver une influence prépondérante au Liban. Cependant, face aux récents développements, Berri a pris une position plus nuancée. Il a intensifié les consultations avec les principaux leaders politiques, y compris le Premier ministre Mikati, pour explorer des solutions qui permettraient de sortir de l’impasse​(

Libnanews, Le Média Citoyen du Liban).

Malgré cela, Berri reste attaché à la nécessité de respecter les équilibres confessionnels du système politique libanais. Ce dernier, basé sur un pacte de partage du pouvoir entre chrétiens, sunnites et chiites, attribue la présidence à un chrétien maronite. Toute tentative de contourner cet accord pourrait engendrer de nouvelles tensions. Pourtant, la montée des pressions internationales, combinée à l’affaiblissement du Hezbollah, pourrait forcer Berri à reconsidérer sa position s’il souhaite préserver la stabilité du pays.

L’avenir politique du Liban : vers un changement de paradigme ?

Alors que les combats se poursuivent dans le sud du Liban et que la crise humanitaire s’aggrave, l’avenir politique du pays reste incertain. Le Hezbollah, bien que fragilisé, conserve encore une influence considérable, notamment grâce à ses alliances politiques locales et à son réseau d’aide sociale. Toutefois, l’intensification des pressions internationales, en particulier de la part des États-Unis, pourrait entraîner des changements significatifs dans la donne politique libanaise​.

La communauté internationale, y compris la France et les États-Unis, continue de pousser en faveur de l’élection rapide d’un président. Le général Joseph Aoun est vu comme une figure capable de réformer le système politique tout en étant acceptable par une large partie de l’establishment libanais. En cas de succès, cela pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de réformes économiques et politiques indispensables au relèvement du Liban. Cependant, le chemin vers cette élection reste semé d’embûches, avec des factions locales toujours prêtes à défendre leurs intérêts coûte que coûte.

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