Des milliers d’insurgés, menés par le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS), ont lancé une offensive rapide et coordonnée sur Alep, deuxième plus grande ville de Syrie. Ils ont pris le contrôle de sites stratégiques, dont l’aéroport international d’Alep, marquant un coup dur pour le régime de Bachar al-Assad, qui avait repris la ville en 2016.
Une avancée éclair après des années de statu quo
L’opération a commencé mercredi avec des assauts simultanés sur Alep et Idlib, s’étendant rapidement à des villes stratégiques du nord de Hama. Dès samedi, HTS et ses alliés avaient établi une présence significative à Alep, rencontrant une résistance minimale de la part des forces gouvernementales.
Les médias d’État syriens ont reconnu l’ampleur de l’attaque, confirmant que de larges parties d’Alep étaient sous contrôle insurgé. L’armée a admis avoir redéployé ses troupes pour absorber l’assaut et préparer une contre-offensive. Toutefois, des images diffusées en ligne montrent les insurgés célébrant leurs victoires sur des sites clés de la ville, notamment la célèbre Citadelle d’Alep.
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Enjeux stratégiques
Cette offensive marque la première entrée des insurgés à Alep depuis 2016. La prise de la ville aurait d’énormes répercussions stratégiques et symboliques, avec le risque de raviver un conflit largement figé ces dernières années.
Alep occupe une position géographique cruciale, reliant le nord de la Syrie aux grandes zones urbaines et aux régions côtières. La capture de l’aéroport international renforce les capacités logistiques des insurgés, offrant un point de ravitaillement stratégique.
Selon des analystes, le moment choisi pour cette attaque n’est pas anodin. Le régime syrien, affaibli, et ses alliés, notamment le Hezbollah et l’Iran, sont occupés par d’autres conflits, ce qui a offert une opportunité aux insurgés.
Réactions régionales et internationales
La Turquie, principal soutien des groupes d’opposition, a initialement présenté cette offensive comme une réponse aux attaques gouvernementales sur des zones tenues par l’opposition. Cependant, l’expansion rapide de la campagne soulève des interrogations sur le rôle d’Ankara dans sa planification et son exécution.
De leur côté, l’Iran et la Russie, alliés indéfectibles d’Assad, ont renouvelé leur soutien. Abbas Araghchi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères, s’est rendu à Damas pour réaffirmer l’engagement de Téhéran. Il a accusé les États-Unis et Israël d’être à l’origine de l’avancée des insurgés.
La Russie, qui maintient une présence militaire en Syrie depuis 2015, a mené des frappes aériennes contre les renforts insurgés, tuant environ 200 combattants, selon les autorités russes.
Conséquences humanitaires et impact sur les civils
Cette offensive éclair a plongé les habitants d’Alep dans la peur et l’incertitude. Les médias progouvernementaux ont rapporté la fermeture généralisée des écoles et des bureaux administratifs, tandis que la majorité des civils restent cloîtrés chez eux. L’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires a indiqué que les hôpitaux publics de la ville étaient débordés, tandis que des milliers de résidents, principalement des étudiants, ont fui vers des régions contrôlées par les Kurdes à l’est.
Malgré les assurances des insurgés affirmant qu’ils ne feraient aucun mal aux civils, des vidéos montrent des combattants arrachant et brûlant des affiches de Bachar al-Assad, ravivant les tensions dans une ville déjà marquée par des années de conflit.



