mercredi, février 25, 2026

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Les alliances stratégiques d’Israël

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Israël, acteur central au Moyen-Orient, bénéficie depuis des décennies d’alliances stratégiques avec des partenaires majeurs comme les États-Unis, l’Union européenne, et récemment, les monarchies du Golfe. Ces partenariats, bien qu’essentiels à sa sécurité et à son développement économique, posent des questions sur leur pérennité, leur équilibre, et leur véritable impact sur la souveraineté israélienne et les relations régionales.

Les États-Unis : un soutien conditionné par des priorités géopolitiques
Le partenariat entre Israël et les États-Unis est sans doute le plus robuste. Washington apporte un soutien financier massif à l’armée israélienne et joue un rôle clé dans sa sécurité régionale. Cependant, cette alliance est conditionnée par les priorités américaines, notamment en matière de contrôle de l’Iran et de normalisation des relations entre Israël et le monde arabe. L’administration Trump, par exemple, a poussé Israël à signer les accords d’Abraham, une initiative perçue par certains comme un moyen de servir les ambitions stratégiques des États-Unis dans le Golfe plutôt que les intérêts d’Israël à long terme.

La dépendance d’Israël envers Washington limite aussi ses marges de manœuvre. Par exemple, les pressions américaines pour éviter une escalade militaire avec Gaza ou le Liban contraignent Israël à adapter ses stratégies aux impératifs géopolitiques de son principal allié.

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En parallèle, les États-Unis soutiennent fortement les monarchies du Golfe. Des ventes massives d’armes, notamment aux Émirats arabes unis et à l’Arabie saoudite, renforcent leur capacité militaire dans la région. Ce soutien, comme le montrent les accords d’Abraham, sert aussi à contrebalancer l’influence croissante de l’Iran tout en renforçant les partenariats économiques. Toutefois, ce double alignement, Israël d’une part et les pays du Golfe de l’autre, place les intérêts israéliens dans une position délicate lorsque leurs priorités divergent.

Les monarchies du Golfe : des alliances stratégiques mais fragiles
Les accords d’Abraham ont marqué un tournant historique en permettant la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays du Golfe, notamment les Émirats arabes unis et Bahreïn. Ces alliances se sont traduites par des partenariats économiques et technologiques prometteurs. Cependant, ce rapprochement repose sur une opposition commune à l’Iran, ce qui en fait une alliance plus opportuniste que durable.

Les monarchies du Golfe, bien qu’en quête d’une modernisation économique, restent très dépendantes des exportations de pétrole. Cela fragilise leur position dans un contexte international où les États-Unis et l’Europe réduisent progressivement leur dépendance aux hydrocarbures. Cette transition incite des pays comme l’Arabie saoudite à diversifier leurs partenariats, incluant Israël pour ses avancées technologiques et militaires.

La concurrence de la Chine dans le Golfe
La Chine, acteur discret mais influent, profite de l’opportunité pour étendre ses partenariats avec les pays du Golfe. Pékin multiplie les investissements dans des projets d’infrastructures stratégiques, tels que les ports et les énergies renouvelables. Contrairement aux États-Unis, la Chine adopte une approche économique et évite les interférences politiques directes, ce qui séduit les monarchies du Golfe. Cette montée en puissance économique chinoise concurrence directement les intérêts américains et, par extension, la stabilité des alliances traditionnelles avec Israël.

En Israël, cette dynamique place Tel-Aviv dans une position complexe : renforcer ses liens avec la Chine pourrait nuire à ses relations avec Washington, tandis que l’alignement exclusif sur les États-Unis limite ses options stratégiques à long terme.

L’Europe : une distance croissante depuis le tournant révisionniste
Les relations entre Israël et l’Europe, bien qu’étroites sur le plan économique, ont connu une détérioration progressive depuis les années 1970. Cette période marque la montée en puissance du sionisme révisionniste, incarné par le Likoud, en remplacement du sionisme progressiste qui avait jusqu’alors dominé la scène politique israélienne. Sous l’influence de ce changement idéologique, les politiques israéliennes se sont durcies, notamment sur les questions liées à la colonisation en Cisjordanie et aux négociations avec les Palestiniens.

L’Union européenne, attachée à une vision multilatérale et à la défense des droits humains, critique régulièrement les actions israéliennes qu’elle considère contraires au droit international. Cette posture, bien que fondée sur des principes universels, a creusé une distance entre Bruxelles et Tel-Aviv. En réponse, Israël a renforcé ses relations avec des partenaires moins critiques, comme les États-Unis et les monarchies du Golfe, au détriment de ses liens historiques avec l’Europe.

Les équilibres futurs
Dans un contexte où les grandes puissances comme les États-Unis et la Chine rivalisent pour renforcer leur influence au Moyen-Orient, Israël devra naviguer entre ses partenariats traditionnels et de nouvelles opportunités. Peut-on envisager qu’un acteur comme Israël, situé au carrefour de ces intérêts globaux, parvienne à préserver sa souveraineté tout en profitant des bénéfices économiques et stratégiques d’alliances parfois contradictoires ?


Références

  1. Jerusalem Post, « The Abraham Accords: A Catalyst for Regional Cooperation, » 2024.
  2. Globes, « US-China Rivalry in the Gulf: Implications for Israel, » 2024.
  3. HaDerekh, « Strategic Ties Between Israel and the Gulf Monarchies, » 2024.
  4. Maariv, « How Revisionist Zionism Shaped Israel’s Foreign Relations, » 2024.

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